Autoblog de reflets.infohttp://reflets.info/http://reflets.info/ #Venezuela: l'exodef910f5cb-9527-479a-a6f3-f0acd182d93ahttp://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20180522_200356__Venezuela__l_exodeTue, 22 May 2018 20:03:56 +0200

Coulisses et réalités de la plus grande crise migratoire de l'histoire moderne de l'Amérique Latine.

Alors que le Vénézuéla vient de réélire Nicolas Maduro, le pays connait une crise migratoire terrible, conséquence d'une crise économique profonde.

Queue à la frontière

La crise au Venezuela, vous en avez sûrement entendu parler. Ce pays n'a pas bonne presse en Europe. Nos grands médias prennent soin, à intervalle régulier, de nous conter les affres du peuple Vénézuélien. Outre Atlantique, chez le grand frère américain, c'est encore pire. Ce pays est dans la ligne de mire des trois derniers présidents Américains. Tout commence avec l'élection en 1998 du président Hugo Chavez et la mise en application de son programme extrême gauchiste et anti-impérialiste à quelques encablures des côtes Sud des États-Unis. La toute puissante compagnie nationale pétrolière va re-basculer dans le giron national et une grande partie des bénéfices pétroliers vont alimenter des programmes sociaux, les relations avec l’île honnie de Cuba vont être normalisées ... Il n'en fallait pas plus pour mettre dans la bouche du nouveau président Américain une formule qui avait déjà fait tant de mal à l’Amérique du Sud: "Régime change".

Les attentats du 11 septembre 2001 passent par là, donnant des ailes à George Bush et son gang néo-conservateur. Le monde déroule un tapis rouge à l’Amérique interventionniste et il faut en profiter. Dès 2002, les faucons sponsorisent un coup d'État qui sera un coup dans l'eau. Le gouvernement intérimaire vénézuélien, presque immédiatement reconnu par l'administration américaine ne durera que 48 heures et Chavez sera remis au pouvoir sous la pression de la rue et d'une partie de l'institution...

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Coulisses et réalités de la plus grande crise migratoire de l'histoire moderne de l'Amérique Latine.

Alors que le Vénézuéla vient de réélire Nicolas Maduro, le pays connait une crise migratoire terrible, conséquence d'une crise économique profonde.

Queue à la frontière

La crise au Venezuela, vous en avez sûrement entendu parler. Ce pays n'a pas bonne presse en Europe. Nos grands médias prennent soin, à intervalle régulier, de nous conter les affres du peuple Vénézuélien. Outre Atlantique, chez le grand frère américain, c'est encore pire. Ce pays est dans la ligne de mire des trois derniers présidents Américains. Tout commence avec l'élection en 1998 du président Hugo Chavez et la mise en application de son programme extrême gauchiste et anti-impérialiste à quelques encablures des côtes Sud des États-Unis. La toute puissante compagnie nationale pétrolière va re-basculer dans le giron national et une grande partie des bénéfices pétroliers vont alimenter des programmes sociaux, les relations avec l’île honnie de Cuba vont être normalisées ... Il n'en fallait pas plus pour mettre dans la bouche du nouveau président Américain une formule qui avait déjà fait tant de mal à l’Amérique du Sud: "Régime change".

Les attentats du 11 septembre 2001 passent par là, donnant des ailes à George Bush et son gang néo-conservateur. Le monde déroule un tapis rouge à l’Amérique interventionniste et il faut en profiter. Dès 2002, les faucons sponsorisent un coup d'État qui sera un coup dans l'eau. Le gouvernement intérimaire vénézuélien, presque immédiatement reconnu par l'administration américaine ne durera que 48 heures et Chavez sera remis au pouvoir sous la pression de la rue et d'une partie de l'institution...

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Le Senate Intelligence Committee valide la candidature de Gina Haspel à la tête de la CIA00a8cda7-41b3-4a78-971b-a4d9a60ce2b6http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20180516_231245_Le_Senate_Intelligence_Committee_valide_la_candidature_de_Gina_Haspel_a_la_tete_de_la_CIAWed, 16 May 2018 23:12:45 +0200

Gina Haspel - Central Intelligence Agency
Gina Haspel - Central Intelligence Agency
Le premier pas est franchi. Le Senate Intelligence Committee a voté à 10 contre 5 en faveur de la nomination de Gina Haspel à la tête de la CIA, comme le souhaite Donald Trump. L'ensemble du Sénat doit désormais voter pour que sa nomination devienne effective. Cela pourrait intervenir dans les tous prochains jours. Gina Haspel avait été entendue par le comité le 9 mai. A la tête d'une prison en Thaïlande, ayant pratiqué la torture sous l'Administration Bush, elle avait expliqué qu'à l'époque, ces traitements des prisonniers étaient légaux. Elle n'avait pas confirmé que la torture avait été utile pour obtenir des informations mais avait refusé de dire que cela était immoral. Ce qui est sans doute moral à ses yeux, c'est que Barack Obama ait refusé que George Bush ou Dick Cheney soient poursuivis pour crimes de guerre. Ou qu'elle puisse briguer la tête de la CIA en dépit de son rôle majeur (y compris dans la destruction de preuves d'actes de torture) dans les programmes de torture et d'enlèvement de la CIA.

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Gina Haspel - Central Intelligence Agency
Gina Haspel - Central Intelligence Agency
Le premier pas est franchi. Le Senate Intelligence Committee a voté à 10 contre 5 en faveur de la nomination de Gina Haspel à la tête de la CIA, comme le souhaite Donald Trump. L'ensemble du Sénat doit désormais voter pour que sa nomination devienne effective. Cela pourrait intervenir dans les tous prochains jours. Gina Haspel avait été entendue par le comité le 9 mai. A la tête d'une prison en Thaïlande, ayant pratiqué la torture sous l'Administration Bush, elle avait expliqué qu'à l'époque, ces traitements des prisonniers étaient légaux. Elle n'avait pas confirmé que la torture avait été utile pour obtenir des informations mais avait refusé de dire que cela était immoral. Ce qui est sans doute moral à ses yeux, c'est que Barack Obama ait refusé que George Bush ou Dick Cheney soient poursuivis pour crimes de guerre. Ou qu'elle puisse briguer la tête de la CIA en dépit de son rôle majeur (y compris dans la destruction de preuves d'actes de torture) dans les programmes de torture et d'enlèvement de la CIA.

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Terrorisme : et si on enfermait les gens préventivement ?ee2158ef-b729-4f9f-8b79-3ceed724f5b7http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20180515_145215_Terrorisme___et_si_on_enfermait_les_gens_preventivement__Tue, 15 May 2018 14:52:15 +0200

La question stupide revient après chaque attentat

Quels que soient les arguments, quels que soient les contradicteurs de cette option, policiers, avocats, juges, la droite et l'extrême-droite reviennent à l'assaut après chaque attentat avec cette envie d'enterrer la démocratie, comme les terroristes qu'ils disent combattre.

"Terrorisme : emploi systématique de la violence pour atteindre un but politique". Le but de l'Etat islamique est sans aucun doute d'enterrer le système politique choisi par ses ennemis, c'est à dire la démocratie. Ce système n'est pas parfait et l'oligarchie qui a tendance à remplacer la démocratie dans nos contrées peut pousser à rechercher sa réforme en profondeur. Mais l'enterrer ? Enterrer le concept même de la Démocratie (avec un D majuscule) ? Le veut-on vraiment ? On sait ce que l'on perd, pas ce que l'on gagne. Et pourtant, les groupes Les Républicains et Front National ne manquent pas une occasion - un attentat - de s'ériger en fossoyeur, peut-être involontaires (qui sait ?), de la Démocratie.

De nombreux auteurs d'attentats sont fichés S et parfois au FSPRT, le fichier qui recense les personnes soupçonnées de radicalisation.

Alors, nous expliquent en cœur ces Captain Obvious, puisqu'ils sont déjà fichés, repérés, il suffirait de les enfermer préventivement pour éviter leur passage à l'acte. Mais comment est-il possible que l'on ait pas pensé à ça avant ?

En fait, si, il y a bien des gens qui y ont pensé. Dans la même veine, l'Administration Bush avait planché durant des mois sur un statut spécifique pour les combattants d'Al-Qaïda. L'idée était d'éviter d'avoir à les traiter comme des prisonniers de guerre et de leur déniant la protection de la Convention de Genève. Captain Obvious...

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La question stupide revient après chaque attentat

Quels que soient les arguments, quels que soient les contradicteurs de cette option, policiers, avocats, juges, la droite et l'extrême-droite reviennent à l'assaut après chaque attentat avec cette envie d'enterrer la démocratie, comme les terroristes qu'ils disent combattre.

"Terrorisme : emploi systématique de la violence pour atteindre un but politique". Le but de l'Etat islamique est sans aucun doute d'enterrer le système politique choisi par ses ennemis, c'est à dire la démocratie. Ce système n'est pas parfait et l'oligarchie qui a tendance à remplacer la démocratie dans nos contrées peut pousser à rechercher sa réforme en profondeur. Mais l'enterrer ? Enterrer le concept même de la Démocratie (avec un D majuscule) ? Le veut-on vraiment ? On sait ce que l'on perd, pas ce que l'on gagne. Et pourtant, les groupes Les Républicains et Front National ne manquent pas une occasion - un attentat - de s'ériger en fossoyeur, peut-être involontaires (qui sait ?), de la Démocratie.

De nombreux auteurs d'attentats sont fichés S et parfois au FSPRT, le fichier qui recense les personnes soupçonnées de radicalisation.

Alors, nous expliquent en cœur ces Captain Obvious, puisqu'ils sont déjà fichés, repérés, il suffirait de les enfermer préventivement pour éviter leur passage à l'acte. Mais comment est-il possible que l'on ait pas pensé à ça avant ?

En fait, si, il y a bien des gens qui y ont pensé. Dans la même veine, l'Administration Bush avait planché durant des mois sur un statut spécifique pour les combattants d'Al-Qaïda. L'idée était d'éviter d'avoir à les traiter comme des prisonniers de guerre et de leur déniant la protection de la Convention de Genève. Captain Obvious...

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Mourir pour permettre aux gestionnaires d’atteindre leurs objectifs ?d8b322dd-02c2-428d-ac19-66785ca8dc15http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20180515_134831_Mourir_pour_permettre_aux_gestionnaires_d___atteindre_leurs_objectifs___Tue, 15 May 2018 13:48:31 +0200

"Une société efficace est-elle une société qui discrimine bien ?"

La mort de Naomi, 22 ans est terrifiante. Cette jeune femme, souffrant atrocement, a appelé les pompiers pour qu’on vienne l’aider. Les opératrices ne l’ont pas prise au sérieux et celle du SAMU s’est même moquée d’elle alors que la jeune femme expliquait qu’elle se sentait mourir, avait des douleurs atroces au ventre. 

Muffingg - Wikipedia / Creative Commons

L’histoire de l'opératrice du SAMU et de la mort de Naomi est dans tous les journaux.

Cette histoire ne raconte pas seulement le décalage et la faute professionnelle d’une employée du SAMU. Cette histoire sordide est aussi le symptôme d’un fonctionnement de société qui intègre désormais des chaînes d’acteurs au service d’un ensemble d’objectifs issus d’une politique.

Naomi est morte par la faute d’un système, pas seulement d’une ou plusieurs fautes professionnelles. Un système accepté et intégré par des salariés inquiets de répondre aux objectifs managériaux en vigueur et dont le travail comporte des injonctions contradictoires. Dans le cas d’espèce : recevoir des appels de personnes en détresse pour tenter de les sauver tout en évitant au maximum d’engorger les services d’urgence et d’économiser au maximum les moyens humains ou matériels de leur structure.

Rentabilité, efficacité, pragmatisme et respect des normes en vigueur : la déshumanisation au service du management ?

Dans la chaîne de responsabilités directes de la mort de Naomi, les pompiers ont une part de responsabilité. Si les cas médicaux doivent être transférés par les pompiers au SAMU — en cas de problème médical — l’appel à l’opératrice du Samu a été l’objet d’ironie de la part de l'opératrice des pompiers, sur l’état de la jeune femme, avec le commentaire suivant : « La dame que j’ai au bout du fil, elle me dit qu’elle va mourir. Si, si, ça s’entend, elle va mourir… ».

"Un ton, un brin...

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"Une société efficace est-elle une société qui discrimine bien ?"

La mort de Naomi, 22 ans est terrifiante. Cette jeune femme, souffrant atrocement, a appelé les pompiers pour qu’on vienne l’aider. Les opératrices ne l’ont pas prise au sérieux et celle du SAMU s’est même moquée d’elle alors que la jeune femme expliquait qu’elle se sentait mourir, avait des douleurs atroces au ventre. 

Muffingg - Wikipedia / Creative Commons

L’histoire de l'opératrice du SAMU et de la mort de Naomi est dans tous les journaux.

Cette histoire ne raconte pas seulement le décalage et la faute professionnelle d’une employée du SAMU. Cette histoire sordide est aussi le symptôme d’un fonctionnement de société qui intègre désormais des chaînes d’acteurs au service d’un ensemble d’objectifs issus d’une politique.

Naomi est morte par la faute d’un système, pas seulement d’une ou plusieurs fautes professionnelles. Un système accepté et intégré par des salariés inquiets de répondre aux objectifs managériaux en vigueur et dont le travail comporte des injonctions contradictoires. Dans le cas d’espèce : recevoir des appels de personnes en détresse pour tenter de les sauver tout en évitant au maximum d’engorger les services d’urgence et d’économiser au maximum les moyens humains ou matériels de leur structure.

Rentabilité, efficacité, pragmatisme et respect des normes en vigueur : la déshumanisation au service du management ?

Dans la chaîne de responsabilités directes de la mort de Naomi, les pompiers ont une part de responsabilité. Si les cas médicaux doivent être transférés par les pompiers au SAMU — en cas de problème médical — l’appel à l’opératrice du Samu a été l’objet d’ironie de la part de l'opératrice des pompiers, sur l’état de la jeune femme, avec le commentaire suivant : « La dame que j’ai au bout du fil, elle me dit qu’elle va mourir. Si, si, ça s’entend, elle va mourir… ».

"Un ton, un brin...

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Consommation, piège à cons ?01fd3c42-ad68-43a1-8815-af2dca3a4b7chttp://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20180510_101509_Consommation__piege_a_cons__Thu, 10 May 2018 10:15:09 +0200

Le Pistolet et La Pioche #14

La société de consommation dévore tout, même ses consommateurs qui tout en la haïssant, la plébiscitent chaque jour. Comment cette boucle rétroactive est-elle possible ? Avec quels effets ? Y a-t-il des moyens d'en sortir, ou à minima d'être moins happé ?

Parler de la société de consommation et du système de pensée consumériste n'est pas simple, surtout que ces concepts sont au centre du fonctionnement de la "civilisation capitaliste". Le Pistolet et la Pioche a quand même décidé d'aller creuser dans tout ça, avec des constats, mais aussi des solutions. Le tout en musique, comme d'habitude, et pas n'importe quelle musique…

Durée : 33'53 minutes

Killing Joke — Eighties

Eighties, I'm living in the eighties

Eighties, I have to push, I have to struggle

Eighties, get out of my way, I'm not for sale no more

Eighties, let's kamikaze till we get there

And we sang

You do it this way

Eighties, by day we run by night we dance, we do

Eighties, I'm in love with the coming race

Eighties, I've got the best, I'll take all I can get

Eighties, I'm living for the eighties

Eighties, I'm living in the eighties, I push

Eighties, I'm living

Eighties, I'm living in the eighties, I struggle

Eighties, I'm living

Eighties, I'm living

Eighties, I'm living in the eighties

Eighties, I'm living in the eighties, I push

Eighties, push, push, struggle

Eighties, I'm living

Eighties, eighties, I'm living

Eighties, I'm living in the eighties, I push

Eighties, push, push, struggle

The Stranglers — Always The Sun

How many times have you woken up and prayed for the rain ?

How many times have you seen the papers apportion the blame ?

Who gets to say ?

Who gets to work and who gets to play ?

I was always told at school, everybody should get the same

How many times have you been told if you don't ask you don't get ?

How many lads have taken your money? Your Mother said you shouldn't bet

Who has the fun ?

Is it always a man with a gun ?

Someone must have told you if you work too hard you can sweat ?

There's always the sun

Mmmm

There's always the sun

Always, always, always the sun

How many times have the weathermen told you stories that made you laugh ?

You know its not unlike the politicians and the leaders, when they do things by halves

Who gets the job ?

Of pushing the knob

That's what responsibility you draw straws for if you're mad enough

There's always the sun

Mmmm

There's always the sun

Always, always, always the sun

The The — This is The Day

Well you didn't wake up this morning

'Cause you didn't go to bed

You were watching the whites of your eyes turn red

The calendar on your wall

Is ticking the days off

You've been reading some old letters

You smile and think how much you've changed

All the money in the world

Couldn't buy back those days

You pull back the curtains

And the sun burns into your eyes

You watch a plane flying

Across the clear blue Sky

This is the day

Your life will surely change

This is the day

When things fall into place

You could've done anything

If you'd wanted

And all your friends and family

Think that you're lucky

But the side of you they'll never see

Is when you're left alone with the memories

That hold your life

Together like

Glue

You pull back your curtains

And the sun burns into your eyes

You watch a plane flying

Across the clear blue Sky

This is the day

Your life will surely change

This is the day

When things fall into place

This is the day (this is the day)

That your life will surely change

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Le Pistolet et La Pioche #14

La société de consommation dévore tout, même ses consommateurs qui tout en la haïssant, la plébiscitent chaque jour. Comment cette boucle rétroactive est-elle possible ? Avec quels effets ? Y a-t-il des moyens d'en sortir, ou à minima d'être moins happé ?

Parler de la société de consommation et du système de pensée consumériste n'est pas simple, surtout que ces concepts sont au centre du fonctionnement de la "civilisation capitaliste". Le Pistolet et la Pioche a quand même décidé d'aller creuser dans tout ça, avec des constats, mais aussi des solutions. Le tout en musique, comme d'habitude, et pas n'importe quelle musique…

Durée : 33'53 minutes

Killing Joke — Eighties

Eighties, I'm living in the eighties

Eighties, I have to push, I have to struggle

Eighties, get out of my way, I'm not for sale no more

Eighties, let's kamikaze till we get there

And we sang

You do it this way

Eighties, by day we run by night we dance, we do

Eighties, I'm in love with the coming race

Eighties, I've got the best, I'll take all I can get

Eighties, I'm living for the eighties

Eighties, I'm living in the eighties, I push

Eighties, I'm living

Eighties, I'm living in the eighties, I struggle

Eighties, I'm living

Eighties, I'm living

Eighties, I'm living in the eighties

Eighties, I'm living in the eighties, I push

Eighties, push, push, struggle

Eighties, I'm living

Eighties, eighties, I'm living

Eighties, I'm living in the eighties, I push

Eighties, push, push, struggle

The Stranglers — Always The Sun

How many times have you woken up and prayed for the rain ?

How many times have you seen the papers apportion the blame ?

Who gets to say ?

Who gets to work and who gets to play ?

I was always told at school, everybody should get the same

How many times have you been told if you don't ask you don't get ?

How many lads have taken your money? Your Mother said you shouldn't bet

Who has the fun ?

Is it always a man with a gun ?

Someone must have told you if you work too hard you can sweat ?

There's always the sun

Mmmm

There's always the sun

Always, always, always the sun

How many times have the weathermen told you stories that made you laugh ?

You know its not unlike the politicians and the leaders, when they do things by halves

Who gets the job ?

Of pushing the knob

That's what responsibility you draw straws for if you're mad enough

There's always the sun

Mmmm

There's always the sun

Always, always, always the sun

The The — This is The Day

Well you didn't wake up this morning

'Cause you didn't go to bed

You were watching the whites of your eyes turn red

The calendar on your wall

Is ticking the days off

You've been reading some old letters

You smile and think how much you've changed

All the money in the world

Couldn't buy back those days

You pull back the curtains

And the sun burns into your eyes

You watch a plane flying

Across the clear blue Sky

This is the day

Your life will surely change

This is the day

When things fall into place

You could've done anything

If you'd wanted

And all your friends and family

Think that you're lucky

But the side of you they'll never see

Is when you're left alone with the memories

That hold your life

Together like

Glue

You pull back your curtains

And the sun burns into your eyes

You watch a plane flying

Across the clear blue Sky

This is the day

Your life will surely change

This is the day

When things fall into place

This is the day (this is the day)

That your life will surely change

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La fête à Macron : une manif bon enfant de gens énervés3459fc3e-2f1b-4bb9-b6a6-d12e736e356dhttp://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20180506_104542_La_fete_a_Macron___une_manif_bon_enfant_de_gens_enervesSun, 06 May 2018 10:45:42 +0200

Organisée par les Insoumis, la manif du 5 mai a rassemblé les mécontents de Macron

Méluche à bien tenté d'haranguer les foules, sans grand succès, même en leur parlant depuis l'office du tourisme. Dans le cortège beaucoup d'enfants, de poussettes et les habituels fans d'Ernesto (Che) Guevara. Des cheminots, l'église de la très sainte consommation, quelques jeunes venus faire le coup de poing avec la police. Mais surtout, énormément de policiers, très tendus.

Cortège de la manifestation du 5 mai - Reflets.info - CC BY-NC-SA 2.0

Rassemblement des forces devant l'Opéra. Attac est là. - Reflets.info - CC BY-NC-SA 2.0
Rassemblement des forces devant l'Opéra. Attac est là. - Reflets.info - CC BY-NC-SA 2.0

Vers une heure, l'Opéra n'a pas attiré grand monde, les gens sont déjà en train de former le cortège une rue plus loin - Reflets.info - CC BY-NC-SA 2.0
Vers une heure, l'Opéra n'a pas attiré grand monde, les gens sont déjà en train de former le cortège une rue plus loin - Reflets.info - CC BY-NC-SA 2.0

Au début de la manif, et pendant tout le trajet, la voiture de France-Info s'est déplacée sans aucun souci. - Reflets.info - CC BY-NC-SA 2.0
Au début de la manif, et pendant tout le trajet, la voiture de France-Info s'est déplacée sans aucun souci. - Reflets.info - CC BY-NC-SA 2.0

Surement un hacker, vu le masque... - Reflets.info - CC BY-NC-SA 2.0
Surement un hacker, vu le masque... - Reflets.info - CC BY-NC-SA 2.0

Ambiance rigolote, la tendance est à la blague politique laissant filtrer un ras-le-bol généralisé. Le président des riches énerve. - Reflets.info - CC BY-NC-SA 2.0
Ambiance rigolote, la tendance est à la blague politique laissant filtrer un ras-le-bol généralisé. Le président des riches énerve. - Reflets.info - CC BY-NC-SA 2.0

Sur le parcours de la manifestation, les forces de l'ordre sont quasiment invisibles. Mais dans les rues adjacentes, elles sont très nombreuses. - Reflets.info - CC BY-NC-SA 2.0
Sur le parcours de la manifestation, les forces de l'ordre sont quasiment invisibles. Mais dans les rues adjacentes, elles sont très nombreuses. - Reflets.info - CC BY-NC-SA 2.0

C'est un peu carnaval, jusque là tout va bien. - Reflets.info - CC BY-NC-SA 2.0
C'est un peu carnaval, jusque là tout va bien. - Reflets.info - CC BY-NC-SA 2.0

L'humour poursuit sa route dans le défilé... - Reflets.info - CC BY-NC-SA 2.0
L'humour poursuit sa route dans le défilé... - Reflets.info - CC BY-NC-SA 2.0

Le marteau et la faucille au milieu du cortège. "Souvent fauché, toujours marteau" (Bérus) - Reflets.info - CC BY-NC-SA 2.0
Le marteau et la faucille au milieu du cortège. "Souvent fauché, toujours marteau" (Bérus) - Reflets.info - CC BY-NC-SA 2.0

Il y a comme toujours dans les manifestations, les nostalgiques d'Ernesto (Che) Guevara qui n'en demandait sans doute pas tant. - Reflets.info - CC BY-NC-SA 2.0
Il y a comme toujours dans les manifestations, les nostalgiques d'Ernesto (Che) Guevara qui n'en demandait sans doute pas tant. - Reflets.info - CC BY-NC-SA 2.0

Le cortège s'étend - Reflets.info - CC BY-NC-SA 2.0
Le cortège s'étend - Reflets.info - CC BY-NC-SA 2.0

Mélenchon, l'homme qui n'aime pas la presse, essaye de parler à la foule depuis l'office du tourisme. Bide total. - Reflets.info - CC BY-NC-SA 2.0
Mélenchon, l'homme qui n'aime pas la presse, essaye de parler à la foule depuis l'office du tourisme. Bide total. - Reflets.info - CC...

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Organisée par les Insoumis, la manif du 5 mai a rassemblé les mécontents de Macron

Méluche à bien tenté d'haranguer les foules, sans grand succès, même en leur parlant depuis l'office du tourisme. Dans le cortège beaucoup d'enfants, de poussettes et les habituels fans d'Ernesto (Che) Guevara. Des cheminots, l'église de la très sainte consommation, quelques jeunes venus faire le coup de poing avec la police. Mais surtout, énormément de policiers, très tendus.

Cortège de la manifestation du 5 mai - Reflets.info - CC BY-NC-SA 2.0

Rassemblement des forces devant l'Opéra. Attac est là. - Reflets.info - CC BY-NC-SA 2.0
Rassemblement des forces devant l'Opéra. Attac est là. - Reflets.info - CC BY-NC-SA 2.0

Vers une heure, l'Opéra n'a pas attiré grand monde, les gens sont déjà en train de former le cortège une rue plus loin - Reflets.info - CC BY-NC-SA 2.0
Vers une heure, l'Opéra n'a pas attiré grand monde, les gens sont déjà en train de former le cortège une rue plus loin - Reflets.info - CC BY-NC-SA 2.0

Au début de la manif, et pendant tout le trajet, la voiture de France-Info s'est déplacée sans aucun souci. - Reflets.info - CC BY-NC-SA 2.0
Au début de la manif, et pendant tout le trajet, la voiture de France-Info s'est déplacée sans aucun souci. - Reflets.info - CC BY-NC-SA 2.0

Surement un hacker, vu le masque... - Reflets.info - CC BY-NC-SA 2.0
Surement un hacker, vu le masque... - Reflets.info - CC BY-NC-SA 2.0

Ambiance rigolote, la tendance est à la blague politique laissant filtrer un ras-le-bol généralisé. Le président des riches énerve. - Reflets.info - CC BY-NC-SA 2.0
Ambiance rigolote, la tendance est à la blague politique laissant filtrer un ras-le-bol généralisé. Le président des riches énerve. - Reflets.info - CC BY-NC-SA 2.0

Sur le parcours de la manifestation, les forces de l'ordre sont quasiment invisibles. Mais dans les rues adjacentes, elles sont très nombreuses. - Reflets.info - CC BY-NC-SA 2.0
Sur le parcours de la manifestation, les forces de l'ordre sont quasiment invisibles. Mais dans les rues adjacentes, elles sont très nombreuses. - Reflets.info - CC BY-NC-SA 2.0

C'est un peu carnaval, jusque là tout va bien. - Reflets.info - CC BY-NC-SA 2.0
C'est un peu carnaval, jusque là tout va bien. - Reflets.info - CC BY-NC-SA 2.0

L'humour poursuit sa route dans le défilé... - Reflets.info - CC BY-NC-SA 2.0
L'humour poursuit sa route dans le défilé... - Reflets.info - CC BY-NC-SA 2.0

Le marteau et la faucille au milieu du cortège. "Souvent fauché, toujours marteau" (Bérus) - Reflets.info - CC BY-NC-SA 2.0
Le marteau et la faucille au milieu du cortège. "Souvent fauché, toujours marteau" (Bérus) - Reflets.info - CC BY-NC-SA 2.0

Il y a comme toujours dans les manifestations, les nostalgiques d'Ernesto (Che) Guevara qui n'en demandait sans doute pas tant. - Reflets.info - CC BY-NC-SA 2.0
Il y a comme toujours dans les manifestations, les nostalgiques d'Ernesto (Che) Guevara qui n'en demandait sans doute pas tant. - Reflets.info - CC BY-NC-SA 2.0

Le cortège s'étend - Reflets.info - CC BY-NC-SA 2.0
Le cortège s'étend - Reflets.info - CC BY-NC-SA 2.0

Mélenchon, l'homme qui n'aime pas la presse, essaye de parler à la foule depuis l'office du tourisme. Bide total. - Reflets.info - CC BY-NC-SA 2.0
Mélenchon, l'homme qui n'aime pas la presse, essaye de parler à la foule depuis l'office du tourisme. Bide total. - Reflets.info - CC...

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Quelques clés pour les réactionnaires qui s’ignorent0a5bac12-07d7-4459-a252-75b79e4dc777http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20180505_214724_Quelques_cles_pour_les_reactionnaires_qui_s___ignorentSat, 05 May 2018 21:47:24 +0200

Etre réactionnaire c'est à la portée de tout le monde

Le terme « réactionnaire » ou « réac » est revenu en grâce par la magie médiatique. Et c’est une bonne chose, puisque cette catégorisation permet en réalité de mieux comprendre ce qui agite ceux qui composent la société, des plus modestes aux plus en vue. Il ne faudrait pas se méprendre : être réactionnaire n’est pas être « de droite », n’est pas forcément lié à un conservatisme bien défini.

Le terme « réactionnaire » ou « réac » est revenu en grâce par la magie médiatique. Et c’est une bonne chose, puisque cette catégorisation permet en réalité de mieux comprendre ce qui agite ceux qui composent la société, des plus modestes aux plus en vue. Il ne faudrait pas se méprendre : être réactionnaire n’est pas être « de droite », n’est pas forcément lié à un conservatisme bien défini. De nombreux « gauchistes » ou assimilés à une forme de pensée « progressiste » et pétrie de bon sentiments « fraternalistes », sont des réactionnaires qui s’ignorent. Et c’est bien là que la bât blesse : quand les réac sont à peu près partout, montant au créneau de leurs causes idéologiques fabriquées [en ligne] sans aucune colonne vertébrale, le pouvoir politique en place ricane et sait qu’il a les mains libres. Ouvrons les portes de la pensée réactionnaire actuelle avec les clés de déchiffrement des contradictions des foules déculturées.

Toi aussi défends la police quand ça t’arrange

Soyons clair : que l’on puisse penser que des forces de police, les palais de justice, sont un « mal nécessaire » dans une société pas assez mûre pour s’en passer, n’est pas être réactionnaire. L’anarchie est une utopie qui n’est pas visiblement encore réalisable en France, pays de l’infantilisation des citoyens et de la démocratie d’apparat à base de monarchie républicaine ploutocratique. Mais si le réactionnaire du XXème siècle était simplement un défenseur aveugle des forces de l’ordre et de...

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Etre réactionnaire c'est à la portée de tout le monde

Le terme « réactionnaire » ou « réac » est revenu en grâce par la magie médiatique. Et c’est une bonne chose, puisque cette catégorisation permet en réalité de mieux comprendre ce qui agite ceux qui composent la société, des plus modestes aux plus en vue. Il ne faudrait pas se méprendre : être réactionnaire n’est pas être « de droite », n’est pas forcément lié à un conservatisme bien défini.

Le terme « réactionnaire » ou « réac » est revenu en grâce par la magie médiatique. Et c’est une bonne chose, puisque cette catégorisation permet en réalité de mieux comprendre ce qui agite ceux qui composent la société, des plus modestes aux plus en vue. Il ne faudrait pas se méprendre : être réactionnaire n’est pas être « de droite », n’est pas forcément lié à un conservatisme bien défini. De nombreux « gauchistes » ou assimilés à une forme de pensée « progressiste » et pétrie de bon sentiments « fraternalistes », sont des réactionnaires qui s’ignorent. Et c’est bien là que la bât blesse : quand les réac sont à peu près partout, montant au créneau de leurs causes idéologiques fabriquées [en ligne] sans aucune colonne vertébrale, le pouvoir politique en place ricane et sait qu’il a les mains libres. Ouvrons les portes de la pensée réactionnaire actuelle avec les clés de déchiffrement des contradictions des foules déculturées.

Toi aussi défends la police quand ça t’arrange

Soyons clair : que l’on puisse penser que des forces de police, les palais de justice, sont un « mal nécessaire » dans une société pas assez mûre pour s’en passer, n’est pas être réactionnaire. L’anarchie est une utopie qui n’est pas visiblement encore réalisable en France, pays de l’infantilisation des citoyens et de la démocratie d’apparat à base de monarchie républicaine ploutocratique. Mais si le réactionnaire du XXème siècle était simplement un défenseur aveugle des forces de l’ordre et de...

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Censure : 2018, une année noire pour les libertés 9cc99c27-34d3-47d0-8921-1d789ade1e1ehttp://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20180504_160749_Censure___2018__une_annee_noire_pour_les_libertes_Fri, 04 May 2018 16:07:49 +0200

Après Google, Amazon interdit le domain fronting

En quelques semaines, Google puis Amazon ont totalement et volontairement redistribué le paysage de la censure sur Internet.

Jef Mathiot - CC BY-SA 4.0

Il y a quelques semaines, les développeurs de Signal modifiaient le code source de l'application de messagerie. Celle-ci utiliserait dorénavant une terminaison d'Amazon Cloudfront, celle du site souq.com, comme façade afin de contourner la censure en Égypte, aux Émirats arabes unis, à Oman et au Qatar. Auparavant, c'était google.com auquel Signal avait recours, mais Google avait prévenu que cette pratique ne serait plus autorisée.

C'est maintenant au tour d'Amazon Web Services (AWS), la filiale d'Amazon qui fournit des services d'hébergement, de l'interdire. Dans un billet de blog, Moxie Marlinspike retranscrivait il y a quelques jours l'email envoyé par un employé d'Amazon :

De : [caviardé], [caviardé] <[caviardé]@amazon.com>
Subject: Notification d'un suspension potentielle de compte en regard des conditions d'utilisation d'AWS

Moxie,

Hier AWS a pris connaissance de votre [code source sur] Github et des billets sur Hacker News / YCombinator décrivant comment Signal prévoit de faire en sorte que son trafic ressemble au trafic d'un autre site (pratique connue comme du "domain fronting") en utilisant un domaine propriété d'Amazon — Souq.com. Vous n'avez pas la permission d'Amazon d'utiliser Souq.com pour quelque raison que ce soit. N'importe quelle usage de Souq.com ou d'un autre domaine pour vous faire passer pour une autre entité sans la permission expresse du propriétaire...

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Après Google, Amazon interdit le domain fronting

En quelques semaines, Google puis Amazon ont totalement et volontairement redistribué le paysage de la censure sur Internet.

Jef Mathiot - CC BY-SA 4.0

Il y a quelques semaines, les développeurs de Signal modifiaient le code source de l'application de messagerie. Celle-ci utiliserait dorénavant une terminaison d'Amazon Cloudfront, celle du site souq.com, comme façade afin de contourner la censure en Égypte, aux Émirats arabes unis, à Oman et au Qatar. Auparavant, c'était google.com auquel Signal avait recours, mais Google avait prévenu que cette pratique ne serait plus autorisée.

C'est maintenant au tour d'Amazon Web Services (AWS), la filiale d'Amazon qui fournit des services d'hébergement, de l'interdire. Dans un billet de blog, Moxie Marlinspike retranscrivait il y a quelques jours l'email envoyé par un employé d'Amazon :

De : [caviardé], [caviardé] <[caviardé]@amazon.com>
Subject: Notification d'un suspension potentielle de compte en regard des conditions d'utilisation d'AWS

Moxie,

Hier AWS a pris connaissance de votre [code source sur] Github et des billets sur Hacker News / YCombinator décrivant comment Signal prévoit de faire en sorte que son trafic ressemble au trafic d'un autre site (pratique connue comme du "domain fronting") en utilisant un domaine propriété d'Amazon — Souq.com. Vous n'avez pas la permission d'Amazon d'utiliser Souq.com pour quelque raison que ce soit. N'importe quelle usage de Souq.com ou d'un autre domaine pour vous faire passer pour une autre entité sans la permission expresse du propriétaire...

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Démocratie fissurée : chroniques d'un mauvais élève de la République (3)63197f39-65b9-43cc-946a-e8bb8295a829http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20180501_131519_Democratie_fissuree___chroniques_d_un_mauvais_eleve_de_la_Republique__3_Tue, 01 May 2018 13:15:19 +0200

Les années noires du néo-libéralisme mondialisé (pour tous)

De Chirac à Jospin puis à Chirac, en passant par le grand show mondial du 11 septembre, tout s'appauvrit, même la musique et le cinéma. A se demander si tout le monde ne rêve pas de vivre dans un grand supermarché à la Disneyland. Il faut dire que la propagande néolibérale bat son plein.

Années 2000 : le début de la fin

>Démocratie fissurée : chroniques d’un mauvais élève de la République (1)

>Démocratie fissurée : chroniques d'un mauvais élève de la République (2)

Juste avant la victoire de Chirac je me rappelle avoir lancé : "Je me casse si ce type devient président". Ça n'a pas loupé : le grand dadet escroc arriviste démonte Jospin à la présidentielle grâce à des slogans creux mais suffisamment orientés sur le terrain du socialiste de pacotille pour brouiller les pistes. La fracture sociale ! Chirac veut résoudre la fracture sociale ! Six mois après son élection, il a déjà oublié et dans les rues résonnent les trompettes de la contestation syndicale et sociale contre la réforme des retraites. Sur les ondes et les écrans de tévé ça explique en parallèle aux gens comment la mondialisation c'est drôlement chouette parce qu'on va "tous en profiter". Niveau musique, ça commence à patiner : les morts du "rock sans avenir" n'ont pas trouvé de remplaçants, et en 3 ou 4 ans apparaissent les premiers petits bourgeois de la chanson française. Leur crédo : chanter leur malaise quotidien de trentenaire affligé par leur vie de merde conformiste. Ça craint franchement : je me casse début 96 à l'autre bout du monde avec mes deux gosses et leur mère, en Afrique de l'Est. J'apprendrai de là-bas quelques trucs vagues sur mon pays d'origine via une radio [prêtée par un voisin], radio que je bidouille en installant un fil de fer de de...

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Les années noires du néo-libéralisme mondialisé (pour tous)

De Chirac à Jospin puis à Chirac, en passant par le grand show mondial du 11 septembre, tout s'appauvrit, même la musique et le cinéma. A se demander si tout le monde ne rêve pas de vivre dans un grand supermarché à la Disneyland. Il faut dire que la propagande néolibérale bat son plein.

Années 2000 : le début de la fin

>Démocratie fissurée : chroniques d’un mauvais élève de la République (1)

>Démocratie fissurée : chroniques d'un mauvais élève de la République (2)

Juste avant la victoire de Chirac je me rappelle avoir lancé : "Je me casse si ce type devient président". Ça n'a pas loupé : le grand dadet escroc arriviste démonte Jospin à la présidentielle grâce à des slogans creux mais suffisamment orientés sur le terrain du socialiste de pacotille pour brouiller les pistes. La fracture sociale ! Chirac veut résoudre la fracture sociale ! Six mois après son élection, il a déjà oublié et dans les rues résonnent les trompettes de la contestation syndicale et sociale contre la réforme des retraites. Sur les ondes et les écrans de tévé ça explique en parallèle aux gens comment la mondialisation c'est drôlement chouette parce qu'on va "tous en profiter". Niveau musique, ça commence à patiner : les morts du "rock sans avenir" n'ont pas trouvé de remplaçants, et en 3 ou 4 ans apparaissent les premiers petits bourgeois de la chanson française. Leur crédo : chanter leur malaise quotidien de trentenaire affligé par leur vie de merde conformiste. Ça craint franchement : je me casse début 96 à l'autre bout du monde avec mes deux gosses et leur mère, en Afrique de l'Est. J'apprendrai de là-bas quelques trucs vagues sur mon pays d'origine via une radio [prêtée par un voisin], radio que je bidouille en installant un fil de fer de de...

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Toi aussi achète une vierge pour un million d'euros !89bb91f3-0a38-4fbd-92a2-22a4cafb83cehttp://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20180501_120230_Toi_aussi_achete_une_vierge_pour_un_million_d_euros__Tue, 01 May 2018 12:02:30 +0200

L'heureuse élue n'a qu'une hâte : perdre sa virginité avec le vieux et payer ses dettes, comme toute jeune femme qui s'émancipe…

C'est un article de Closer retweeté qui explique qu'une jeune française s'est faite payer une défloration à 1,25 millions d'euros par un vieux monsieur newyorkais.

La jeune femme de 20 ans est aux anges : elle va pouvoir aider sa famille à payer ses crédits et pouvoir réaliser son rêve de voyager en classe affaire partout dans le monde. Youpi. En plus, comme elle l'explique, c'est "à la mode", et ses parents, ses amis, au vu de la somme, la soutiennent inconditionnellement.

Cette jeune femme, comme l'explique le torchon magazine, serait quasiment une militante féministe puisque Closer explique que "Jasmine voit son acte comme une certaine émancipation : "Cela ne devrait pas être tabou pour une femme de faire ce qu'elle veut avec son corps" nous apprend la veinarde millionnaire.

Mais oui ! Grave ! On n'y avait pas pensé : vendre son corps, sa virginité aux 1% par enchères sur un site internet — comme le bétail pour le marché de gros — c'est une émancipation et un droit fondamental de faire keskonveut avec son corps ! Pardi…

Yes ! Ca y est j'ai le million, suffit juste que le vieux m'enfile dix minutes dans son appart de luxe et papa maman vont pouvoir rembourser l'emprunt !
Yes ! Ca y est j'ai le million, suffit juste que le vieux m'enfile dix minutes dans son appart de luxe et papa maman vont pouvoir rembourser l'emprunt !

Bien entendu, tout ça n'a pas été simple, puisqu'il a fallu s'inscrire et être sélectionnée par une plateforme 2.0 disruptive et innovante en diable qui propose ce marché juteux de la vente de corps et de...

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L'heureuse élue n'a qu'une hâte : perdre sa virginité avec le vieux et payer ses dettes, comme toute jeune femme qui s'émancipe…

C'est un article de Closer retweeté qui explique qu'une jeune française s'est faite payer une défloration à 1,25 millions d'euros par un vieux monsieur newyorkais.

La jeune femme de 20 ans est aux anges : elle va pouvoir aider sa famille à payer ses crédits et pouvoir réaliser son rêve de voyager en classe affaire partout dans le monde. Youpi. En plus, comme elle l'explique, c'est "à la mode", et ses parents, ses amis, au vu de la somme, la soutiennent inconditionnellement.

Cette jeune femme, comme l'explique le torchon magazine, serait quasiment une militante féministe puisque Closer explique que "Jasmine voit son acte comme une certaine émancipation : "Cela ne devrait pas être tabou pour une femme de faire ce qu'elle veut avec son corps" nous apprend la veinarde millionnaire.

Mais oui ! Grave ! On n'y avait pas pensé : vendre son corps, sa virginité aux 1% par enchères sur un site internet — comme le bétail pour le marché de gros — c'est une émancipation et un droit fondamental de faire keskonveut avec son corps ! Pardi…

Yes ! Ca y est j'ai le million, suffit juste que le vieux m'enfile dix minutes dans son appart de luxe et papa maman vont pouvoir rembourser l'emprunt !
Yes ! Ca y est j'ai le million, suffit juste que le vieux m'enfile dix minutes dans son appart de luxe et papa maman vont pouvoir rembourser l'emprunt !

Bien entendu, tout ça n'a pas été simple, puisqu'il a fallu s'inscrire et être sélectionnée par une plateforme 2.0 disruptive et innovante en diable qui propose ce marché juteux de la vente de corps et de...

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Un an de Macron : où donc ce président mène-t-il la France ?3886a6d3-0116-4336-abf6-e01de8098741http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20180425_183826_Un_an_de_Macron___ou_donc_ce_president_mene-t-il_la_France__Wed, 25 Apr 2018 18:38:26 +0200

Décryptage du "projet" macronien en action

Le président jupitérien, ni gauche ni droite et « hors du système » préside la France depuis bientôt un an. Sa volonté de « réformes » est au centre de sa politique « transformatrice » de l’Etat… et de la société. Analyse globale de la « nouvelle France « que créent Macron et ses troupes, au service du PDG de la startup-nation.

Jouer à faire comme les salariés : comme au théâtre, le PDG France s'amuse

Il n’est pas possible de comprendre la présidence Macron en se contentant de zoomer par instants sur ses saillies, ses discours ou chacune de ses réformes successives. En fragmentant cette politique — ce que font les réseaux sociaux de par leur incapacité à maintenir une vision continue de l’histoire — la volonté de «la plus haute autorité de l’Etat» échappe à l’analyse, et surtout, la nouvelle société qu’il tente de créer n’est pas compréhensible et encore moins clairement envisageable. Pourtant, une photographie d’ensemble est possible, et le «projet» bien visible…

La multinationale France

Le concept de «startup nation» élaboré par Macron est central dans sa politique de la transformation de la société. L’idée obsessionnelle du président issu du monde bancaire est de faire basculer la pays dans ses fondements — dont celui du rôle de l’Etat — dans un autre mode : celui de la multinationale.

La société que Macron rêve et a déjà commencé à créer est celle de la modernité par l’automatisation.

Le management présidentiel d’Emmanuel Macron est symptomatique de cette nouvelle voie où les concepts essentiels des services publics, par exemple, deviennent des «services» — rentables — avec des «clients». Le XXIe siècle, pour le «président manager», est celui de la fin des Etats anciens et providentiels du vieux monde, au profit des Etats-entreprises performatifs. La France, pour Macron, n’est rien d’autre qu’une multinationale géante contenant elle-même des multinationales et qui...

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Décryptage du "projet" macronien en action

Le président jupitérien, ni gauche ni droite et « hors du système » préside la France depuis bientôt un an. Sa volonté de « réformes » est au centre de sa politique « transformatrice » de l’Etat… et de la société. Analyse globale de la « nouvelle France « que créent Macron et ses troupes, au service du PDG de la startup-nation.

Jouer à faire comme les salariés : comme au théâtre, le PDG France s'amuse

Il n’est pas possible de comprendre la présidence Macron en se contentant de zoomer par instants sur ses saillies, ses discours ou chacune de ses réformes successives. En fragmentant cette politique — ce que font les réseaux sociaux de par leur incapacité à maintenir une vision continue de l’histoire — la volonté de «la plus haute autorité de l’Etat» échappe à l’analyse, et surtout, la nouvelle société qu’il tente de créer n’est pas compréhensible et encore moins clairement envisageable. Pourtant, une photographie d’ensemble est possible, et le «projet» bien visible…

La multinationale France

Le concept de «startup nation» élaboré par Macron est central dans sa politique de la transformation de la société. L’idée obsessionnelle du président issu du monde bancaire est de faire basculer la pays dans ses fondements — dont celui du rôle de l’Etat — dans un autre mode : celui de la multinationale.

La société que Macron rêve et a déjà commencé à créer est celle de la modernité par l’automatisation.

Le management présidentiel d’Emmanuel Macron est symptomatique de cette nouvelle voie où les concepts essentiels des services publics, par exemple, deviennent des «services» — rentables — avec des «clients». Le XXIe siècle, pour le «président manager», est celui de la fin des Etats anciens et providentiels du vieux monde, au profit des Etats-entreprises performatifs. La France, pour Macron, n’est rien d’autre qu’une multinationale géante contenant elle-même des multinationales et qui...

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Le nouveau (ancien) monde97728cca-bccb-464c-a788-06948b8fd828http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20180424_123820_Le_nouveau__ancien__mondeTue, 24 Apr 2018 12:38:20 +0200

Il y a du Pompidou dans ce Macron

Le storytelling d'Emmanuel Macron est bien rodé. Même si le vernis commence à sérieusement craqueler, le président de la République martèle qu'il représente le nouveau monde, en opposition avec l'ancien, moribond. Vraiment ?

Emmanuel Macron sur Fox News - Copie d'écran - CC

En accordant une interview à la chaîne l'organe de propagande Fox News, le président français a redit en d'autres termes qu'il représentait le nouveau monde, celui qui remplacerait un ancien monde symbolisé par ses prédécesseurs, les hommes et femmes politiques d'avant. "Nous avons une relation très spéciale car nous sommes tous les deux anticonformistes. L’élection du président Trump a été une surprise dans votre pays et la mienne sans doute aussi en France.". Répéter une incongruité n'en fait pas une vérité et le storytelling politique du nouveau monde n'est pas plus discret que celui de l'ancien monde. Et même du très ancien monde. Un monde oublié par la plupart des Français. En tout cas par les jeunes.

A l'heure où l'on reparle de Mai 68, cinquantenaire oblige, il n'est pas idiot de comparer les discours de l'époque De Gaulle/Pompidou et celle du jeune président.

Evoquant les étudiants qui occupent les universités, Emmanuel Macron a convoqué Michel Audiard :

"Ce ne sont pas des étudiants mais ce sont des agitateurs professionnels, les professionnels du désordre, dont parlait Michel Audiard, (qui) doivent comprendre que nous sommes dans un Etat d'ordre".

Le 11 mai 1968, Georges Pompidou, alors premier ministre, s'exprime sur l'ORTF

Et que dit-il sur les étudiants qui occupent les facs ?

Image de Mai 68 - CC
Image de Mai 68 - CC

Surprise :

"J'ai décidé que la Sorbonne serait librement ouverte à partir...

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Il y a du Pompidou dans ce Macron

Le storytelling d'Emmanuel Macron est bien rodé. Même si le vernis commence à sérieusement craqueler, le président de la République martèle qu'il représente le nouveau monde, en opposition avec l'ancien, moribond. Vraiment ?

Emmanuel Macron sur Fox News - Copie d'écran - CC

En accordant une interview à la chaîne l'organe de propagande Fox News, le président français a redit en d'autres termes qu'il représentait le nouveau monde, celui qui remplacerait un ancien monde symbolisé par ses prédécesseurs, les hommes et femmes politiques d'avant. "Nous avons une relation très spéciale car nous sommes tous les deux anticonformistes. L’élection du président Trump a été une surprise dans votre pays et la mienne sans doute aussi en France.". Répéter une incongruité n'en fait pas une vérité et le storytelling politique du nouveau monde n'est pas plus discret que celui de l'ancien monde. Et même du très ancien monde. Un monde oublié par la plupart des Français. En tout cas par les jeunes.

A l'heure où l'on reparle de Mai 68, cinquantenaire oblige, il n'est pas idiot de comparer les discours de l'époque De Gaulle/Pompidou et celle du jeune président.

Evoquant les étudiants qui occupent les universités, Emmanuel Macron a convoqué Michel Audiard :

"Ce ne sont pas des étudiants mais ce sont des agitateurs professionnels, les professionnels du désordre, dont parlait Michel Audiard, (qui) doivent comprendre que nous sommes dans un Etat d'ordre".

Le 11 mai 1968, Georges Pompidou, alors premier ministre, s'exprime sur l'ORTF

Et que dit-il sur les étudiants qui occupent les facs ?

Image de Mai 68 - CC
Image de Mai 68 - CC

Surprise :

"J'ai décidé que la Sorbonne serait librement ouverte à partir...

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Google bas du front, c'est le Souq chez Signal65c6cf7a-3822-43b7-8140-e4a86fa8f13ahttp://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20180419_125350_Google_bas_du_front__c_est_le_Souq_chez_SignalThu, 19 Apr 2018 12:53:50 +0200

Google interdit le domain fronting

Décidément, ça bouge dans le monde de messageries sécurisées. Les développeurs de Signal sont contraints de s'adapter aux modifications récentes imposées par Google.

Souk de Tunis - Leandro Neumann Ciuffo - CC BY 2.0

Alors que nous étudions les mesures techniques mises en place par Telegram pour contrer le dispositif de censure, massif, des autorités russes, nous sommes tombés sur une bizarrerie. Pour comprendre le système de découverte d'adresses IP de la messagerie, nous avions en effet écrit un script imitant le comportement de l'application. Deux mécanismes relativement similaires ont été mis en place par les développeurs.

Le premier, qui fonctionne toujours, utilise le domain fronting via google.com pour s'adresser au service dns.google.com. Le second utilise la même terminaison, google.com, mais pour dissimuler cette fois-ci les requêtes à destinations de dns-telegram.appspot.com. Mais impossible de le faire fonctionner. C'est la raison pour laquelle, dans le script, nous utilisons directement dns-telegram.appspot.com. En passant par google.com pour essayer d'atteindre cette seconde adresse le serveur renvoie ainsi le message suivant :

This HTTP request has a Host header that is not covered by the TLS certificate used. Due to an infrastructure change, this request cannot be processed.

Nous avions pensé au départ à un problème de notre côté, mais après plusieurs essais infructueux, il était évident qu'il n'était pas de notre fait. appspot.com étant le nom de domaine fourni par Google dans le cadre de son offre d'hébergement « Google App Engine », il fallait donc en conclure que Google avait interdit le « domain fronting » via google.com vers ...

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Google interdit le domain fronting

Décidément, ça bouge dans le monde de messageries sécurisées. Les développeurs de Signal sont contraints de s'adapter aux modifications récentes imposées par Google.

Souk de Tunis - Leandro Neumann Ciuffo - CC BY 2.0

Alors que nous étudions les mesures techniques mises en place par Telegram pour contrer le dispositif de censure, massif, des autorités russes, nous sommes tombés sur une bizarrerie. Pour comprendre le système de découverte d'adresses IP de la messagerie, nous avions en effet écrit un script imitant le comportement de l'application. Deux mécanismes relativement similaires ont été mis en place par les développeurs.

Le premier, qui fonctionne toujours, utilise le domain fronting via google.com pour s'adresser au service dns.google.com. Le second utilise la même terminaison, google.com, mais pour dissimuler cette fois-ci les requêtes à destinations de dns-telegram.appspot.com. Mais impossible de le faire fonctionner. C'est la raison pour laquelle, dans le script, nous utilisons directement dns-telegram.appspot.com. En passant par google.com pour essayer d'atteindre cette seconde adresse le serveur renvoie ainsi le message suivant :

This HTTP request has a Host header that is not covered by the TLS certificate used. Due to an infrastructure change, this request cannot be processed.

Nous avions pensé au départ à un problème de notre côté, mais après plusieurs essais infructueux, il était évident qu'il n'était pas de notre fait. appspot.com étant le nom de domaine fourni par Google dans le cadre de son offre d'hébergement « Google App Engine », il fallait donc en conclure que Google avait interdit le « domain fronting » via google.com vers ...

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De la naissance de Kitetoa.com à Tati e3e379c1-95bd-419a-bfad-dbf712e8c8cfhttp://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20180419_112813_De_la_naissance_de_Kitetoa.com_a_Tati_Thu, 19 Apr 2018 11:28:13 +0200

En passant par l'IoT de l'espace

Ce que l'on peut lire dans la presse sur le hack est la partie émergée de l'iceberg. Le reste ne remonte quasiment jamais à la surface.

Logo Tati - Copie d'écran

Retour à la fin des années 90, début des années 2000… Je ne suis certainement pas associé à tout ce que font ces groupe qui m’accueillent dans leurs discussions (ADM, Rhino9, w00w00), mais j’ai le privilège de bêta-tester quelques uns de leurs outils. Je me souviens encore de Whisker, un script en perl de RFP qui deviendra par la suite Nikto. Rhino9 produit quelques outils très amusants qui permettent de repérer des failles liées à Windows et théorisées dans la fameux WarDoc que l’on trouve encore en ligne, comme une sorte de photographie sépia d’un passé lointain.

A force de lire Bugtraq et les publications des groupes de hackers dont je suis plus ou moins proche, je me met à vérifier si les serveurs Web que je consulte sont bien configurés où s’ils laissent fuiter les données personnelles qu’ils récoltent. Je me suis fixé un principe : pas de piratage. Mon seul outil : un navigateur Web.

Le temps passe, j’épingle dans des articles publiés sur mon site www.kitetoa.com une liste interminable de serveurs dont la configuration est plus qu’hasardeuse.

A chaque article, je me dis que c’est fini, que je ne trouverais pas pire. En fait, c’est l’inverse qui se passe. Sans m’en rendre compte je dresse une sorte de photographie des débuts du Web qui montre à quel point tout le monde faisait n’importe quoi, n’importe comment. Avec mes articles, je fais rire beaucoup de monde mais aussi, grincer pas mal de dents.

Le moment va venir où quelqu’un portera plainte. L’occasion de...

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En passant par l'IoT de l'espace

Ce que l'on peut lire dans la presse sur le hack est la partie émergée de l'iceberg. Le reste ne remonte quasiment jamais à la surface.

Logo Tati - Copie d'écran

Retour à la fin des années 90, début des années 2000… Je ne suis certainement pas associé à tout ce que font ces groupe qui m’accueillent dans leurs discussions (ADM, Rhino9, w00w00), mais j’ai le privilège de bêta-tester quelques uns de leurs outils. Je me souviens encore de Whisker, un script en perl de RFP qui deviendra par la suite Nikto. Rhino9 produit quelques outils très amusants qui permettent de repérer des failles liées à Windows et théorisées dans la fameux WarDoc que l’on trouve encore en ligne, comme une sorte de photographie sépia d’un passé lointain.

A force de lire Bugtraq et les publications des groupes de hackers dont je suis plus ou moins proche, je me met à vérifier si les serveurs Web que je consulte sont bien configurés où s’ils laissent fuiter les données personnelles qu’ils récoltent. Je me suis fixé un principe : pas de piratage. Mon seul outil : un navigateur Web.

Le temps passe, j’épingle dans des articles publiés sur mon site www.kitetoa.com une liste interminable de serveurs dont la configuration est plus qu’hasardeuse.

A chaque article, je me dis que c’est fini, que je ne trouverais pas pire. En fait, c’est l’inverse qui se passe. Sans m’en rendre compte je dresse une sorte de photographie des débuts du Web qui montre à quel point tout le monde faisait n’importe quoi, n’importe comment. Avec mes articles, je fais rire beaucoup de monde mais aussi, grincer pas mal de dents.

Le moment va venir où quelqu’un portera plainte. L’occasion de...

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Telegram : DNS over Google10ce6c36-2fcf-4f74-b384-adf69a9a37b5http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20180417_161403_Telegram___DNS_over_GoogleTue, 17 Apr 2018 16:14:03 +0200

Le domain fronting du pauvre

Pour se prémunir du blocage et de la censure, Telegram a mis en œuvre un système de contournement… Assez ébouriffant.

Dans un précédent épisode, nous vous expliquions qu'il allait être difficile pour la messagerie Telegram de contourner le blocage imposé par le sympathique Vladimir Poutine.

C'était aller un peu vite en besogne (personne n'est parfait), car nous avons depuis découvert dans le code source de l'application que des mesures de contournement avait en réalité déjà été mises en place : une sorte de domain fronting du pauvre.

En effet, lorsque, sur le terminal d'un utilisateur, l'application de messagerie ne parvient pas — à cause du blocage — à se connecter aux serveurs de Telegram via les adresses IP préconfigurées, elle émet des requêtes HTTP vers google.com pour récupérer une nouvelle liste d'adresses IP.

En réalité, la véritable destination des requêtes n'est pas google.com, mais dns.google.com ou dns-telegram.appspot.com. google.com ne fait que les relayer. On trouve aussi une seconde « facade » dans le code source de Telegram, en l'occurrence le centre de téléchargement de Microsoft (software-download.microsoft.com), mais contrairement à la première, nous n'avons pas réussi à la faire fonctionner.

Lorsque l'on interroge l'un de ces deux URL, Telegram nous renvoie un charabia, apparemment encodé en base 64. Vous pouvez essayer par vous même sur Appspot ou sur le service dns.google.com.

Une fois les données en base 64 décodées, nous nous retrouvons avec des données chiffrées grâce à la clé privée RSA de Telegram. Nous...

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Le domain fronting du pauvre

Pour se prémunir du blocage et de la censure, Telegram a mis en œuvre un système de contournement… Assez ébouriffant.

Dans un précédent épisode, nous vous expliquions qu'il allait être difficile pour la messagerie Telegram de contourner le blocage imposé par le sympathique Vladimir Poutine.

C'était aller un peu vite en besogne (personne n'est parfait), car nous avons depuis découvert dans le code source de l'application que des mesures de contournement avait en réalité déjà été mises en place : une sorte de domain fronting du pauvre.

En effet, lorsque, sur le terminal d'un utilisateur, l'application de messagerie ne parvient pas — à cause du blocage — à se connecter aux serveurs de Telegram via les adresses IP préconfigurées, elle émet des requêtes HTTP vers google.com pour récupérer une nouvelle liste d'adresses IP.

En réalité, la véritable destination des requêtes n'est pas google.com, mais dns.google.com ou dns-telegram.appspot.com. google.com ne fait que les relayer. On trouve aussi une seconde « facade » dans le code source de Telegram, en l'occurrence le centre de téléchargement de Microsoft (software-download.microsoft.com), mais contrairement à la première, nous n'avons pas réussi à la faire fonctionner.

Lorsque l'on interroge l'un de ces deux URL, Telegram nous renvoie un charabia, apparemment encodé en base 64. Vous pouvez essayer par vous même sur Appspot ou sur le service dns.google.com.

Une fois les données en base 64 décodées, nous nous retrouvons avec des données chiffrées grâce à la clé privée RSA de Telegram. Nous...

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Les libertés en 2018 en France069341be-a836-44fb-936f-9b6f12923905http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20180410_120000_Les_libertes_en_2018_en_FranceTue, 10 Apr 2018 12:00:00 +0200

Qui aurait imaginé tout ça il y a quelques années ?

Les lois liberticides s’empilent dans une indifférence quasi générale, de façon graduelle et étalée dans le  temps. Toute la difficulté pour le citoyen français face à ces reculs démocratiques silencieux, réside dans une capacité à agir, se comporter et faire du sens dans une société radicalement différente de celle d’il y a quelques années. Synthèse des restrictions des libertés en France en 2018.

Gérard Collomb, un sacré numéro ! Le ministre de l'intérieur, le 12 septembre 2017, à l'Assemblée nationale, évoquait "la sortie de l'état de droit" au lieu de "la sortie de l'état d'urgence". Un très beau lapsus qui mérite d'être salué pour son honnêteté.

Qui aurait imaginé en 1993, après le dévoilement du scandale des écoutes de l’Elysée — où l’on découvrait que François Mitterrand avait fait écouter les communications téléphoniques de plusieurs célébrités pendant des années —que ce serait la population entière qui verrait ses communications potentiellement espionnées par les services de renseignement ou de police ?

Le respect du droit à la vie privée par l’Etat est pourtant inscrit dans la déclaration des droits de l’homme de 1948 et a été introduit dans la loi française en 1970.

Aucune disposition de la présente Déclaration ne peut être interprétée comme impliquant, pour un État, un groupement ou un individu, un droit quelconque de se livrer à une activité ou d'accomplir un acte visant à la destruction des droits et libertés qui y sont énoncés.

Cette liste de limitations pour empêcher l’Etat français de peser sur la vie privée et les libertés individuelles semble aujourd’hui bien lointaine. Petite synthèse de l’annulation ou de la restriction des libertés en 2018, qui — bien que tout à fait soumise à controverse ou contestation idéologique par ceux qui défendent certaines de ces mesures — n’en représente pas moins une réalité de société, avec ses règles et contraintes tout à fait nouvelles, comparées à quelques décennies — ou moins — en arrière :

Liberté de circuler : Si rien ne vous empêche de circuler, le contrôle par l’Etat de vos déplacements est lui, de plus en plus important. Les douanes volantes ou les...

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Qui aurait imaginé tout ça il y a quelques années ?

Les lois liberticides s’empilent dans une indifférence quasi générale, de façon graduelle et étalée dans le  temps. Toute la difficulté pour le citoyen français face à ces reculs démocratiques silencieux, réside dans une capacité à agir, se comporter et faire du sens dans une société radicalement différente de celle d’il y a quelques années. Synthèse des restrictions des libertés en France en 2018.

Gérard Collomb, un sacré numéro ! Le ministre de l'intérieur, le 12 septembre 2017, à l'Assemblée nationale, évoquait "la sortie de l'état de droit" au lieu de "la sortie de l'état d'urgence". Un très beau lapsus qui mérite d'être salué pour son honnêteté.

Qui aurait imaginé en 1993, après le dévoilement du scandale des écoutes de l’Elysée — où l’on découvrait que François Mitterrand avait fait écouter les communications téléphoniques de plusieurs célébrités pendant des années —que ce serait la population entière qui verrait ses communications potentiellement espionnées par les services de renseignement ou de police ?

Le respect du droit à la vie privée par l’Etat est pourtant inscrit dans la déclaration des droits de l’homme de 1948 et a été introduit dans la loi française en 1970.

Aucune disposition de la présente Déclaration ne peut être interprétée comme impliquant, pour un État, un groupement ou un individu, un droit quelconque de se livrer à une activité ou d'accomplir un acte visant à la destruction des droits et libertés qui y sont énoncés.

Cette liste de limitations pour empêcher l’Etat français de peser sur la vie privée et les libertés individuelles semble aujourd’hui bien lointaine. Petite synthèse de l’annulation ou de la restriction des libertés en 2018, qui — bien que tout à fait soumise à controverse ou contestation idéologique par ceux qui défendent certaines de ces mesures — n’en représente pas moins une réalité de société, avec ses règles et contraintes tout à fait nouvelles, comparées à quelques décennies — ou moins — en arrière :

Liberté de circuler : Si rien ne vous empêche de circuler, le contrôle par l’Etat de vos déplacements est lui, de plus en plus important. Les douanes volantes ou les...

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Bombardement chimique en Syrie1720c837-20da-4e15-960d-1670f0fca494http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20180409_163733_Bombardement_chimique_en_SyrieMon, 09 Apr 2018 16:37:33 +0200

Des témoignages

Après le bombardement de Douma, une ville de la Ghouta orientale, en périphérie de Damas, les témoignages sur l'utilisation d'armes chimiques se font plus précis. Reste la problématique de l'attribution, mais le résultat abject est là.

Enfant traité après le bombardement - D.R.

AVERTISSEMENT : les images et les témoignages en provenance de Douma et publiés dans cet article peuvent choquer.

Après le bombardement samedi 7 avril de Douma, les témoignages affluent sur l'utilisation d'armes chimiques. La France et les Etats-Unis ont publié des communiqués pour condamner l'utilisation de telles armes. Douma est la dernière ville de la Ghouta orientale qui n'ait pas été reprise par les forces gouvernementales.

Carte de la périphérie de Damas - Google Maps - CC
Carte de la périphérie de Damas - Google Maps - CC

Les témoignages récoltés par les ONG et les journalistes laissent penser que ce bombardement d'armes chimiques est le fait des forces gouvernementales qui bénéficient du soutien de l'Iran et de la Russie. Toutefois, la situation locale de guerre civile engage à la prudence en termes d'attribution. Lors d'une précédente attaque sur la ville de Khan Cheikhoun, un premier rapport de l'ONU avait attribué le bombardement aux autorités de Damas tandis qu'un rapport final évitait de prendre parti en termes d'attribution. Un troisième, du MIT, laissait entendre quant à lui que l'attaque avait été lancée depuis une zone rebelle.

Au delà de l'attribution, l'attaque en elle-même est abjecte et les photos et vidéos que nous publions ci-dessous témoignent de l'horreur à laquelle les populations civiles sont confrontées. Les documents que nous publions ont été collectés par la journaliste Liseron Boudoul auprès de ses contacts sur place. Vous allez...

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Des témoignages

Après le bombardement de Douma, une ville de la Ghouta orientale, en périphérie de Damas, les témoignages sur l'utilisation d'armes chimiques se font plus précis. Reste la problématique de l'attribution, mais le résultat abject est là.

Enfant traité après le bombardement - D.R.

AVERTISSEMENT : les images et les témoignages en provenance de Douma et publiés dans cet article peuvent choquer.

Après le bombardement samedi 7 avril de Douma, les témoignages affluent sur l'utilisation d'armes chimiques. La France et les Etats-Unis ont publié des communiqués pour condamner l'utilisation de telles armes. Douma est la dernière ville de la Ghouta orientale qui n'ait pas été reprise par les forces gouvernementales.

Carte de la périphérie de Damas - Google Maps - CC
Carte de la périphérie de Damas - Google Maps - CC

Les témoignages récoltés par les ONG et les journalistes laissent penser que ce bombardement d'armes chimiques est le fait des forces gouvernementales qui bénéficient du soutien de l'Iran et de la Russie. Toutefois, la situation locale de guerre civile engage à la prudence en termes d'attribution. Lors d'une précédente attaque sur la ville de Khan Cheikhoun, un premier rapport de l'ONU avait attribué le bombardement aux autorités de Damas tandis qu'un rapport final évitait de prendre parti en termes d'attribution. Un troisième, du MIT, laissait entendre quant à lui que l'attaque avait été lancée depuis une zone rebelle.

Au delà de l'attribution, l'attaque en elle-même est abjecte et les photos et vidéos que nous publions ci-dessous témoignent de l'horreur à laquelle les populations civiles sont confrontées. Les documents que nous publions ont été collectés par la journaliste Liseron Boudoul auprès de ses contacts sur place. Vous allez...

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Depuis quand l'éducation nationale est-elle devenue une machine à effrayer les enfants ?0de9e26c-aafd-4a66-89af-52bf253b2c19http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20180406_155655_Depuis_quand_l_education_nationale_est-elle_devenue_une_machine_a_effrayer_les_enfants__Fri, 06 Apr 2018 15:56:55 +0200

Peut-on raisonnablement parler de terrorisme en cours préparatoire ?

Comment en est-on arrivé là ? Des enseignants qui parlent d'actes de terrorisme à des enfants de six ans ? Des exercices où les enfants doivent se cacher sous les tables ? L'apathie des parents est à la mesure se leur incapacité à regarder les actes terroristes en face...

Attentat du Bardo - D.R.

Le récent attentat de Trèbes a donné lieu à des explications par les enseignants en cours préparatoire. En voilà une idée géniale. Expliquer à des enfants de cinq ou six ans dont le monde est particulièrement fantasmatique qu'un méchant terroriste a tué des gens dans un supermarché, qu'un gentil gendarme a pris la place d'une otage mais que quand même, il est mort... On imagine la tête des enfants la prochaine fois que les parents leur feront franchir les portes d'un Super U pour les courses de la semaine...

Et pour couronner le tout, rien de mieux qu'un exercice de confinement. Allez les enfants, c'est un exercice, vous vous cachez sous les tables et surtout vous ne devez pas parler, on va fermer la porte de la classe à clef parce qu'un méchant intrus est dans l'école. Pour bien mettre tout le monde dans l'ambiance, le directeur de l'école joue le méchant terroriste et frappe comme un sourd à la porte de la classe. On avait très peur, on avait envie de crier mais la maîtresse avait dit qu'il ne fallait pas parler. Alors on a eu peur en silence. Il est plein de poésie et d'espoir ce monde que dépeint l'éducation nationale aux gamins.

A un âge où les enfants ne sont pas tout à fait sûrs de l'existence des dragons et des fées, leur expliquer qu'un homme tue les gens dans les supermarchés et que peut-être il pourrait venir tuer des enfants dans l'école, ça doit être très rassurant et très structurant.

Ecole,...

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Peut-on raisonnablement parler de terrorisme en cours préparatoire ?

Comment en est-on arrivé là ? Des enseignants qui parlent d'actes de terrorisme à des enfants de six ans ? Des exercices où les enfants doivent se cacher sous les tables ? L'apathie des parents est à la mesure se leur incapacité à regarder les actes terroristes en face...

Attentat du Bardo - D.R.

Le récent attentat de Trèbes a donné lieu à des explications par les enseignants en cours préparatoire. En voilà une idée géniale. Expliquer à des enfants de cinq ou six ans dont le monde est particulièrement fantasmatique qu'un méchant terroriste a tué des gens dans un supermarché, qu'un gentil gendarme a pris la place d'une otage mais que quand même, il est mort... On imagine la tête des enfants la prochaine fois que les parents leur feront franchir les portes d'un Super U pour les courses de la semaine...

Et pour couronner le tout, rien de mieux qu'un exercice de confinement. Allez les enfants, c'est un exercice, vous vous cachez sous les tables et surtout vous ne devez pas parler, on va fermer la porte de la classe à clef parce qu'un méchant intrus est dans l'école. Pour bien mettre tout le monde dans l'ambiance, le directeur de l'école joue le méchant terroriste et frappe comme un sourd à la porte de la classe. On avait très peur, on avait envie de crier mais la maîtresse avait dit qu'il ne fallait pas parler. Alors on a eu peur en silence. Il est plein de poésie et d'espoir ce monde que dépeint l'éducation nationale aux gamins.

A un âge où les enfants ne sont pas tout à fait sûrs de l'existence des dragons et des fées, leur expliquer qu'un homme tue les gens dans les supermarchés et que peut-être il pourrait venir tuer des enfants dans l'école, ça doit être très rassurant et très structurant.

Ecole,...

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Quand Defcon est devenue ADMCon4d0efbfd-632b-4744-912c-f57354e2c105http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20180404_132348_Quand_Defcon_est_devenue_ADMConWed, 04 Apr 2018 13:23:48 +0200

The untold story…

ADM, le groupe sans doute le moins médiatisé de l'époque, mais aussi le plus avancé et le plus puissant avait déjà le goût du Lulz...

Defcon - Defcon - D.R.

Été 1999, je me rends à Las Vegas pour assister à Defcon, la « convention de hackers ». Cette réunion annuelle a été initiée par Jeff Moss, qui administrait un Bulletin Board System et avait lancé une invitation aux membres afin de se retrouver « IRL », à Las Vegas. Ils partirent une trentaine, et finirent à plus de 20.000. En 1999, il y avait encore relativement peu de monde et Jeff Moss avait déjà transformé cette réunion en petite entreprise avec les conférences BlackHat (onéreuses) qui se tenaient en parallèle.

Lorsque j’arrive à Defcon, quelques amis hackers français ont préparé le terrain et je ne suis pas largué : des gens m’attendent. Il y a Rain Forest Puppy, les amis de Rhino9, de w00w00, je dois aussi rencontrer des gens du cDc, de l0pht.

A l’époque, Defcon a lieu à Alexis Park, un hôtel en périphérie du Strip. Chaque groupe de hackers a réservé sa « suite ». Il y a ainsi la suite w00w00, la suite cDc (Cult of the Dead Cow), la suite que j’appellerai « Melting pot ». C’est dans cette suite qui mélange plusieurs groupes que va se dérouler le micro-événement Lulz de la convention.

Alexis PArk Hotel - © Reflets - CC
Alexis PArk Hotel - Reflets - CC

Vous allez le voir, le Lulz n’a pas commencé avec les Anonymous, ni avec LulzSec…

Un soir, nous buvons un coup et discutons de tout et de rien dans la suite lorsque la conversation s’oriente sur le site de Defcon. La synergie habituelle du « melting pot » se met en place. En Europe, on prépare la nouvelle page d’accueil de Defcon. Dans la suite à Las...

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The untold story…

ADM, le groupe sans doute le moins médiatisé de l'époque, mais aussi le plus avancé et le plus puissant avait déjà le goût du Lulz...

Defcon - Defcon - D.R.

Été 1999, je me rends à Las Vegas pour assister à Defcon, la « convention de hackers ». Cette réunion annuelle a été initiée par Jeff Moss, qui administrait un Bulletin Board System et avait lancé une invitation aux membres afin de se retrouver « IRL », à Las Vegas. Ils partirent une trentaine, et finirent à plus de 20.000. En 1999, il y avait encore relativement peu de monde et Jeff Moss avait déjà transformé cette réunion en petite entreprise avec les conférences BlackHat (onéreuses) qui se tenaient en parallèle.

Lorsque j’arrive à Defcon, quelques amis hackers français ont préparé le terrain et je ne suis pas largué : des gens m’attendent. Il y a Rain Forest Puppy, les amis de Rhino9, de w00w00, je dois aussi rencontrer des gens du cDc, de l0pht.

A l’époque, Defcon a lieu à Alexis Park, un hôtel en périphérie du Strip. Chaque groupe de hackers a réservé sa « suite ». Il y a ainsi la suite w00w00, la suite cDc (Cult of the Dead Cow), la suite que j’appellerai « Melting pot ». C’est dans cette suite qui mélange plusieurs groupes que va se dérouler le micro-événement Lulz de la convention.

Alexis PArk Hotel - © Reflets - CC
Alexis PArk Hotel - Reflets - CC

Vous allez le voir, le Lulz n’a pas commencé avec les Anonymous, ni avec LulzSec…

Un soir, nous buvons un coup et discutons de tout et de rien dans la suite lorsque la conversation s’oriente sur le site de Defcon. La synergie habituelle du « melting pot » se met en place. En Europe, on prépare la nouvelle page d’accueil de Defcon. Dans la suite à Las...

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Aliénation massive par la technique : un vieux problème qui s’amplified3162160-aa55-4726-a2f2-120383ebd75fhttp://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20180403_094026_Alienation_massive_par_la_technique___un_vieux_probleme_qui_s___amplifieTue, 03 Apr 2018 09:40:26 +0200

La consommation d'industries culturelles comme seul horizon

A l’heure de la chasse aux Fake News, de l’arrivée imminente de l’IA dans l’éducation, la santé, etc, des commémorations nationales par les réseaux sociaux, l’abêtissement des masses n’a jamais été aussi profond. L’aliénation par la technique est au cœur de ce processus, tout comme la consommation compulsive d’une industrie culturelle crétinisante.

La technologie remplace le monde réel : asservissement total - facebook

L’addiction en cours — du plus grand nombre — aux technologies numériques est avérée et Reflets s’en fait souvent l’écho. Pour autant, une fois ces nouveau modes de vie, de relations et de communication décrits, leurs causes et leurs effets ne sont pas pour autant traités : la population française passe un temps infini à regarder et utiliser des écrans, plébiscite toujours plus les technologies numériques mais rien n’indique les raisons profondes de ce « fonctionnement » ni ce qu’il engendre concrètement. Tentative partielle de « décryptage » des causes et conséquences de l’aliénation par la technique et l’asservissement à la consommation d’une population profondément dépressive, frustrée et paralysée par l’impuissance.

La nourriture industrielle tu dévoreras… comme tout le reste

L’industrie culturelle n’est pas une invention récente. Elle est une création américaine du début du XXème siècle (avec la création des premiers grands studios de cinéma), parfaitement pensée et organisée à l’époque et véritablement déployée au sortir de la seconde guerre mondiale. Bernard Stiegler, le philosophe techno-critique en parle abondamment et rappelle d’ailleurs souvent le concept de « nouvelle forme de barbarie » employé dès 1944 par des intellectuels pour décrire la politique américaine de « l’industrie culturelle ». Et industrialiser toute chose n’est pas sans conséquences sachant que dans le cas de la culture (définie de façon sommaire par la l'ensemble des pratiques,...

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La consommation d'industries culturelles comme seul horizon

A l’heure de la chasse aux Fake News, de l’arrivée imminente de l’IA dans l’éducation, la santé, etc, des commémorations nationales par les réseaux sociaux, l’abêtissement des masses n’a jamais été aussi profond. L’aliénation par la technique est au cœur de ce processus, tout comme la consommation compulsive d’une industrie culturelle crétinisante.

La technologie remplace le monde réel : asservissement total - facebook

L’addiction en cours — du plus grand nombre — aux technologies numériques est avérée et Reflets s’en fait souvent l’écho. Pour autant, une fois ces nouveau modes de vie, de relations et de communication décrits, leurs causes et leurs effets ne sont pas pour autant traités : la population française passe un temps infini à regarder et utiliser des écrans, plébiscite toujours plus les technologies numériques mais rien n’indique les raisons profondes de ce « fonctionnement » ni ce qu’il engendre concrètement. Tentative partielle de « décryptage » des causes et conséquences de l’aliénation par la technique et l’asservissement à la consommation d’une population profondément dépressive, frustrée et paralysée par l’impuissance.

La nourriture industrielle tu dévoreras… comme tout le reste

L’industrie culturelle n’est pas une invention récente. Elle est une création américaine du début du XXème siècle (avec la création des premiers grands studios de cinéma), parfaitement pensée et organisée à l’époque et véritablement déployée au sortir de la seconde guerre mondiale. Bernard Stiegler, le philosophe techno-critique en parle abondamment et rappelle d’ailleurs souvent le concept de « nouvelle forme de barbarie » employé dès 1944 par des intellectuels pour décrire la politique américaine de « l’industrie culturelle ». Et industrialiser toute chose n’est pas sans conséquences sachant que dans le cas de la culture (définie de façon sommaire par la l'ensemble des pratiques,...

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Reflets lance son moteur de recherche bourré d'IAaa2fb9c2-7751-40a5-a4ed-5c14b13ca65chttp://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20180401_120319_Reflets_lance_son_moteur_de_recherche_bourre_d_IASun, 01 Apr 2018 12:03:19 +0200

Gogleuh.com - Reflets - CC
Gogleuh.com - Reflets - CC

Dans la foulée du rapport Villani sur l'intelligence artificielle, Reflets a décidé de contribuer aux efforts du gouvernement français pour mettre une bonne petite claque aux GAFAM. Nous avons donc décidé de lancer notre propre moteur de recherche qui fera bientôt de l'ombre à Google. Le premier moteur de recherche au monde spécialisé sur les documents PDF des sites du gouvernement.

Truffé de réseaux de neurones, d'Intelligence Artificielle (IA), de deep learning et de big data, mâtiné de blockchain, ce moteur disruptif a vocation à s'imposer bottom up dans l'éco-système des GAFAM. Celles-ci seront probablement rapidement renommées GAFAMGR (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft, Gogleuh, Reflets).

Pour toute demande d'interview des développeurs de cette nouvelle plateforme aussi révolutionnaire qu'aspirationnelle, veillez adresser vos mails à redaction@reflets.info.

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Gogleuh.com - Reflets - CC
Gogleuh.com - Reflets - CC

Dans la foulée du rapport Villani sur l'intelligence artificielle, Reflets a décidé de contribuer aux efforts du gouvernement français pour mettre une bonne petite claque aux GAFAM. Nous avons donc décidé de lancer notre propre moteur de recherche qui fera bientôt de l'ombre à Google. Le premier moteur de recherche au monde spécialisé sur les documents PDF des sites du gouvernement.

Truffé de réseaux de neurones, d'Intelligence Artificielle (IA), de deep learning et de big data, mâtiné de blockchain, ce moteur disruptif a vocation à s'imposer bottom up dans l'éco-système des GAFAM. Celles-ci seront probablement rapidement renommées GAFAMGR (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft, Gogleuh, Reflets).

Pour toute demande d'interview des développeurs de cette nouvelle plateforme aussi révolutionnaire qu'aspirationnelle, veillez adresser vos mails à redaction@reflets.info.

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Ca va être une vrai réussite ce big brother à Marseille...e74e1be2-0a20-4a48-86c2-11b278d443e0http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20180331_154511_Ca_va_etre_une_vrai_reussite_ce_big_brother_a_Marseille...Sat, 31 Mar 2018 15:45:11 +0200

Notre-Dame de la Garde - Marseille - Benh LIEU SONG - CC
Notre-Dame de la Garde - Marseille - Benh LIEU SONG - CC
Vous vous souvenez du "big brother" marseillais, le machin qui doit permettre de croiser toutes les sources possibles pour faire de la smart city, apporter la sécurité aux citoyens et du prédictif ? Ce qui est intéressant c'est que la majeure partie des flux doivent venir initialement de la police municipale. Or Le Point a fait une découverte intéressante.

Alain Q., directeur de police municipale et adjoint de Marc Labouz, patron des policiers municipaux de Marseille, diffuse sur son profil Facebook public des appels à l'exclusion notamment des musulmans. Y figurent bien visibles des appels à une « France sans islam » ou à un bouclier « anti-islam » (...) En plus des stickers haineux, Alain Q. fait figurer de la publicité pour les pratiques sado-masochistes. On peut également remarquer l'attrait de celui qui dirige le centre de surveillance urbain, et ses multiples caméras de vidéosurveillance, pour l'échangisme.

Ca pourrait vite devenir utile, ce système, pour alimenter la rubrique "Amateurs" de Youporn...

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Notre-Dame de la Garde - Marseille - Benh LIEU SONG - CC
Notre-Dame de la Garde - Marseille - Benh LIEU SONG - CC
Vous vous souvenez du "big brother" marseillais, le machin qui doit permettre de croiser toutes les sources possibles pour faire de la smart city, apporter la sécurité aux citoyens et du prédictif ? Ce qui est intéressant c'est que la majeure partie des flux doivent venir initialement de la police municipale. Or Le Point a fait une découverte intéressante.

Alain Q., directeur de police municipale et adjoint de Marc Labouz, patron des policiers municipaux de Marseille, diffuse sur son profil Facebook public des appels à l'exclusion notamment des musulmans. Y figurent bien visibles des appels à une « France sans islam » ou à un bouclier « anti-islam » (...) En plus des stickers haineux, Alain Q. fait figurer de la publicité pour les pratiques sado-masochistes. On peut également remarquer l'attrait de celui qui dirige le centre de surveillance urbain, et ses multiples caméras de vidéosurveillance, pour l'échangisme.

Ca pourrait vite devenir utile, ce système, pour alimenter la rubrique "Amateurs" de Youporn...

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Idée recette : une messagerie cryptée aux morilles37ad7ad9-228b-4b35-a827-2f48f6b4d0b8http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20180330_200802_Idee_recette___une_messagerie_cryptee_aux_morillesFri, 30 Mar 2018 20:08:02 +0200

Telegram, ou quand les défauts de conception finissent par se payer

Dans le bras de fer qui l'oppose au gouvernement russe, l'architecture de Telegram place la messagerie en mauvaise posture. Analyse.

Vlad il est pas très gentil - Kremlin - CC BY 4.0

Le 20 mars, un article de Bloomberg révélait l'échec de Telegram dans le bras de fer juridique qui l'oppose au FSB, le tout-puissant service de la sécurité intérieure russe. En effet, dans son œuvre de domestication d'Internet du « Runet », Vladimir Poutine entend mettre au pas l'ensemble des acteurs, y compris les systèmes de messagerie.

La Cour Suprême russe, en première instance, a donné raison au gouvernement de l'adorable Vladounet, en demandant à ce que Telegram « информации, необходимой для декодирования принимаемых, передаваемых, доставляемых и (или) обрабатываемых электронных сообщени ». Pardon, à ce que Telegram fournisse « les informations nécessaires au déchiffrement des messages électroniques reçus, à transmettre, transmis, et (ou) traités » (traduction par @MaliciaRogue).

D'après Bloomberg, l'autorité de régulation de communications Roskomnadzor exige que la société s'exécute, doigt sur la couture, dans les 15 jours. Telegram envisage quant à elle de faire appel de la décision. Le processus juridique pourrait, d'après son avocat, « durer jusqu'à l'été ». Le principal argument avancé par le FSB est assez hilarant — pour qui aime rire jaune. L'agence prétend ainsi qu'obtenir les clés de chiffrement n'équivaut pas à une violation du secret des correspondances, dans la mesure où les messages chiffrés devront être obtenus indépendamment des clés permettant de les déchiffrer. Du grand art.

La cryptographie,...

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Telegram, ou quand les défauts de conception finissent par se payer

Dans le bras de fer qui l'oppose au gouvernement russe, l'architecture de Telegram place la messagerie en mauvaise posture. Analyse.

Vlad il est pas très gentil - Kremlin - CC BY 4.0

Le 20 mars, un article de Bloomberg révélait l'échec de Telegram dans le bras de fer juridique qui l'oppose au FSB, le tout-puissant service de la sécurité intérieure russe. En effet, dans son œuvre de domestication d'Internet du « Runet », Vladimir Poutine entend mettre au pas l'ensemble des acteurs, y compris les systèmes de messagerie.

La Cour Suprême russe, en première instance, a donné raison au gouvernement de l'adorable Vladounet, en demandant à ce que Telegram « информации, необходимой для декодирования принимаемых, передаваемых, доставляемых и (или) обрабатываемых электронных сообщени ». Pardon, à ce que Telegram fournisse « les informations nécessaires au déchiffrement des messages électroniques reçus, à transmettre, transmis, et (ou) traités » (traduction par @MaliciaRogue).

D'après Bloomberg, l'autorité de régulation de communications Roskomnadzor exige que la société s'exécute, doigt sur la couture, dans les 15 jours. Telegram envisage quant à elle de faire appel de la décision. Le processus juridique pourrait, d'après son avocat, « durer jusqu'à l'été ». Le principal argument avancé par le FSB est assez hilarant — pour qui aime rire jaune. L'agence prétend ainsi qu'obtenir les clés de chiffrement n'équivaut pas à une violation du secret des correspondances, dans la mesure où les messages chiffrés devront être obtenus indépendamment des clés permettant de les déchiffrer. Du grand art.

La cryptographie,...

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L'espion triple zéro de Tarnac41bc66ed-4915-4d83-9d07-5c552750b322http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20180330_155159_L_espion_triple_zero_de_TarnacFri, 30 Mar 2018 15:51:59 +0200

Mark Kennedy : un bien étrange policier britannique infiltré

Il a espionné des altermondialistes et environnementalistes. Menti aux militantes avec lesquelles il couchait et à la police qui l’employait avant finalement de se retourner contre elle. Accusé à tort les militants de Tarnac d’être des terroristes. Mais qui est vraiment Mark Kennedy ?

Tarnac - D.R.

C’est le chaînon manquant d’une affaire d’espionnage franco-britannique des plus rocambolesques. Après voir infiltré dans toute l’Europe des mouvements environnementalistes, altermondialistes ou anarchistes, l’agent britannique Mark Kennedy portait plainte en 2012 contre son employeur. Motif ? Scotland Yard l’avait laissé tomber amoureux des militantes qu’il espionnait…

On aurait pu croire que coucher pendant le service relevait d’une tradition nationale chez les espions de sa Gracieuse Majesté. Ainsi au cinéma James Bond détient de par son numéro 007 la permission de faire succomber au sens propre les méchants (licensed to kill) et au sens figuré tout ce qui bouge joliment sur escarpins, fût-ce dans le camp adverse. On ne sait quel numéro la police britannique avait attribué à Mark Kennedy. Mais ce qui est sûr, c’est qu’il a abondamment usé de sa deuxième licence en séduisant trois militantes britanniques en sept ans. « Il était charismatique, drôle, romantique. Passionné de musique, de voyages. Un type vraiment charmant. Il a assisté à l’anniversaire de ma mère, s’est occupé de ma fille » raconte à la BBC l’une d’elles. Sur les clichés de l’époque, celui qui se faisait appeler Mark Stone arbore en effet toute la panoplie du militant de gauche super-cool. Abondamment tatoué, queue de cheval, barbe bien taillée, boucle d’oreille et sourire malin, ce personnage de fiction ne ressemble guère aux photos officielles de Mark Kennedy dont les cheveux courts, le menton carré et...

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Mark Kennedy : un bien étrange policier britannique infiltré

Il a espionné des altermondialistes et environnementalistes. Menti aux militantes avec lesquelles il couchait et à la police qui l’employait avant finalement de se retourner contre elle. Accusé à tort les militants de Tarnac d’être des terroristes. Mais qui est vraiment Mark Kennedy ?

Tarnac - D.R.

C’est le chaînon manquant d’une affaire d’espionnage franco-britannique des plus rocambolesques. Après voir infiltré dans toute l’Europe des mouvements environnementalistes, altermondialistes ou anarchistes, l’agent britannique Mark Kennedy portait plainte en 2012 contre son employeur. Motif ? Scotland Yard l’avait laissé tomber amoureux des militantes qu’il espionnait…

On aurait pu croire que coucher pendant le service relevait d’une tradition nationale chez les espions de sa Gracieuse Majesté. Ainsi au cinéma James Bond détient de par son numéro 007 la permission de faire succomber au sens propre les méchants (licensed to kill) et au sens figuré tout ce qui bouge joliment sur escarpins, fût-ce dans le camp adverse. On ne sait quel numéro la police britannique avait attribué à Mark Kennedy. Mais ce qui est sûr, c’est qu’il a abondamment usé de sa deuxième licence en séduisant trois militantes britanniques en sept ans. « Il était charismatique, drôle, romantique. Passionné de musique, de voyages. Un type vraiment charmant. Il a assisté à l’anniversaire de ma mère, s’est occupé de ma fille » raconte à la BBC l’une d’elles. Sur les clichés de l’époque, celui qui se faisait appeler Mark Stone arbore en effet toute la panoplie du militant de gauche super-cool. Abondamment tatoué, queue de cheval, barbe bien taillée, boucle d’oreille et sourire malin, ce personnage de fiction ne ressemble guère aux photos officielles de Mark Kennedy dont les cheveux courts, le menton carré et...

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Gneu-gneu-gneu les terroristes sont des immigrés1dfa0f45-8791-4e7a-bb69-d28609a7a246http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20180328_164421_Gneu-gneu-gneu_les_terroristes_sont_des_immigresWed, 28 Mar 2018 16:44:21 +0200

Mais où vont-ils chercher tout ça ?

De droite ou d'extrême-droite, les cris d'orfraies sur les terroristes immigrés refont surface.

Big
Nicolas Bay - Jérémy-Günther-Heinz Jähnick - CC

Gneu-gneu-gneu, les Arabes, gneu-gneu-gneu, les bi-nationaux, gneu-gneu-gneu expulsions, gneu-gneu-gneu internement, la parole se libère à droite et à l'extrême-droite alors que les morts du dernier attentat ne sont pas encore enterrés. Point culminant, Nicolas Bay, vice-président du FN, qui estime le cas de Radouane Lakdim comme représentatif de « l'immigration qui génère le communautarisme ». D’après lui, « tous les terroristes sont immigrés ou issus de l'immigration, tous ont bénéficié de la générosité de la France et il faut mettre fin à ce système-là ».

Petite liste non exhaustive de personnes impliquées dans des dossiers terroristes de ces dernières années ou parties rejoindre l'Etat islamique :

  • Axel Baeza
  • Emilie Konig
  • Vanessa Berard
  • Benoît Roussillon
  • Jérémy Bailly
  • Fabien Clain
  • Jean-Michel Clain
  • Kevin Gonot
  • Romain Garnier
  • Benjamen Barbier
  • Christian Bouvier
  • Hugo Genty
  • Thomas Collange
  • Jimmy Jean de Dieu
  • Bruno DerelleDemarsy
  • Cyril Drugeon
  • David Drugeon
  • Laurent Glaise
  • Sébastien Decubre
  • Thomas Banouin
  • Nicolas Belloni
  • Eddy Galabru
  • Jérôme Cisse
  • Nicolas Moreau
  • Flavien Moreau
  • Bruno Faucheux
  • Jonathan Deneux
  • Jordan Boulanger
  • Cédric Belly
  • Vincent Poupier
  • Thomas Mayet
  • Benoît Karsenti
  • Kevin Chassin
  • Valentin Berno
  • Alexandre Bertin
  • Benoît Bodini
  • Nicolas Langevin
  • Aymeric Farcouli

En fait, c'est peut-être un peu plus compliqué que gneu-gneu-gneu...

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Mais où vont-ils chercher tout ça ?

De droite ou d'extrême-droite, les cris d'orfraies sur les terroristes immigrés refont surface.

Big
Nicolas Bay - Jérémy-Günther-Heinz Jähnick - CC

Gneu-gneu-gneu, les Arabes, gneu-gneu-gneu, les bi-nationaux, gneu-gneu-gneu expulsions, gneu-gneu-gneu internement, la parole se libère à droite et à l'extrême-droite alors que les morts du dernier attentat ne sont pas encore enterrés. Point culminant, Nicolas Bay, vice-président du FN, qui estime le cas de Radouane Lakdim comme représentatif de « l'immigration qui génère le communautarisme ». D’après lui, « tous les terroristes sont immigrés ou issus de l'immigration, tous ont bénéficié de la générosité de la France et il faut mettre fin à ce système-là ».

Petite liste non exhaustive de personnes impliquées dans des dossiers terroristes de ces dernières années ou parties rejoindre l'Etat islamique :

  • Axel Baeza
  • Emilie Konig
  • Vanessa Berard
  • Benoît Roussillon
  • Jérémy Bailly
  • Fabien Clain
  • Jean-Michel Clain
  • Kevin Gonot
  • Romain Garnier
  • Benjamen Barbier
  • Christian Bouvier
  • Hugo Genty
  • Thomas Collange
  • Jimmy Jean de Dieu
  • Bruno DerelleDemarsy
  • Cyril Drugeon
  • David Drugeon
  • Laurent Glaise
  • Sébastien Decubre
  • Thomas Banouin
  • Nicolas Belloni
  • Eddy Galabru
  • Jérôme Cisse
  • Nicolas Moreau
  • Flavien Moreau
  • Bruno Faucheux
  • Jonathan Deneux
  • Jordan Boulanger
  • Cédric Belly
  • Vincent Poupier
  • Thomas Mayet
  • Benoît Karsenti
  • Kevin Chassin
  • Valentin Berno
  • Alexandre Bertin
  • Benoît Bodini
  • Nicolas Langevin
  • Aymeric Farcouli

En fait, c'est peut-être un peu plus compliqué que gneu-gneu-gneu...

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Facebook, CA et les autres, data analyse et société automatisée : devine qui vient dîner ce soir ?e9101b5b-2d55-4760-b0b2-8dcfde3930ddhttp://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20180327_125839_Facebook__CA_et_les_autres__data_analyse_et_societe_automatisee___devine_qui_vient_diner_ce_soir__Tue, 27 Mar 2018 12:58:39 +0200

Restons raisonnables : demandons l'impossible

Comment ne pas éclater de rire devant le grand cirque qui a débuté autour de la « pas du tout récente affaire » d’influence électorale de Cambridge Analytica via des profils Facebook ? Le problème viendrait-il du modèle Facebook (et des autres opérateurs du net) ou bien simplement du modèle plébiscité par les utilisateurs?

Big
Données personnelles et société d'hyperconsommation

Qu’est-ce qui est le plus dérangeant dans le [pseudo] scandale des 50 millions de profils utilisés par Cambridge Analytica pour effectuer du traitement statistique à des fins d’influence électorale (article Reflets du 14 juin 2017) ? Que CA utilise des données en masse pour cibler des électeurs ? Rien ne les empêche de le faire, tout comme les centaines d’entreprises du net (article Reflets du 10 octobre 2017) dont le modèle est similaire : influencer les consommateurs ou les électeurs, (Article_ Reflets_ sur l'opération électorale au Kenya de CA en 2017) là est leur objectif. Du côté de Facebook, où est le problème ? Leur business model est avéré : les données des utilisateurs du réseau social sont échangées vendues, données, traitées, moulinées pour générer des profits colossaux. Pour influencer les foules aussi (scandale de l'influence psychologique par Facebook, article Reflets de 2014).

Cette affaire est en réalité une non-affaire et son dénouement est connu d’avance (article Reflets du 22 mars 2018) . Facebook va "faire des efforts", prendre des engagements (que la firme ne tiendra pas ou si peu et de façon détournée), opérer des grandes manœuvres de séduction des foules. En parallèle, le mouton numérique, toujours prêt à se faire tondre pour conserver sa « gratuité de service » va continuer à lâcher des tonnes de données personnelles partout où il peut le faire…

Une société automatisée pour des moutons hypnotisés

Le problème réel auquel nous sommes...

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Restons raisonnables : demandons l'impossible

Comment ne pas éclater de rire devant le grand cirque qui a débuté autour de la « pas du tout récente affaire » d’influence électorale de Cambridge Analytica via des profils Facebook ? Le problème viendrait-il du modèle Facebook (et des autres opérateurs du net) ou bien simplement du modèle plébiscité par les utilisateurs?

Big
Données personnelles et société d'hyperconsommation

Qu’est-ce qui est le plus dérangeant dans le [pseudo] scandale des 50 millions de profils utilisés par Cambridge Analytica pour effectuer du traitement statistique à des fins d’influence électorale (article Reflets du 14 juin 2017) ? Que CA utilise des données en masse pour cibler des électeurs ? Rien ne les empêche de le faire, tout comme les centaines d’entreprises du net (article Reflets du 10 octobre 2017) dont le modèle est similaire : influencer les consommateurs ou les électeurs, (Article_ Reflets_ sur l'opération électorale au Kenya de CA en 2017) là est leur objectif. Du côté de Facebook, où est le problème ? Leur business model est avéré : les données des utilisateurs du réseau social sont échangées vendues, données, traitées, moulinées pour générer des profits colossaux. Pour influencer les foules aussi (scandale de l'influence psychologique par Facebook, article Reflets de 2014).

Cette affaire est en réalité une non-affaire et son dénouement est connu d’avance (article Reflets du 22 mars 2018) . Facebook va "faire des efforts", prendre des engagements (que la firme ne tiendra pas ou si peu et de façon détournée), opérer des grandes manœuvres de séduction des foules. En parallèle, le mouton numérique, toujours prêt à se faire tondre pour conserver sa « gratuité de service » va continuer à lâcher des tonnes de données personnelles partout où il peut le faire…

Une société automatisée pour des moutons hypnotisés

Le problème réel auquel nous sommes...

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Redouane Lakdim : un passage à l'acte spontané ?34f4f31e-53e1-44f8-b1d7-1f4cfd60b8f9http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20180327_114623_Redouane_Lakdim___un_passage_a_l_acte_spontane__Tue, 27 Mar 2018 11:46:23 +0200

Pas si simple

Après la fameuse et fumeuse théorie du "loup solitaire", voici celle du terroriste qui passe à l'acte de manière spontanée, sans que rien ne permette de le prédire.

Big
Gérard Collomb - Copie d'écran - CC

"Il s'appelait Redouane Lakdim. Il avait 26 ans et était connu pour des faits de petite délinquance et nous l'avions suivi et nous pensions qu'il n'y avait pas de radicalisation, mais il est passé à l'acte brusquement", a immédiatement déclaré après l'attentat le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb. Pour le ministre qui a peut-être parlé un peu vite, Redouane Lakdim "a agi seul". Rien ne laissait présager un passage à l’acte a pour sa part indiqué le procureur de Paris, François Molins. Sans vouloir faire l'enquête à la place des services de police et de renseignement il est possible d'infirmer au moins partiellement ces propos.

En mai 2013, Redouane Lakdim entre dans les radars des services de renseignements pour sa radicalisation. C'est là que tout se noue. Les services notent qu'il est en contact au sein de la pizzeria dans laquelle il travaille avec une personne ayant un lourd passé. Selon les informations que Reflets a pu regrouper, ce point aurait dû être un marqueur bien plus important.

En 2014, la DGSI émet une fiche S au nom de Redouane Lakdim car elle détecte des contacts «avec le haut du spectre» des radicalisés de la région. Sa tante est également repérée pour sa radicalisation. Les service de renseignement soupçonnent Redouane Lakdim de vouloir partir combattre en Syrie. En 2015, il est logiquement inscrit dans le FSPRT, le nouveau Fichier des signalements pour la prévention et la...

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Pas si simple

Après la fameuse et fumeuse théorie du "loup solitaire", voici celle du terroriste qui passe à l'acte de manière spontanée, sans que rien ne permette de le prédire.

Big
Gérard Collomb - Copie d'écran - CC

"Il s'appelait Redouane Lakdim. Il avait 26 ans et était connu pour des faits de petite délinquance et nous l'avions suivi et nous pensions qu'il n'y avait pas de radicalisation, mais il est passé à l'acte brusquement", a immédiatement déclaré après l'attentat le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb. Pour le ministre qui a peut-être parlé un peu vite, Redouane Lakdim "a agi seul". Rien ne laissait présager un passage à l’acte a pour sa part indiqué le procureur de Paris, François Molins. Sans vouloir faire l'enquête à la place des services de police et de renseignement il est possible d'infirmer au moins partiellement ces propos.

En mai 2013, Redouane Lakdim entre dans les radars des services de renseignements pour sa radicalisation. C'est là que tout se noue. Les services notent qu'il est en contact au sein de la pizzeria dans laquelle il travaille avec une personne ayant un lourd passé. Selon les informations que Reflets a pu regrouper, ce point aurait dû être un marqueur bien plus important.

En 2014, la DGSI émet une fiche S au nom de Redouane Lakdim car elle détecte des contacts «avec le haut du spectre» des radicalisés de la région. Sa tante est également repérée pour sa radicalisation. Les service de renseignement soupçonnent Redouane Lakdim de vouloir partir combattre en Syrie. En 2015, il est logiquement inscrit dans le FSPRT, le nouveau Fichier des signalements pour la prévention et la...

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Cambridge Analytica, Facebook, Trump, que retirer de tout cela ?80c7b324-fd85-43a7-9a37-91a08979de68http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20180322_191724_Cambridge_Analytica__Facebook__Trump__que_retirer_de_tout_cela__Thu, 22 Mar 2018 19:17:24 +0100

Saymal, mais c'est comme ça...

Etrangement, par la magie du phénomène de buzz, l'affaire Cambridge Analytica ressurgit dans la presse, les politiques s'en emparent. Au delà du buzz du moment, qui va s'estomper, que doit-on retenir de cela ?

Big
cot, cot, cot, codet - D.R.

Marc Zuckerberg est convoqué par une commission d'enquête du Parlement britannique. L’Information Commissionner’s Office (ICO), la CNIL d'outre-Manche, s'offusque. Les utilisateurs du réseau social tombent des nues, certains ferment leur compte. Quoi, nos données personnelles sont moulinées par des algorithmes ? Des gens créent des profils sur la base de nos données ? Quoi, des entreprises sans foi ni loi tentent de manipuler notre vote ? Surprise... Bienvenue dans le monde d'hier, mais avec la puissance informatique en plus.

Les psyops ne sont pas une nouveauté. L'armée Française les utilisait en Algérie, les Américains au Vietnam, tous les partis politiques utilisent des bases de données pour faire du marketing ciblé et vendre leur sauce. Disons qu'aujourd'hui les choses sont rendues plus simples en raison des "progrès" technologiques.

Mais revenons à Facebook. L'entreprise de Mark Zuckerberg se contrefout de la confidentialité ou pas des données que les utilisateurs lui confient. Cet état de fait est assez bien résumé dans une conversation que le patron de Facebook aurait eu avec un ami en 2004 :

Zuck: Yeah so if you ever need info about anyone at Harvard
Zuck: Just ask.
Zuck: I have over 4,000 emails, pictures, addresses, SNS
[Redacted Friend's Name]: What? How'd you manage that one?
Zuck: People just submitted it.
Zuck: I don't know why.
Zuck: They "trust me"
Zuck: Dumb fucks.

Si l'on se place dans...

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Saymal, mais c'est comme ça...

Etrangement, par la magie du phénomène de buzz, l'affaire Cambridge Analytica ressurgit dans la presse, les politiques s'en emparent. Au delà du buzz du moment, qui va s'estomper, que doit-on retenir de cela ?

Big
cot, cot, cot, codet - D.R.

Marc Zuckerberg est convoqué par une commission d'enquête du Parlement britannique. L’Information Commissionner’s Office (ICO), la CNIL d'outre-Manche, s'offusque. Les utilisateurs du réseau social tombent des nues, certains ferment leur compte. Quoi, nos données personnelles sont moulinées par des algorithmes ? Des gens créent des profils sur la base de nos données ? Quoi, des entreprises sans foi ni loi tentent de manipuler notre vote ? Surprise... Bienvenue dans le monde d'hier, mais avec la puissance informatique en plus.

Les psyops ne sont pas une nouveauté. L'armée Française les utilisait en Algérie, les Américains au Vietnam, tous les partis politiques utilisent des bases de données pour faire du marketing ciblé et vendre leur sauce. Disons qu'aujourd'hui les choses sont rendues plus simples en raison des "progrès" technologiques.

Mais revenons à Facebook. L'entreprise de Mark Zuckerberg se contrefout de la confidentialité ou pas des données que les utilisateurs lui confient. Cet état de fait est assez bien résumé dans une conversation que le patron de Facebook aurait eu avec un ami en 2004 :

Zuck: Yeah so if you ever need info about anyone at Harvard
Zuck: Just ask.
Zuck: I have over 4,000 emails, pictures, addresses, SNS
[Redacted Friend's Name]: What? How'd you manage that one?
Zuck: People just submitted it.
Zuck: I don't know why.
Zuck: They "trust me"
Zuck: Dumb fucks.

Si l'on se place dans...

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Marseille s'offre son Big Brother grâce à Engie Ineob9eea779-234c-477a-897c-c68e0dbb23b4http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20180320_151414_Marseille_s_offre_son_Big_Brother_grace_a_Engie_IneoTue, 20 Mar 2018 15:14:14 +0100

Et ce n'est pas triste

Ce n'est pas nouveau, cela a déjà échoué, souvent lamentablement. Mais la Ville de Marseille veut son système d'analyse de big data, pour faire notamment, du prédictif. Les ratés de PredPol n'ont pas refroidi la mairie qui compte mettre en route son "fusion center" cette année.

Big
Centre de supervision de la ville de Marseille - Ville de Marseille

Annoncé au mois de novembre 2017 par la municipalité marseillaise et l'entreprise ayant obtenu le marché — Ineo Digital, filiale du groupe Engie (anciennement GDF Suez) — le « Big Data de la tranquillité publique » (sic) vise à booster l'efficacité de la police municipale grâce à un système de traitement de « l'ensemble des données disponibles sur le territoire ». Un document que s'est procuré la Quadrature du Net et que Reflets a pu consulter, livre des détails sur le programme de création de cet outil, déjà en cours et qui s'achèvera en 2020.

Le projet est composé de deux lots distincts. D'une part, la création de l'outil proprement dit, d'autre part des prestations d'accompagnement visant en réalité à affiner le cahier des charges initial, à recruter de nouveaux partenaires susceptibles de fournir des jeux de données au système et à « valoriser » ces derniers.

Le programme est structuré autour de différents axes thématiques, comme « l'analyse et l'anticipation des faits de délinquance et des troubles à la sécurité des administrés sur l'espace public », « des problématiques liées à l'occupation du domaine public », ou encore à celles « de fluidité de la circulation, de stationnement et de sécurité routière ». Les finalités sont donc plutôt larges, c'est en effet l'ensemble des principales missions de la police municipale qui est couvert. Pour chacun de ces axes, la municipalité donne des exemples de « ...

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Et ce n'est pas triste

Ce n'est pas nouveau, cela a déjà échoué, souvent lamentablement. Mais la Ville de Marseille veut son système d'analyse de big data, pour faire notamment, du prédictif. Les ratés de PredPol n'ont pas refroidi la mairie qui compte mettre en route son "fusion center" cette année.

Big
Centre de supervision de la ville de Marseille - Ville de Marseille

Annoncé au mois de novembre 2017 par la municipalité marseillaise et l'entreprise ayant obtenu le marché — Ineo Digital, filiale du groupe Engie (anciennement GDF Suez) — le « Big Data de la tranquillité publique » (sic) vise à booster l'efficacité de la police municipale grâce à un système de traitement de « l'ensemble des données disponibles sur le territoire ». Un document que s'est procuré la Quadrature du Net et que Reflets a pu consulter, livre des détails sur le programme de création de cet outil, déjà en cours et qui s'achèvera en 2020.

Le projet est composé de deux lots distincts. D'une part, la création de l'outil proprement dit, d'autre part des prestations d'accompagnement visant en réalité à affiner le cahier des charges initial, à recruter de nouveaux partenaires susceptibles de fournir des jeux de données au système et à « valoriser » ces derniers.

Le programme est structuré autour de différents axes thématiques, comme « l'analyse et l'anticipation des faits de délinquance et des troubles à la sécurité des administrés sur l'espace public », « des problématiques liées à l'occupation du domaine public », ou encore à celles « de fluidité de la circulation, de stationnement et de sécurité routière ». Les finalités sont donc plutôt larges, c'est en effet l'ensemble des principales missions de la police municipale qui est couvert. Pour chacun de ces axes, la municipalité donne des exemples de « ...

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Des années 90 à la fin des années 105d2702fc-ca70-4340-b391-b829ceb516a9http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20180319_204741_Des_annees_90__a_la_fin_des_annees_10Mon, 19 Mar 2018 20:47:41 +0100

Que de chemin parcouru...

Nous vivions dans un Far West sans Shérif. Aujourd'hui, un Shérif est caché dans chaque sonde DPI qui équipe nos chers DSLAM... Les temps changent. Pas les hommes.

Big
Fyodor, Marc Maiffret et Vacuum à Noisebridge - © Sébastien Micke - Reproduction interdite

Mi-mai 2003, lors de la première du deuxième volet de Matrix, un jeune homme se penche vers son voisin : « tiens, une scène de hack, ça va être du grand n’importe quoi comme d’habitude ». Il a tout faux. Trinity, l’un des personnages principaux du film utilise un logiciel permettant de créer une cartographie d’un réseau informatique. Son nom ? NMAP, pour « Network Mapper ». Le jeune homme écarquille les yeux : « Mais… Mais c’est mon logiciel ! ». Gordon Lyon, plus connu sous son alias, « Fyodor », vient de voir apparaître sur l’écran le logiciel qu’il a codé. Il le reverra dans d’autres films (Jason Bourne, Die Hard, sur un mur d’écrans de la NSA lors d’une visite de George Bush au sein de l’agence de renseignement américaine). Fyodor est devenu une sorte de légende tant son logiciel est prisé. Par des pirates, par des hackers, par des experts en sécurité informatique, mais aussi, désormais par le cinéma qui l’utilise comme une sorte de symbole du hack.

Fyodor observe NMAP qui observe Fyodor depuis la Matrice - © Reflets - CC - citation requise
Fyodor observe NMAP qui observe Fyodor depuis la Matrice - Reflets - CC - citation requise

Les hackers… Depuis le début des années 2000, ce mot s’affiche de plus en plus fréquemment à la Une de la presse. Parmi les derniers gros événements en date en France, le piratage de TV5 Monde qui a plongé la chaîne francophone dans le noir. Le gouvernement a parlé à cette occasion de cyber-terrorisme, de jihad électronique. Pourtant, ce monde est complexe, multiple. On y trouve à peu près la même chose que dans le monde « réel » où...

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Que de chemin parcouru...

Nous vivions dans un Far West sans Shérif. Aujourd'hui, un Shérif est caché dans chaque sonde DPI qui équipe nos chers DSLAM... Les temps changent. Pas les hommes.

Big
Fyodor, Marc Maiffret et Vacuum à Noisebridge - © Sébastien Micke - Reproduction interdite

Mi-mai 2003, lors de la première du deuxième volet de Matrix, un jeune homme se penche vers son voisin : « tiens, une scène de hack, ça va être du grand n’importe quoi comme d’habitude ». Il a tout faux. Trinity, l’un des personnages principaux du film utilise un logiciel permettant de créer une cartographie d’un réseau informatique. Son nom ? NMAP, pour « Network Mapper ». Le jeune homme écarquille les yeux : « Mais… Mais c’est mon logiciel ! ». Gordon Lyon, plus connu sous son alias, « Fyodor », vient de voir apparaître sur l’écran le logiciel qu’il a codé. Il le reverra dans d’autres films (Jason Bourne, Die Hard, sur un mur d’écrans de la NSA lors d’une visite de George Bush au sein de l’agence de renseignement américaine). Fyodor est devenu une sorte de légende tant son logiciel est prisé. Par des pirates, par des hackers, par des experts en sécurité informatique, mais aussi, désormais par le cinéma qui l’utilise comme une sorte de symbole du hack.

Fyodor observe NMAP qui observe Fyodor depuis la Matrice - © Reflets - CC - citation requise
Fyodor observe NMAP qui observe Fyodor depuis la Matrice - Reflets - CC - citation requise

Les hackers… Depuis le début des années 2000, ce mot s’affiche de plus en plus fréquemment à la Une de la presse. Parmi les derniers gros événements en date en France, le piratage de TV5 Monde qui a plongé la chaîne francophone dans le noir. Le gouvernement a parlé à cette occasion de cyber-terrorisme, de jihad électronique. Pourtant, ce monde est complexe, multiple. On y trouve à peu près la même chose que dans le monde « réel » où...

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Avant j’étais féministe (écologiste et égalitariste aussi)d4b284c9-3ca6-457f-94c3-959c85e8eacdhttp://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20180317_132311_Avant_j___etais_feministe__ecologiste_et_egalitariste_aussi_Sat, 17 Mar 2018 13:23:11 +0100

Quand l'arène numérique embarque tout

A un moment, quand tout est récupéré de manière bornée et agressive, on se dit qu’en fait tout ça n’a plus aucun sens et ne mènera nulle part. Autant alors se dégager de toute forme de défense d’idéal social ou quoi que ce soit d’équivalent.

Big

Avant j’étais féministe, parce que — certainement — ma mère était une militante féministe des années 70. Certainement. Parce que j’ai bien vu et senti — très tôt — que mépriser les femmes était une idée absurde, dégueulasse et humainement inacceptable. Ou même leur assigner des fonctions spécifiques quotidiennes. J’étais aussi écologiste : mes parents étaient des anti-nucléaires de la première heure et s’étaient lancés dans l’agro-biologie. La Terre allait crever de la pollution humaine, déjà, et il fallait la préserver, pour préserver aussi les humains, leur santé. Les remettre en harmonie avec la nature. C’était il y a plus de 40 ans.

J’étais aussi égalitariste dans le sens où l’injustice me faisait mal. Je pensais que si l’on créait plus de choses pour aider les gens à faire «plus ce qu’ils voulaient», ce serait mieux pour tout le monde et qu’en créant plus d’égalité — dans le sens d’offrir des outils qui donnent leur chances à tous — on s’éclaterait plus, en gros. Ca irait mieux. Mais ça n’a pas bien fonctionné. A tous les niveaux, que ce soit d’un point de vue politique ou social. Chez les gens aussi, dans leur tête, ça n’a pas bien fonctionné.

Mon féminisme à moi…

Aujourd’hui, être féministe c’est assez compliqué pour quelqu’un comme moi. On a été quelques uns — avec quelques potes — à montrer l’exemple en fait. Je pense. On n’est pas allé dans la rue avec des pancartes revendiquer des trucs pour les femmes, non. On a fonctionné avec les femmes de façon juste et...

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Quand l'arène numérique embarque tout

A un moment, quand tout est récupéré de manière bornée et agressive, on se dit qu’en fait tout ça n’a plus aucun sens et ne mènera nulle part. Autant alors se dégager de toute forme de défense d’idéal social ou quoi que ce soit d’équivalent.

Big

Avant j’étais féministe, parce que — certainement — ma mère était une militante féministe des années 70. Certainement. Parce que j’ai bien vu et senti — très tôt — que mépriser les femmes était une idée absurde, dégueulasse et humainement inacceptable. Ou même leur assigner des fonctions spécifiques quotidiennes. J’étais aussi écologiste : mes parents étaient des anti-nucléaires de la première heure et s’étaient lancés dans l’agro-biologie. La Terre allait crever de la pollution humaine, déjà, et il fallait la préserver, pour préserver aussi les humains, leur santé. Les remettre en harmonie avec la nature. C’était il y a plus de 40 ans.

J’étais aussi égalitariste dans le sens où l’injustice me faisait mal. Je pensais que si l’on créait plus de choses pour aider les gens à faire «plus ce qu’ils voulaient», ce serait mieux pour tout le monde et qu’en créant plus d’égalité — dans le sens d’offrir des outils qui donnent leur chances à tous — on s’éclaterait plus, en gros. Ca irait mieux. Mais ça n’a pas bien fonctionné. A tous les niveaux, que ce soit d’un point de vue politique ou social. Chez les gens aussi, dans leur tête, ça n’a pas bien fonctionné.

Mon féminisme à moi…

Aujourd’hui, être féministe c’est assez compliqué pour quelqu’un comme moi. On a été quelques uns — avec quelques potes — à montrer l’exemple en fait. Je pense. On n’est pas allé dans la rue avec des pancartes revendiquer des trucs pour les femmes, non. On a fonctionné avec les femmes de façon juste et...

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L'IRC : zone de rencontre avec les hackers95f798bc-cbf8-4717-bbac-329b5a2f57e0http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20180316_173306_L_IRC___zone_de_rencontre_avec_les_hackersFri, 16 Mar 2018 17:33:06 +0100

L0pht, Rhino9, ADM, w00w00, Teso, les groupes sont déjà là

Dans un esprit de partage commun aux débuts du Web, les hackers répondent à mes questions débiles. Je découvre RTFM...

Big
ADM - ADM - © ADM

C’est en explorant l’Internet Relay Chat (IRC) que je finis par trouver mes premiers « hackers ». Ils sont français. J’ai des tonnes de questions de béotien dans la tête. J’en pose quelques unes. Je ne sais pas bien expliquer pourquoi, mais ils me répondent. Mieux, ils m’expliquent comment fonctionne ce réseau. J’apprends. Peut-être prennent-ils le temps de m’apprendre toutes ces choses parce que l’on est à une époque du Net où le partage n’est pas un vain mot. Il y a bien dû avoir un RTFM (read the fucking manual) qui s’est affiché à un moment ou un autre, mais dans l’ensemble, l’ambiance est bonne. Dans le même temps, je lis. Pas que le fucking manual, mais BugTraq. La mailing list qui permet aux hackers de publier les failles qu’ils découvrent dans tel ou tel logiciel. Je suis de près quelques groupes américains et leurs publications.

A cette époque, on était encore dans une tendance « full disclosure ». En d’autres termes, les chercheurs en sécurité informatique qui trouvaient des failles les publiaient, avec des Proof of Concept ( PoC). C’était un mouvement de balancier logique. Depuis des années, les remontées de failles n’aboutissaient à rien. En tout cas pas à des correctifs. Qui savait que tel ou tel logiciel était troué ? Où se renseigner ? Quel journal en parlait ? BugTraq et Internet changent la donne. Ceux qui trouvent peuvent publier si l’éditeur ne fait rien. Et toute la communauté saura qui est réactif ou pas. Mais comme tout mouvement de balancier, il...

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L0pht, Rhino9, ADM, w00w00, Teso, les groupes sont déjà là

Dans un esprit de partage commun aux débuts du Web, les hackers répondent à mes questions débiles. Je découvre RTFM...

Big
ADM - ADM - © ADM

C’est en explorant l’Internet Relay Chat (IRC) que je finis par trouver mes premiers « hackers ». Ils sont français. J’ai des tonnes de questions de béotien dans la tête. J’en pose quelques unes. Je ne sais pas bien expliquer pourquoi, mais ils me répondent. Mieux, ils m’expliquent comment fonctionne ce réseau. J’apprends. Peut-être prennent-ils le temps de m’apprendre toutes ces choses parce que l’on est à une époque du Net où le partage n’est pas un vain mot. Il y a bien dû avoir un RTFM (read the fucking manual) qui s’est affiché à un moment ou un autre, mais dans l’ensemble, l’ambiance est bonne. Dans le même temps, je lis. Pas que le fucking manual, mais BugTraq. La mailing list qui permet aux hackers de publier les failles qu’ils découvrent dans tel ou tel logiciel. Je suis de près quelques groupes américains et leurs publications.

A cette époque, on était encore dans une tendance « full disclosure ». En d’autres termes, les chercheurs en sécurité informatique qui trouvaient des failles les publiaient, avec des Proof of Concept ( PoC). C’était un mouvement de balancier logique. Depuis des années, les remontées de failles n’aboutissaient à rien. En tout cas pas à des correctifs. Qui savait que tel ou tel logiciel était troué ? Où se renseigner ? Quel journal en parlait ? BugTraq et Internet changent la donne. Ceux qui trouvent peuvent publier si l’éditeur ne fait rien. Et toute la communauté saura qui est réactif ou pas. Mais comme tout mouvement de balancier, il...

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De l'endogamie à l'exogamie en matière d'informatique ac367622-684b-4c60-9fae-451164cf555bhttp://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20180316_172811_De_l_endogamie_a_l_exogamie_en_matiere_d_informatique_Fri, 16 Mar 2018 17:28:11 +0100

Ou le cercle sans fin du grand n'importe quoi

C'est bien connu, le problème est entre la chaise et le clavier. Et si le user est un imbécile, autant essayer d'en tirer le plus grand profit. Au delà de ce triste constat qui sied si bien aux GAFAM, l'écosystème se tire un balle dans le pied en admettant le pire.

Big
Philippe Vannier - Copie d'écran - CC

C'est comme ça... Vous pouvez avoir signé un contrat inavouable avec Kadhafi, être poursuivi par la Justice pour cela et rester au sommet de l'écosystème. Ce dernier permet que Philippe Vannier soit "Vice President Big Data & Security Solutions and Group" d'Atos. Notre dernier article évoquant" l'asile politique" accordé par Thierry Breton à Philippe Vannier nous avait valu un courrier d'avocat assez menaçant. Thierry Breton est un habitué des procès contre les journalistes qui grattent un peu le vernis duquel il est recouvert.

Dans le domaine de la sécurité informatique, comme dans à peu près tous les cercles, il est assez improbable que quiconque dénonce la présence en son sein de canards boiteux. Les casseroles sont très proprement remisées, oubliées au fond d'un placard fermé à double tour.

Philippe Vannier est donc auréolé de son titre de vice-président Big Data et solutions de sécurité, de CTO du groupe Atos. Oublié le contrat avec Kadhafi, les fonds versés au festival mondial des arts nègres. Tout est pardonné.

Thierry Breton et Philippe Vannier, l'homme phare du DPI français se sont bien trouvés. Il y a des hasards surprenants dans la vie. Souvenez-vous... Le 6 juin 2016, Reflets révélait que la France s'était équipée dès 2009 de sondes DPI dans les DSLAM pour des interceptions administratives. IOL, pour Interceptions obligatoires légales, était justement... Illégal. Comme le rappelait à l'époque Jérôme...

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Ou le cercle sans fin du grand n'importe quoi

C'est bien connu, le problème est entre la chaise et le clavier. Et si le user est un imbécile, autant essayer d'en tirer le plus grand profit. Au delà de ce triste constat qui sied si bien aux GAFAM, l'écosystème se tire un balle dans le pied en admettant le pire.

Big
Philippe Vannier - Copie d'écran - CC

C'est comme ça... Vous pouvez avoir signé un contrat inavouable avec Kadhafi, être poursuivi par la Justice pour cela et rester au sommet de l'écosystème. Ce dernier permet que Philippe Vannier soit "Vice President Big Data & Security Solutions and Group" d'Atos. Notre dernier article évoquant" l'asile politique" accordé par Thierry Breton à Philippe Vannier nous avait valu un courrier d'avocat assez menaçant. Thierry Breton est un habitué des procès contre les journalistes qui grattent un peu le vernis duquel il est recouvert.

Dans le domaine de la sécurité informatique, comme dans à peu près tous les cercles, il est assez improbable que quiconque dénonce la présence en son sein de canards boiteux. Les casseroles sont très proprement remisées, oubliées au fond d'un placard fermé à double tour.

Philippe Vannier est donc auréolé de son titre de vice-président Big Data et solutions de sécurité, de CTO du groupe Atos. Oublié le contrat avec Kadhafi, les fonds versés au festival mondial des arts nègres. Tout est pardonné.

Thierry Breton et Philippe Vannier, l'homme phare du DPI français se sont bien trouvés. Il y a des hasards surprenants dans la vie. Souvenez-vous... Le 6 juin 2016, Reflets révélait que la France s'était équipée dès 2009 de sondes DPI dans les DSLAM pour des interceptions administratives. IOL, pour Interceptions obligatoires légales, était justement... Illégal. Comme le rappelait à l'époque Jérôme...

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Une histoire de hackers6d86da8b-e155-4d82-92a9-924ffd151ad8http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20180315_102804_Une_histoire_de_hackersThu, 15 Mar 2018 10:28:04 +0100

Sans Anonymous, sans pirates chinois, nord-coréens ou russes

Quelques hackers et les groupes auxquels ils appartenaient ont marqué les débuts du Web. Leurs nicknames et les noms de leurs groupes font désormais partie de l'Histoire du Net.

Big
Rencontres du 3ème type - D.R.

« C’était mieux avant »… Voilà une phrase que les vieux ont tendance à répéter. En tout cas, c’était différent. Et pour ce qui est des hackers, c’était comment, avant que les Anonymous, Wikileaks, les hackers russes, nord-coréens, chinois, soient les vedettes des médias ? Avant que la presse ne nous vende ces derniers comme l’unique représentation des « hackers » ?

C’était différent.

Si l’histoire des hackers remonte plus loin que l’arrivée du Web, ce dernier a créé un appel d’air. Une sorte de « big bang ». Avec lui est arrivé une nouvelle génération de personnes qui ont écrit les premières pages d’une histoire sans fin. Mais qui s’en souvient aujourd’hui ? Et pourtant…

Ceux qui utilisent des SQL injections à n’en plus finir pour pirater tel ou tel site savent-ils à qui ils doivent cette technique ? A l’un de ces pionniers. Ceux qui utilisent NMAP pour cartographier des réseaux savent-ils que son auteur était l’un de ces premiers hackers qui ont marqué l’histoire du Web ?

Nous allons tenter au fil de quelques articles, de raconter cette histoire du Web. En partie tout au moins. Raconter ce qui est racontable. Et avec un prisme. Ce prisme, c’est celui de l’auteur. Embeded, comme on dit aujourd’hui, dans plusieurs groupes de hackers, je n’ai qu’une vision partielle de ce qu’a été cette époque. Je ne peux parler que de ceux que j’ai connu et fréquentés. Pas des autres, et ils sont nombreux.

Chapeau : Une histoire de hackers - Sans Anonymous, sans pirates chinois,...

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Sans Anonymous, sans pirates chinois, nord-coréens ou russes

Quelques hackers et les groupes auxquels ils appartenaient ont marqué les débuts du Web. Leurs nicknames et les noms de leurs groupes font désormais partie de l'Histoire du Net.

Big
Rencontres du 3ème type - D.R.

« C’était mieux avant »… Voilà une phrase que les vieux ont tendance à répéter. En tout cas, c’était différent. Et pour ce qui est des hackers, c’était comment, avant que les Anonymous, Wikileaks, les hackers russes, nord-coréens, chinois, soient les vedettes des médias ? Avant que la presse ne nous vende ces derniers comme l’unique représentation des « hackers » ?

C’était différent.

Si l’histoire des hackers remonte plus loin que l’arrivée du Web, ce dernier a créé un appel d’air. Une sorte de « big bang ». Avec lui est arrivé une nouvelle génération de personnes qui ont écrit les premières pages d’une histoire sans fin. Mais qui s’en souvient aujourd’hui ? Et pourtant…

Ceux qui utilisent des SQL injections à n’en plus finir pour pirater tel ou tel site savent-ils à qui ils doivent cette technique ? A l’un de ces pionniers. Ceux qui utilisent NMAP pour cartographier des réseaux savent-ils que son auteur était l’un de ces premiers hackers qui ont marqué l’histoire du Web ?

Nous allons tenter au fil de quelques articles, de raconter cette histoire du Web. En partie tout au moins. Raconter ce qui est racontable. Et avec un prisme. Ce prisme, c’est celui de l’auteur. Embeded, comme on dit aujourd’hui, dans plusieurs groupes de hackers, je n’ai qu’une vision partielle de ce qu’a été cette époque. Je ne peux parler que de ceux que j’ai connu et fréquentés. Pas des autres, et ils sont nombreux.

Chapeau : Une histoire de hackers - Sans Anonymous, sans pirates chinois,...

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L'Atelier de Jean-Michel Billaut0480918c-09ce-43f1-9559-eed8e3d79153http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20180315_102644_L_Atelier_de_Jean-Michel_BillautThu, 15 Mar 2018 10:26:44 +0100

Ma porte d'entrée sur Internet

Le BBS de l'Atelier ou les prémices d'un Internet qui pointe le bout de son nez. Avec Internet, la question de la sécurité est consubstantielle...

Big
Jean-Michel Billaut - D.R.

1993… Je suis journaliste financier et je m’occupe des banques. Plus particulièrement des nouveaux canaux de distribution. Les nouvelles technologies, à l’époque, c’est principalement la carte à puce qui va se généraliser et qui permet d’envisager de nouveaux services. Ma chef de service me parle d’un professeur Nimbus, travaillant dans les sous-sols d’une banque. « Il faut que tu ailles le voir. Il paraît qu’il fait des trucs incroyables ». Soit…

En décrochant mon téléphone quelques jours plus tard, ma vie va changer. Je vais m’arrimer, sans le savoir, à Internet. Le Web n’existe pas encore. Google n’est même pas une idée.

J’obtiens un rendez-vous. Avenue Kléber, la Compagnie Bancaire est une institution. On me fait descendre dans les sous-sols. Au bout d’un long couloir, je pénètre dans « l’Atelier ». Effectivement, je trouve là une sorte de professeur Nimbus qui me parle d’avenir avec un sourire perpétuel. Jean-Michel Billaut a créé au sein de la Compagnie Bancaire un service de recherche et développement : « L’Atelier de la Compagnie Bancaire ». Lui et son équipe sont chargés de prévoir l’évolution du secteur financier. Quels services, que sera la banque de demain, comment mieux tirer partie du Minitel ?

Mais au lieu de confiner son service de recherche et développement au groupe, Jean-Michel Billaut l’ouvre sur l’extérieur. Il le transforme en très puissante boite à idées, à expérimentations. Il organise des Ateliers de l’Atelier où chacun vient présenter son...

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Ma porte d'entrée sur Internet

Le BBS de l'Atelier ou les prémices d'un Internet qui pointe le bout de son nez. Avec Internet, la question de la sécurité est consubstantielle...

Big
Jean-Michel Billaut - D.R.

1993… Je suis journaliste financier et je m’occupe des banques. Plus particulièrement des nouveaux canaux de distribution. Les nouvelles technologies, à l’époque, c’est principalement la carte à puce qui va se généraliser et qui permet d’envisager de nouveaux services. Ma chef de service me parle d’un professeur Nimbus, travaillant dans les sous-sols d’une banque. « Il faut que tu ailles le voir. Il paraît qu’il fait des trucs incroyables ». Soit…

En décrochant mon téléphone quelques jours plus tard, ma vie va changer. Je vais m’arrimer, sans le savoir, à Internet. Le Web n’existe pas encore. Google n’est même pas une idée.

J’obtiens un rendez-vous. Avenue Kléber, la Compagnie Bancaire est une institution. On me fait descendre dans les sous-sols. Au bout d’un long couloir, je pénètre dans « l’Atelier ». Effectivement, je trouve là une sorte de professeur Nimbus qui me parle d’avenir avec un sourire perpétuel. Jean-Michel Billaut a créé au sein de la Compagnie Bancaire un service de recherche et développement : « L’Atelier de la Compagnie Bancaire ». Lui et son équipe sont chargés de prévoir l’évolution du secteur financier. Quels services, que sera la banque de demain, comment mieux tirer partie du Minitel ?

Mais au lieu de confiner son service de recherche et développement au groupe, Jean-Michel Billaut l’ouvre sur l’extérieur. Il le transforme en très puissante boite à idées, à expérimentations. Il organise des Ateliers de l’Atelier où chacun vient présenter son...

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Bertrand Cantat et la haine ordinaire populiste79f7a5bf-2ae4-4e37-9fe0-e8470d16e7dchttp://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20180314_110000_Bertrand_Cantat_et_la_haine_ordinaire_populisteWed, 14 Mar 2018 11:00:00 +0100

Big
texte cantat - facebook - facebook

Le populisme français actuel révèle aujourd'hui son vrai visage, celui d'une haine féroce envers la justice et les institutions démocratiques, en général. Son leitmotiv est simple, à ce populisme : le peuple sait mieux que le "système". Même le système judiciaire. Condamner quelqu'un à la prison n'est pas suffisant pour les populistes, il faudrait en sus le brimer, le punir à vie, l'empêcher d'exercer son métier. Quitte à faire pratiquer la censure et aller contre l'esprit de la loi. C'est ainsi que des associations, dont des associations "féministes" ont appelé à faire annuler les concerts de Bertrand Cantat, et le pousser à ne pas participer aux festivals d'été. Il s'en est expliqué sur sa page Facebook :

Texte Cantat Facebook - Cantat - Facebook
Texte Cantat Facebook - Cantat - Facebook

Face aux multiples aboiements des foules hargneuses et revendicatives — à la limite du lynchage — comme du mutisme de la ministre de la Culture, l’Observatoire de la liberté de création s'est fendu d'un communiqué pour rappeler quelques points importants défendus normalement par notre société :

(…) Le Code pénal réprime le fait d'entraver, d'une manière concertée et à l'aide de menaces, l'exercice de la liberté de création artistique ou de la liberté de la diffusion de la création artistique d'un an d'emprisonnement et de quinze mille euros d'amende.D’autre part, l'Etat (c’est l’article 3 de cette loi), à travers ses services...

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Big
texte cantat - facebook - facebook

Le populisme français actuel révèle aujourd'hui son vrai visage, celui d'une haine féroce envers la justice et les institutions démocratiques, en général. Son leitmotiv est simple, à ce populisme : le peuple sait mieux que le "système". Même le système judiciaire. Condamner quelqu'un à la prison n'est pas suffisant pour les populistes, il faudrait en sus le brimer, le punir à vie, l'empêcher d'exercer son métier. Quitte à faire pratiquer la censure et aller contre l'esprit de la loi. C'est ainsi que des associations, dont des associations "féministes" ont appelé à faire annuler les concerts de Bertrand Cantat, et le pousser à ne pas participer aux festivals d'été. Il s'en est expliqué sur sa page Facebook :

Texte Cantat Facebook - Cantat - Facebook
Texte Cantat Facebook - Cantat - Facebook

Face aux multiples aboiements des foules hargneuses et revendicatives — à la limite du lynchage — comme du mutisme de la ministre de la Culture, l’Observatoire de la liberté de création s'est fendu d'un communiqué pour rappeler quelques points importants défendus normalement par notre société :

(…) Le Code pénal réprime le fait d'entraver, d'une manière concertée et à l'aide de menaces, l'exercice de la liberté de création artistique ou de la liberté de la diffusion de la création artistique d'un an d'emprisonnement et de quinze mille euros d'amende.D’autre part, l'Etat (c’est l’article 3 de cette loi), à travers ses services...

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Procès en appel du co-fondateur de Reflets47791a2c-d03e-4340-bfa8-f47446f8bf64http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20180312_130301_Proces_en_appel_du_co-fondateur_de_RefletsMon, 12 Mar 2018 13:03:01 +0100

Tout ça pour ça

Bluetouff, co-fondateur de Reflets était jugé en appel jeudi 8 mars pour la mise à disposition d'un script déjà publié par ailleurs ayant permis à des pirates de lancer une attaque par déni de service

Big
Myriam Quemener - copie d'écran Youtube - © https://www.youtube.com/watch?v=vWHNGTSCDk8

Jeudi 8 mars, se tenait le procès en appel de Bluetouff, co-fondateur de Reflets. Olivier Laurelli était poursuivi pour avoir, "sans motif légitime, importé, détenu, offert, cédé ou mis a disposition un équipement, un instrument, un programme informatique ou toute donnée concus ou spécialement adaptés pour commettre une ou plusieurs infractions prévues par les articles 323-1 a 323-3 du Code pénal, a savoir des atteintes aux systèmes de traitement automatisé de données, en l'espèce en publiant sur son blog Bluetouff.com un script permettant d'exploiter des failles de sécurité informatique liées aux jeux utilisant le code source et le moteur de jeu Quake 3".

En 2011, OVH ne voulant pas mettre fin en débranchant les serveurs de jeu utilisés comme relais lors d'une vaste attaque par déni de service, Olivier Laurelli avait écrit un article expliquant ce qui était en train de se passer. Il avait re-publié un script — dont il n'était pas l'auteur et qui était disponible sur Internet par ailleurs — sur un site visité par d'autres experts en sécurité informatique (l0g.me). En sécurité informatique, on appelle ça un POC (Proof of Concept), il ne s'agit pas d'un programme utilisable tel quel.

Mal convoqué par la Justice, Olivier Laurelli avait demandé à être re-jugé après une condamnation initiale en son absence à 500 euros d'amende. Il était alors relaxé. Le tribunal avait rappelé dans son arrêt que "l'article 323-3-1 du code...

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Tout ça pour ça

Bluetouff, co-fondateur de Reflets était jugé en appel jeudi 8 mars pour la mise à disposition d'un script déjà publié par ailleurs ayant permis à des pirates de lancer une attaque par déni de service

Big
Myriam Quemener - copie d'écran Youtube - © https://www.youtube.com/watch?v=vWHNGTSCDk8

Jeudi 8 mars, se tenait le procès en appel de Bluetouff, co-fondateur de Reflets. Olivier Laurelli était poursuivi pour avoir, "sans motif légitime, importé, détenu, offert, cédé ou mis a disposition un équipement, un instrument, un programme informatique ou toute donnée concus ou spécialement adaptés pour commettre une ou plusieurs infractions prévues par les articles 323-1 a 323-3 du Code pénal, a savoir des atteintes aux systèmes de traitement automatisé de données, en l'espèce en publiant sur son blog Bluetouff.com un script permettant d'exploiter des failles de sécurité informatique liées aux jeux utilisant le code source et le moteur de jeu Quake 3".

En 2011, OVH ne voulant pas mettre fin en débranchant les serveurs de jeu utilisés comme relais lors d'une vaste attaque par déni de service, Olivier Laurelli avait écrit un article expliquant ce qui était en train de se passer. Il avait re-publié un script — dont il n'était pas l'auteur et qui était disponible sur Internet par ailleurs — sur un site visité par d'autres experts en sécurité informatique (l0g.me). En sécurité informatique, on appelle ça un POC (Proof of Concept), il ne s'agit pas d'un programme utilisable tel quel.

Mal convoqué par la Justice, Olivier Laurelli avait demandé à être re-jugé après une condamnation initiale en son absence à 500 euros d'amende. Il était alors relaxé. Le tribunal avait rappelé dans son arrêt que "l'article 323-3-1 du code...

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Fake news : les médias tout feu tout flammes2f1ef56e-cf65-45e9-bdfb-e4dae92b386ehttp://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20180311_001435_Fake_news___les_medias_tout_feu_tout_flammesSun, 11 Mar 2018 00:14:35 +0100

Oui, mais non

C'est une étude scientifique, réalisée par trois chercheurs du prestigieux Massachusetts Institute of Technology, « The spread of true and false news online », qui a mis le feu aux poudres. Ou plus exactement, aux médias.

Big

Pour LCI, les « fake news » sont « plus rapides que les vraies informations sur Internet ». Kif-kif à l'AFP. Du côté de France Info, service public oblige, on est plus sobre, « une fausse information circule bien mieux qu'une information exacte ». À l'Obs, on monte d'un cran dans l'intensité dramatique, les « fake news » se propageant plus vite que « la vérité ». Rien que ça. Au Temps, on ne barguigne pas, c'est carrément le « mensonge » qui se diffuse plus loin que la « vérité ». Même son de cloche chez Numerama, où « le mensonge est plus viral que la vérité ». Impossible de citer tout le monde, prière aux absents de bien vouloir nous excuser.

La conclusion est donc sans appel : nous vivons la Grande Apocalypse Informationnelle, le mensonge est partout. Nous sommes définitivement perdus, condamnés à patauger pour les siècles et les siècles dans un océan de menteries, d'inventions et d'impostures.

À ceci près qu'en vérité, ce n'est pas ce que dit cette étude. Ô, Ironie.

Le travail de recherche réalisé par les trois compères du Media Lab du MIT est impressionnant, et très intéressant. Ils ont en effet étudié 126 000 « cascades » de tweets publiées sur le réseau social à l'oiseau bleu, sur une période s'étalant de 2006 à 2017. Au total, ce sont les interactions de 3 millions de personnes qui ont été passées au crible. Cet échantillon a été utilisé pour analyser la dynamique de propagation des tweets : profondeur et taille des «...

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Oui, mais non

C'est une étude scientifique, réalisée par trois chercheurs du prestigieux Massachusetts Institute of Technology, « The spread of true and false news online », qui a mis le feu aux poudres. Ou plus exactement, aux médias.

Big

Pour LCI, les « fake news » sont « plus rapides que les vraies informations sur Internet ». Kif-kif à l'AFP. Du côté de France Info, service public oblige, on est plus sobre, « une fausse information circule bien mieux qu'une information exacte ». À l'Obs, on monte d'un cran dans l'intensité dramatique, les « fake news » se propageant plus vite que « la vérité ». Rien que ça. Au Temps, on ne barguigne pas, c'est carrément le « mensonge » qui se diffuse plus loin que la « vérité ». Même son de cloche chez Numerama, où « le mensonge est plus viral que la vérité ». Impossible de citer tout le monde, prière aux absents de bien vouloir nous excuser.

La conclusion est donc sans appel : nous vivons la Grande Apocalypse Informationnelle, le mensonge est partout. Nous sommes définitivement perdus, condamnés à patauger pour les siècles et les siècles dans un océan de menteries, d'inventions et d'impostures.

À ceci près qu'en vérité, ce n'est pas ce que dit cette étude. Ô, Ironie.

Le travail de recherche réalisé par les trois compères du Media Lab du MIT est impressionnant, et très intéressant. Ils ont en effet étudié 126 000 « cascades » de tweets publiées sur le réseau social à l'oiseau bleu, sur une période s'étalant de 2006 à 2017. Au total, ce sont les interactions de 3 millions de personnes qui ont été passées au crible. Cet échantillon a été utilisé pour analyser la dynamique de propagation des tweets : profondeur et taille des «...

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PNIJ : une lente montée en puissancea141ca57-47fd-4221-8ac6-98e3f0d2cfa0http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20180308_230013_PNIJ___une_lente_montee_en_puissanceThu, 08 Mar 2018 23:00:13 +0100

Big
Les grandes oreilles...

Alors que la CNCTR devrait publier son rapport annuel ce mois-ci, on peut déjà prendre la mesure de la lente mais sûre montée en puissance de la PNIJ et de l'importance croissante de la téléphonie dans les enquêtes judiciaires. Selon nos informations, ce sont quelque 2 millions d'écoutes judiciaire qui ont été demandées en 2017. Près de 700.000 conversations téléphonique et 1million de SMS ont été interceptées par semaine. La capacité actuelle de la PNIJ est de 1200 interceptions judiciaires simultanées mais ce nombre devrait croître. La PNIJ mise en place par Thalès est régulièrement décriée par les forces de l'ordre qui mettent en avant des bugs. Ceci dit, l'Intérieur a perdu avec la PNIJ la main-mise sur les écoutes qui étaient réalisées jusque là par des officines privées pas toujours de manière très encadrée. C'est désormais le ministère de la Justice qui a la main.

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Big
Les grandes oreilles...

Alors que la CNCTR devrait publier son rapport annuel ce mois-ci, on peut déjà prendre la mesure de la lente mais sûre montée en puissance de la PNIJ et de l'importance croissante de la téléphonie dans les enquêtes judiciaires. Selon nos informations, ce sont quelque 2 millions d'écoutes judiciaire qui ont été demandées en 2017. Près de 700.000 conversations téléphonique et 1million de SMS ont été interceptées par semaine. La capacité actuelle de la PNIJ est de 1200 interceptions judiciaires simultanées mais ce nombre devrait croître. La PNIJ mise en place par Thalès est régulièrement décriée par les forces de l'ordre qui mettent en avant des bugs. Ceci dit, l'Intérieur a perdu avec la PNIJ la main-mise sur les écoutes qui étaient réalisées jusque là par des officines privées pas toujours de manière très encadrée. C'est désormais le ministère de la Justice qui a la main.

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Merci SFR d'assurer la confidentialité (ou pas du tout) des communications des journalistescefc2adf-51a2-4e32-8924-4a706c71c593http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20180307_225106_Merci_SFR_d_assurer_la_confidentialite__ou_pas_du_tout__des_communications_des_journalistesWed, 07 Mar 2018 22:51:06 +0100

Quand les sujets d'enquête se télescopent avec les centres d'appels de SFR

C'est sans doute un malheureux hasard, mais un centre d'appel de SFR se trouve en Tunisie d'où les opérateurs peuvent prendre la main sur la box d'un des journalistes de Reflets qui a enquêté sur l'attentat du Bardo à Tunis

Big
Ambassade de France à Tunis - © Reflets

Plusieurs mois d'enquête, un déplacement à Tunis ont permis à un journaliste de Reflets (l'auteur de ces lignes) de publier une série d'articles sur l'attentat du Bardo et de démontrer à quel point la justice tunisienne ne collabore pas avec la justice Française. L'un sur Reflets, d'autres dans des journaux ayant un public plus large. Sur place à Tunis, un policier donne le ton : "ici, de toutes façons, on met tout le monde sur écoute, par principe". Cette phrase résonne de manière toute particulière après un long échange avec le service technique de SFR...

La box refusant de connecter mon réseau domestique à Internet, j'ai entrepris de discuter avec le 1023. Après les péripéties habituelles liées au CRM de SFR, la conversation s'engage avec la charmante dame qui a pris la main sur la box à distance. Elle est... en Tunisie.

Sans pousser la parano trop loin, on peut aisément se dire que les services de renseignement Tunisiens peuvent, s'il le souhaitent, considérer la box d'un journaliste français enquêtant sur les les irrégularités de l'enquête sur l'attentat du musée du Bardo à Tunis comme... accessible.

Cela, bien entendu, remet totalement à zéro le compteur en matière de protection déjà en place sur le matériel informatique se reliant au réseau Wifi de la box.

Mais cela pose une question également sur les impacts de la délocalisation des centres d'appel et des pouvoirs techniques qui leur sont attribués par...

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Quand les sujets d'enquête se télescopent avec les centres d'appels de SFR

C'est sans doute un malheureux hasard, mais un centre d'appel de SFR se trouve en Tunisie d'où les opérateurs peuvent prendre la main sur la box d'un des journalistes de Reflets qui a enquêté sur l'attentat du Bardo à Tunis

Big
Ambassade de France à Tunis - © Reflets

Plusieurs mois d'enquête, un déplacement à Tunis ont permis à un journaliste de Reflets (l'auteur de ces lignes) de publier une série d'articles sur l'attentat du Bardo et de démontrer à quel point la justice tunisienne ne collabore pas avec la justice Française. L'un sur Reflets, d'autres dans des journaux ayant un public plus large. Sur place à Tunis, un policier donne le ton : "ici, de toutes façons, on met tout le monde sur écoute, par principe". Cette phrase résonne de manière toute particulière après un long échange avec le service technique de SFR...

La box refusant de connecter mon réseau domestique à Internet, j'ai entrepris de discuter avec le 1023. Après les péripéties habituelles liées au CRM de SFR, la conversation s'engage avec la charmante dame qui a pris la main sur la box à distance. Elle est... en Tunisie.

Sans pousser la parano trop loin, on peut aisément se dire que les services de renseignement Tunisiens peuvent, s'il le souhaitent, considérer la box d'un journaliste français enquêtant sur les les irrégularités de l'enquête sur l'attentat du musée du Bardo à Tunis comme... accessible.

Cela, bien entendu, remet totalement à zéro le compteur en matière de protection déjà en place sur le matériel informatique se reliant au réseau Wifi de la box.

Mais cela pose une question également sur les impacts de la délocalisation des centres d'appel et des pouvoirs techniques qui leur sont attribués par...

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La sécurité informatique, c'est un peu deux poids, deux mesuresdcc75367-9a9a-41bf-ad8c-21093f63651ehttp://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20180301_181622_La_securite_informatique__c_est_un_peu_deux_poids__deux_mesuresThu, 01 Mar 2018 18:16:22 +0100

La Matrice, ça fait un peu mal aux fesses... depuis 23 ans

Il y a sécurité informatique et... sécurité informatique. Entre ce que ce petit monde donne à voir et la réalité, il y a un monde. Bienvenue dans la Matrice

Big
Le hacker vu par la presse - Image volée sur https://thehappyhoodedhacker.tumblr.com/ - © WTF

Il est beau ce monde que l'éco-système a construit. Au fil des plaquettes sur papier glacé vantant les mérites de telle ou telle solution de sécurité informatique, au détour de telle ou telle déclaration d'officiels gouvernementaux, derrière le sourire "ultra bright" des commerciaux et autre patrons de pépites de la sécurité informatique, il y a un monde parfois moche, pourri par le non dit et le mensonge.

A l'époque où Guillermito était poursuivi par les branquignoles de Tegam, tout le secteur de la sécurité informatique, à quelques rares exceptions près, s'est tu. C'est fort dommage. C'était une occasion de mettre à l'index un canard boîteux. Mais un canard boîteux qui avait des contrats avec le gouvernement français...

Il est lisse, ce monde de la sécurité informatique qui n'embauche pas de hackers. Il faut lire la réponse de Philippe Courtot : "Nous avons une politique très claire: nous ne recrutons pas de hackers. Que certains le fassent, ou que les gouvernements trouvent un intérêt, parfois, à utiliser leurs compétences, ça les regarde." Un Must. Le moteur de vulnérabilités de Qualys a été codé par des hackers. Et même par les meilleurs. Il est tellement touchy et incontournable que personne n'a jamais vraiment pu mettre à jour les babasses sur lesquelles il tourne. Mais chuuuut... Où croyez-vous qu'ont fini tous les hackers qui ont marqué les débuts d'Internet ? Dans une grotte ? Dans une boutique...

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La Matrice, ça fait un peu mal aux fesses... depuis 23 ans

Il y a sécurité informatique et... sécurité informatique. Entre ce que ce petit monde donne à voir et la réalité, il y a un monde. Bienvenue dans la Matrice

Big
Le hacker vu par la presse - Image volée sur https://thehappyhoodedhacker.tumblr.com/ - © WTF

Il est beau ce monde que l'éco-système a construit. Au fil des plaquettes sur papier glacé vantant les mérites de telle ou telle solution de sécurité informatique, au détour de telle ou telle déclaration d'officiels gouvernementaux, derrière le sourire "ultra bright" des commerciaux et autre patrons de pépites de la sécurité informatique, il y a un monde parfois moche, pourri par le non dit et le mensonge.

A l'époque où Guillermito était poursuivi par les branquignoles de Tegam, tout le secteur de la sécurité informatique, à quelques rares exceptions près, s'est tu. C'est fort dommage. C'était une occasion de mettre à l'index un canard boîteux. Mais un canard boîteux qui avait des contrats avec le gouvernement français...

Il est lisse, ce monde de la sécurité informatique qui n'embauche pas de hackers. Il faut lire la réponse de Philippe Courtot : "Nous avons une politique très claire: nous ne recrutons pas de hackers. Que certains le fassent, ou que les gouvernements trouvent un intérêt, parfois, à utiliser leurs compétences, ça les regarde." Un Must. Le moteur de vulnérabilités de Qualys a été codé par des hackers. Et même par les meilleurs. Il est tellement touchy et incontournable que personne n'a jamais vraiment pu mettre à jour les babasses sur lesquelles il tourne. Mais chuuuut... Où croyez-vous qu'ont fini tous les hackers qui ont marqué les débuts d'Internet ? Dans une grotte ? Dans une boutique...

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Tutoriel : L'Express, ou comment ne pas gérer une fuite de donnéesd2ea722a-a09b-40ef-b1df-33eac59b541ehttp://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20180301_162737_Tutoriel___L_Express__ou_comment_ne_pas_gerer_une_fuite_de_donneesThu, 01 Mar 2018 16:27:37 +0100

Aujourd'hui, c'est ZDNet qui révèle qu'un serveur de base de données MongoDB, géré par l'Express et contenant environ 700 000 documents, était ouvert aux quatre vents.

Jusque là, malheureusement rien d'exceptionnel — quoique cela soit fâcheux, la configuration par défaut de MongoDB est notoirement mauvaise. Les contrôles d'accès ne sont en effet pas activés par défaut. De plus, il aura fallu attendre mai 2017 et la version 3.5.7 du logiciel pour qu'il n'écoute plus sur toutes les interfaces réseau, mais uniquement sur le localhost. Autrement dit, avant cette date, un serveur fraîchement installé acceptait n'importe quelle connexion entrante sans aucune forme d'authentification.

D'après ZDNet, Mickey Dimov, le techos américain à l'origine de la découverte, a été contraint de contacter l'Express par « le biais d'un intermédiaire ». C'est un détail, mais cela signifie sans doute que le choix de l'interlocuteur n'était pas clair, que la langue était un problème, ou les deux. Afficher de manière lisible, en français et en anglais (la franca lingua en matière de sécurité informatique), le canal à utiliser (généralement une adresse email assortie d'une clé de chiffrement GPG) pour contacter l'interlocuteur ad hoc est une bonne pratique. Elle est malheureusement (très) peu répandue, alors qu'elle ne coûte pas grand chose.

Le signalement est par la suite resté lettre morte, pendant près d'un mois....

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Aujourd'hui, c'est ZDNet qui révèle qu'un serveur de base de données MongoDB, géré par l'Express et contenant environ 700 000 documents, était ouvert aux quatre vents.

Jusque là, malheureusement rien d'exceptionnel — quoique cela soit fâcheux, la configuration par défaut de MongoDB est notoirement mauvaise. Les contrôles d'accès ne sont en effet pas activés par défaut. De plus, il aura fallu attendre mai 2017 et la version 3.5.7 du logiciel pour qu'il n'écoute plus sur toutes les interfaces réseau, mais uniquement sur le localhost. Autrement dit, avant cette date, un serveur fraîchement installé acceptait n'importe quelle connexion entrante sans aucune forme d'authentification.

D'après ZDNet, Mickey Dimov, le techos américain à l'origine de la découverte, a été contraint de contacter l'Express par « le biais d'un intermédiaire ». C'est un détail, mais cela signifie sans doute que le choix de l'interlocuteur n'était pas clair, que la langue était un problème, ou les deux. Afficher de manière lisible, en français et en anglais (la franca lingua en matière de sécurité informatique), le canal à utiliser (généralement une adresse email assortie d'une clé de chiffrement GPG) pour contacter l'interlocuteur ad hoc est une bonne pratique. Elle est malheureusement (très) peu répandue, alors qu'elle ne coûte pas grand chose.

Le signalement est par la suite resté lettre morte, pendant près d'un mois....

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Les études scientifiques sont-elles des marchandises comme les autres ?f099087d-4d1d-4b42-a056-3e1de2ff2861http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20180301_122937_Les_etudes_scientifiques_sont-elles_des_marchandises_comme_les_autres__Thu, 01 Mar 2018 12:29:37 +0100

Quelles valeur accorder aux résultats des études scientifiques qui ne cessent de tomber en permanence ?

Depuis une dizaine d’années le phénomène des "études scientifiques médiatisées" est en croissance exponentielle. Seul problème : la plupart sont arrangées, biaisées, non reproductibles et orientées à des fins intéressées.

Big
Comment avoir une meilleur indice scientifique qu'Enstein auprès de Google Scholar ? Il suffit de balancer 102 publications bidons.

Depuis une dizaine d’années le phénomène des "études scientifiques médiatisées" est en croissance exponentielle : pas une semaine sans un titre annonçant «une étude scientifique démontre que…». Que ce soit pour l’alimentation, la pollution, la médecine, l’économie, la zoologie, le climat, les transports ou n’importe quel domaine au final, il existe toujours une nouvelle étude scientifique venant démontrer l’inverse ou accentuer les résultats des précédentes. Seul problème : la plupart sont arrangées, biaisées, non reproductibles et orientées à des fins intéressées.

La «science» est toujours considérée comme une activité respectable par le grand public. La vision du scientifique, neutre, objectif, pétri d’humanisme désintéressé, travaillant au bien de l’humanité dans une recherche purement intellectuelle de vérité est encore bien ancrée dans les esprits. Cette vision de ce qu’est la science et de ceux qui l’exercent n’a pas beaucoup bougé depuis la fin du XIXè siècle, période des grandes découvertes sans lesquelles le monde moderne n’aurait jamais vu le jour.

Pourtant, les qualités de la science et de ses scientifiques ne correspondent plus à rien de concret au XXIème siècle. Le nombre d’études publiées donne le vertige, leur contrôle est limité et surtout les biais sont majoritaires, au point que certains observateurs affirment que 80% de celles-ci sont «orientées» et au final, arrangées, donc fausses. La science est-elle devenue un business comme un autre qui...

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Quelles valeur accorder aux résultats des études scientifiques qui ne cessent de tomber en permanence ?

Depuis une dizaine d’années le phénomène des "études scientifiques médiatisées" est en croissance exponentielle. Seul problème : la plupart sont arrangées, biaisées, non reproductibles et orientées à des fins intéressées.

Big
Comment avoir une meilleur indice scientifique qu'Enstein auprès de Google Scholar ? Il suffit de balancer 102 publications bidons.

Depuis une dizaine d’années le phénomène des "études scientifiques médiatisées" est en croissance exponentielle : pas une semaine sans un titre annonçant «une étude scientifique démontre que…». Que ce soit pour l’alimentation, la pollution, la médecine, l’économie, la zoologie, le climat, les transports ou n’importe quel domaine au final, il existe toujours une nouvelle étude scientifique venant démontrer l’inverse ou accentuer les résultats des précédentes. Seul problème : la plupart sont arrangées, biaisées, non reproductibles et orientées à des fins intéressées.

La «science» est toujours considérée comme une activité respectable par le grand public. La vision du scientifique, neutre, objectif, pétri d’humanisme désintéressé, travaillant au bien de l’humanité dans une recherche purement intellectuelle de vérité est encore bien ancrée dans les esprits. Cette vision de ce qu’est la science et de ceux qui l’exercent n’a pas beaucoup bougé depuis la fin du XIXè siècle, période des grandes découvertes sans lesquelles le monde moderne n’aurait jamais vu le jour.

Pourtant, les qualités de la science et de ses scientifiques ne correspondent plus à rien de concret au XXIème siècle. Le nombre d’études publiées donne le vertige, leur contrôle est limité et surtout les biais sont majoritaires, au point que certains observateurs affirment que 80% de celles-ci sont «orientées» et au final, arrangées, donc fausses. La science est-elle devenue un business comme un autre qui...

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La France serait sur le point d'annoncer la mort de Mokhtar Belmokhtarb3f6c794-be34-42d1-bf9d-ac736b6ad11dhttp://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20180301_114819_La_France_serait_sur_le_point_d_annoncer_la_mort_de_Mokhtar_BelmokhtarThu, 01 Mar 2018 11:48:19 +0100

Big
Mokhtar Belmokhtar, chef de la katiba Al-Mourabitoune - Capture d'écran Youtube

L'homme a été déclaré mort plusieurs fois mais, selon une source judiciaire française, celle-ci serait la bonne. La France s'apprêterait à annoncer officiellement le décès du djihadiste. Passé par le GIA et le CSPC en Algérie pendant les années noires (années 90), Mokhtar Belmokhtar combat également au Mali et en Libye. Plusieurs raids, américains et français tentent de l'éliminer, visiblement sans succès. A chaque fois que sa mort est annoncée, elle est démentie par les groupes djihadistes auxquels il appartient.

Mokhtar Belmokhtar, chef de la katiba Al-Mourabitoune - Capture d'écran Youtube
Mokhtar Belmokhtar, chef de la katiba Al-Mourabitoune - Capture d'écran Youtube

Mokhtar Belmokhtar est l'organisateur de la prise d'otages d'In Amenas sur le site d'exploitation gazière de Tiguentourine. Quelques 800 personnes travaillaient sur le site. Après un assaut des forces de sécurité algériennes, quarante otages - dont un français - et 32 terroristes ont été tués.

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Big
Mokhtar Belmokhtar, chef de la katiba Al-Mourabitoune - Capture d'écran Youtube

L'homme a été déclaré mort plusieurs fois mais, selon une source judiciaire française, celle-ci serait la bonne. La France s'apprêterait à annoncer officiellement le décès du djihadiste. Passé par le GIA et le CSPC en Algérie pendant les années noires (années 90), Mokhtar Belmokhtar combat également au Mali et en Libye. Plusieurs raids, américains et français tentent de l'éliminer, visiblement sans succès. A chaque fois que sa mort est annoncée, elle est démentie par les groupes djihadistes auxquels il appartient.

Mokhtar Belmokhtar, chef de la katiba Al-Mourabitoune - Capture d'écran Youtube
Mokhtar Belmokhtar, chef de la katiba Al-Mourabitoune - Capture d'écran Youtube

Mokhtar Belmokhtar est l'organisateur de la prise d'otages d'In Amenas sur le site d'exploitation gazière de Tiguentourine. Quelques 800 personnes travaillaient sur le site. Après un assaut des forces de sécurité algériennes, quarante otages - dont un français - et 32 terroristes ont été tués.

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Bienvenue dans un monde épuisantc566a061-88e0-409d-9bda-6879753e79abhttp://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20180228_155320_Bienvenue_dans_un_monde_epuisantWed, 28 Feb 2018 15:53:20 +0100

Tout est éphémère mais d'une importance vitale

Est-ce le prisme déformant des réseaux sociaux ? Toute information devient capitale en quelques instants mais est aussi immédiatement frappée par un _Time To Live_ (TTL) minimal

Big
Image : http://www.pngmart.com/image/author/eric

Qui ne peut s'indigner du sort réservé aux civils de la Goutha Orientale ? C'est le sujet du moment. Avec ses informations périphériques mais non moins érigées en débat national : LeMedia a décidé de ne montrer aucune image de ce conflit parce qu'elles ne pourraient pas être authentifiées. Paf, le nouveau débat est né et tourne en boucle : le correspondant de Le Media — qui entend donner des leçons à toute la presse — est un complotiste qui n'y connaît rien. Indignons-nous. Dans le même temps, nous sommes nombreux à nous indigner des projets du gouvernement pour la SNCF. Nous avons oublié depuis plusieurs semaines le drame des Rohingyas parce qu'une information essentielle chasse l'autre.

Est-ce le prisme des réseaux sociaux et leur capacité à faire croître des bulles informationnelles qui finissent par exploser et disparaître qui nous plonge dans ce monde où toute information est essentielle mais en même temps n'a qu'un temps de vie très éphémère ?

Avons-nous perdu notre capacité à rester indignés en parallèle sur plusieurs sujets ? L'affaire de la SNCF sera probablement oubliée quelques semaines après les ordonnances qui ne manqueront pas de tomber. Il sera toujours temps de s'indigner sur autre chose, le gouvernement Philippe n'est sans doute pas à court d'idées pour niveler par le bas la vie de ceux qui ne font pas partie de son cercle.

MeeToo et BalanceTonPorc, la neige qui a paralysé la moitié du pays, sont déjà presque...

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Tout est éphémère mais d'une importance vitale

Est-ce le prisme déformant des réseaux sociaux ? Toute information devient capitale en quelques instants mais est aussi immédiatement frappée par un _Time To Live_ (TTL) minimal

Big
Image : http://www.pngmart.com/image/author/eric

Qui ne peut s'indigner du sort réservé aux civils de la Goutha Orientale ? C'est le sujet du moment. Avec ses informations périphériques mais non moins érigées en débat national : LeMedia a décidé de ne montrer aucune image de ce conflit parce qu'elles ne pourraient pas être authentifiées. Paf, le nouveau débat est né et tourne en boucle : le correspondant de Le Media — qui entend donner des leçons à toute la presse — est un complotiste qui n'y connaît rien. Indignons-nous. Dans le même temps, nous sommes nombreux à nous indigner des projets du gouvernement pour la SNCF. Nous avons oublié depuis plusieurs semaines le drame des Rohingyas parce qu'une information essentielle chasse l'autre.

Est-ce le prisme des réseaux sociaux et leur capacité à faire croître des bulles informationnelles qui finissent par exploser et disparaître qui nous plonge dans ce monde où toute information est essentielle mais en même temps n'a qu'un temps de vie très éphémère ?

Avons-nous perdu notre capacité à rester indignés en parallèle sur plusieurs sujets ? L'affaire de la SNCF sera probablement oubliée quelques semaines après les ordonnances qui ne manqueront pas de tomber. Il sera toujours temps de s'indigner sur autre chose, le gouvernement Philippe n'est sans doute pas à court d'idées pour niveler par le bas la vie de ceux qui ne font pas partie de son cercle.

MeeToo et BalanceTonPorc, la neige qui a paralysé la moitié du pays, sont déjà presque...

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Comment avoir l’air ridicule en quelques mails e13cbeaa-7c0f-4a6f-a704-3019a54de540http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20180227_141955_Comment_avoir_l___air_ridicule_en_quelques_mails_Tue, 27 Feb 2018 14:19:55 +0100

Ca marche très bien dans la Com'

Où comment le directeur de la création apprend que l'on n'apprend pas à un vieux singe à faire des grimaces de Troll

Big
Bienvenue dans la Com' - © Reflets

Ma première connexion à Internet remonte à 1994. Je m’en souviens comme si c’était hier. A l’époque, il y avait un logiciel qui permettait d’aller chercher du contenu sur des serveurs, “Gopher”.

Cette petite introduction digressive pour vous faire comprendre que je suis rompu, par habitude et observation attentive des usages du Net, aux discussions par mail ou de type café du commerce (Usenet).

Une autre manière de dire que je suis assez doué (mode auto-congratulation “on”) pour amener en quelques mails, quelqu’un à être ridicule.

Préalable : mettre quelques personnes en copie pour avoir des témoins (sinon c’est moins drôle) et utiliser des formes courtes. Moins on en dit tout en appâtant l’autre, plus on a de chances de le voir se répandre en stupidités variées.

Bref. L’autre jour, j’observe que l’une de mes collègues, dont le rôle est de relire avec un œil acéré les écrits des autres avant mise en production, est en arrêt maladie. Cela fait des mois que notre nouveau Directeur de la création lui met une pression d’enfer, histoire de la faire partir. Du harcèlement mode cour de récréation (parfois) et mode sale type (souvent).

J’envoie donc un mail au Directeur de la création, au DG responsable du client, à la commerciale en chef pour ce client et à la personne responsable de la ventilation des tâches. J’explique qu’en l’absence de ma collègue et ayant sur le dos deux textes particulièrement corsés à revoir et/ou produire, je suis ennuyé. Peut-on la remplacer, dis-je.

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Ca marche très bien dans la Com'

Où comment le directeur de la création apprend que l'on n'apprend pas à un vieux singe à faire des grimaces de Troll

Big
Bienvenue dans la Com' - © Reflets

Ma première connexion à Internet remonte à 1994. Je m’en souviens comme si c’était hier. A l’époque, il y avait un logiciel qui permettait d’aller chercher du contenu sur des serveurs, “Gopher”.

Cette petite introduction digressive pour vous faire comprendre que je suis rompu, par habitude et observation attentive des usages du Net, aux discussions par mail ou de type café du commerce (Usenet).

Une autre manière de dire que je suis assez doué (mode auto-congratulation “on”) pour amener en quelques mails, quelqu’un à être ridicule.

Préalable : mettre quelques personnes en copie pour avoir des témoins (sinon c’est moins drôle) et utiliser des formes courtes. Moins on en dit tout en appâtant l’autre, plus on a de chances de le voir se répandre en stupidités variées.

Bref. L’autre jour, j’observe que l’une de mes collègues, dont le rôle est de relire avec un œil acéré les écrits des autres avant mise en production, est en arrêt maladie. Cela fait des mois que notre nouveau Directeur de la création lui met une pression d’enfer, histoire de la faire partir. Du harcèlement mode cour de récréation (parfois) et mode sale type (souvent).

J’envoie donc un mail au Directeur de la création, au DG responsable du client, à la commerciale en chef pour ce client et à la personne responsable de la ventilation des tâches. J’explique qu’en l’absence de ma collègue et ayant sur le dos deux textes particulièrement corsés à revoir et/ou produire, je suis ennuyé. Peut-on la remplacer, dis-je.

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Attribution des attaques informatiques : « Qui n'est pas responsable d'Olympic Destroyer ? »79882178-c34a-4c89-b5d0-f849843b1e1ehttp://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20180227_140713_Attribution_des_attaques_informatiques______Qui_n_est_pas_responsable_d_Olympic_Destroyer_____Tue, 27 Feb 2018 14:07:13 +0100

Nous l'avions déjà longuement développé dans nos colonnes : identifier les auteurs d'une attaque informatique est un exercice périlleux. L'attribution de ces attaques par les « officiels » gouvernementaux à tel ou tel acteur est tout autant, sinon davantage, une affaire de politique que de technique.

Dans un intéressant billet de blog, deux analystes de Talos en donnent une illustration en résumant de manière accessible les analyses du malware « Olympic Destroyer ». Ce dernier aurait pu être utilisé lors d'une attaque contre les jeux olympiques de Pyeongchang en Corée du Sud.

Se basant sur leurs propres travaux ou sur les analyses d'autres sociétés spécialisées, les chercheurs placent différents groupes sur la « rangée de suspects ». Le groupe Lazarus, d'abord, que certains soupçonnent d'être lié au gouvernement nord-coréen. APT3 et APT10 ensuite, groupes supposément en lien avec le gouvernement chinois. Enfin, on trouve des similitudes entre « Olympic Destroyer » et un autre malware qui a fait beaucoup parler de lui, « NotPetya », dont certains attribuent la paternité à un groupe proche du gouvernement russe.

Et de conclure :

Au fur et à mesure que les compétences et techniques de ces acteurs évoluent, nous les verrons sans doute adopter des ruses pour compliquer et rendre confuse l'attribution. L'attribution est d'ores et déjà difficile. Il est peu probable qu'elle devienne plus facile.

Difficile de leur donner tort.

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Nous l'avions déjà longuement développé dans nos colonnes : identifier les auteurs d'une attaque informatique est un exercice périlleux. L'attribution de ces attaques par les « officiels » gouvernementaux à tel ou tel acteur est tout autant, sinon davantage, une affaire de politique que de technique.

Dans un intéressant billet de blog, deux analystes de Talos en donnent une illustration en résumant de manière accessible les analyses du malware « Olympic Destroyer ». Ce dernier aurait pu être utilisé lors d'une attaque contre les jeux olympiques de Pyeongchang en Corée du Sud.

Se basant sur leurs propres travaux ou sur les analyses d'autres sociétés spécialisées, les chercheurs placent différents groupes sur la « rangée de suspects ». Le groupe Lazarus, d'abord, que certains soupçonnent d'être lié au gouvernement nord-coréen. APT3 et APT10 ensuite, groupes supposément en lien avec le gouvernement chinois. Enfin, on trouve des similitudes entre « Olympic Destroyer » et un autre malware qui a fait beaucoup parler de lui, « NotPetya », dont certains attribuent la paternité à un groupe proche du gouvernement russe.

Et de conclure :

Au fur et à mesure que les compétences et techniques de ces acteurs évoluent, nous les verrons sans doute adopter des ruses pour compliquer et rendre confuse l'attribution. L'attribution est d'ores et déjà difficile. Il est peu probable qu'elle devienne plus facile.

Difficile de leur donner tort.

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Harcèlement judiciaire contre le co-fondateur de Reflets ?7b5ac939-541a-4c3e-ad3e-5250ab682dcbhttp://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20180226_203406_Harcelement_judiciaire_contre_le_co-fondateur_de_Reflets__Mon, 26 Feb 2018 20:34:06 +0100

Le parquet s'entête pour une amende de 500 euros...

Un premier procès nous avait menés jusqu'en cassation. Le parquet relance une nouvelle procédure contre Olivier Laurelli, co-fondateur de Reflets.

Big
DGSI - Wikipedia

En 2012, Olivier Laurelli (Bluetouff) découvre via une recherche sur Google, une longue liste de documents listés dans le répertoire d'un site. Il utilise une commande (wget) pour tout télécharger et regarder ça plus tard. C'est le début d'ennuis judiciaires qui vont durer trois ans. Une procédure totalement absurde dans laquelle le parquet de Paris va s'entêter et finalement gagner, renversant une jurisprudence qu'il avait lui-même voulue en 2001. Mais comme si cela n'était pas suffisant, le parquet de Paris a fait appel d'une autre décision de relaxe Olivier Laurelli. Cette fois, l'affaire est encore plus aberrante. A croire qu'il y a comme une sorte de vendetta personnelle derrière ces procédures.

Dans la première affaire, l'ANSES avait stocké ses documents sur un serveur de manière publique. Les documents n'étaient protégés par aucune protection spécifique, ni indication qu'ils étaient destinés à des utilisateurs particuliers. A tel point qu'après avoir porté plainte pour accès et maintien frauduleux dans un système de traitement automatisé de données, l'ANSES ne s'était, prudemment, pas portée partie civile. Il faut dire que l'article 226-17 du Code Pénal est assez clair : « Le fait de procéder ou de faire procéder à un traitement de données à caractère personnel sans mettre en oeuvre les mesures prescrites à l'article 34 de la loi nº 78-17 du 6 janvier 1978 précitée est puni de cinq ans...

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Le parquet s'entête pour une amende de 500 euros...

Un premier procès nous avait menés jusqu'en cassation. Le parquet relance une nouvelle procédure contre Olivier Laurelli, co-fondateur de Reflets.

Big
DGSI - Wikipedia

En 2012, Olivier Laurelli (Bluetouff) découvre via une recherche sur Google, une longue liste de documents listés dans le répertoire d'un site. Il utilise une commande (wget) pour tout télécharger et regarder ça plus tard. C'est le début d'ennuis judiciaires qui vont durer trois ans. Une procédure totalement absurde dans laquelle le parquet de Paris va s'entêter et finalement gagner, renversant une jurisprudence qu'il avait lui-même voulue en 2001. Mais comme si cela n'était pas suffisant, le parquet de Paris a fait appel d'une autre décision de relaxe Olivier Laurelli. Cette fois, l'affaire est encore plus aberrante. A croire qu'il y a comme une sorte de vendetta personnelle derrière ces procédures.

Dans la première affaire, l'ANSES avait stocké ses documents sur un serveur de manière publique. Les documents n'étaient protégés par aucune protection spécifique, ni indication qu'ils étaient destinés à des utilisateurs particuliers. A tel point qu'après avoir porté plainte pour accès et maintien frauduleux dans un système de traitement automatisé de données, l'ANSES ne s'était, prudemment, pas portée partie civile. Il faut dire que l'article 226-17 du Code Pénal est assez clair : « Le fait de procéder ou de faire procéder à un traitement de données à caractère personnel sans mettre en oeuvre les mesures prescrites à l'article 34 de la loi nº 78-17 du 6 janvier 1978 précitée est puni de cinq ans...

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Comment se construire avec les écrans ?e105aaf9-a9a3-491e-a55b-b29f23324659http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20180223_080000_Comment_se_construire_avec_les_ecrans__Fri, 23 Feb 2018 08:00:00 +0100

Le Pistolet et La Pioche #13

Le sujet de la construction des individus, du sujet, par et avec les écrans, est le thème de ce 3ème épisode de la deuxième saison du Pistolet et la Pioche. La construction des individus, donc, dont celle des enfants, bien entendu… Que peut devenir l'humain, être social, s'il fixe des écrans toute la sainte journée ?

La construction des individus se fait par plein de choses différentes. Enfin, normalement. Que se passe-t-il lorsque que tout ou presque passe par écrans interposés ? Et les enfants, que deviennent-ils dans cette histoire ? Le Pistolet et la Pioche est allé creuser ce sujet fort délicat, puisqu'il touche désormais la grande majorité de la population française…

Durée : 40 minutes

Imagine : Just an Illusion

Yes vous aime : Ferme ta gueule sur Facebook

Extraits de : Envoyé spécial. L'addiction aux écrans :"héroïne numérique" - 18 janvier 2018 (France 2)

Police : Voices in my head

Interview : Marie, psychomotricienne

Urban Dance Squad : Modern Woman

Jane's Addiction : Mountain Song

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Le Pistolet et La Pioche #13

Le sujet de la construction des individus, du sujet, par et avec les écrans, est le thème de ce 3ème épisode de la deuxième saison du Pistolet et la Pioche. La construction des individus, donc, dont celle des enfants, bien entendu… Que peut devenir l'humain, être social, s'il fixe des écrans toute la sainte journée ?

La construction des individus se fait par plein de choses différentes. Enfin, normalement. Que se passe-t-il lorsque que tout ou presque passe par écrans interposés ? Et les enfants, que deviennent-ils dans cette histoire ? Le Pistolet et la Pioche est allé creuser ce sujet fort délicat, puisqu'il touche désormais la grande majorité de la population française…

Durée : 40 minutes

Imagine : Just an Illusion

Yes vous aime : Ferme ta gueule sur Facebook

Extraits de : Envoyé spécial. L'addiction aux écrans :"héroïne numérique" - 18 janvier 2018 (France 2)

Police : Voices in my head

Interview : Marie, psychomotricienne

Urban Dance Squad : Modern Woman

Jane's Addiction : Mountain Song

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Avec le RGPD, une révolution, Mounir te promet la lune44cb416a-ec82-4f1f-bc7e-5ab0b9703afahttp://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20180222_080000_Avec_le_RGPD__une_revolution__Mounir_te_promet_la_luneThu, 22 Feb 2018 08:00:00 +0100

Mais au mieux, tu vas choper un pauvre fichier XML

Quand un secrétaire d’État chargé du numérique se transforme en bonimenteur des grands boulevards...

Big
Mounir sur Twitter - En Marche !

Si l'on n'y prend garde, on pourrait se croire face à un vendeur de Darty ou un bonimenteur devant les grands magasins parisiens. "Approchez madame, monsieur, regardez mon couteau éplucheur révolutionnaire, il coupe, mais il épluche en même temps, tout en vous fabriquant un gâteau à plateaux couronné de chantilly et le tout, madame monsieur, pour la modique somme de 300 euros, oui, j'ai bien dit 300 euros, pas 2000, pas 1000, pas 500, non, 300 euros ! Et si vous en prenez deux, je vous fais un prix imbattable de 599 euros !"

Dans une vidéo (voir ci-dessous), l'inénarrable secrétaire d’État chargé du numérique, Mounir Mahjoubi, vous explique la "véritable petite révolution" que va être le RGPD, le fameux règlement général sur la protection des données personnelles. Et figurez-vous que grâce à lui, vous allez pouvoir "récupérer vos données". L'empowerment, comme on dit dans le monde merveilleux des startups. Vous voilà maître de vos données. Si, si, vous pouvez les récupérer dans un format interopérable... pour pouvoir les donner à d'autres plateformes. Elle n'est pas belle la vie ?

Non, elle n'est pas plus belle avec le RGDP que sans. Vos données, vous ne les récupérez pas. Vous obtenez un jeu de données, peut-être à peu près propre (un gros fichier XML ?) mais vos données restent chez celui à qui vous les avez demandées. Essayez pour voir de lui demander d'en virer une partie parce...

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Mais au mieux, tu vas choper un pauvre fichier XML

Quand un secrétaire d’État chargé du numérique se transforme en bonimenteur des grands boulevards...

Big
Mounir sur Twitter - En Marche !

Si l'on n'y prend garde, on pourrait se croire face à un vendeur de Darty ou un bonimenteur devant les grands magasins parisiens. "Approchez madame, monsieur, regardez mon couteau éplucheur révolutionnaire, il coupe, mais il épluche en même temps, tout en vous fabriquant un gâteau à plateaux couronné de chantilly et le tout, madame monsieur, pour la modique somme de 300 euros, oui, j'ai bien dit 300 euros, pas 2000, pas 1000, pas 500, non, 300 euros ! Et si vous en prenez deux, je vous fais un prix imbattable de 599 euros !"

Dans une vidéo (voir ci-dessous), l'inénarrable secrétaire d’État chargé du numérique, Mounir Mahjoubi, vous explique la "véritable petite révolution" que va être le RGPD, le fameux règlement général sur la protection des données personnelles. Et figurez-vous que grâce à lui, vous allez pouvoir "récupérer vos données". L'empowerment, comme on dit dans le monde merveilleux des startups. Vous voilà maître de vos données. Si, si, vous pouvez les récupérer dans un format interopérable... pour pouvoir les donner à d'autres plateformes. Elle n'est pas belle la vie ?

Non, elle n'est pas plus belle avec le RGDP que sans. Vos données, vous ne les récupérez pas. Vous obtenez un jeu de données, peut-être à peu près propre (un gros fichier XML ?) mais vos données restent chez celui à qui vous les avez demandées. Essayez pour voir de lui demander d'en virer une partie parce...

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La France innove avec le Deep Packet Protection©b5ab97df-4f4e-4cda-abe1-ce32b8ffac86http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20180221_191307_La_France_innove_avec_le_Deep_Packet_Protection__Wed, 21 Feb 2018 19:13:07 +0100

LPM 2.0 : du DPI technique, pas du DPI politique

Le projet de loi de programmation militaire, dans sa nouvelle mouture pour la période 2019 à 2025, aka LPM v2.0, prévoit, outre les habituelles questions de budget, d'effectifs, de moyens, "le développement de la résilience « cyber »" de la fière startup-nation.

Big
George Hodan - CC0 1.0

Concrètement, l'article 19 du projet de loi prévoit l'ajout de nouveaux versets au sacro-saint Code de postes et des communications électroniques, texte qui réglemente en particulier l'activité des opérateurs de télécommunications.

Le Code des postes et communications électroniques, CPCE pour les intimes, pose comme principe la protection de la vie privée des usagers des réseaux. En théorie, un opérateur ne peut exploiter que les informations pertinentes pour la réalisation de sa mission — acheminer les communications d'un point A à un point B — ou celles nécessaires à la facturation de ses abonnés.

Dans sa grande sagesse le législateur a prévu (what did you expect?) des exceptions, telles la mise à contribution des opérateurs pour la mise en œuvre d'interceptions judiciaires ou, bien plus controversée, celle des interceptions de sécurité commandées par les services de renseignement, donc sans intervention de l'autorité judiciaire.

Au principe, le projet de loi de programmation militaire ajoute une nouvelle dérogation, et de taille. En effet, le texte prévoit que « pour les besoins de la sécurité et de la défense des systèmes d’information, les opérateurs de communications électroniques peuvent recourir, sur les réseaux de communications électroniques qu’ils exploitent, à des dispositifs mettant en œuvre des marqueurs techniques à seules fins de détecter des événements susceptibles d’affecter la sécurité des systèmes d’information de leurs abonnés »...

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LPM 2.0 : du DPI technique, pas du DPI politique

Le projet de loi de programmation militaire, dans sa nouvelle mouture pour la période 2019 à 2025, aka LPM v2.0, prévoit, outre les habituelles questions de budget, d'effectifs, de moyens, "le développement de la résilience « cyber »" de la fière startup-nation.

Big
George Hodan - CC0 1.0

Concrètement, l'article 19 du projet de loi prévoit l'ajout de nouveaux versets au sacro-saint Code de postes et des communications électroniques, texte qui réglemente en particulier l'activité des opérateurs de télécommunications.

Le Code des postes et communications électroniques, CPCE pour les intimes, pose comme principe la protection de la vie privée des usagers des réseaux. En théorie, un opérateur ne peut exploiter que les informations pertinentes pour la réalisation de sa mission — acheminer les communications d'un point A à un point B — ou celles nécessaires à la facturation de ses abonnés.

Dans sa grande sagesse le législateur a prévu (what did you expect?) des exceptions, telles la mise à contribution des opérateurs pour la mise en œuvre d'interceptions judiciaires ou, bien plus controversée, celle des interceptions de sécurité commandées par les services de renseignement, donc sans intervention de l'autorité judiciaire.

Au principe, le projet de loi de programmation militaire ajoute une nouvelle dérogation, et de taille. En effet, le texte prévoit que « pour les besoins de la sécurité et de la défense des systèmes d’information, les opérateurs de communications électroniques peuvent recourir, sur les réseaux de communications électroniques qu’ils exploitent, à des dispositifs mettant en œuvre des marqueurs techniques à seules fins de détecter des événements susceptibles d’affecter la sécurité des systèmes d’information de leurs abonnés »...

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Ma vie analogique (presque) déconnectéef1c54450-2657-4e4f-b025-8d9bb26e2dd3http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20180221_151943_Ma_vie_analogique__presque__deconnecteeWed, 21 Feb 2018 15:19:43 +0100

Le numérique, les écrans ça peut être bien, hyper bien même. Oui, si l’on ne se fait pas hyper aspirer…

Il y a un problème dans le monde actuel. Un gros problème. Et comme ce problème me touche, parce que je fais partie du monde, j’ai décidé de m’en emparer pour tenter de le régler… à mon échelle. Ce problème est la vie numérique. La société numérique. La passion du numérique. L’enfermement numérique. L’enfer numérique et celui des écrans au final.

Big

Pourtant, le numérique, les écrans ça peut être bien, hyper bien. Oui, si l’on ne se fait pas hyper aspirer…

Les livres papier : une sacrée innovation

Ce qui m’a troublé, petit, dès que j’ai su lire, ce sont les livres. J’ai dévoré pleins de choses différentes, de mon âge et pas de mon âge : des six compagnons aux Misérables de Victor Hugo en passant par le club des 5 ou Jules Verne, et même Lovecraft alors que j’étais encore un pré-adolescent. Les livres c’était un univers dans lequel je rentrais et je pouvais sortir à loisir, qui me faisait vivre des vies incroyables dans lesquelles je m’identifiais. J’y apprenais ce que l’humanité était capable de faire : le pire comme le meilleur. Des émotions : c’est cela que dégageaient ces histoires. Des images qui s’imprimaient dans mon cerveau. Que seul je pouvais voir. C’était magique.

La télévision : à quoi ça sert ?

Je n’ai jamais eu la télévision chez mes parents. Je l’ai pourtant regardée chez ma grand-mère. La série Kung-fu m’a beaucoup enrichi. L’Homme de l’Atlantide, celui qui valait 3 milliards, les Mystères de l’Ouest, Super Jaimie, Starsky et Hutch. Les chiffres et les Lettres aussi, c’est drôle de repenser au fait que je jouais avec mes grands-parents aux Chiffres et au Lettres, quand on y pense. C’était plutôt sympathique, parce qu’on partageait ensemble quelque chose devant un écran. On parlait et on se regardait. On apprenait. Plus tard, adolescent, je n’ai plus su ce que la télévision fabriquait, comme lorsqu’...

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Le numérique, les écrans ça peut être bien, hyper bien même. Oui, si l’on ne se fait pas hyper aspirer…

Il y a un problème dans le monde actuel. Un gros problème. Et comme ce problème me touche, parce que je fais partie du monde, j’ai décidé de m’en emparer pour tenter de le régler… à mon échelle. Ce problème est la vie numérique. La société numérique. La passion du numérique. L’enfermement numérique. L’enfer numérique et celui des écrans au final.

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Pourtant, le numérique, les écrans ça peut être bien, hyper bien. Oui, si l’on ne se fait pas hyper aspirer…

Les livres papier : une sacrée innovation

Ce qui m’a troublé, petit, dès que j’ai su lire, ce sont les livres. J’ai dévoré pleins de choses différentes, de mon âge et pas de mon âge : des six compagnons aux Misérables de Victor Hugo en passant par le club des 5 ou Jules Verne, et même Lovecraft alors que j’étais encore un pré-adolescent. Les livres c’était un univers dans lequel je rentrais et je pouvais sortir à loisir, qui me faisait vivre des vies incroyables dans lesquelles je m’identifiais. J’y apprenais ce que l’humanité était capable de faire : le pire comme le meilleur. Des émotions : c’est cela que dégageaient ces histoires. Des images qui s’imprimaient dans mon cerveau. Que seul je pouvais voir. C’était magique.

La télévision : à quoi ça sert ?

Je n’ai jamais eu la télévision chez mes parents. Je l’ai pourtant regardée chez ma grand-mère. La série Kung-fu m’a beaucoup enrichi. L’Homme de l’Atlantide, celui qui valait 3 milliards, les Mystères de l’Ouest, Super Jaimie, Starsky et Hutch. Les chiffres et les Lettres aussi, c’est drôle de repenser au fait que je jouais avec mes grands-parents aux Chiffres et au Lettres, quand on y pense. C’était plutôt sympathique, parce qu’on partageait ensemble quelque chose devant un écran. On parlait et on se regardait. On apprenait. Plus tard, adolescent, je n’ai plus su ce que la télévision fabriquait, comme lorsqu’...

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Transparence numérique et totalitarisme algorithmique : l’aliénation des masses en questioncaaef240-6f11-4644-955d-b5a74ddc43d1http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20180220_140000_Transparence_numerique_et_totalitarisme_algorithmique___l___alienation_des_masses_en_questionTue, 20 Feb 2018 14:00:00 +0100

Tyrannie et transparence numérique : une nouvelle servitude volontaire

L’aliénation des masses dans une société transparente et gérée par un système totalitaire algorithmique est en cours… Jusqu’à quel point sera-t-il possible de limiter la casse ?

Big
La tyrannie algorithmique est douce puisque volontaire - phonandroid.com

Le sujet de la collecte et du traitement des données commence à faire débat au point que les instances politiques s’en sont emparées. Un débat vite bouclé, puisque le Règlement général sur la protection des données (RGPD) qui arrive est censé rassurer les foules hypnotisées par leurs vies numériques… qu’elles offrent sans compter (et pourraient bientôt vendre). Les entreprises de traitement des big data poussent comme des champignons : le traitement des données par machine learning est devenu le nouveau pétrole du XXIè siècle. L’aliénation des masses dans une société transparente et gérée par un système totalitaire algorithmique est en cours… Jusqu’à quel point sera-t-il possible de limiter la casse ? La gouvernance algorithmique et le totalitarisme qui en découle ont été analysés depuis plusieurs années sur Reflets :

Le nouvel âge de l'algopolitique… et ses outils

Sous le règne de la gouvernance algorithmique

France 2016 : bienvenue en algocrature ?

La République des lettres et la République des nombres

Société technologique : vie impérative et artifice de liberté

Nous vous scrutons, bien que ce ne soit pas vous la cible

Mais en 2018, ces sujets prennent une autre tournure puisqu’ils commencent enfin à être mis (un peu) en avant et dénoncés pour ce qu’ils sont, et ce, dans la presse généraliste : un danger pour la société dans son ensemble, une véritable transformation des individus passant du statut de «citoyens éclairés et responsables» à celui de «valeurs...

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Tyrannie et transparence numérique : une nouvelle servitude volontaire

L’aliénation des masses dans une société transparente et gérée par un système totalitaire algorithmique est en cours… Jusqu’à quel point sera-t-il possible de limiter la casse ?

Big
La tyrannie algorithmique est douce puisque volontaire - phonandroid.com

Le sujet de la collecte et du traitement des données commence à faire débat au point que les instances politiques s’en sont emparées. Un débat vite bouclé, puisque le Règlement général sur la protection des données (RGPD) qui arrive est censé rassurer les foules hypnotisées par leurs vies numériques… qu’elles offrent sans compter (et pourraient bientôt vendre). Les entreprises de traitement des big data poussent comme des champignons : le traitement des données par machine learning est devenu le nouveau pétrole du XXIè siècle. L’aliénation des masses dans une société transparente et gérée par un système totalitaire algorithmique est en cours… Jusqu’à quel point sera-t-il possible de limiter la casse ? La gouvernance algorithmique et le totalitarisme qui en découle ont été analysés depuis plusieurs années sur Reflets :

Le nouvel âge de l'algopolitique… et ses outils

Sous le règne de la gouvernance algorithmique

France 2016 : bienvenue en algocrature ?

La République des lettres et la République des nombres

Société technologique : vie impérative et artifice de liberté

Nous vous scrutons, bien que ce ne soit pas vous la cible

Mais en 2018, ces sujets prennent une autre tournure puisqu’ils commencent enfin à être mis (un peu) en avant et dénoncés pour ce qu’ils sont, et ce, dans la presse généraliste : un danger pour la société dans son ensemble, une véritable transformation des individus passant du statut de «citoyens éclairés et responsables» à celui de «valeurs...

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Mélina Boughedir expulsée d'Irak63d558f4-07dc-4278-94dd-e4ab9f97bc2ehttp://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20180219_192922_Melina_Boughedir_expulsee_d_IrakMon, 19 Feb 2018 19:29:22 +0100

Une sympathisante de longue date de l'islamisme radical

L'Irak a ordonné l'expulsion de Mélina Boughedir qui avait rejoint Daech en Syrie. Elle sera accueillie par la DGSI à son arrivée en France, étant connue de longue date de la justice française.

Big
Logo du groupe Forzane Alizza - D.R.

Ce lundi 19 février, la Cour pénale centrale de Bagdad a remis en liberté Mélina Boughedir, née en 1990 à Meulun, après l'avoir condamnée à sept mois de prison pour être entrée illégalement en Irak. Ayant déjà passé sept mois en détention provisoire, sa peine était purgée. Elle sera expulsée vers la France où il est très probable que la DGSI l'accueillera. Mélina Boughedir est en effet connue da la justice française.

Son nom était apparu dans le dossier Forsane Alizza. Son mari, Maximilien Thibaut, était membre de cette association ("Les cavaliers de la fierté"), très active entre 2010 et 2012, se réclamant du salafisme djihadiste. Très présente sur Internet, l'association n'était pas passée à l'acte mais avait été dissoute à la demande du ministre de l'intérieur de l'époque, Claude Guéant. Plusieurs projets d'assassinats ou d'enlèvements avaient été évoqués par les membres de Forzane Alizza, des armes avaient été retrouvées aux domiciles de plusieurs membres. Un membre de l'organisation qualifiait par ailleurs Mohammed Merah de "martyr".

Maximilien Thibaut était en 2012 agent d'accueil à l'Université de Nanterre dans un bâtiment situé à Saint-Cloud. Il était titulaire d'une licence de tir sportif et détenteur à ce titre d'une carabine 22 long rifle équipée d'une lunette et d'un trépied pour le tir à longue distance.

Maximilien Thibaut - D.R.
Maximilien Thibaut - D.R.

Lorsque les policiers procèdent à une...

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Une sympathisante de longue date de l'islamisme radical

L'Irak a ordonné l'expulsion de Mélina Boughedir qui avait rejoint Daech en Syrie. Elle sera accueillie par la DGSI à son arrivée en France, étant connue de longue date de la justice française.

Big
Logo du groupe Forzane Alizza - D.R.

Ce lundi 19 février, la Cour pénale centrale de Bagdad a remis en liberté Mélina Boughedir, née en 1990 à Meulun, après l'avoir condamnée à sept mois de prison pour être entrée illégalement en Irak. Ayant déjà passé sept mois en détention provisoire, sa peine était purgée. Elle sera expulsée vers la France où il est très probable que la DGSI l'accueillera. Mélina Boughedir est en effet connue da la justice française.

Son nom était apparu dans le dossier Forsane Alizza. Son mari, Maximilien Thibaut, était membre de cette association ("Les cavaliers de la fierté"), très active entre 2010 et 2012, se réclamant du salafisme djihadiste. Très présente sur Internet, l'association n'était pas passée à l'acte mais avait été dissoute à la demande du ministre de l'intérieur de l'époque, Claude Guéant. Plusieurs projets d'assassinats ou d'enlèvements avaient été évoqués par les membres de Forzane Alizza, des armes avaient été retrouvées aux domiciles de plusieurs membres. Un membre de l'organisation qualifiait par ailleurs Mohammed Merah de "martyr".

Maximilien Thibaut était en 2012 agent d'accueil à l'Université de Nanterre dans un bâtiment situé à Saint-Cloud. Il était titulaire d'une licence de tir sportif et détenteur à ce titre d'une carabine 22 long rifle équipée d'une lunette et d'un trépied pour le tir à longue distance.

Maximilien Thibaut - D.R.
Maximilien Thibaut - D.R.

Lorsque les policiers procèdent à une...

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Presse : la fabrique de l'opinion01f38541-3c33-4613-a05a-015f17ff1ad6http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20180218_180307_Presse___la_fabrique_de_l_opinionSun, 18 Feb 2018 18:03:07 +0100

Le Diario de Ibiza construit une réalité alternative

On prête souvent à la presse le fait d'être un quatrième pouvoir aux côtés de l'exécutif, du législatif et du judiciaire. C'est lui faire trop d'honneur. L'état du secteur laisse plutôt penser que la presse est moribonde. Toutefois, il lui reste un pouvoir. Celui de fabriquer l'opinion aux côtés des nouveaux entrants, comme Twitter ou Facebook. Passons en revue un exemple parlant, venu des îles.

Big
Ibiza - © Reflets

Août 2017, une tempête très violente secoue les îles Baléares d'Ibiza et de Formentera. A Ibiza, les plus gros dégâts sont à déplorer sur la côte sud de l'île.

Ibiza et Formentera
Ibiza et Formentera

A Ibiza, jusqu'il y a quelques années, il n'y avait qu'un journal quotidien. Si la situation a changé avec l'apparition de plusieurs concurrents, le Diario de Ibiza conserve une position importante. Son traitement de l'information est exemplaire à propos de cette tempête.

Aux côtés d'articles factuels sur les conséquences de la tempête, apparaissent des tribunes énervées sur… une urbanisation. Bien que de nombreuses constructions aient été touchées ailleurs, notamment un restaurant de plage très connu et quasiment détruit (à Es Torrent), le tir nourri de tribunes se concentre sur une seule urbanisation.

Article Xescu Prats
Article Xescu Prats

La bataille est menée par Xescu Prats, journaliste qui se spécialise dans les reportages sur les bonnes adresses et les endroits les plus enchanteurs de l'île.

Pour lui, la cause est entendue : la tempête a détruit une route à Es Cubells, des rochers se sont détachés des falaises et ont failli tuer des gens. La faute en revient à "des spéculateurs français qui se sont établis sur la côte d'Es Cubells il y a quarante ans et ont réussi, contre toute logique, à obtenir de la mairie de l'époque, le droit d'injecter du béton et d'urbaniser des falaises de rochers et d'argile qui tenaient à peine". N'en jetez...

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Le Diario de Ibiza construit une réalité alternative

On prête souvent à la presse le fait d'être un quatrième pouvoir aux côtés de l'exécutif, du législatif et du judiciaire. C'est lui faire trop d'honneur. L'état du secteur laisse plutôt penser que la presse est moribonde. Toutefois, il lui reste un pouvoir. Celui de fabriquer l'opinion aux côtés des nouveaux entrants, comme Twitter ou Facebook. Passons en revue un exemple parlant, venu des îles.

Big
Ibiza - © Reflets

Août 2017, une tempête très violente secoue les îles Baléares d'Ibiza et de Formentera. A Ibiza, les plus gros dégâts sont à déplorer sur la côte sud de l'île.

Ibiza et Formentera
Ibiza et Formentera

A Ibiza, jusqu'il y a quelques années, il n'y avait qu'un journal quotidien. Si la situation a changé avec l'apparition de plusieurs concurrents, le Diario de Ibiza conserve une position importante. Son traitement de l'information est exemplaire à propos de cette tempête.

Aux côtés d'articles factuels sur les conséquences de la tempête, apparaissent des tribunes énervées sur… une urbanisation. Bien que de nombreuses constructions aient été touchées ailleurs, notamment un restaurant de plage très connu et quasiment détruit (à Es Torrent), le tir nourri de tribunes se concentre sur une seule urbanisation.

Article Xescu Prats
Article Xescu Prats

La bataille est menée par Xescu Prats, journaliste qui se spécialise dans les reportages sur les bonnes adresses et les endroits les plus enchanteurs de l'île.

Pour lui, la cause est entendue : la tempête a détruit une route à Es Cubells, des rochers se sont détachés des falaises et ont failli tuer des gens. La faute en revient à "des spéculateurs français qui se sont établis sur la côte d'Es Cubells il y a quarante ans et ont réussi, contre toute logique, à obtenir de la mairie de l'époque, le droit d'injecter du béton et d'urbaniser des falaises de rochers et d'argile qui tenaient à peine". N'en jetez...

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Lactalis : le prisme de la salmonelle5ccc1e85-aadd-49c7-9852-3bf5d45d7cf7http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20180215_165600_Lactalis___le_prisme_de_la_salmonelleThu, 15 Feb 2018 16:56:00 +0100

Ou comment les suicides des agriculteurs passent à la trappe

Le récent scandale de contamination des laits pour nourrissons par une salmonelle a fait oublier le taux de suicides particulièrement élevé dans cette tranche de la population.

Big
Logo de Lactalis - Lactalis

La contamination par une salmonelle de lots de lait pour enfants en bas âge a remis un coup de projecteur peu aimable sur le groupe Lactalis. Ce géant de l'agroalimentaire est, selon Wikipedia, le premier groupe mondial de transformation fromagère et le deuxième groupe agroalimentaire du monde derrière Danone.

L'indignation générale générée par le fait que le problème touche des nourrissons s'appuyait déjà sur le fait que le groupe, bien qu'engrangeant des milliards de chiffre d'affaires (16,8 milliards d’euros en 2015), ne dépose pas ses comptes. La gestion calamiteuse de la crise par Lactalis n'a pas aidé ce dernier à améliorer son image dans le public...

La présence d'une salmonelle dans le lait peut paraître choquant aujourd'hui. Cela l'était moins il y a quelques dizaines d'années. En outre, sans vouloir excuser le géant de l'agroalimentaire, les salmonelles en question sont généralement rapidement identifiées par les pédiatres. Elles provoquent des diarrhées récalcitrantes. Le risque étant bien entendu la déshydratation.

Ce que les médecins savent bien moins soigner, ce sont les suicides. Or les agriculteurs sont une profession particulièrement touchée sur ce plan. L'institut de veille sanitaire produit des études de ce phénomène. Le dernier rapport est parlant : "La population étudiée comprend tous les chefs d’exploitation et leurs conjoints collaborateurs, en activité professionnelle en 2010 et 2011. Le présent...

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Ou comment les suicides des agriculteurs passent à la trappe

Le récent scandale de contamination des laits pour nourrissons par une salmonelle a fait oublier le taux de suicides particulièrement élevé dans cette tranche de la population.

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La contamination par une salmonelle de lots de lait pour enfants en bas âge a remis un coup de projecteur peu aimable sur le groupe Lactalis. Ce géant de l'agroalimentaire est, selon Wikipedia, le premier groupe mondial de transformation fromagère et le deuxième groupe agroalimentaire du monde derrière Danone.

L'indignation générale générée par le fait que le problème touche des nourrissons s'appuyait déjà sur le fait que le groupe, bien qu'engrangeant des milliards de chiffre d'affaires (16,8 milliards d’euros en 2015), ne dépose pas ses comptes. La gestion calamiteuse de la crise par Lactalis n'a pas aidé ce dernier à améliorer son image dans le public...

La présence d'une salmonelle dans le lait peut paraître choquant aujourd'hui. Cela l'était moins il y a quelques dizaines d'années. En outre, sans vouloir excuser le géant de l'agroalimentaire, les salmonelles en question sont généralement rapidement identifiées par les pédiatres. Elles provoquent des diarrhées récalcitrantes. Le risque étant bien entendu la déshydratation.

Ce que les médecins savent bien moins soigner, ce sont les suicides. Or les agriculteurs sont une profession particulièrement touchée sur ce plan. L'institut de veille sanitaire produit des études de ce phénomène. Le dernier rapport est parlant : "La population étudiée comprend tous les chefs d’exploitation et leurs conjoints collaborateurs, en activité professionnelle en 2010 et 2011. Le présent...

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Résistances indigènes sur les plates-bandes du capitalismehttps://reflets.info/?p=39181http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20180213_181603_Resistances_indigenes_sur_les_plates-bandes_du_capitalismeTue, 13 Feb 2018 17:16:03 +0000 Résistances indigènes sur les plates-bandes du capitalismec20caf21-3766-472e-8748-93cd0eaade51http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20180213_181600_Resistances_indigenes_sur_les_plates-bandes_du_capitalismeTue, 13 Feb 2018 18:16:00 +0100

"Attention, à partir de maintenant nous entrons en territoire Mapuche. Ils pourraient nous arrêter à n'importe quel moment et brûler le camion". Le travailleur forestier qui nous a pris en stop ne semble pas particulièrement haineux en disant cela.

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Il ne vient pas de ces régions mais du nord du Chili. Il poursuit: "Depuis que nous sommes petits, on nous explique que les Indiens Mapuche sont des voleurs, des alcooliques et des fainéants. Beaucoup de mes confrères forestiers les détestent. Moi non."

Les évènements mettant en cause les Indiens d'Araucanie divisent en effet les sociétés chilienne et argentine. C'est d'abord l'affaire Santiago Madonaldo qui en Argentine a récemment défrayé la chronique. Cet activiste de 28 ans avait disparu après avoir participé à un barrage routier sauvage mis en place par les Mapuche pour exiger la libération d'un de leur leader séparatiste, Facundo Jones Huala. La société argentine exigea des réponses de la ministre de l’intérieur, Patricia Bullrich, dont les forces spéciales avaient violemment dispersé le barrage. Le corps fut finalement retrouvé 78 jours plus tard noyé dans la rivière Chubut, proche des lieux du drame. L'affaire n'est pas encore résolue et beaucoup soupçonnent un cas de disparition forcée. Quelques jours après la dispersion du barrage, le leader Mapuche du RAM ("Resistencia Ancestral Mapuche") toujours emprisonné, déclarait à la télévision d'argentine :

"Il y a des choses que je ne peux pas cacher comme ma doctrine politique et idéologique. Nous soutenons l'utilisation de la violence politique comme moyen d’autodéfense. Nous planifions la libération du peuple Mapuche et la reconstruction de notre monde....

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"Attention, à partir de maintenant nous entrons en territoire Mapuche. Ils pourraient nous arrêter à n'importe quel moment et brûler le camion". Le travailleur forestier qui nous a pris en stop ne semble pas particulièrement haineux en disant cela.

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Il ne vient pas de ces régions mais du nord du Chili. Il poursuit: "Depuis que nous sommes petits, on nous explique que les Indiens Mapuche sont des voleurs, des alcooliques et des fainéants. Beaucoup de mes confrères forestiers les détestent. Moi non."

Les évènements mettant en cause les Indiens d'Araucanie divisent en effet les sociétés chilienne et argentine. C'est d'abord l'affaire Santiago Madonaldo qui en Argentine a récemment défrayé la chronique. Cet activiste de 28 ans avait disparu après avoir participé à un barrage routier sauvage mis en place par les Mapuche pour exiger la libération d'un de leur leader séparatiste, Facundo Jones Huala. La société argentine exigea des réponses de la ministre de l’intérieur, Patricia Bullrich, dont les forces spéciales avaient violemment dispersé le barrage. Le corps fut finalement retrouvé 78 jours plus tard noyé dans la rivière Chubut, proche des lieux du drame. L'affaire n'est pas encore résolue et beaucoup soupçonnent un cas de disparition forcée. Quelques jours après la dispersion du barrage, le leader Mapuche du RAM ("Resistencia Ancestral Mapuche") toujours emprisonné, déclarait à la télévision d'argentine :

"Il y a des choses que je ne peux pas cacher comme ma doctrine politique et idéologique. Nous soutenons l'utilisation de la violence politique comme moyen d’autodéfense. Nous planifions la libération du peuple Mapuche et la reconstruction de notre monde....

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Monétiser ses données personnelles, l'arbre qui cache la forêtc7f37952-ab87-41c0-9249-c7e2639cc691http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20180208_180743_Monetiser_ses_donnees_personnelles__l_arbre_qui_cache_la_foretThu, 08 Feb 2018 18:07:43 +0100

Accrochez-vous à votre clavier, une révélation d'importance cosmique a été faite ces derniers temps : les GAFAM aspirent vos données personnelles. Leurs services sont gratuits, mais c'est vous le produit. Et oui, on est en 2018 et les intertubes découvrent l'eau chaude. Google existe depuis 1998 mais c'est aujourd'hui que l'on semble s'apercevoir que son ancienne devise, "Don't Be Evil", avait peut-être été un peu survendue.

Big

Accrochez-vous à votre clavier, une révélation d'importance cosmique a été faite ces derniers temps : les GAFAM aspirent vos données personnelles. Leurs services sont gratuits, mais c'est vous le produit. Et oui, on est en 2018 et les intertubes découvrent l'eau chaude. Google existe depuis 1998 mais c'est aujourd'hui que l'on semble s'apercevoir que son ancienne devise, "Don't Be Evil", avait peut-être été un peu survendue. A en croire la presse unanime, le sujet du jour, ce sont vos données personnelles. Et que je t'invite un philosophe pour t'expliquer que tes données sont... personnelles, et que je te publie une tribune d'experts du "digital", et patati et patata.

Le débat évolue. Après nous avoir assommés de cris d'orfraies sur l'aspiration et la monétisation de nos données personnelles par les diables de la Silicon Valley, la presse pousse un sujet annexe : et si nous reprenions le contrôle de nos données ? Quitte à les faire payer par les méchantes plateformes ?

On a beau avoir la mémoire qui flanche, l'affaire avait déjà fait le tour du net à ses débuts quand une personne avait mis en vente toutes ses données personnelles. Revoilà l'idée incongrue mais présentée comme une panacée face à l'appétit des ogres de la donnée personnelle.

La concomitance d'articles sur un même sujet est rarement une coïncidence. De deux trois choses l'une, soit il s'agit d'un événement...

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Accrochez-vous à votre clavier, une révélation d'importance cosmique a été faite ces derniers temps : les GAFAM aspirent vos données personnelles. Leurs services sont gratuits, mais c'est vous le produit. Et oui, on est en 2018 et les intertubes découvrent l'eau chaude. Google existe depuis 1998 mais c'est aujourd'hui que l'on semble s'apercevoir que son ancienne devise, "Don't Be Evil", avait peut-être été un peu survendue.

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Accrochez-vous à votre clavier, une révélation d'importance cosmique a été faite ces derniers temps : les GAFAM aspirent vos données personnelles. Leurs services sont gratuits, mais c'est vous le produit. Et oui, on est en 2018 et les intertubes découvrent l'eau chaude. Google existe depuis 1998 mais c'est aujourd'hui que l'on semble s'apercevoir que son ancienne devise, "Don't Be Evil", avait peut-être été un peu survendue. A en croire la presse unanime, le sujet du jour, ce sont vos données personnelles. Et que je t'invite un philosophe pour t'expliquer que tes données sont... personnelles, et que je te publie une tribune d'experts du "digital", et patati et patata.

Le débat évolue. Après nous avoir assommés de cris d'orfraies sur l'aspiration et la monétisation de nos données personnelles par les diables de la Silicon Valley, la presse pousse un sujet annexe : et si nous reprenions le contrôle de nos données ? Quitte à les faire payer par les méchantes plateformes ?

On a beau avoir la mémoire qui flanche, l'affaire avait déjà fait le tour du net à ses débuts quand une personne avait mis en vente toutes ses données personnelles. Revoilà l'idée incongrue mais présentée comme une panacée face à l'appétit des ogres de la donnée personnelle.

La concomitance d'articles sur un même sujet est rarement une coïncidence. De deux trois choses l'une, soit il s'agit d'un événement...

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Monétiser ses données personnelles, l'arbre qui cache la forêtc7f37952-ab87-41c0-9249-c7e2639cc691http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20180208_180700_Monetiser_ses_donnees_personnelles__l_arbre_qui_cache_la_foretThu, 08 Feb 2018 18:07:00 +0100

Accrochez-vous à votre clavier, une révélation d'importance cosmique a été faite ces derniers temps : les GAFAM aspirent vos données personnelles. Leurs services sont gratuits, mais c'est vous le produit. Et oui, on est en 2018 et les intertubes découvrent l'eau chaude. Google existe depuis 1998 mais c'est aujourd'hui que l'on semble s'apercevoir que son ancienne devise, "Don't Be Evil", avait peut-être été un peu survendue.

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A en croire la presse unanime, le sujet du jour, ce sont vos données personnelles. Et que je t'invite un philosophe pour t'expliquer que tes données sont... personnelles, et que je te publie une tribune d'experts du "digital", et patati et patata.

Le débat évolue. Après nous avoir assommés de cris d'orfraies sur l'aspiration et la monétisation de nos données personnelles par les diables de la Silicon Valley, la presse pousse un sujet annexe : et si nous reprenions le contrôle de nos données ? Quitte à les faire payer par les méchantes plateformes ?

On a beau avoir la mémoire qui flanche, l'affaire avait déjà fait le tour du net à ses débuts quand une personne avait mis en vente toutes ses données personnelles. Revoilà l'idée incongrue mais présentée comme une panacée face à l'appétit des ogres de la donnée personnelle.

La concomitance d'articles sur un même sujet est rarement une coïncidence. De deux trois choses l'une, soit il s'agit d'un événement sur lequel personne ne peut faire l'impasse, soit les journaux se recopient les uns les autres parce que le sujet est vendeur, soit... il y a une agence de com' derrière. Dans le cas qui nous occupe, il s'agit sans doute d'une offensive des ogres de la Silicon Valley par le biais de subtils lobbyistes (pour faire polis on dit agences de communication de crise ).

Il n'a échappé à personne que le RGPD arrive à grands pas et que les entreprises, y...

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Accrochez-vous à votre clavier, une révélation d'importance cosmique a été faite ces derniers temps : les GAFAM aspirent vos données personnelles. Leurs services sont gratuits, mais c'est vous le produit. Et oui, on est en 2018 et les intertubes découvrent l'eau chaude. Google existe depuis 1998 mais c'est aujourd'hui que l'on semble s'apercevoir que son ancienne devise, "Don't Be Evil", avait peut-être été un peu survendue.

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A en croire la presse unanime, le sujet du jour, ce sont vos données personnelles. Et que je t'invite un philosophe pour t'expliquer que tes données sont... personnelles, et que je te publie une tribune d'experts du "digital", et patati et patata.

Le débat évolue. Après nous avoir assommés de cris d'orfraies sur l'aspiration et la monétisation de nos données personnelles par les diables de la Silicon Valley, la presse pousse un sujet annexe : et si nous reprenions le contrôle de nos données ? Quitte à les faire payer par les méchantes plateformes ?

On a beau avoir la mémoire qui flanche, l'affaire avait déjà fait le tour du net à ses débuts quand une personne avait mis en vente toutes ses données personnelles. Revoilà l'idée incongrue mais présentée comme une panacée face à l'appétit des ogres de la donnée personnelle.

La concomitance d'articles sur un même sujet est rarement une coïncidence. De deux trois choses l'une, soit il s'agit d'un événement sur lequel personne ne peut faire l'impasse, soit les journaux se recopient les uns les autres parce que le sujet est vendeur, soit... il y a une agence de com' derrière. Dans le cas qui nous occupe, il s'agit sans doute d'une offensive des ogres de la Silicon Valley par le biais de subtils lobbyistes (pour faire polis on dit agences de communication de crise ).

Il n'a échappé à personne que le RGPD arrive à grands pas et que les entreprises, y...

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Harcèlement 2.0 ou comment détruire les autres sans risqueabeb1a80-92c4-401d-bdb0-8278893dd765http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20180208_145000_Harcelement_2.0_ou_comment_detruire_les_autres_sans_risqueThu, 08 Feb 2018 14:50:00 +0100

Le Pistolet et La Pioche #12

Le "cyber harcèlement" est traité depuis des années comme un mal de société qui progresse et n'a pourtant encore trouvé aucune réponse. Le terme même de cyber harcèlement ne représente pas correctement la réalité de cette véritable entreprise de démolition et d'humiliation en ligne que de nombreux "amoureux" éconduits pratiquent en toute impunité à l'encontre de leur ex-compagne, le plus souvent…

Le Pistolet la Pioche est donc allée creuser du côté de cette pratique — vieille comme le monde — qui avec les outils numériques, décuple les possibilités de harcèlement pour les harceleurs, ces mystérieux individus capables de "tentative de meurtre par dévoilement de l'intimité de leur victime sur le Net"…

Bonne écoute.

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Le Pistolet et La Pioche #12

Le "cyber harcèlement" est traité depuis des années comme un mal de société qui progresse et n'a pourtant encore trouvé aucune réponse. Le terme même de cyber harcèlement ne représente pas correctement la réalité de cette véritable entreprise de démolition et d'humiliation en ligne que de nombreux "amoureux" éconduits pratiquent en toute impunité à l'encontre de leur ex-compagne, le plus souvent…

Le Pistolet la Pioche est donc allée creuser du côté de cette pratique — vieille comme le monde — qui avec les outils numériques, décuple les possibilités de harcèlement pour les harceleurs, ces mystérieux individus capables de "tentative de meurtre par dévoilement de l'intimité de leur victime sur le Net"…

Bonne écoute.

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Armes numériques : l'Europe reprend d'une main ce qu'elle donne d'une autre598aac7e-de88-474f-8dcc-21402f9f16dfhttp://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20180207_124253_Armes_numeriques___l_Europe_reprend_d_une_main_ce_qu_elle_donne_d_une_autreWed, 07 Feb 2018 12:42:53 +0100

Pour ceux qui pensaient que l'Europe allait servir de rempart à la diffusion d'armes numériques, la récente annonce de Bruxelles devrait faire l'effet d'une douche froide. La Commission vient de lancer un appel d'offres pour un montant de 50 millions d'euros afin de créer un centre européen de recherche en matière de cyber-sécurité.

Big

Pour ceux qui pensaient que l'Europe allait servir de rempart à la diffusion d'armes numériques, la récente annonce de Bruxelles devrait faire l'effet d'une douche froide. La Commission vient de lancer un appel d'offres pour un montant de 50 millions d'euros afin de créer un centre européen de recherche en matière de cyber-sécurité. Sur le papier, cela semble assez logique : Bruxelles veut améliorer et rassembler des savoir-faire disparates et favoriser une autonomie européenne dans ce domaine :

Il y a un besoin urgent d'augmenter les investissements dans les avancées technologiques qui peuvent rendre le marché unique plus sûr sur le plan cyber et de venir à bout de la fragmentation des capacités de recherche de l'UE. L'Europe doit maîtriser les technologies de cyber-sécurité, depuis les composants jusqu'à un éco-système interconnecté d'IoT de confiance et à des logiciels pouvant se réparer seuls. Les industries européennes doivent être soutenues et équipées avec les meilleures technologies et compétences pour développer des produits et services de sécurité innovants et pouvoir se protéger contre les cyber-attaques.

C'est beau comme du snake oil d'un membre d'Hexatrust.

Mais c'est dans les détails que le diable se niche :

"Common research, development and innovation in next generation industrial and civilian cybersecurity technologies ( including dual-use ), applications and services; focus should be on...

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Pour ceux qui pensaient que l'Europe allait servir de rempart à la diffusion d'armes numériques, la récente annonce de Bruxelles devrait faire l'effet d'une douche froide. La Commission vient de lancer un appel d'offres pour un montant de 50 millions d'euros afin de créer un centre européen de recherche en matière de cyber-sécurité.

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Pour ceux qui pensaient que l'Europe allait servir de rempart à la diffusion d'armes numériques, la récente annonce de Bruxelles devrait faire l'effet d'une douche froide. La Commission vient de lancer un appel d'offres pour un montant de 50 millions d'euros afin de créer un centre européen de recherche en matière de cyber-sécurité. Sur le papier, cela semble assez logique : Bruxelles veut améliorer et rassembler des savoir-faire disparates et favoriser une autonomie européenne dans ce domaine :

Il y a un besoin urgent d'augmenter les investissements dans les avancées technologiques qui peuvent rendre le marché unique plus sûr sur le plan cyber et de venir à bout de la fragmentation des capacités de recherche de l'UE. L'Europe doit maîtriser les technologies de cyber-sécurité, depuis les composants jusqu'à un éco-système interconnecté d'IoT de confiance et à des logiciels pouvant se réparer seuls. Les industries européennes doivent être soutenues et équipées avec les meilleures technologies et compétences pour développer des produits et services de sécurité innovants et pouvoir se protéger contre les cyber-attaques.

C'est beau comme du snake oil d'un membre d'Hexatrust.

Mais c'est dans les détails que le diable se niche :

"Common research, development and innovation in next generation industrial and civilian cybersecurity technologies ( including dual-use ), applications and services; focus should be on...

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Armes numériques : l'Europe reprend d'une main ce qu'elle donne d'une autre598aac7e-de88-474f-8dcc-21402f9f16dfhttp://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20180207_124200_Armes_numeriques___l_Europe_reprend_d_une_main_ce_qu_elle_donne_d_une_autreWed, 07 Feb 2018 12:42:00 +0100

Pour ceux qui pensaient que l'Europe allait servir de rempart à la diffusion d'armes numériques, la récente annonce de Bruxelles devrait faire l'effet d'une douche froide. La Commission vient de lancer un appel d'offres pour un montant de 50 millions d'euros afin de créer un centre européen de recherche en matière de cyber-sécurité.

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Corentin Béchade - CC BY-SA 4.0

Pour ceux qui pensaient que l'Europe allait servir de rempart à la diffusion d'armes numériques, la récente annonce de Bruxelles devrait faire l'effet d'une douche froide. La Commission vient de lancer un appel d'offres pour un montant de 50 millions d'euros afin de créer un centre européen de recherche en matière de cyber-sécurité. Sur le papier, cela semble assez logique : Bruxelles veut améliorer et rassembler des savoir-faire disparates et favoriser une autonomie européenne dans ce domaine :

Il y a un besoin urgent d'augmenter les investissements dans les avancées technologiques qui peuvent rendre le marché unique plus sûr sur le plan cyber et de venir à bout de la fragmentation des capacités de recherche de l'UE. L'Europe doit maîtriser les technologies de cyber-sécurité, depuis les composants jusqu'à un éco-système interconnecté d'IoT de confiance et à des logiciels pouvant se réparer seuls. Les industries européennes doivent être soutenues et équipées avec les meilleures technologies et compétences pour développer des produits et services de sécurité innovants et pouvoir se protéger contre les cyber-attaques.

C'est beau comme du snake oil d'un membre d'Hexatrust.

Mais c'est dans les détails que le diable se niche :

"Common research, development and innovation in next generation industrial and civilian cybersecurity technologies ( including dual-use ), applications and services; focus should be on...

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Pour ceux qui pensaient que l'Europe allait servir de rempart à la diffusion d'armes numériques, la récente annonce de Bruxelles devrait faire l'effet d'une douche froide. La Commission vient de lancer un appel d'offres pour un montant de 50 millions d'euros afin de créer un centre européen de recherche en matière de cyber-sécurité.

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Corentin Béchade - CC BY-SA 4.0

Pour ceux qui pensaient que l'Europe allait servir de rempart à la diffusion d'armes numériques, la récente annonce de Bruxelles devrait faire l'effet d'une douche froide. La Commission vient de lancer un appel d'offres pour un montant de 50 millions d'euros afin de créer un centre européen de recherche en matière de cyber-sécurité. Sur le papier, cela semble assez logique : Bruxelles veut améliorer et rassembler des savoir-faire disparates et favoriser une autonomie européenne dans ce domaine :

Il y a un besoin urgent d'augmenter les investissements dans les avancées technologiques qui peuvent rendre le marché unique plus sûr sur le plan cyber et de venir à bout de la fragmentation des capacités de recherche de l'UE. L'Europe doit maîtriser les technologies de cyber-sécurité, depuis les composants jusqu'à un éco-système interconnecté d'IoT de confiance et à des logiciels pouvant se réparer seuls. Les industries européennes doivent être soutenues et équipées avec les meilleures technologies et compétences pour développer des produits et services de sécurité innovants et pouvoir se protéger contre les cyber-attaques.

C'est beau comme du snake oil d'un membre d'Hexatrust.

Mais c'est dans les détails que le diable se niche :

"Common research, development and innovation in next generation industrial and civilian cybersecurity technologies ( including dual-use ), applications and services; focus should be on...

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A Bruxelles, Salah Abdeslam muré dans le silence27c83260-dba4-41cc-b8ba-0a33d70c6ed4http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20180206_133340_A_Bruxelles__Salah_Abdeslam__mure_dans_le_silenceTue, 06 Feb 2018 13:33:40 +0100

Dans la salle d’audience du palais de justice de Bruxelles, la présidente du tribunal interroge Salah Abdeslam : « Vous avez deux fois refusé de répondre aux questions des policiers et du juge d’instruction. Aujourd’hui vous êtes présents. Vous avez fait la demande expresse d’être présent. Et c’est parfaitement votre droit. Acceptez vous de répondre aux questions du tribunal ? » La salle retient son souffle.

Big

Dans la salle d’audience du palais de justice de Bruxelles, la présidente du tribunal interroge Salah Abdeslam : « Vous avez deux fois refusé de répondre aux questions des policiers et du juge d’instruction. Aujourd’hui vous êtes présents. Vous avez fait la demande expresse d’être présent. Et c’est parfaitement votre droit. Acceptez vous de répondre aux questions du tribunal ? » La salle retient son souffle. Salah Abdeslam a refusé de se lever arguant d’une grande fatigue liée à l’extraction matinale de la prison. « Non, à aucune question ». S’en suit une grande diatribe provocante. « Les musulmans sont jugés impitoyablement. Il n’y a pas de présomption d’innocence. » Olivier Laplaud, de l’association Life for Paris, raconte que Salah Abdeslam a échangé un clin d’oeil complice avec Sofien Ayari.

La présidente tente un dialogue : « Et pourtant vous êtes là. Vous pouvez vous défendre. On n’a pas du tout de préjugés ». Abdeslam lance d’une voie grave pleine de défi : « On m’a demandé de venir, je suis venu. On m’accuse, mais mon silence ne fait pas de moi un coupable. C’est ma manière de me défendre. Qu’on se base sur des preuves scientifiques pour m’accuser. Ce tribunal est là pour satisfaire les médias et l’opinion publique ». Il enchaîne : « J’atteste qu’il n’y a de divinité à part Allah et que Mohammed est son prophète. Que la paix soit sur lui. Jugez moi comme vous le voulez, faîtes de moi ce...

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Dans la salle d’audience du palais de justice de Bruxelles, la présidente du tribunal interroge Salah Abdeslam : « Vous avez deux fois refusé de répondre aux questions des policiers et du juge d’instruction. Aujourd’hui vous êtes présents. Vous avez fait la demande expresse d’être présent. Et c’est parfaitement votre droit. Acceptez vous de répondre aux questions du tribunal ? » La salle retient son souffle.

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Dans la salle d’audience du palais de justice de Bruxelles, la présidente du tribunal interroge Salah Abdeslam : « Vous avez deux fois refusé de répondre aux questions des policiers et du juge d’instruction. Aujourd’hui vous êtes présents. Vous avez fait la demande expresse d’être présent. Et c’est parfaitement votre droit. Acceptez vous de répondre aux questions du tribunal ? » La salle retient son souffle. Salah Abdeslam a refusé de se lever arguant d’une grande fatigue liée à l’extraction matinale de la prison. « Non, à aucune question ». S’en suit une grande diatribe provocante. « Les musulmans sont jugés impitoyablement. Il n’y a pas de présomption d’innocence. » Olivier Laplaud, de l’association Life for Paris, raconte que Salah Abdeslam a échangé un clin d’oeil complice avec Sofien Ayari.

La présidente tente un dialogue : « Et pourtant vous êtes là. Vous pouvez vous défendre. On n’a pas du tout de préjugés ». Abdeslam lance d’une voie grave pleine de défi : « On m’a demandé de venir, je suis venu. On m’accuse, mais mon silence ne fait pas de moi un coupable. C’est ma manière de me défendre. Qu’on se base sur des preuves scientifiques pour m’accuser. Ce tribunal est là pour satisfaire les médias et l’opinion publique ». Il enchaîne : « J’atteste qu’il n’y a de divinité à part Allah et que Mohammed est son prophète. Que la paix soit sur lui. Jugez moi comme vous le voulez, faîtes de moi ce...

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A Bruxelles, Salah Abdeslam muré dans le silence27c83260-dba4-41cc-b8ba-0a33d70c6ed4http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20180206_133300_A_Bruxelles__Salah_Abdeslam__mure_dans_le_silenceTue, 06 Feb 2018 13:33:00 +0100

Dans la salle d’audience du palais de justice de Bruxelles, la présidente du tribunal interroge Salah Abdeslam : « Vous avez deux fois refusé de répondre aux questions des policiers et du juge d’instruction. Aujourd’hui vous êtes présents. Vous avez fait la demande expresse d’être présent. Et c’est parfaitement votre droit. Acceptez vous de répondre aux questions du tribunal ? » La salle retient son souffle.

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Salah Abdeslam a refusé de se lever arguant d’une grande fatigue liée à l’extraction matinale de la prison. « Non, à aucune question ». S’en suit une grande diatribe provocante. « Les musulmans sont jugés impitoyablement. Il n’y a pas de présomption d’innocence. » Olivier Laplaud, de l’association Life for Paris, raconte que Salah Abdeslam a échangé un clin d’oeil complice avec Sofien Ayari.

La présidente tente un dialogue : « Et pourtant vous êtes là. Vous pouvez vous défendre. On n’a pas du tout de préjugés ». Abdeslam lance d’une voie grave pleine de défi : « On m’a demandé de venir, je suis venu. On m’accuse, mais mon silence ne fait pas de moi un coupable. C’est ma manière de me défendre. Qu’on se base sur des preuves scientifiques pour m’accuser. Ce tribunal est là pour satisfaire les médias et l’opinion publique ». Il enchaîne : « J’atteste qu’il n’y a de divinité à part Allah et que Mohammed est son prophète. Que la paix soit sur lui. Jugez moi comme vous le voulez, faîtes de moi ce que vous voulez. Je place ma confiance dans mon Seigneur. Je n’ai pas peur de vous, ni de vos alliés. Je n’ai rien d’autre à ajouter. Mon silence ne fait pas de moi un coupable ni un criminel ».

La présidente prend acte. « Bon, nous entendrons les avocats. Sachez que vous pouvez décider de parler à tout moment ». Et elle suspend l’audience.

Deux heures et demi, plus tôt, le procès s’était ouvert dans un palais...

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Dans la salle d’audience du palais de justice de Bruxelles, la présidente du tribunal interroge Salah Abdeslam : « Vous avez deux fois refusé de répondre aux questions des policiers et du juge d’instruction. Aujourd’hui vous êtes présents. Vous avez fait la demande expresse d’être présent. Et c’est parfaitement votre droit. Acceptez vous de répondre aux questions du tribunal ? » La salle retient son souffle.

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Salah Abdeslam a refusé de se lever arguant d’une grande fatigue liée à l’extraction matinale de la prison. « Non, à aucune question ». S’en suit une grande diatribe provocante. « Les musulmans sont jugés impitoyablement. Il n’y a pas de présomption d’innocence. » Olivier Laplaud, de l’association Life for Paris, raconte que Salah Abdeslam a échangé un clin d’oeil complice avec Sofien Ayari.

La présidente tente un dialogue : « Et pourtant vous êtes là. Vous pouvez vous défendre. On n’a pas du tout de préjugés ». Abdeslam lance d’une voie grave pleine de défi : « On m’a demandé de venir, je suis venu. On m’accuse, mais mon silence ne fait pas de moi un coupable. C’est ma manière de me défendre. Qu’on se base sur des preuves scientifiques pour m’accuser. Ce tribunal est là pour satisfaire les médias et l’opinion publique ». Il enchaîne : « J’atteste qu’il n’y a de divinité à part Allah et que Mohammed est son prophète. Que la paix soit sur lui. Jugez moi comme vous le voulez, faîtes de moi ce que vous voulez. Je place ma confiance dans mon Seigneur. Je n’ai pas peur de vous, ni de vos alliés. Je n’ai rien d’autre à ajouter. Mon silence ne fait pas de moi un coupable ni un criminel ».

La présidente prend acte. « Bon, nous entendrons les avocats. Sachez que vous pouvez décider de parler à tout moment ». Et elle suspend l’audience.

Deux heures et demi, plus tôt, le procès s’était ouvert dans un palais...

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Le Pistolet et La Pioche S02E02 : Harcèlement 2.0 ou comment détruire les autres sans risquehttps://reflets.info/?p=39139http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20180201_144519_Le_Pistolet_et_La_Pioche_S02E02___Harcelement_2.0_ou_comment_detruire_les_autres_sans_risqueThu, 01 Feb 2018 13:45:19 +0000 Mexique : vers une répression massive des polices communautaires ?15838327-c6d7-4c7b-86b4-52d25fa1b7f1http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20180131_095130_Mexique___vers_une_repression_massive_des_polices_communautaires__Wed, 31 Jan 2018 09:51:30 +0100

Dans la région mexicaine historiquement ingouvernable et couverte de cultures de pavot du Guerrero, tout le monde possède des armes. Et nombreux sont celles et ceux qui s’en servent : polices communautaires légales, milices d’autodéfense illégales, narco-trafiquants et militaires en grand nombre. Photo Eduardo Blas En 2017, Reflets écrivait que la région se trouvait au bord de la guerre civile.

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Dans la région mexicaine historiquement ingouvernable et couverte de cultures de pavot du Guerrero, tout le monde possède des armes. Et nombreux sont celles et ceux qui s’en servent : polices communautaires légales, milices d’autodéfense illégales, narco-trafiquants et militaires en grand nombre.

Photo Eduardo Blas

En 2017, Reflets écrivait que la région se trouvait au bord de la guerre civile. D’où l’intention affichée par le gouvernement régional de désarmer toutes les polices communautaires, milices d’autodéfenses et autres forces légales ou illégales assurant le maintien de l’ordre indépendamment de l’Etat dans la région. Mais la répression gouvernementale, dès le début de l’année 2018, s’avère plus que jamais asymétrique; en dépit de la paix fragile subsistant entre ces milices.

La police communautaire chassée d’Acapulco

Le 7 janvier, la police du gouvernement régional a neutralisé par la force les membres de la Coordination des autorités et polices communautaires (CRAC-PC) en périphérie rurale de la cité balnéaire d’Acapulco, sur un territoire reconnaissant légalement la juridiction de cette police non étatique. Le gouvernement d’Hector Astudillo Flores a décrété l’intervention en réaction à un affrontement entre policiers communautaires et civils armés qui avait fait 8 morts à l’aube. A peine arrivés sur les lieux, les officiers en charge de l’opération ont coupé court au dialogue et tenu la CRAC-PC pour responsable de la tragédie.

Quelque 38 agents et...

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Dans la région mexicaine historiquement ingouvernable et couverte de cultures de pavot du Guerrero, tout le monde possède des armes. Et nombreux sont celles et ceux qui s’en servent : polices communautaires légales, milices d’autodéfense illégales, narco-trafiquants et militaires en grand nombre. Photo Eduardo Blas En 2017, Reflets écrivait que la région se trouvait au bord de la guerre civile.

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Dans la région mexicaine historiquement ingouvernable et couverte de cultures de pavot du Guerrero, tout le monde possède des armes. Et nombreux sont celles et ceux qui s’en servent : polices communautaires légales, milices d’autodéfense illégales, narco-trafiquants et militaires en grand nombre.

Photo Eduardo Blas

En 2017, Reflets écrivait que la région se trouvait au bord de la guerre civile. D’où l’intention affichée par le gouvernement régional de désarmer toutes les polices communautaires, milices d’autodéfenses et autres forces légales ou illégales assurant le maintien de l’ordre indépendamment de l’Etat dans la région. Mais la répression gouvernementale, dès le début de l’année 2018, s’avère plus que jamais asymétrique; en dépit de la paix fragile subsistant entre ces milices.

La police communautaire chassée d’Acapulco

Le 7 janvier, la police du gouvernement régional a neutralisé par la force les membres de la Coordination des autorités et polices communautaires (CRAC-PC) en périphérie rurale de la cité balnéaire d’Acapulco, sur un territoire reconnaissant légalement la juridiction de cette police non étatique. Le gouvernement d’Hector Astudillo Flores a décrété l’intervention en réaction à un affrontement entre policiers communautaires et civils armés qui avait fait 8 morts à l’aube. A peine arrivés sur les lieux, les officiers en charge de l’opération ont coupé court au dialogue et tenu la CRAC-PC pour responsable de la tragédie.

Quelque 38 agents et...

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Mexique : vers une répression massive des polices communautaires ?15838327-c6d7-4c7b-86b4-52d25fa1b7f1http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20180131_095100_Mexique___vers_une_repression_massive_des_polices_communautaires__Wed, 31 Jan 2018 09:51:00 +0100

Dans la région mexicaine historiquement ingouvernable et couverte de cultures de pavot du Guerrero, tout le monde possède des armes. Et nombreux sont celles et ceux qui s’en servent : polices communautaires légales, milices d’autodéfense illégales, narco-trafiquants et militaires en grand nombre.

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En 2017, Reflets écrivait que la région se trouvait au bord de la guerre civile. D’où l’intention affichée par le gouvernement régional de désarmer toutes les polices communautaires, milices d’autodéfenses et autres forces légales ou illégales assurant le maintien de l’ordre indépendamment de l’Etat dans la région. Mais la répression gouvernementale, dès le début de l’année 2018, s’avère plus que jamais asymétrique; en dépit de la paix fragile subsistant entre ces milices.

La police communautaire chassée d’Acapulco

Le 7 janvier, la police du gouvernement régional a neutralisé par la force les membres de la Coordination des autorités et polices communautaires (CRAC-PC) en périphérie rurale de la cité balnéaire d’Acapulco, sur un territoire reconnaissant légalement la juridiction de cette police non étatique. Le gouvernement d’Hector Astudillo Flores a décrété l’intervention en réaction à un affrontement entre policiers communautaires et civils armés qui avait fait 8 morts à l’aube. A peine arrivés sur les lieux, les officiers en charge de l’opération ont coupé court au dialogue et tenu la CRAC-PC pour responsable de la tragédie.

Quelque 38 agents et sympathisants civils de la police communautaire ont été arrêtés sans mandat après avoir été brutalisés voire brièvement torturés en vue d’obtenir des pièces à conviction. Trois policiers communautaires ont été abattus dans des conditions qui ressemblent, selon l’organisation de défense des droits humains ...

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Dans la région mexicaine historiquement ingouvernable et couverte de cultures de pavot du Guerrero, tout le monde possède des armes. Et nombreux sont celles et ceux qui s’en servent : polices communautaires légales, milices d’autodéfense illégales, narco-trafiquants et militaires en grand nombre.

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En 2017, Reflets écrivait que la région se trouvait au bord de la guerre civile. D’où l’intention affichée par le gouvernement régional de désarmer toutes les polices communautaires, milices d’autodéfenses et autres forces légales ou illégales assurant le maintien de l’ordre indépendamment de l’Etat dans la région. Mais la répression gouvernementale, dès le début de l’année 2018, s’avère plus que jamais asymétrique; en dépit de la paix fragile subsistant entre ces milices.

La police communautaire chassée d’Acapulco

Le 7 janvier, la police du gouvernement régional a neutralisé par la force les membres de la Coordination des autorités et polices communautaires (CRAC-PC) en périphérie rurale de la cité balnéaire d’Acapulco, sur un territoire reconnaissant légalement la juridiction de cette police non étatique. Le gouvernement d’Hector Astudillo Flores a décrété l’intervention en réaction à un affrontement entre policiers communautaires et civils armés qui avait fait 8 morts à l’aube. A peine arrivés sur les lieux, les officiers en charge de l’opération ont coupé court au dialogue et tenu la CRAC-PC pour responsable de la tragédie.

Quelque 38 agents et sympathisants civils de la police communautaire ont été arrêtés sans mandat après avoir été brutalisés voire brièvement torturés en vue d’obtenir des pièces à conviction. Trois policiers communautaires ont été abattus dans des conditions qui ressemblent, selon l’organisation de défense des droits humains ...

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Manu M : ce monarque un tantinet méprisant6234e5cf-2da9-401d-a04a-e436bc63adb0http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20180129_171312_Manu_M___ce_monarque_un_tantinet_meprisantMon, 29 Jan 2018 17:13:12 +0100

Missing

C'est l'Express qui vient de sortir l'info. Citons-les. C'est beau :

Alors qu'il est assailli de demandes d'autographes de la part d'enfants à Clermont-Ferrand, le président demande à l'un des policiers chargés de sa surveillance s'il n'a pas un "truc pour signer dessus".

Celui-ci lui tend alors une sacoche en cuir blindée, utilisée pour sa protection rapprochée. "C'est pas un truc blindé en fait, c'est de la daube", réagit Emmanuel Macron, surpris par la souplesse de l'objet. Et d'ajouter, sur le ton de la plaisanterie, que si les policiers ne disposent pas de support plus rigide pour écrire, c'est parce qu'ils "n'en ont jamais trouvé un qui sait écrire". Ce à quoi le fonctionnaire de police répond au président: "Enfoiré" puis "salaud".

No comment.

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C'est l'Express qui vient de sortir l'info. Citons-les. C'est beau :

Alors qu'il est assailli de demandes d'autographes de la part d'enfants à Clermont-Ferrand, le président demande à l'un des policiers chargés de sa surveillance s'il n'a pas un "truc pour signer dessus".

Celui-ci lui tend alors une sacoche en cuir blindée, utilisée pour sa protection rapprochée. "C'est pas un truc blindé en fait, c'est de la daube", réagit Emmanuel Macron, surpris par la souplesse de l'objet. Et d'ajouter, sur le ton de la plaisanterie, que si les policiers ne disposent pas de support plus rigide pour écrire, c'est parce qu'ils "n'en ont jamais trouvé un qui sait écrire". Ce à quoi le fonctionnaire de police répond au président: "Enfoiré" puis "salaud".

No comment.

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Jawad Bendaoud dans le texte...36363f4b-79c7-4f65-952d-829955e2d0behttp://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20180127_193517_Jawad_Bendaoud_dans_le_texte...Sat, 27 Jan 2018 19:35:17 +0100

Il s'est fait connaître en accordant une interview à la télévision après l'assaut de la planque des terroristes du 13 novembre 2015. Il avait loué un appartement (qui ne lui appartenait pas) aux terroristes. Jawad Bendaoud est une sorte de Jean-Pierre Papin du trafic de stupéfiants, un philosophe qui s'ignore. ses sorties tragi-comiques ont fait le tour du Net. Petit florilège au moment où s'ouvre son procès... "Vous savez, le mec dans l'imprimerie avec les Kouachi il a pas choisi.

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Il s'est fait connaître en accordant une interview à la télévision après l'assaut de la planque des terroristes du 13 novembre 2015. Il avait loué un appartement (qui ne lui appartenait pas) aux terroristes. Jawad Bendaoud est une sorte de Jean-Pierre Papin du trafic de stupéfiants, un philosophe qui s'ignore. ses sorties tragi-comiques ont fait le tour du Net. Petit florilège au moment où s'ouvre son procès...

"Vous savez, le mec dans l'imprimerie avec les Kouachi il a pas choisi. Moi j'ai pas choisi non plus. On m'a vendu un boeuf bourguignon et j'ai fini avec un couscous". Au tribunal.

"Je ne sais pas si y a des consommateurs de cocaïne dans la salle. Mais c'est un peu je prends un gramme et pic et pic et colégram". Au tribunal.

La seule fois où j'ai vu des explosifs, c'est avec Jack Bauer, Enquête Exclusive, tout ça". Au tribunal.

"Ils (des amis, NDLR) me ramènent une Maghrébine qui fume des Marlboro Light. Comment je peux savoir que ces gens-là vont me ramener des kamikazes ?" Au tribunal.

"C'est comme si vous me disiez que Snoop Dog, il fait des soirées avec Ben Laden". Au tribunal.

"Moi, concevoir un détonateur, vous me mettez 25 grammes avec un fil, j'ai peur que ça m'explose à la gueule", dit-il à la présidente, qui lui répond: "Oui le TATP c'est très instable." Au tribunal.

"Moi terroriste, c'est comme si Joey Starr rejoint Daech....

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Il s'est fait connaître en accordant une interview à la télévision après l'assaut de la planque des terroristes du 13 novembre 2015. Il avait loué un appartement (qui ne lui appartenait pas) aux terroristes. Jawad Bendaoud est une sorte de Jean-Pierre Papin du trafic de stupéfiants, un philosophe qui s'ignore. ses sorties tragi-comiques ont fait le tour du Net. Petit florilège au moment où s'ouvre son procès... "Vous savez, le mec dans l'imprimerie avec les Kouachi il a pas choisi.

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Il s'est fait connaître en accordant une interview à la télévision après l'assaut de la planque des terroristes du 13 novembre 2015. Il avait loué un appartement (qui ne lui appartenait pas) aux terroristes. Jawad Bendaoud est une sorte de Jean-Pierre Papin du trafic de stupéfiants, un philosophe qui s'ignore. ses sorties tragi-comiques ont fait le tour du Net. Petit florilège au moment où s'ouvre son procès...

"Vous savez, le mec dans l'imprimerie avec les Kouachi il a pas choisi. Moi j'ai pas choisi non plus. On m'a vendu un boeuf bourguignon et j'ai fini avec un couscous". Au tribunal.

"Je ne sais pas si y a des consommateurs de cocaïne dans la salle. Mais c'est un peu je prends un gramme et pic et pic et colégram". Au tribunal.

La seule fois où j'ai vu des explosifs, c'est avec Jack Bauer, Enquête Exclusive, tout ça". Au tribunal.

"Ils (des amis, NDLR) me ramènent une Maghrébine qui fume des Marlboro Light. Comment je peux savoir que ces gens-là vont me ramener des kamikazes ?" Au tribunal.

"C'est comme si vous me disiez que Snoop Dog, il fait des soirées avec Ben Laden". Au tribunal.

"Moi, concevoir un détonateur, vous me mettez 25 grammes avec un fil, j'ai peur que ça m'explose à la gueule", dit-il à la présidente, qui lui répond: "Oui le TATP c'est très instable." Au tribunal.

"Moi terroriste, c'est comme si Joey Starr rejoint Daech....

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Jawad Bendaoud dans le texte...36363f4b-79c7-4f65-952d-829955e2d0behttp://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20180127_193500_Jawad_Bendaoud_dans_le_texte...Sat, 27 Jan 2018 19:35:00 +0100

Il s'est fait connaître en accordant une interview à la télévision après l'assaut de la planque des terroristes du 13 novembre 2015. Il avait loué un appartement (qui ne lui appartenait pas) aux terroristes. Jawad Bendaoud est une sorte de Jean-Pierre Papin du trafic de stupéfiants, un philosophe qui s'ignore.

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Ses sorties tragi-comiques ont fait le tour du Net. Petit florilège au moment où s'ouvre son procès...

"Vous savez, le mec dans l'imprimerie avec les Kouachi il a pas choisi. Moi j'ai pas choisi non plus. On m'a vendu un boeuf bourguignon et j'ai fini avec un couscous". Au tribunal.

"Je ne sais pas si y a des consommateurs de cocaïne dans la salle. Mais c'est un peu je prends un gramme et pic et pic et colégram". Au tribunal.

La seule fois où j'ai vu des explosifs, c'est avec Jack Bauer, Enquête Exclusive, tout ça". Au tribunal.

"Ils (des amis, NDLR) me ramènent une Maghrébine qui fume des Marlboro Light. Comment je peux savoir que ces gens-là vont me ramener des kamikazes ?" Au tribunal.

"C'est comme si vous me disiez que Snoop Dog, il fait des soirées avec Ben Laden". Au tribunal.

"Moi, concevoir un détonateur, vous me mettez 25 grammes avec un fil, j'ai peur que ça m'explose à la gueule", dit-il à la présidente, qui lui répond: "Oui le TATP c'est très instable." Au tribunal.

"Moi terroriste, c'est comme si Joey Starr rejoint Daech. Ça a très peu de chance d'arriver". Au tribunal.

Il a traité les terroristes de "fils de pute" et s'en explique :  "J’ai dit que c’était à cause de gens comme ça qu’on ne pouvait plus rouler sans permis et vendre de la drogue". Au tribunal.

"On essaye de me faire passer pour un...

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Il s'est fait connaître en accordant une interview à la télévision après l'assaut de la planque des terroristes du 13 novembre 2015. Il avait loué un appartement (qui ne lui appartenait pas) aux terroristes. Jawad Bendaoud est une sorte de Jean-Pierre Papin du trafic de stupéfiants, un philosophe qui s'ignore.

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Ses sorties tragi-comiques ont fait le tour du Net. Petit florilège au moment où s'ouvre son procès...

"Vous savez, le mec dans l'imprimerie avec les Kouachi il a pas choisi. Moi j'ai pas choisi non plus. On m'a vendu un boeuf bourguignon et j'ai fini avec un couscous". Au tribunal.

"Je ne sais pas si y a des consommateurs de cocaïne dans la salle. Mais c'est un peu je prends un gramme et pic et pic et colégram". Au tribunal.

La seule fois où j'ai vu des explosifs, c'est avec Jack Bauer, Enquête Exclusive, tout ça". Au tribunal.

"Ils (des amis, NDLR) me ramènent une Maghrébine qui fume des Marlboro Light. Comment je peux savoir que ces gens-là vont me ramener des kamikazes ?" Au tribunal.

"C'est comme si vous me disiez que Snoop Dog, il fait des soirées avec Ben Laden". Au tribunal.

"Moi, concevoir un détonateur, vous me mettez 25 grammes avec un fil, j'ai peur que ça m'explose à la gueule", dit-il à la présidente, qui lui répond: "Oui le TATP c'est très instable." Au tribunal.

"Moi terroriste, c'est comme si Joey Starr rejoint Daech. Ça a très peu de chance d'arriver". Au tribunal.

Il a traité les terroristes de "fils de pute" et s'en explique :  "J’ai dit que c’était à cause de gens comme ça qu’on ne pouvait plus rouler sans permis et vendre de la drogue". Au tribunal.

"On essaye de me faire passer pour un...

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François Molins, les données de connexion, l'arrêt Tele2 et le chiffrement : un casse-tête9b006a4d-91de-4c72-bc04-8525cb991c36http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20180125_181645_Fran__ois_Molins__les_donnees_de_connexion__l_arret_Tele2_et_le_chiffrement___un_casse-teteThu, 25 Jan 2018 18:16:45 +0100

Il faut parfois savoir lire entre les lignes. La presse s'est faite l'écho d'une déclaration du procureur de Paris, François Molins. Ce dernier s'inquiète des "conséquences désastreuses" d'un accès restreint aux données de connexion dans le cadre d'enquêtes antiterroriste. Mais encore ? A première vue, on peut se dire que le procureur s'inquiète de ne pas avoir accès aux données de connexion, en d'autres termes, principalement, aux données de téléphonie.

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Il faut parfois savoir lire entre les lignes. La presse s'est faite l'écho d'une déclaration du procureur de Paris, François Molins. Ce dernier s'inquiète des "conséquences désastreuses" d'un accès restreint aux données de connexion dans le cadre d'enquêtes antiterroriste. Mais encore ?

A première vue, on peut se dire que le procureur s'inquiète de ne pas avoir accès aux données de connexion, en d'autres termes, principalement, aux données de téléphonie. Or, tous les dossiers d'instruction des affaires liées au terrorisme débordent de "données de connexion". C'est même une véritable orgie. On se demande d'ailleurs comment travaillait la police pour résoudre des crimes avant l'apparition des téléphones portables. En ce qui concerne les "données de connexion" liées aux mails, les dossiers liés au terrorismes sont également fournis. La justice obtient sans trop de mal toutes les informations qu'elle demande de la part des grands fournisseurs de mail comme Gmail ou Yahoo, pourtant sociétés étrangères.

Alors, à quoi rime cette soudaine inquiétude du procureur ? La grande crainte des autorités vient d'un arrêt de la Cour de justice de l'Union Européenne. Les Exégètes amateurs avaient planché sur ce sujet.

Elle ne s'en vante pas, mais la France fait tout ce qu'elle peut, officieusement, pour tenter de renverser cette jurisprudence. Plusieurs hauts responsables français...

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Il faut parfois savoir lire entre les lignes. La presse s'est faite l'écho d'une déclaration du procureur de Paris, François Molins. Ce dernier s'inquiète des "conséquences désastreuses" d'un accès restreint aux données de connexion dans le cadre d'enquêtes antiterroriste. Mais encore ? A première vue, on peut se dire que le procureur s'inquiète de ne pas avoir accès aux données de connexion, en d'autres termes, principalement, aux données de téléphonie.

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Il faut parfois savoir lire entre les lignes. La presse s'est faite l'écho d'une déclaration du procureur de Paris, François Molins. Ce dernier s'inquiète des "conséquences désastreuses" d'un accès restreint aux données de connexion dans le cadre d'enquêtes antiterroriste. Mais encore ?

A première vue, on peut se dire que le procureur s'inquiète de ne pas avoir accès aux données de connexion, en d'autres termes, principalement, aux données de téléphonie. Or, tous les dossiers d'instruction des affaires liées au terrorisme débordent de "données de connexion". C'est même une véritable orgie. On se demande d'ailleurs comment travaillait la police pour résoudre des crimes avant l'apparition des téléphones portables. En ce qui concerne les "données de connexion" liées aux mails, les dossiers liés au terrorismes sont également fournis. La justice obtient sans trop de mal toutes les informations qu'elle demande de la part des grands fournisseurs de mail comme Gmail ou Yahoo, pourtant sociétés étrangères.

Alors, à quoi rime cette soudaine inquiétude du procureur ? La grande crainte des autorités vient d'un arrêt de la Cour de justice de l'Union Européenne. Les Exégètes amateurs avaient planché sur ce sujet.

Elle ne s'en vante pas, mais la France fait tout ce qu'elle peut, officieusement, pour tenter de renverser cette jurisprudence. Plusieurs hauts responsables français...

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François Molins, les données de connexion, l'arrêt Tele2 et le chiffrement : un casse-tête9b006a4d-91de-4c72-bc04-8525cb991c36http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20180125_181600_Fran__ois_Molins__les_donnees_de_connexion__l_arret_Tele2_et_le_chiffrement___un_casse-teteThu, 25 Jan 2018 18:16:00 +0100

Il faut parfois savoir lire entre les lignes. La presse s'est faite l'écho d'une déclaration du procureur de Paris, François Molins. Ce dernier s'inquiète des "conséquences désastreuses" d'un accès restreint aux données de connexion dans le cadre d'enquêtes antiterroriste. Mais encore ?

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A première vue, on peut se dire que le procureur s'inquiète de ne pas avoir accès aux données de connexion, en d'autres termes, principalement, aux données de téléphonie. Or, tous les dossiers d'instruction des affaires liées au terrorisme débordent de "données de connexion". C'est même une véritable orgie. On se demande d'ailleurs comment travaillait la police pour résoudre des crimes avant l'apparition des téléphones portables. En ce qui concerne les "données de connexion" liées aux mails, les dossiers liés au terrorismes sont également fournis. La justice obtient sans trop de mal toutes les informations qu'elle demande de la part des grands fournisseurs de mail comme Gmail ou Yahoo, pourtant sociétés étrangères.

Alors, à quoi rime cette soudaine inquiétude du procureur ? La grande crainte des autorités vient d'un arrêt de la Cour de justice de l'Union Européenne. Les Exégètes amateurs avaient planché sur ce sujet.

Elle ne s'en vante pas, mais la France fait tout ce qu'elle peut, officieusement, pour tenter de renverser cette jurisprudence. Plusieurs hauts responsables français s'inquiètent en off des répercussions potentielles de cet arrêt de la cour de justice de l'UE. De fait, celui-ci pourrait potentiellement mettre en péril des dossiers en cours. Ou, si l'Etat Français se rangeait à la décision, il mettrait en difficulté les services d'enquête qui se reposent dangereusement sur ces...

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Il faut parfois savoir lire entre les lignes. La presse s'est faite l'écho d'une déclaration du procureur de Paris, François Molins. Ce dernier s'inquiète des "conséquences désastreuses" d'un accès restreint aux données de connexion dans le cadre d'enquêtes antiterroriste. Mais encore ?

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A première vue, on peut se dire que le procureur s'inquiète de ne pas avoir accès aux données de connexion, en d'autres termes, principalement, aux données de téléphonie. Or, tous les dossiers d'instruction des affaires liées au terrorisme débordent de "données de connexion". C'est même une véritable orgie. On se demande d'ailleurs comment travaillait la police pour résoudre des crimes avant l'apparition des téléphones portables. En ce qui concerne les "données de connexion" liées aux mails, les dossiers liés au terrorismes sont également fournis. La justice obtient sans trop de mal toutes les informations qu'elle demande de la part des grands fournisseurs de mail comme Gmail ou Yahoo, pourtant sociétés étrangères.

Alors, à quoi rime cette soudaine inquiétude du procureur ? La grande crainte des autorités vient d'un arrêt de la Cour de justice de l'Union Européenne. Les Exégètes amateurs avaient planché sur ce sujet.

Elle ne s'en vante pas, mais la France fait tout ce qu'elle peut, officieusement, pour tenter de renverser cette jurisprudence. Plusieurs hauts responsables français s'inquiètent en off des répercussions potentielles de cet arrêt de la cour de justice de l'UE. De fait, celui-ci pourrait potentiellement mettre en péril des dossiers en cours. Ou, si l'Etat Français se rangeait à la décision, il mettrait en difficulté les services d'enquête qui se reposent dangereusement sur ces...

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Macron et les 1 % : le tweet du berger à la bergère041a0271-b148-4da9-ba71-544d53ac2fe5http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20180125_171416_Macron_et_les_1_____le_tweet_du_berger_a_la_bergereThu, 25 Jan 2018 17:14:16 +0100

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Lors de son discours à Davos, Emmanuel Macron dénonçait un « capitalisme de stars qui bénéficient de la financiarisation et de la technologie », s'en prenant aux 1 % de la population accaparant l'essentiel des richesses.

Réagissant sur Twitter, l'économiste Maxime Combes faisait un rappel fort judicieux à propos de la politique économique et sociale du même président de la République française, Emmanuel Macron :

SERIEUX ?

A #Davos @EmmanuelMacron dénonce la concentration des richesses sur les 1%

En France, il a pourtant :

supprimé #ISF réduit l'imposition du #capital augmenté la #CSG baissé les #APL refusé tout coup de pouce au #SMIC ouvert la #ChasseAuxChômeurs pic.twitter.com/7ryGnEUkwy

— Maxime Combes (@MaximCombes) 24 janvier 2018

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Lors de son discours à Davos, Emmanuel Macron dénonçait un « capitalisme de stars qui bénéficient de la financiarisation et de la technologie », s'en prenant aux 1 % de la population accaparant l'essentiel des richesses.

Réagissant sur Twitter, l'économiste Maxime Combes faisait un rappel fort judicieux à propos de la politique économique et sociale du même président de la République française, Emmanuel Macron :

SERIEUX ?

A #Davos @EmmanuelMacron dénonce la concentration des richesses sur les 1%

En France, il a pourtant :

supprimé #ISF réduit l'imposition du #capital augmenté la #CSG baissé les #APL refusé tout coup de pouce au #SMIC ouvert la #ChasseAuxChômeurs pic.twitter.com/7ryGnEUkwy

— Maxime Combes (@MaximCombes) 24 janvier 2018

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Alexandre Djouhri, l’encombrant de Londres…https://reflets.info/?p=38830http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20180120_212504_Alexandre_Djouhri__l___encombrant_de_Londres___Sat, 20 Jan 2018 20:25:04 +0000 Les viticulteurs « défenseurs de l’environnement » nous prennent-ils pour des billes ?https://reflets.info/?p=38839http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20180119_121512_Les_viticulteurs_____defenseurs_de_l___environnement_____nous_prennent-ils_pour_des_billes__Fri, 19 Jan 2018 11:15:12 +0000 Quand Trump fait décerner ses « prix fake news »https://reflets.info/?p=38832http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20180118_094012_Quand_Trump_fait_decerner_ses_____prix_fake_news____Thu, 18 Jan 2018 08:40:12 +0000 Le Pistolet et La Pioche S02E01 : Pourquoi Twitter nous rend maladeshttps://reflets.info/?p=38808http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20180117_130233_Le_Pistolet_et_La_Pioche_S02E01___Pourquoi_Twitter_nous_rend_maladesWed, 17 Jan 2018 12:02:33 +0000 Notre-Dame des Landes : mobilisation générale de la réserve de la gendarmeriehttps://reflets.info/?p=38825http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20180117_083233_Notre-Dame_des_Landes___mobilisation_generale_de_la_reserve_de_la_gendarmerieWed, 17 Jan 2018 07:32:33 +0000 De Haas-Lahaie : quand l’esprit Twitter rencontre la complexitéhttps://reflets.info/?p=38781http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20180115_133721_De_Haas-Lahaie___quand_l___esprit_Twitter_rencontre_la_complexiteMon, 15 Jan 2018 12:37:21 +0000 Théories du complot : mais quelle bande de cons !https://reflets.info/?p=38705http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20180110_133719_Theories_du_complot___mais_quelle_bande_de_cons__Wed, 10 Jan 2018 12:37:19 +0000 Société technologique : vie impérative et artifice de libertéhttps://reflets.info/?p=38698http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20180107_113750_Societe_technologique___vie_imperative_et_artifice_de_liberteSun, 07 Jan 2018 10:37:50 +0000 Arrestation de djihadistes français en Syrie : l’épineux problème des revenantshttps://reflets.info/?p=38678http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20180105_134454_Arrestation_de_djihadistes_fran__ais_en_Syrie___l___epineux_probleme_des_revenantsFri, 05 Jan 2018 12:44:54 +0000 Etat du monde en 2017 : un pas de côtéhttps://reflets.info/?p=38668http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20171231_170959_Etat_du_monde_en_2017___un_pas_de_coteSun, 31 Dec 2017 16:09:59 +0000 #FueraBullrich : Il n’y a pas que le soleil qui chauffe en Argentinehttps://reflets.info/?p=38611http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20171229_135835__FueraBullrich___Il_n___y_a_pas_que_le_soleil_qui_chauffe_en_ArgentineFri, 29 Dec 2017 12:58:35 +0000 L’informatique, pièce maîtresse de la fraude électorale «style Honduras»https://reflets.info/?p=38595http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20171221_195757_L___informatique__piece_maitresse_de_la_fraude_electorale___style_Honduras__Thu, 21 Dec 2017 18:57:57 +0000 Bitcoin, énergie et wtf twitterienhttps://reflets.info/?p=38563http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20171218_115353_Bitcoin__energie_et_wtf_twitterienMon, 18 Dec 2017 10:53:53 +0000 Trump : et si on dotait l’Arabie Saoudite de technologie nucléaire ?https://reflets.info/?p=38559http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20171218_113943_Trump___et_si_on_dotait_l___Arabie_Saoudite_de_technologie_nucleaire__Mon, 18 Dec 2017 10:39:43 +0000 La DGSE, l’École 42 et le petit bonhomme en moussehttps://reflets.info/?p=38547http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20171214_134501_La_DGSE__l___Ecole_42_et_le_petit_bonhomme_en_mousseThu, 14 Dec 2017 12:45:01 +0000 Avec la France, les Five Eyes deviennent les Six Eyes…https://reflets.info/?p=38543http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20171214_132631_Avec_la_France__les_Five_Eyes_deviennent_les_Six_Eyes___Thu, 14 Dec 2017 12:26:31 +0000 Le Pistolet et La Pioche S01E10 : Bienvenue en dystopie – 2017 reloadedhttps://reflets.info/?p=38530http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20171214_101639_Le_Pistolet_et_La_Pioche_S01E10___Bienvenue_en_dystopie_____2017_reloadedThu, 14 Dec 2017 09:16:39 +0000 Dans les coulisses de Reflets : Maltego, un outil d’enquête en lignehttps://reflets.info/?p=38510http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20171213_123755_Dans_les_coulisses_de_Reflets___Maltego__un_outil_d___enquete_en_ligneWed, 13 Dec 2017 11:37:55 +0000 La Politique agricole commune tancée par la Cour des comptes européennehttps://reflets.info/?p=38532http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20171212_165342_La_Politique_agricole_commune_tancee_par_la_Cour_des_comptes_europeenneTue, 12 Dec 2017 15:53:42 +0000 Analyse d’une rumeur sur les victimes du Bataclanhttps://reflets.info/?p=38515http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20171212_110445_Analyse_d___une_rumeur_sur_les_victimes_du_BataclanTue, 12 Dec 2017 10:04:45 +0000 La pathétique contre-attaque du chargé de com d’Anne Hidalgo après une enquête sur sa patronnehttps://reflets.info/?p=38503http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20171211_183614_La_pathetique_contre-attaque_du_charge_de_com_d___Anne_Hidalgo_apres_une_enquete_sur_sa_patronneMon, 11 Dec 2017 17:36:14 +0000 Agence de com’ super-branchéehttps://reflets.info/?p=38475http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20171211_161441_Agence_de_com____super-brancheeMon, 11 Dec 2017 15:14:41 +0000 « Désir d’Ikea : le bonheur en pièces détachées » : un petit ouvrage à lirehttps://reflets.info/?p=38497http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20171210_145505_____Desir_d___Ikea___le_bonheur_en_pieces_detachees_______un_petit_ouvrage_a_lireSun, 10 Dec 2017 13:55:05 +0000 Quand les 99% viennent célébrer un 1%, l’élite se marrehttps://reflets.info/?p=38489http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20171209_091132_Quand_les_99__viennent_celebrer_un_1___l___elite_se_marreSat, 09 Dec 2017 08:11:32 +0000 Autopsie de la mort à Johnnyhttps://reflets.info/?p=38478http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20171207_000107_Autopsie_de_la_mort_a_JohnnyWed, 06 Dec 2017 23:01:07 +0000 Chronique de l’ego-photographiehttps://reflets.info/?p=38448http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20171205_115218_Chronique_de_l___ego-photographieTue, 05 Dec 2017 10:52:18 +0000 Régulation d’Internet : le Royaume-Uni donne le sourire au principal fournisseur de contenus pornohttps://reflets.info/?p=38427http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20171203_132608_Regulation_d___Internet___le_Royaume-Uni_donne_le_sourire_au_principal_fournisseur_de_contenus_pornoSun, 03 Dec 2017 12:26:08 +0000 Coopération européenne sur l’anti-terrorismehttps://reflets.info/?p=38332http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20171202_153745_Cooperation_europeenne_sur_l___anti-terrorismeSat, 02 Dec 2017 14:37:45 +0000 Tribune Gonzo : pourquoi l’inutile et l’inefficace populaire doivent revenirhttps://reflets.info/?p=38405http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20171130_144917_Tribune_Gonzo___pourquoi_l___inutile_et_l___inefficace_populaire_doivent_revenirThu, 30 Nov 2017 13:49:17 +0000 Gérard Gribouille Collomb explique aux préfets la police de proximitéhttps://reflets.info/?p=38396http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20171130_114038_Gerard_Gribouille_Collomb_explique_aux_prefets_la_police_de_proximiteThu, 30 Nov 2017 10:40:38 +0000 Macron voulait moins de conseillers pour les ministres, Edouard Philippe en veut plushttps://reflets.info/?p=38414http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20171130_021845_Macron_voulait_moins_de_conseillers_pour_les_ministres__Edouard_Philippe_en_veut_plusThu, 30 Nov 2017 01:18:45 +0000 Le Pistolet et La Pioche S01E09 : Armes numériques : et la loi dans tout ça ?https://reflets.info/?p=38390http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20171128_093421_Le_Pistolet_et_La_Pioche_S01E09___Armes_numeriques___et_la_loi_dans_tout___a__Tue, 28 Nov 2017 08:34:21 +0000 Crise de civilisation : passer d’un monde illimité à un monde en perditionhttps://reflets.info/?p=38375http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20171123_185818_Crise_de_civilisation___passer_d___un_monde_illimite_a_un_monde_en_perditionThu, 23 Nov 2017 17:58:18 +0000 Dans l’ombre de Spallian, géant français du big datahttps://reflets.info/?p=38292http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20171122_163107_Dans_l___ombre_de_Spallian__geant_fran__ais_du_big_dataWed, 22 Nov 2017 15:31:07 +0000 Lafarge : son béton, sa collaboration avec l’Etat Islamique, sa mise en danger de ses employés… Toute une histoirehttps://reflets.info/?p=38284http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20171120_163102_Lafarge___son_beton__sa_collaboration_avec_l___Etat_Islamique__sa_mise_en_danger_de_ses_employes____Toute_une_histoireMon, 20 Nov 2017 15:31:02 +0000 Dystopie armes autonomes en cours… ne quittez pas, une IA prend votre appelhttps://reflets.info/?p=38349http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20171120_122601_Dystopie_armes_autonomes_en_cours____ne_quittez_pas__une_IA_prend_votre_appelMon, 20 Nov 2017 11:26:01 +0000 Démocratie connectée : politique truquée pour moutons numériques [ils ont tué Filoche]https://reflets.info/?p=38321http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20171119_100529_Democratie_connectee___politique_truquee_pour_moutons_numeriques__ils_ont_tue_Filoche_Sun, 19 Nov 2017 09:05:29 +0000 Un moteur de recherche pour contourner l’interdiction du fichier uniquehttps://reflets.info/?p=38327http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20171118_193425_Un_moteur_de_recherche_pour_contourner_l___interdiction_du_fichier_uniqueSat, 18 Nov 2017 18:34:25 +0000 La Cour pénale internationale pourrait enquêter sur les crimes de guerre américainshttps://reflets.info/?p=38315http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20171118_151231_La_Cour_penale_internationale_pourrait_enqueter_sur_les_crimes_de_guerre_americainsSat, 18 Nov 2017 14:12:31 +0000 AMESys : les méandres d’Internet sont impénétrables…https://reflets.info/?p=38306http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20171116_210312_AMESys___les_meandres_d___Internet_sont_impenetrables___Thu, 16 Nov 2017 20:03:12 +0000 Pour la plupart des développeurs d’Eagle, travailler sur un tel outil ne crée ni débat ni problème de consciencehttps://reflets.info/?p=38278http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20171116_153819_Pour_la_plupart_des_developpeurs_d___Eagle__travailler_sur_un_tel_outil_ne_cree_ni_debat_ni_probleme_de_conscienceThu, 16 Nov 2017 14:38:19 +0000 Qatar : les Fingers de Mr Qatburyhttps://reflets.info/?p=38249http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20171116_092431_Qatar___les_Fingers_de_Mr_QatburyThu, 16 Nov 2017 08:24:31 +0000 Maroc : le Popcorn a explosé sous François Hollandehttps://reflets.info/?p=38243http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20171115_142438_Maroc___le_Popcorn_a_explose_sous_Fran__ois_HollandeWed, 15 Nov 2017 13:24:38 +0000 Maroc : Popcorn, le projet qui n’existait pashttps://reflets.info/?p=38237http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20171115_103217_Maroc___Popcorn__le_projet_qui_n___existait_pasWed, 15 Nov 2017 09:32:17 +0000 AMES, Nexa : bienvenue sur la planète Salieshttps://reflets.info/?p=38163http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20171114_142947_AMES__Nexa___bienvenue_sur_la_planete_SaliesTue, 14 Nov 2017 13:29:47 +0000 La liste des clients de Nexa/Amesys s’allonge : de la DCRI à la Belgique en passant par la Turquiehttps://reflets.info/?p=38148http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20171114_121331_La_liste_des_clients_de_Nexa_Amesys_s___allonge___de_la_DCRI_a_la_Belgique_en_passant_par_la_TurquieTue, 14 Nov 2017 11:13:31 +0000 Armes de surveillance de masse françaises : révélations sur les coulisses d’un commerce mortifèrehttps://reflets.info/?p=38140http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20171114_110115_Armes_de_surveillance_de_masse_fran__aises___revelations_sur_les_coulisses_d___un_commerce_mortifereTue, 14 Nov 2017 10:01:15 +0000 Pourquoi la planète pourrait être sauvée, mais ne le sera probablement pashttps://reflets.info/?p=38123http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20171111_185105_Pourquoi_la_planete_pourrait_etre_sauvee__mais_ne_le_sera_probablement_pasSat, 11 Nov 2017 17:51:05 +0000 Climat, énergie et écologie sont dans un bateau : l’écologie tombe à l’eau…https://reflets.info/?p=38071http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20171110_073050_Climat__energie_et_ecologie_sont_dans_un_bateau___l___ecologie_tombe_a_l___eau___Fri, 10 Nov 2017 06:30:50 +0000 A nos lecteurs : Reflets transphobe ?https://reflets.info/?p=38091http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20171109_182831_A_nos_lecteurs___Reflets_transphobe__Thu, 09 Nov 2017 17:28:31 +0000 Le Pistolet et La Pioche S01E08 : l’Europe veut contourner le chiffrementhttps://reflets.info/?p=38055http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20171108_081624_Le_Pistolet_et_La_Pioche_S01E08___l___Europe_veut_contourner_le_chiffrementWed, 08 Nov 2017 07:16:24 +0000 Paradise papers : le scoop du siècle valide le sacre du totalitarisme globalhttps://reflets.info/?p=38057http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20171107_195600_Paradise_papers___le_scoop_du_siecle_valide_le_sacre_du_totalitarisme_globalTue, 07 Nov 2017 18:56:00 +0000 L’imbécilité de la surveillance massive électronique : la preuve par Breivikhttp://reflets.info/?p=27374http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20171107_191458_L___imbecilite_de_la_surveillance_massive_electronique___la_preuve_par_BreivikTue, 07 Nov 2017 18:14:58 +0000 Zéro réponse… Miam, miam…http://reflets.info/?p=23529http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20171107_155343_Zero_reponse____Miam__miam___Tue, 07 Nov 2017 14:53:43 +0000 Privatisation des voitures-radar : un contrat à haut risque sur le point d’être signéhttps://reflets.info/?p=37851http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20171105_174958_Privatisation_des_voitures-radar___un_contrat_a_haut_risque_sur_le_point_d___etre_signeSun, 05 Nov 2017 16:49:58 +0000 Vouloir gérer l’Etat comme une entreprise : quelles conséquences ?https://reflets.info/?p=37844http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20171105_135539_Vouloir_gerer_l___Etat_comme_une_entreprise___quelles_consequences__Sun, 05 Nov 2017 12:55:39 +0000 BREAKING : Ibiza déclare son indépendance de la Catalogne !https://reflets.info/?p=37830http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20171028_125905_BREAKING___Ibiza_declare_son_independance_de_la_Catalogne__Sat, 28 Oct 2017 10:59:05 +0000 Non, Emmanuel Macron, le premier de cordée ne part pas : il se rend au guichethttps://reflets.info/?p=37812http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20171026_113655_Non__Emmanuel_Macron__le_premier_de_cordee_ne_part_pas___il_se_rend_au_guichetThu, 26 Oct 2017 09:36:55 +0000 Flat tax Macron : des dizaines de milliards évaporés par an, merci qui ?https://reflets.info/?p=37819http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20171026_105333_Flat_tax_Macron___des_dizaines_de_milliards_evapores_par_an__merci_qui__Thu, 26 Oct 2017 08:53:33 +0000 Abdel Fattah al-Sissi : Emmanuel Macron jette une énième pelletée de terre sur la tombe de la démocratiehttps://reflets.info/?p=37807http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20171025_115444_Abdel_Fattah_al-Sissi___Emmanuel_Macron_jette_une_enieme_pelletee_de_terre_sur_la_tombe_de_la_democratieWed, 25 Oct 2017 09:54:44 +0000 De l’indignation et de la propagande en 280 caractèreshttps://reflets.info/?p=37781http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20171023_162053_De_l___indignation_et_de_la_propagande_en_280_caracteresMon, 23 Oct 2017 14:20:53 +0000 Un ancien aspirant gendarme au coeur de la tentative d’attentat dans le 16ème arrondissement ?https://reflets.info/?p=37767http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20171022_142602_Un_ancien_aspirant_gendarme_au_coeur_de_la_tentative_d___attentat_dans_le_16eme_arrondissement__Sun, 22 Oct 2017 12:26:02 +0000 #BalanceTonPorc : l’économie sexuelle libérale détournée au profit du star systemhttps://reflets.info/?p=37773http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20171016_231419__BalanceTonPorc___l___economie_sexuelle_liberale_detournee_au_profit_du_star_systemMon, 16 Oct 2017 21:14:19 +0000 Une vision étriquée de la cyber-guerre : choisir entre les DDoS ou les missileshttps://reflets.info/?p=37754http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20171016_002705_Une_vision_etriquee_de_la_cyber-guerre___choisir_entre_les_DDoS_ou_les_missilesSun, 15 Oct 2017 22:27:05 +0000 240 millions de « profils électoraux » chez Cambridge Analytica : c’est tout bannonhttps://reflets.info/?p=37720http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20171010_195334_240_millions_de_____profils_electoraux_____chez_Cambridge_Analytica___c___est_tout_bannonTue, 10 Oct 2017 17:53:34 +0000 Do you speak FCK MCRN ?https://reflets.info/?p=37740http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20171010_195024_Do_you_speak_FCK_MCRN__Tue, 10 Oct 2017 17:50:24 +0000 Comment le gouvernement US bannit Kaspersky pour l’erreur d’un de ses agentshttps://reflets.info/?p=37695http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20171006_172308_Comment_le_gouvernement_US_bannit_Kaspersky_pour_l___erreur_d___un_de_ses_agentsFri, 06 Oct 2017 15:23:08 +0000 Gérard Collomb, la Loi antiterroriste et la réalitéhttps://reflets.info/?p=37684http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20171004_142012_Gerard_Collomb__la_Loi_antiterroriste_et_la_realiteWed, 04 Oct 2017 12:20:12 +0000 De Franco à Macron : les bégaiements de l’histoire politique à l’épreuve de la réalitéhttps://reflets.info/?p=37662http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20171002_120413_De_Franco_a_Macron___les_begaiements_de_l___histoire_politique_a_l___epreuve_de_la_realiteMon, 02 Oct 2017 10:04:13 +0000 Pierre Dartout, Préfet de la région Aquitaine, Préfet de la Gironde, remis à sa place par un tribunal bordelaishttps://reflets.info/?p=37642http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170928_123028_Pierre_Dartout__Prefet_de_la_region_Aquitaine__Prefet_de_la_Gironde__remis_a_sa_place_par_un_tribunal_bordelaisThu, 28 Sep 2017 10:30:28 +0000 La Loi du soupçon intérieur arrive : place à l’arbitrairehttps://reflets.info/?p=37648http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170927_121120_La_Loi_du_soup__on_interieur_arrive___place_a_l___arbitraireWed, 27 Sep 2017 10:11:20 +0000 Do you speak camarillahttps://reflets.info/?p=37640http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170924_201516_Do_you_speak_camarillaSun, 24 Sep 2017 18:15:16 +0000 Etouffement technologique : quand l’innovation tue le progrès humainhttps://reflets.info/?p=37632http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170923_141403_Etouffement_technologique___quand_l___innovation_tue_le_progres_humainSat, 23 Sep 2017 12:14:03 +0000 Le Pistolet et La Pioche S01E07 : L’économie du Portugal vue par un atterréhttps://reflets.info/?p=37616http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170922_092119_Le_Pistolet_et_La_Pioche_S01E07___L___economie_du_Portugal_vue_par_un_atterreFri, 22 Sep 2017 07:21:19 +0000 Do you speak entre amishttps://reflets.info/?p=37622http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170921_233506_Do_you_speak_entre_amisThu, 21 Sep 2017 21:35:06 +0000 Macron annonce la sortie de l’état de droit : et ça le fait rire…https://reflets.info/?p=37610http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170921_122420_Macron_annonce_la_sortie_de_l___etat_de_droit___et___a_le_fait_rire___Thu, 21 Sep 2017 10:24:20 +0000 Clivage et discours dichotomiques au sommethttps://reflets.info/?p=37604http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170921_094338_Clivage_et_discours_dichotomiques_au_sommetThu, 21 Sep 2017 07:43:38 +0000 Les IA peuvent savoir si vous êtes homosexuel, enfin presquehttps://reflets.info/?p=37599http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170919_173401_Les_IA_peuvent_savoir_si_vous_etes_homosexuel__enfin_presqueTue, 19 Sep 2017 15:34:01 +0000 Verrouillage numérique : l’EFF claque la porte du W3C, parce que bon…https://reflets.info/?p=37593http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170919_161525_Verrouillage_numerique___l___EFF_claque_la_porte_du_W3C__parce_que_bon___Tue, 19 Sep 2017 14:15:25 +0000 Influence et guerre psychologique numérique : Cambridge Analytica opère au Kenyahttps://reflets.info/?p=37576http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170916_185211_Influence_et_guerre_psychologique_numerique___Cambridge_Analytica_opere_au_KenyaSat, 16 Sep 2017 16:52:11 +0000 La NSA, l’Allemagne, Snowden et la géopolitique des câbleshttps://reflets.info/?p=37566http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170915_130736_La_NSA__l___Allemagne__Snowden_et_la_geopolitique_des_cablesFri, 15 Sep 2017 11:07:36 +0000 Grosdidier, un sénateur bien casseroléhttps://reflets.info/?p=37561http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170914_155633_Grosdidier__un_senateur_bien_casseroleThu, 14 Sep 2017 13:56:33 +0000 Au Portugal, on sort de la crise par le mieux-disant socialhttps://reflets.info/?p=37547http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170913_195616_Au_Portugal__on_sort_de_la_crise_par_le_mieux-disant_socialWed, 13 Sep 2017 17:56:16 +0000 Do you speak clownhttps://reflets.info/?p=37543http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170913_110304_Do_you_speak_clownWed, 13 Sep 2017 09:03:04 +0000 Sephora, La Redoute à Roubaix ?https://reflets.info/?p=37536http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170908_174529_Sephora__La_Redoute_a_Roubaix__Fri, 08 Sep 2017 15:45:29 +0000 Le Pistolet et La Pioche S01E06 : Le Hippie et la blockchain, G1 et dividende universelhttps://reflets.info/?p=37527http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170905_204307_Le_Pistolet_et_La_Pioche_S01E06___Le_Hippie_et_la_blockchain__G1_et_dividende_universelTue, 05 Sep 2017 18:43:07 +0000 Emmanuierre Macraz : la gouvernance française bicéphalehttps://reflets.info/?p=37514http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170903_150234_Emmanuierre_Macraz___la_gouvernance_fran__aise_bicephaleSun, 03 Sep 2017 13:02:34 +0000 La haine en partagehttps://reflets.info/?p=37510http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170827_172605_La_haine_en_partageSun, 27 Aug 2017 15:26:05 +0000 Politique truquée et gouvernance par le mensonge : quels résultats ?https://reflets.info/?p=37499http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170826_171712_Politique_truquee_et_gouvernance_par_le_mensonge___quels_resultats__Sat, 26 Aug 2017 15:17:12 +0000 Non, les grenades offensives n’ont jamais été interdites par l’État françaishttps://reflets.info/?p=37479http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170823_163552_Non__les_grenades_offensives_n___ont_jamais_ete_interdites_par_l___Etat_fran__aisWed, 23 Aug 2017 14:35:52 +0000 Attentats : tels des lapins pris dans les phareshttps://reflets.info/?p=37470http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170819_165425_Attentats___tels_des_lapins_pris_dans_les_pharesSat, 19 Aug 2017 14:54:25 +0000 Richard Ferrand s’ubérisehttps://reflets.info/?p=37448http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170814_220046_Richard_Ferrand_s___uberiseMon, 14 Aug 2017 20:00:46 +0000 Fuite de propagande terroriste aux Etats-Unis : plus de 5000 vidéos djihadistes accidentellement en lignehttps://reflets.info/?p=37218http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170809_204502_Fuite_de_propagande_terroriste_aux_Etats-Unis___plus_de_5000_videos_djihadistes_accidentellement_en_ligneWed, 09 Aug 2017 18:45:02 +0000 Au sud-ouest du Mexique, une poudrière appelée Guerrero (2/2)https://reflets.info/?p=37434http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170807_161234_Au_sud-ouest_du_Mexique__une_poudriere_appelee_Guerrero__2_2_Mon, 07 Aug 2017 14:12:34 +0000 Au sud-ouest du Mexique, une poudrière appelée Guerrero (1/2)https://reflets.info/?p=37397http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170806_113617_Au_sud-ouest_du_Mexique__une_poudriere_appelee_Guerrero__1_2_Sun, 06 Aug 2017 09:36:17 +0000 La Frenchtech a-t-elle un problème ?https://reflets.info/?p=37362http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170802_194531_La_Frenchtech_a-t-elle_un_probleme__Wed, 02 Aug 2017 17:45:31 +0000 Le Pistolet et La Pioche S01E05 : Piocher dans l’intelligence artificielle avec Paul Jorionhttps://reflets.info/?p=37391http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170802_174414_Le_Pistolet_et_La_Pioche_S01E05___Piocher_dans_l___intelligence_artificielle_avec_Paul_JorionWed, 02 Aug 2017 15:44:14 +0000 Singularité inversée : quand la stupidité artificielle esclavagise l’homme automatehttps://reflets.info/?p=37368http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170801_182821_Singularite_inversee___quand_la_stupidite_artificielle_esclavagise_l___homme_automateTue, 01 Aug 2017 16:28:21 +0000 Il n’y a pas de crise économique, c’est ballot, non ?https://reflets.info/?p=37322http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170728_194444_Il_n___y_a_pas_de_crise_economique__c___est_ballot__non__Fri, 28 Jul 2017 17:44:44 +0000 Franck Perry, renvoyé en correctionnelle, devient Maire de Vittelhttps://reflets.info/?p=37354http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170728_125705_Franck_Perry__renvoye_en_correctionnelle__devient_Maire_de_VittelFri, 28 Jul 2017 10:57:05 +0000 Les vaccins : irrationalité française et faiblesse du discourshttps://reflets.info/?p=37335http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170727_170743_Les_vaccins___irrationalite_fran__aise_et_faiblesse_du_discoursThu, 27 Jul 2017 15:07:43 +0000 Axelle Lemaire, la cryptographie et la surveillance massive…https://reflets.info/?p=37312http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170725_154653_Axelle_Lemaire__la_cryptographie_et_la_surveillance_massive___Tue, 25 Jul 2017 13:46:53 +0000 Démocratie de consensus : le despotisme doux de Macronhttps://reflets.info/?p=36987http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170722_120236_Democratie_de_consensus___le_despotisme_doux_de_MacronSat, 22 Jul 2017 10:02:36 +0000 Chiffrement : les temps paniquenthttps://reflets.info/?p=37291http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170721_144212_Chiffrement___les_temps_paniquentFri, 21 Jul 2017 12:42:12 +0000 La chute de Mossoul et la fin annoncée de l’Etat Islamiquehttps://reflets.info/?p=37212http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170717_181707_La_chute_de_Mossoul_et_la_fin_annoncee_de_l___Etat_IslamiqueMon, 17 Jul 2017 16:17:07 +0000 De la dystopie actuelle : par delà les apparences, avec Stieglerhttps://reflets.info/?p=37255http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170717_122731_De_la_dystopie_actuelle___par_dela_les_apparences__avec_StieglerMon, 17 Jul 2017 10:27:31 +0000 Emmanuel Macron et les victimes de terrorismehttps://reflets.info/?p=37252http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170714_204350_Emmanuel_Macron_et_les_victimes_de_terrorismeFri, 14 Jul 2017 18:43:50 +0000 Le Pistolet et La Pioche S01E04 : Mais que font-ils avec nos données ? #Spalianhttps://reflets.info/?p=37237http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170713_204315_Le_Pistolet_et_La_Pioche_S01E04___Mais_que_font-ils_avec_nos_donnees____SpalianThu, 13 Jul 2017 18:43:15 +0000 Ouverture surprise du procès de l’attentat du musée Bardo à Tunishttps://reflets.info/?p=37207http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170713_185235_Ouverture_surprise_du_proces_de_l___attentat_du_musee_Bardo_a_TunisThu, 13 Jul 2017 16:52:35 +0000 Transition écologique : quand le marketing énergétique remplace la politique environnementalehttps://reflets.info/?p=37187http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170712_154248_Transition_ecologique___quand_le_marketing_energetique_remplace_la_politique_environnementaleWed, 12 Jul 2017 13:42:48 +0000 Pourquoi faire-simple.gouv.fr quand on peut faire compliqué ?https://reflets.info/?p=37168http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170710_104913_Pourquoi_faire-simple.gouv.fr_quand_on_peut_faire_complique__Mon, 10 Jul 2017 08:49:13 +0000 Démocratie d’apparat : la startup-nation du Jupiter photoshopéhttps://reflets.info/?p=37155http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170708_131949_Democratie_d___apparat___la_startup-nation_du_Jupiter_photoshopeSat, 08 Jul 2017 11:19:49 +0000 Mic-mac immobilier à la mairie de Metz ?https://reflets.info/?p=37162http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170707_182112_Mic-mac_immobilier_a_la_mairie_de_Metz__Fri, 07 Jul 2017 16:21:12 +0000 Technologies à double usage : Bercy à l’origine de l’impunité d’Amesyshttps://reflets.info/?p=37144http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170706_141805_Technologies_a_double_usage___Bercy_a_l___origine_de_l___impunite_d___AmesysThu, 06 Jul 2017 12:18:05 +0000 Thierry Breton et l’asile politique de Philippe Vannierhttps://reflets.info/?p=37137http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170705_075216_Thierry_Breton_et_l___asile_politique_de_Philippe_VannierWed, 05 Jul 2017 05:52:16 +0000 Amesys : #LesDix passés à la question par les enquêteurs confirment l’implication de Philippe Vannierhttps://reflets.info/?p=37134http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170705_074944_Amesys____LesDix_passes_a_la_question_par_les_enqueteurs_confirment_l___implication_de_Philippe_VannierWed, 05 Jul 2017 05:49:44 +0000 Les alternative facts de Trump : un instant dans une évolutionhttps://reflets.info/?p=37107http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170704_164814_Les_alternative_facts_de_Trump___un_instant_dans_une_evolutionTue, 04 Jul 2017 14:48:14 +0000 Selon le FMI, la Finance n’est pas un facteur clef de croissancehttps://reflets.info/?p=37129http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170703_170958_Selon_le_FMI__la_Finance_n___est_pas_un_facteur_clef_de_croissanceMon, 03 Jul 2017 15:09:58 +0000 La surveillance étatique d’Internet fait son entrée dans la présidence Macronhttps://reflets.info/?p=37117http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170701_200957_La_surveillance_etatique_d___Internet_fait_son_entree_dans_la_presidence_MacronSat, 01 Jul 2017 18:09:57 +0000 « Bonjour, ma vie privée n’est pas à vendre »https://reflets.info/?p=37099http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170626_161942_____Bonjour__ma_vie_privee_n___est_pas_a_vendre____Mon, 26 Jun 2017 14:19:42 +0000 Le Pistolet et La Pioche S01E03 : Internet se meurt-il ?https://reflets.info/?p=37094http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170624_003130_Le_Pistolet_et_La_Pioche_S01E03___Internet_se_meurt-il__Fri, 23 Jun 2017 22:31:30 +0000 Faut-il parler aux méchants ?https://reflets.info/?p=37081http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170623_122810_Faut-il_parler_aux_mechants__Fri, 23 Jun 2017 10:28:10 +0000 Le pouvoir des motshttps://reflets.info/?p=37079http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170622_130242_Le_pouvoir_des_motsThu, 22 Jun 2017 11:02:42 +0000 Un homme armé dans un spectacle d’enfants ? Normal…https://reflets.info/?p=37075http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170621_100218_Un_homme_arme_dans_un_spectacle_d___enfants___Normal___Wed, 21 Jun 2017 08:02:18 +0000 Fabriquer de l’Internet, c’est faire de la politiquehttps://reflets.info/?p=37038http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170619_194421_Fabriquer_de_l___Internet__c___est_faire_de_la_politiqueMon, 19 Jun 2017 17:44:21 +0000 Guerre psychologique électorale et big data : un business florissanthttps://reflets.info/?p=36977http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170614_181804_Guerre_psychologique_electorale_et_big_data___un_business_florissantWed, 14 Jun 2017 16:18:04 +0000 Faire de la politique autrement, ou pas…https://reflets.info/?p=37015http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170613_163930_Faire_de_la_politique_autrement__ou_pas___Tue, 13 Jun 2017 14:39:30 +0000 En Marche pour l’Etat d’urgence permanent !https://reflets.info/?p=37003http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170608_212542_En_Marche_pour_l___Etat_d___urgence_permanent__Thu, 08 Jun 2017 19:25:42 +0000 Le jour du début [global zero day] (End Of File)https://reflets.info/?p=36996http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170608_194902_Le_jour_du_debut__global_zero_day___End_Of_File_Thu, 08 Jun 2017 17:49:02 +0000 Le Pistolet et La Pioche S01E02 : « Informatique ou libertés ? »https://reflets.info/?p=36989http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170607_185108_Le_Pistolet_et_La_Pioche_S01E02_______Informatique_ou_libertes______Wed, 07 Jun 2017 16:51:08 +0000 Nous sommes des paysans de l’Internet : achevez-nous… ou sauvez-nous !https://reflets.info/?p=36979http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170606_115854_Nous_sommes_des_paysans_de_l___Internet___achevez-nous____ou_sauvez-nous__Tue, 06 Jun 2017 09:58:54 +0000 Les contenus de Reflets sont désormais réservés à ses abonnéshttps://reflets.info/?p=36964http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170603_125745_Les_contenus_de_Reflets_sont_desormais_reserves_a_ses_abonnesSat, 03 Jun 2017 10:57:45 +0000 Attention : manager un pays comme une entreprise peut nuirehttps://reflets.info/?p=36954http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170602_184333_Attention___manager_un_pays_comme_une_entreprise_peut_nuireFri, 02 Jun 2017 16:43:33 +0000 Premier procès contre la presse de la part de la République en Marchehttps://reflets.info/?p=36908http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170602_155322_Premier_proces_contre_la_presse_de_la_part_de_la_Republique_en_MarcheFri, 02 Jun 2017 13:53:22 +0000 Le Pistolet et La Pioche S01E01 : WannaCryhttps://reflets.info/?p=36939http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170601_201539_Le_Pistolet_et_La_Pioche_S01E01___WannaCryThu, 01 Jun 2017 18:15:39 +0000 Le jour du début [global zero day] (3)https://reflets.info/?p=36930http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170601_174503_Le_jour_du_debut__global_zero_day___3_Thu, 01 Jun 2017 15:45:03 +0000 Richard Ferrand : une certaine éthiquehttps://reflets.info/?p=36904http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170529_232654_Richard_Ferrand___une_certaine_ethiqueMon, 29 May 2017 21:26:54 +0000 Le jour du début [global zero day] (2)https://reflets.info/?p=36850http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170524_120206_Le_jour_du_debut__global_zero_day___2_Wed, 24 May 2017 10:02:06 +0000 Les menstruations de la hontehttps://reflets.info/?p=36857http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170522_214155_Les_menstruations_de_la_honteMon, 22 May 2017 19:41:55 +0000 Les étranges déclarations de Gérard Collomb sur les victimes de pédophileshttps://reflets.info/?p=36854http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170522_112409_Les_etranges_declarations_de_Gerard_Collomb_sur_les_victimes_de_pedophilesMon, 22 May 2017 09:24:09 +0000 Le jour du début [global zero day]https://reflets.info/?p=36808http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170519_172331_Le_jour_du_debut__global_zero_day_Fri, 19 May 2017 15:23:31 +0000 Il serait temps d’arrêter avec cette histoire de Wannacryhttps://reflets.info/?p=36839http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170518_150740_Il_serait_temps_d___arreter_avec_cette_histoire_de_WannacryThu, 18 May 2017 13:07:40 +0000 WNCRY : pénalisons la bêtise numériquehttps://reflets.info/?p=36834http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170517_105004_WNCRY___penalisons_la_betise_numeriqueWed, 17 May 2017 08:50:04 +0000 #LREM : le marketing 2.0 au service de la startup EM à l’Elyséehttps://reflets.info/?p=36806http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170516_171709__LREM___le_marketing_2.0_au_service_de_la_startup_EM_a_l___ElyseeTue, 16 May 2017 15:17:09 +0000 5 ans pour rendre au numérique un peu d’humanitéhttps://reflets.info/?p=36800http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170510_114619_5_ans_pour_rendre_au_numerique_un_peu_d___humaniteWed, 10 May 2017 09:46:19 +0000 De la responsabilité en politiquehttps://reflets.info/?p=36768http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170509_091502_De_la_responsabilite_en_politiqueTue, 09 May 2017 07:15:02 +0000Monter des parties de la population les unes contre les autres a toujours été une technique politicienne fort usitée. Par l’extrême droite en particulier. Surtout par l’extrême droite. Depuis le référendum sur le traité constitutionnel de l’UE en 2005, jusqu’à la campagne présidentielle de 2007, les partis politiques et leurs représentants tentaient surtout de se faire élire en s’opposant sur deux terrains idéologiques bien définis : le libéralisme économique et « le moins d’État » accolé à un conservatisme des mœurs d’un côté, et la transformation de la société par une plus grande redistribution des richesses soutenue par un État providence assumé de l’autre.

Droite et gauche pouvaient ainsi facilement s’opposer sur des sujets tels que : le temps de travail, la sécurité, les services publics, le chômage, l’immigration ou encore la construction européenne. L’extrême droite, elle, venait juste rageusement expliquer que tous les débats de fond et leurs solutions politiques étaient sans issues puisque le cœur du problème n’était pas traité, selon eux : l’immigration. Chacun pouvait alors tranquillement s’écharper de manière établie et conforme à trois visions de la société : racisme et préférence nationale pour l’extrême droite, baisse des impôts, privatisations et performance individuelles pour la droite, renforcement des protections sociales, État providence et amélioration de la répartition des richesses pour la gauche.

Dans ce monde là, l’électeur choisissait en connaissance de cause une « voie » politique avec laquelle il adhérait. Mais depuis un peu plus de 10 ans, ce système de classement à tiroirs a lentement mais sûrement explosé. Jusqu’à créer une bouillie politique informe, incompréhensible, aux lignes tellement floues et en croisement permanent qu’il n’est quasiment plus possible pour l’électeur de s’y retrouver.

Le traité puis Sarkozy et son « ouverture »

Le débat et le vote de 2005 ont été un événement majeur pour expliquer le début de la fragmentation de l’espace politique français. Il a mené à la crise actuelle des repères et l’irresponsabilité caractérisée qui la définit. En 2005, un certain François Hollande se tient derrière un pupitre sur un plateau de télé juste à côté d’un certain Nicolas Sarkozy et défend avec un ténacité remarquable les idées de ce dernier. Un socialiste (de gauche) — secrétaire général du parti éponyme qui plus est — s’accorde pleinement avec l’étoile montante de la droite UMP, ministre de l’intérieur d’un certain Jacques Chirac, sur la signature d’un traité qui gravera dans le marbre une Union européenne anti-sociale, néolibérale, et technocratique.

Si la gauche socialiste plébiscite la même orientation économique et sociale pour l’Europe que l’UMP, comment va-t-il être possible de distinguer les deux camps ? Très difficilement. Au point que 2 ans plus tard, une fois Sarkozy élu, sa « politique d’ouverture » va lui permettre de commencer à souligner cette confusion. Accueillir des socialistes ou assimilés dans son gouvernement, et les voir se précipiter pour appliquer sa politique d’hyper-président réactionnaire (et ordolibérale) inaugure une nouvelle ère qui modifie grandement l’échiquier politique français.

Mais c’est à ce moment là, aussi, que la politique de clivage des populations et de confusions électorales se met en place : la France qui, se lève tôt, les racailles, l’identité nationale, travailler plus pour gagner plus, sont autant de moyens pour Sarkozy de déclarer qu’il existerait plusieurs « France ». D’entamer la guerre du tous contre tous. C’est un moyen de gagner une partie des voix du Front national, mais il s’agit aussi de diviser pour mieux régner. En face, chez les « progressistes » auto-proclamés, même si l’on hurle un peu au loup, la stupéfaction l’emporte sur la capacité à s’opposer. Certains socialistes commencent même à se positionner sur une nouvelle ligne du tout sécuritaire, doublée d’un libéralisme social assumé. Une sorte de sarkozisme « de gauche ». Manuel Valls écrit d’ailleurs un bouquin, et commence son travail de droitisation sociale et économique du PS. Visiblement, la méthode Sarkozy semble payante, alors pourquoi ne pas l’essayer au PS ?

2012 : l’irresponsabilité c’est maintenant !

5 ans d’idéologie de « droite forte », soufflée par Patrick Buisson, laissent des marques politiques, même si l’ouverture à gauche était censée jouer la carte de l’apaisement. Le sarkozisme, dans son volet social et sécuritaire se révèle être une copie politique des programmes du Front national. Il est à peine délimité, pour étouffer les accusations de plagiat ou de limites à ne pas franchir. Pour le reste, c’est la continuation des politiques libérales débutées par Thatcher et Reagan, plus de 25 ans auparavant.

Finalement, la présidentielle propulse François Hollande à l’Elysée, qu’on imagine stupéfait de sa propre victoire. Marine Le Pen fait un score de 18%, quand Hollande est à 28% et Sarkozy à 25%. Le Front national est toujours là, mais pas plus haut qu’en 2002. L’alternance a joué, et normalement, après cet essai du président pro-austérité et pro-europe libérale, tendance sociale d’extrême-droite, qui a augmenté la dette du pays de 600 milliards, il ne devrait pas être très compliqué pour un président socialiste de prendre tout cela à contrepied. Surtout que ce président du changement s’est opposé de toutes ses forces, petits poings levés durant la campagne électorale. Contre l’austérité, contre le traité européen de convergence, contre la finance, cet adversaire sans visage, contre toute la dérive autoritaire de Sarkozy. Hollande va changer les choses. « Le changement c’est maintenant ! » : on peut le lire partout sur ses affiches de campagne.

Et c’est là l’origine, ces 5 années de Hollande, que les 22% du premier tour de Marine Le Pen en 2017 vont se créer. Et les presque 34% de dimanche. Étranglement des classes moyennes avec des hausses d’impôts démesurées pour faire baisser le déficit budgétaire, cadeaux fiscaux aux entreprises de 40 milliards par an, fausse loi sur la séparation bancaire qui en réalité valide la capacité spéculative de ces dernières, attentisme social, aucune hausse du SMIC, application stricte des directives de Bruxelles, le tout dans une communication élyséenne digne d’une téléréalité, avec scandales sexuels et déplacements sur place à chaque fait divers. La marque de Sarkozy est restée gravée sur le front de Hollande qui reproduit, tel un élève, les agitations du maître. La dignité de la fonction n’existe plus et le mensonge prévaut sur la parole engagée.

Le couronnement de la politique ordolibérale de Hollande va survenir avec la nomination de Manuel Valls comme chef du gouvernement et de Bernard Cazeneuve à l’Intérieur : de la gauche revendiquée il n’y a plus que le mot, vidé de sa substance. Loi de programmation militaire, Loi renseignement, État d’urgence, projet sur la déchéance de nationalité, Hollande joue sur tous les tableaux. Il enfile tous les masques et se ridiculise jusqu’à devenir une figure politique honnie : 11% de bonnes opinions, le roi est nu. L’irresponsable « petit chef de l’État » finit par laisser un recueil de confidences être publié. Le mépris et la duplicité qui l’habitent transpirent au fil des pages. Il n’hésite pas à se vanter d’avoir commandité des assassinats d’État. Un cauchemar. « L’irresponsabilité c’est maintenant ! » pourrait être l’épitaphe du deuxième président socialiste de la Vème République.

Macron, Le Pen : le crépuscule de la République

Les deux candidats qui se sont affrontés pour la place en finale sont du même acabit. L’une est spécialiste de la division et de l’ostracisme, l’autre est un spécialiste de la communication et de la langue de bois qui méprise tout ce qui ne le soutient pas directement. Ni gauche ni droite chez Macron, et de droite et de gauche chez Le Pen, qui a entièrement assimilé une partie des programmes économiques de Mélenchon, tout en souhaitant rétablir l’autorité morale d’une droite conservatrice que l’on croyait oubliée (jusqu’à que Fillon ne tente de la ressusciter), et bien entendu soutenue par un nationalisme raciste qui balaye tout.

L’une vocifère contre les 10 ans de politique « UMPS » à la solde de Bruxelles, un message que de nombreux électeurs entendent très bien, et l’autre tente de faire croire qu’il incarne le renouveau, tout en ayant passé le dernier quinquennat auprès de Hollande. L’une veut plus d’État social tout en promettant une société ségrégationniste, raciste, autoritaire et repliée sur elle-même, l’autre appelle de ses voeux plus de libéralisme et moins d’État, dans une « Europe protectrice » accolée à une « mondialisation heureuse ». La confusion est totale, les repères sont explosés. Au point que plus personne ne semble savoir qui représente quelle idée, ou plutôt qui ne représente plus ce qui était autrefois consacré dans les urnes. Il n’y a plus de gauche, plus de droite, plus rien de connu, juste deux ego vociférant, se jetant l’opprobre, prêt à tout faire ou dire pour l’emporter.

Emmanuel Macron est le produit de la finance internationale détestée, des politiques européennes les plus anti-sociales, de l’ordolibéralisme de Hollande le plus socialement destructeur, quand Marine Le Pen est l’expression politique nationaliste, xénophobe et néo-fasciste la plus exécrable et anti-humaniste qui soit.

Ces candidats sont irresponsables. Tout comme les partis qui les soutiennent ou ceux qui ont exercé le pouvoir depuis plus d’une décennie. L’état de déliquescence politique qui règne dans le pays n’est pas dû à une quelconque et soudaine inconscience électorale, ou une lâcheté de la part de ceux qui n’ont pas voulu cautionner cette comédie du deuxième tour. Non, l’état politique, moral, électoral du pays est avant tout le produit de 5 années d’UMP et de Sarkozy auxquelles s’ajoutent 5 années de PS et de Hollande.

Normalement, quand on est élu et qu’on gouverne, on assume ses responsabilités. Malheureusement, ce n’est pas le cas. L’échec est déjà acté avec cette élection basée sur la peur et les menaces. Et ce n’est certainement pas avec la peur qu’on change une société, encore moins avec des menaces. Emmanuel Macron a été élu président grâce à ces phénomènes, et l’on peut se demander s’il va s’en souvenir. Quant aux électeurs, une fois utilisés, en général, ils sont oubliés. Il ne leur reste donc aujourd’hui qu’une dernière carte à jouer : les législatives. Après, viendra le temps des ordonnances (si majorité d’En Marche ! il y a) et le slogan « l’irresponsablité, c’est maintenant ! » pourrait bien redevenir à la mode. Et rebelote. Et dix de der.

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MacronLeaks : anatomie d’un fake, ou la réalité alternative de l’extrême-droitehttps://reflets.info/?p=36781http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170507_200504_MacronLeaks___anatomie_d___un_fake__ou_la_realite_alternative_de_l___extreme-droiteSun, 07 May 2017 18:05:04 +0000Alors que la presse française garde un silence prudent et nécessaire sur les 9 gigaoctets de documents diffusés à la veille du second tour, de nombreux sites d’extrême droite, notamment à l’étranger, publient ce qu’ils croient être des scoops. Ces textes démontrent comment on peut créer une réalité alternative à grands coups de pseudo révélations, basées sur un bout de document. Les auteurs vrillent des morceaux de documents pour valider ce qu’ils voudraient voir. Et qui n’existe pas.

Un article de gotnews permet de démonter le délire dans lequel vivent ces gens-là.

Première « révélation » de l’article, Emmanuel Macron aurait reçu un mail de « VestiaireGay » et serait donc homosexuel. Un raccourci intéressant. Vu le nombre de spams incroyables que chacun reçoit chaque jour, nous sommes tous probablement échangistes, drogués et très intéressés par le Viagra. Il convient par ailleurs de noter qu’il n’y a pas de contenus de mails d’Emmanuel Macron dans le leak qui agite les gens d’extrême-droite.

« For example, why is Emmanuel Macron on the mailing list of VestiareGay?
Mailing lists like this are opt-in only. This image was found in an e-mail addressed to Emmanuel Macron. »

L’email en question est un évidemment un SPAM, qui plus est envoyé à l’assistant parlementaire d’Alain Tourret, Françis Amorim Machado, pas à Emmanuel Macron lui-même.

« L’article » passe ensuite aux choses sérieuses. L’assistant parlementaire d’Alain Tourret aurait commandé, pour le compte de ce dernier (70 ans au compteur) ou pour son propre compte et à trois reprises, de la drogue sur un site, en payant en Bitcoins.

 

 

Si l’on cherche dans la chaînes de bloc Bitcoins, on trouve en effet trois transactions dont les dates et montants correspondent, ainsi que les adresses Bitcoin de destination des paiements indiqués dans les emails de Buckled. Mais contrairement à ce que prétend Gotnews, rien ne relie les adresses Bitcoin utilisées à Alain Tourret ou à son assistant. L’information ne se vérifie donc que si les emails sont authentiques. Or, on peut légitimement supposer que ces derniers peuvent avoir tout à fait été « forgés ». Il s’agit d’une opération pas très compliquée.

De manière assez amusante, si l’on remonte l’adresse Bitcoin utilisée sur certaines transactions, on tombe selon toutes les apparences sur un pool de minage Bitcoin, pas sur un site de change. L’idée d’un parlementaire français, septuagénaire qui plus est, en train de miner du Bitcoin en fera sans doute sourire plus d’un.

Une commande de « c.. » pour Emmanuel Macron ?

Et la drogue, c’est visiblement un truc qui plait chez Emmanuel Macron puisque nos experts en scoops découvrent, disent-ils, qu’un mail annonce la commande de cocaïne pour Emmanuel Macron lui-même…

« But the drug use comes even closer to the man who wants to be the next President of France in an e-mail from Raphael Colhoun, Director of Finances, to the Vial household shortly before an exclusive party that campaign executives were attending. The email consists of a single line: “don’t forget to buy c. for the boss” »

Dans une photo d’un écran on peut voir, à l’appui des allégations, que Raphael Coulhon, à la direction des affaires finances d’En Marche, écrire à son destinataire « VIAL Domicile » (que Gotnews se représente être la gouvernante ou la femme de ménage d’Emmanuel Macron) d’acheter de la « c.. » pour le « boss ».

Mince…

Seul petit ennui, aucune trace de ce mail dans le leak. Ni aucune « VIAL Domicile ».

On retrouve toutefois une certaine Domitille VIAL, responsable commerciale d’un hôtel Mercure à Lyon. Rien à voir avec la supposée femme de ménage qui pourrait acheter de la cocaïne pour Emmanuel Macron… Et bien entendu, aucune mention d’un achat de « c.. ».

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L’extrême-droite, la réalité et le Canard Enchaînéhttps://reflets.info/?p=36776http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170507_160323_L___extreme-droite__la_realite_et_le_Canard_EnchaineSun, 07 May 2017 14:03:23 +0000C’est toujours intriguant d’observer les gens d’extrême-droite. Sont-ils idiots, sont-ils dingues ? Vivent-ils dans une réalité alternative, l’ont-ils forgée eux-mêmes ? Se laissent-ils tous embarquer dans cette réalité alternative parce qu’elle colle au monde tel qu’ils aimeraient qu’il soit ? Mystère. Toujours est-il que depuis quelques heures, circule un pseudo tweet du Canard Enchaîné que voici :

Votre serviteur est assez bien placé pour savoir que ce tweet n’existe pas. Voici une copie d’écran du fil du @canardenchaine :

 

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Salauds d’abstentionnistes…https://reflets.info/?p=36760http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170502_231528_Salauds_d___abstentionnistes___Tue, 02 May 2017 21:15:28 +0000Il est aisé d’entendre les appels à voter Emmanuel Macron, tout comme ma génération avait été contrainte de voter Jacques Chirac, la mort dans l’âme. Bien entendu, personne de sensé ne veut de Marine Le Pen à la présidence de la République. Où, comme le rappelle le Canard Enchaîné de demain, elle aurait parfaitement le pouvoir de changer tant de choses que nous serions tous une cible dans une dictature molle ou dure. Edwy Plenel a résumé dans un article très pertinent les raisons d’un vote pour Emmanuel Macron. Mais au delà, doit-on vouer aux gémonies ceux qui refuseront de glisser un bulletin Emmanuel Macron dans l’urne, au risque d’augmenter un peu les chances de Marine Le Pen ?

Il ne faudrait pas oublier que le vote n’est pas obligatoire. S’abstenir ou voter blanc est une option que la démocratie nous offre. La saisir n’est pas pour autant un acte anti-démocratique ou pro-Le Pen.

En outre, le vote pour une personne est une adhésion à un programme politique. Voter pour quelqu’un dont on ne soutient pas le programme est une démarche complexe, pour ne pas dire autre chose.

Les politiques et les éditorialistes nous abreuvent de discours culpabilisants, au cas où nombre d’entre nous refuseraient de soutenir le dernier rempart contre Marine Le Pen, c’est à dire Emmanuel Macron. Soit. Mais peut-on, l’espace d’un instant, poser la question : qui est responsable de cette percée de Marine Le Pen ? Les abstentionnistes ? Ceux qui votent blanc ? Ceux qui ont voté Jean Lassalle ?

Bien entendu, les premier responsables sont ceux qui ont été assez décérébrés pour lui donner leur voix. Ceux-là mêmes qui plébiscitent le nationalisme, le repli sur soi alors qu’ils se sont laissés entraîner dans une société où l’acte de consommation devient la seule perspective ayant un sens. Cette consommation d’objets inutiles et toujours provenant, justement, de l’étranger. Chez ces gens-là, Monsieur, on n’est pas à une contradiction près.

Mais ils ne sont sans doute pas seuls en cause. Et leur choix n’est probablement pas un choix défini sans aide extérieure.

On peut sans aucun doute blâmer les partis politiques qui se sont illustrés au fil des ans, en se mettant au centre d’affaires financières au point de devoir changer de nom régulièrement (RPR, UMP, Les Républicains), sans jamais parvenir pourtant à assainir leurs pratiques illégales et au détriment de l’intérêt général. Leurs leaders politiques se sont illustrés : Georges Pompidou, Valéry Giscard d’Estaing, François Mitterrand, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy, François Hollande, François Fillon, Marine Le Pen, Jean-Marie Le Pen, on en passe.

Sur un plan purement politique, les choix de société proposés par un Nicolas Sarkozy peuvent également expliquer bien des choses : un monde du chacun pour soi et du moi d’abord, un monde où la loi du plus fort prime, un monde où les magistrats sont traités par le président de la république de « petits pois ». Un monde où le président décrète l’utilité d’un infâme débat puant sur l’identité nationalelibère de la parole raciste, tout cela a abouti à une fracturation de la société qui n’a plus de but commun, et sans doute même plus celui de faire barrage au Front National comme en 2002. La chasse aux électeurs de Marine Le Pen opérée par Nicolas Sarkozy sur les conseils de Patrick Buisson ont également contribué à banaliser les idées du Front National puisque diffusées par un membre de la frange « républicaine » du spectre politique français.

Plus récemment les renoncements, les promesses non tenues, le virage à droite ou à tout le moins vers une société à forte composante sécuritaire de François Hollande ont probablement contribué à essorer ceux qui avaient encore une once de sentiment d’appartenance à un groupe, ceux qui pensaient encore qu’un bulletin dans une urne pouvait contribuer à changer le monde.

« Le populisme, c’est aussi se foutre du « peuple » en prétendant parler en son nom« , conclut Eric Emptaz dans son éditorial du Canard Enchaîné de demain. En effet. Mais si l’on décidait d’examiner le degré de populisme de chaque homme politique Français, on aurait sans doute des surprises. Et l’on comprendrait sans doute mieux le résultat des élections récentes. Le nombre de personnes comprenant le sens du mot populisme de cette manière et désignant les politiques comme tels est sans doute en croissance permanente. Leur réponse à cette prise de conscience explique aussi, au moins sans doute en partie, les résultats de Marine Le Pen. Mauvaise réponse à une situation, mais réponse avec laquelle il faut compter.

La presse à le front bas…

Dans cette montée en puissance de Marine Le Pen, il ne faudrait pas oublier le rôle de la presse. Les multitudes de Unes des hebdos sur le « péril » que représenterait l’Islam n’a sans doute pas manqué de contribuer à ancrer cette peur d’un hypothétique envahisseur, cet « autre » qui trouble tant le français de souche, celui qui oublie que la République est un ensemble composé de branches qui poussent au fil du temps sur le même arbre. Mais la France a du mal à se défaire de son antisémitisme historique et de son islamophobie plus récente. La peur du « cosmopolitisme » supposé n’est pas nouvelle. Il suffit de souffler sur les braises pour que la flamme se ravive.

La presse encore qui a invité ces dernières années à demeure les tenants de ces délires hystériques qui travestissent la réalité pour instiller la peur, ce moteur de haine qui sert tellement bien Marine Le Pen. Eric Zemmour qui s’illustre depuis des années au Figaro, sur RTL, France 2, Paris Première, i-Télé, Canal +, la chaîne Histoire, M6… n’aurait jamais eu la visibilité qui est la sienne si les responsables de ces médias avaient décidé en conscience de lui couper le micro. Que dire de Yvan Rioufol (Le Figaro, i-Télé, RTL), Catherine Nay, Eric Brunet, Michel Onfray, Alain Finkielkraut, Bernard Henry-Levy, André Bercoff, on en passe… Tous invités, ré-invités, à demeure. Tout comme les nouvelles têtes du Front National qui sont les vedettes incontestées des chaînes d’information en continu, tel Florian Philippot. Aurait-il pu dérouler sa « dédiabolisation » supposée du Front National s’il n’avait pas été autant présent sur tous les plateaux télé ?

Et la Démocratie dans tout ça ?

Mais pourquoi ce parti dont des branches ont pourtant été dissoutes par l’État a-t-il toujours pignon sur rue ? Pourquoi la Démocratie tolère-t-elle un parti qui s’est juré de la mettre à bas ? Revoici donc la question de première année de philosophie du Droit (nous invoquons ici Maître Eolas) : jusqu’où la Démocratie peut-elle aller dans sa lutte contre ceux qui veulent sa mort ?

On peut faire un petit détour à ce stade vers les réponses que les démocraties ont apporté au terrorisme. En adoptant les méthodes de ses ennemis, la Démocratie se renie elle-même et bascule dans « autre chose ». Elle pave le chemin de ses contradicteurs comme le Front National. Ce dernier trouverait par exemple, s’il parvenait au pouvoir, tous les outils nécessaires et mis en place depuis que sévit Nicolas Sarkozy, puis François Hollande, pour écraser toute contestation.

Blâmer les abstentionnistes ou ceux qui voteront nul est une réaction épidermique. C’est planquer sous le tapis en urgence la poussière accumulée depuis des années dans les armoires. Par les partis politiques et leurs leaders, certes. Mais aussi par la presse.

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Médecine : comment éviter la macronite aigüe sans risquer la lepénisation cérébrale ?https://reflets.info/?p=36741http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170428_181335_Medecine___comment_eviter_la_macronite_aigue_sans_risquer_la_lepenisation_cerebrale__Fri, 28 Apr 2017 16:13:35 +0000Bonjour, foule d’électeurs en délire, super militants de la dernière heure, zombis démocrates des tréfonds de Facebouc et de Touiteure ! Alors, aujourd’hui, le docteur Menkevick vous la fait courte, mais sans prendre de pincettes. L’heure est grave, il faut bien le dire, puisqu’une épidémie de macronite aigüe est en train de décimer le pays. Mais qu’est-ce au juste ? Et surtout : en se prémunissant de cette infection très contagieuse, ne risque-t-on pas d’attraper une lepénite chronique, comme certains médecins l’expliquent à la tévé ? Mais nan, allez, courage, tu vas voir, c’est pas si douloureux de se vacciner, et en plus ça aide la sécu. Enfin, presque. Parce que c’est pas gagné…

Ferme les yeux, bouche tes oreilles et pense à Brigitte

La macronite se traduit par plusieurs symptômes. Le premier est de rêver [presque] tout éveillé en se disant qu’il y a un « proooooojet » qui arrive et que la France va devenir un paradis économique et social grâce à… et là, paf tu te réveilles en sueur, tu cherches, mais en vain : c’est quoi le projet, bordayle ? Mais bon, tu te rendors, et la macronite te réveille une fois de plus, deux heures plus tard : « c’est notre proooooojet ». A force tu te dis qu’il faut aller voter. Pour que ça cesse, surtout. Mais est-ce que ça va marcher ? (Marcher -> En marche…)

Le deuxième symptôme de la macronite est une cascade de crises d’angoisses à base de défilés nazis et de bannières à la gloire de Florian Philippot qui surgissent à tout moment. Hallucinations ? Possible. Toujours est-il que ces crises te poussent à aller consulter. Les médecins sont connus : Dr Barbier, Dr Joffrin, Dr Salamé, Dr Seux, et même le bon Dr Valls.  Rien à faire, les crises ne passent pas. Prescription sur ordonnance : aller voter. Macron. Sinon, c’est la lepénisation cérébrale qui te guette, on te l’a expliqué, c’est clair. Et Brigitte dans tout ça ? Tu penses très fort à elle quand tu vas aller pousser ta petite enveloppe dans l’urne. Imagine là en petite tenue, c’est mieux. Ca aide. Si tu es une femme, pense à Emmanuel dans son petit costard, mais sans le bas, en caleçon avec la cravate un peu de travers et les yeux brillants.

La lepénite chronique c’est quoi ?

C’est assez simple. C’est une maladie qui sévit depuis en gros 1986, et qui contamine la population française par vagues. D’un seul coup les gens se disent : « Ouais y en a marre, tous des cons, des corrompus, si on essayait les autres jobards ?« . Et puis ça redescend, ça remonte. Mais à chaque fois, tout le truc c’est que personne n’y croit vraiment. Parce que ce sont vraiment des jobards. Le comptage des contaminés a été fait : ils sont aux alentours de 8 ou 9 millions, et en période de crise, ils peuvent monter à 12 ou 13 millions, grand maximum. De toute manière, les cerveaux sont déjà contaminés depuis belle lurette. Et en plus, certains disent même que la macronite est en réalité une résultante du virus de lepénisation cérébrale. En fait les deux sont liés. Donc, quand tu vas te soigner de tes peurs générées par la macronite, tu contamines plein de gens en les lepénisant du cerveau. C’est un truc de vases communiquants, et chronique en plus, la lepénisation cérébrale.

Mais que va-t-on devenir ?

On va devenir rien de plus ou de moins que ce qu’on est déjà : un pays remplis de gens bien contaminés qui se réveillent avec de la fièvre tous les 5 ans. Et que font-ils au lieu de se reposer, de prendre du repos pour essayer — peut-être — de tenter de se soigner ? Ils s’agitent encore plus et excitent les virus, accentuent l’état général déplorable du pays. Et alors la lepénisation cérébrale grandit, encore et encore. Et c’est là que c’est intéressant. Parce que quand la lepénisation cérébrale sera arrivée à son point culminant, plus rien ne pourra l’arrêter. Et ce sera une contamination massive. Les médecins les plus éminents (Barbier, Joffrin, etc…) pourront alors toujours prescrire des doses massives de vaccins à ceux qui auront résisté, ça ne servira plus à rien.

C’est ballot, hein ?

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Vittel : le premier adjoint du maire renvoyé devant le tribunal correctionnelhttps://reflets.info/?p=36737http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170428_164232_Vittel___le_premier_adjoint_du_maire_renvoye_devant_le_tribunal_correctionnelFri, 28 Apr 2017 14:42:32 +0000Nous vous parlions ici de l’ambiance à l’hôtel de Vittel il y a quelques jours. Franck Perry, premier adjoint du maire, en charge notamment des finances et de l’économie, était convoqué le 26 avril pour une procédure de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité. Selon nos informations, le magistrat qui a reçu Franck Perry n’a pas souhaité homologuer cette procédure et a renvoyé Franck Perry devant le tribunal correctionnel le 6 juin à 13h30. Peut-être le magistrat a-t-il jugé que les faits (usage de faux en écriture et escroquerie) relevaient plus du tribunal que d’une procédure de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité ?

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La prière qui n’a pas sauvé François Fillonhttps://reflets.info/?p=36733http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170426_180020_La_priere_qui_n___a_pas_sauve_Fran__ois_FillonWed, 26 Apr 2017 16:00:20 +0000Vendredi dernier, c’était veillée d’arme pour les cathos fillonistes. « Adorons le Seigneur. Quelle foi pour la France ? » A la basilique Notre-Dame-des-Victoires à Paris, ils étaient conviés à « une veillée à caractère exceptionnel pour la France ». Rien que ça. Au menu : enseignement du père Nicolas Buttet, un Suisse fondateur d’une communauté tradi, messe, adoration. « Une démarche aussi patriotique que spirituelle, une rencontre à ne pas manquer », dixit le tract bardé de bleu-blanc-rouge. « Pas question de donner de consignes de vote, mais simplement de proposer des éléments de discernement », déclare l’organisateur Semeurs d’Espérance. Pendant la veillée, entre allusion aux manifs pour tous, accepter « l’imperfection de nos politiques », on est prié de lire entre les lignes. « C’est incroyable, nos candidats ne sont pas des saints », lance le prédicateur. L’assemblée rit au diapason. « Nous faisons l’acte le plus révolutionnaire qui existe, déclare le curé suisse. Nous sommes des insurgés de Dieu. Nous proclamons le primat de Dieu dans nos vies et dans la société civile et politique. » Mais pas un mot pour le policier tué. Adhérent de Flag, l’association LGBT de la police et pacsé, il n’entrait sans doute pas dans les critères de la Manif pour tous…

Mais c’est à la buvette après la prière que les participants se lâchent. « Dans la demande de justice dans la société actuellement, je vois l’Antéchrist à l’œuvre », déclare un homme, la cinquantaine, petit foulard en soie autour du cou. Plusieurs jeunes discutent. « Avec ses affaires, Fillon il est vraiment chrétien ? J’hésite à voter pour lui… », dit l’un. « Bien sûr, il faut voter pour lui. Avec Fillon, la famille sera au centre. » répond une jeune femme. « Et les juges l’ont innocenté. Je l’ai lu sur facebook, lance une autre. C’est bien un emploi fictif, mais c’est de la faute de son directeur de cabinet qui a fait une erreur. » Vive le royaume de la fake news ! Et de conclure : « Je vais prier pour vous pour que vous votiez pour lui. » Une obsession de nombre de participants : « Fillon, vous êtes sûrs qu’il n’est pas franc-maçon, au moins ? Et Macron ? » D’autres déclarent vouloir voter Dupont-Aignan ou Marine Le Pen « pour le redressement national ». KTO, la télé catho, était venue filmer la veillée pour la diffuser cette semaine. Histoire de chauffer les électeurs pour le second tour, sans doute. Raté ! La prière n’a pas sauvé le petit frère des riches.

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A votre bon coeur, une petite pièce pour papy Le Pen !https://reflets.info/?p=36729http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170425_174838_A_votre_bon_coeur__une_petite_piece_pour_papy_Le_Pen__Tue, 25 Apr 2017 15:48:38 +0000Alors que Marine Le Pen a annoncé qu’elle ne sera pas de la partie pour le traditionnel pataquès du 1er mai devant la statue de Jeanne d’Arc, papa Le Pen, qui ne manque pas une occasion de tacler sa gamine, a pour sa part décidé de conduire « le grand défilé en l’honneur de Jeanne d’Arc et du Travail« . Oui, mais bon, voilà, ça coûte cher d’organiser ce petit rassemblement des ultras de l’extrême droite, qui finit parfois par un lancer de personne ne ressemblant pas à Vercingétorix dans la seine, avec les conséquences que l’on sait : la mort. Alors, papy s’est lancé dans l’écriture d’une bafouille dans laquelle il demande l’obole.

Il lui faut 35.000 euros. Le millionaire de Montretout n’a visiblement plus un rond devant lui, à moins qu’il préfère ne rien débourser, étant désormais hors course (présidentielle) ?

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A Vittel, le bien commun ne coule pas de sourcehttps://reflets.info/?p=36717http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170425_165531_A_Vittel__le_bien_commun_ne_coule_pas_de_sourceTue, 25 Apr 2017 14:55:31 +0000
Photo Harald Bischoff (CC)

Franck Perry, premier adjoint (Finances et économie) au maire de Vittel, comparaîtra ce mercredi 26 avril devant le tribunal de grande instance d’Épinal, dans une procédure de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité. Il s’agit d’une affaire d’usage de faux en écriture et d’escroquerie dans le cadre de son activité professionnelle. Le maire LR, Jean-Jacques Gaultier souhaite se faire élire député. Ce serait donc son premier adjoint, Franck Perry, qui lui succéderait.

L’ambiance à Vittel est visiblement assez particulière. Selon les documents que Reflets a pu consulter, la mairie semble faire peu de cas du bien commun.

Premier point, le laboratoire d’analyses médicales dirigé par le maire, Jean-Jacques Gaultier, a acheté en 2003 une maison 630 000 euros, et réalisé des travaux pour environ 200 000 euros (passés en amortissements et venant en déduction du résultat fiscal de l’entreprise) avant de revendre la masure, treize ans plus tard, à un certain Gaultier Jean-Jacques, pour la somme de… 653 000 euros. La dépréciation des biens immobiliers à Vittel est terrible.  La maison avait été vendue au laboratoire de biologie médicale par la Société des eaux minérales de Vittel, elle-même appartenant au Groupe Nestlé Waters France, entreprise que l’on retrouvera un peu plus bas.

Second point, la deuxième adjointe au maire, Claudie Pruvost, fait l’objet du deuxième signalement au procureur par l’association Anticor.

Ca pompe sec

En 2015, l’élue dirigeait la Commission locale de l’eau (CLE), chargée de trouver une solution pour mettre un terme au déficit de la nappe d’eau Grès trias inférieur (GTI) exploitée principalement par le Groupe Nestlé Waters France – notamment pour sa marque d’eau minérale Bonne source – et par le groupe L’Ermitage. A elles seules, les deux entreprises consomment 47% de l’eau puisée dans cette nappe contre 22% pour les usages domestiques.

La nappe étant en déficit (« on » pompe trop) le Bureau des recherches géologiques et minières (BRGM) a été amené à produire un rapport mettant en garde les autorités. L’État a décidé en 2010 de mettre en place un Schéma d’aménagement et de gestion de l’eau (SAGE) dont l’élaboration est confiée à la fameuse CLE.

Celle-ci a décrété que la solution passait par des économies de la part des particuliers, les utilisateurs industriels n’étant visiblement pas au centre des préoccupations de la commission.

Ce qui a sans doute ravi un certain Bernard Pruvost, mari de Claudie Pruvost, mais surtout, directeur « Recherche et déve­loppement » chez Nestlé. Un léger conflit d’intérêts qui avait sans doute échappé aux deux époux. De nouvelles élections ont eu lieu et Claudine Pruvost n’est plus présidente de la CLE mais « seulement » membre du bureau…

Anticor est revenu à la charge car Claudie Pruvost, multi-casquette, est également représentante du Conseil départemental au Comité départemental de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques (CODERST) où elle a participé à un vote sur une demande d’autorisation de forages sup­plémentaires pour Nestlé Waters. Pourtant, Le CODERST, qui avait été alerté de la situation d’éventuel conflit d’intérêt, n’a pourtant pas demandé à Claudie Pruvost de s’abstenir lors des débats ou du vote. Elle a bien sûr émis un vote favorable sur cette demande.

Reflets a tenté en vain de joindre Jean-Jacques Gaultier, Franck Perry et Claudine Pruvost, tous trois visiblement très occupés.

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LR et le PS hors course ? Attendez une minute…https://reflets.info/?p=36715http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170424_104201_LR_et_le_PS_hors_course___Attendez_une_minute___Mon, 24 Apr 2017 08:42:01 +0000Comme nous l’évoquions hier soir, la droite (LR) et la gauche (PS) traditionnelles sont écartées du second tour de la présidentielle. C’est une première. Tout le monde ou presque y voit un chamboulement, une première qui marque le début d’une grande recomposition du paysage politique français. Salutaire sans doute. Souhaitée par une grande part de la population, assurément. Mais il faut se garder de crier victoire trop vite. Emmanuel Macron, qui a émergé par la grâce des casseroles de François Fillon, et sans parti politique traditionnel, va probablement être élu président de la république. C’est toujours mieux que Marine Le Pen. Mais après…

S’il a annoncé vouloir commencer sa présidence sous le signe des ordonnances, il faudra bien qu’il compose, à un moment ou un autre, avec un Parlement. Et celui-ci pourrait bien être en juin le résultat d’un retour des partis traditionnels.

Déjà, depuis hier soir, les coulisses sont agitées des petites tractations habituelles et chacun prépare son avenir. A droite, tout le monde rêve d’un retrait de Fillon, qui ne l’entend pas de cette oreille et il va falloir s’attendre à des tirs de canons entre amis « ayant les mêmes valeurs » de droite, bien sûr, le tout, pour le bien commun, c’est évident. A gauche, Manuel Valls, Cambadelis, Hamon creusent déjà leurs tranchées.

Les Français voteront-ils en masse pour le nouveau parti déjà presque traditionnel En Marche aux législatives ? Pas certain. Les pro-Mélenchon espèrent prendre leur revanche, les pro-Le Pen rêvent d’une présence importante au sein de l’Assemblée. LR espère ne pas tout perdre… Bref, on retombe sur des partis, des arrangements, tout ce qu’il y a de plus habituels. La grande recomposition n’est peut-être pas pour demain.

En outre, le système (faites clici-clic), ne se limite pas à la sphère politique. Ce groupe de groupes qui compose la strate supérieure de l’organisation de notre société (pour résumer), comprend également les cercles financiers et industriels. Aucun de ces cercles ne veut disparaître ou être mis de côté. Le but principal du système étant de conserver ses positions. Et avec Emmanuel Macron, ledit système n’est pas près de perdre ses positions.

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Bienvenue dans un avenir sombrehttps://reflets.info/?p=36712http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170423_225608_Bienvenue_dans_un_avenir_sombreSun, 23 Apr 2017 20:56:08 +0000
Photo MartinMarazek

Tu t’es vu quand tu as voté ? Ce pourrait être le prochain slogan à la mode. Les Français ont voté dimanche pour le premier tour de l’élection présidentielle. A priori et sauf grosse surprise, Emmanuel Macron sera opposé au second tour à Marine Le Pen. Les commentateurs sont en boucle : c’est un bouleversement dans la Vème république, les « dégagistes » ont gagné, les deux partis traditionnels ne sont pas représentés…

Ce n’est pas faux. La droite (LR) n’est pas au second tour. La gauche (PS) non plus. Les électeurs ont donc cessé de porter au pouvoir des gens qui sont, pour les premiers, empêtrés dans ce que les mêmes commentateurs appellent pudiquement « les affaires » et pour les seconds, des gens qui ont trahi leurs promesses de 2012. François Hollande a plombé le PS avec une efficacité redoutable. L’homme pour qui la finance était l’ennemi (au lendemain de la plus gave crise financière que la planète ait connu) a choisi à peine élu comme secrétaire général adjoint de la présidence un banquier d’affaires, puis comme ministre de l’Economie, de l’Industrie et du Numérique… le même banquier d’affaires… Un certain Emmanuel Macron.

François Hollande, portait tous les espoirs des gens de gauche qui avaient été essorés par Nicolas Sarkozy et ses troupes. Cinq ans de délire total, ponctué par la guerre illégale en Libye, l’infâme débat puant sur l’identité nationale, la libération de la parole raciste, on en passe. Il pouvait tout. Un peu comme Barack Obama qui sortait George Bush aux Etats-Unis.

Il a fait le choix très vite d’un premier ministre copie conforme de Nicolas Sarkozy, petit, excité, adepte de l’ordre imposé à coups de matraques et de 49,3. Il a choisi de poursuivre sur la ligne de son prédécesseur en matière de mise sur écoute de la population avec la Loi sur le renseignement et la Loi de programmation militaire. Des « boites noires » pour les écouter tous…

Bref, il a profondément déçu son électorat qui le lui rend bien en ne donnant à Benoît Hamon, représentant du PS dans cette élection, qu’un peu plus de 6% des voix.

Incohérence

Mais il faut également s’interroger sur les électeurs qui placent au second tour Emmanuel Macron… Qui sont-ils, d’où viennent-ils ? Quels sont leurs réseaux ? Car tout de même, s’il s’agissait de sortir François Hollande, honni, pourquoi voter Emmanuel Macron ? Etait-ce celui qui faisait le moins peur (pas de sortie de l’euro, par exemple) ? En tout état de cause, il a été le ministre de l’Economie et de l’Industrie de François Hollande, l’artisan des lois les plus contestées dans la rue, la Loi Travail et la Loi pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques (dite Loi Macron). Ce qui est contesté dans la rue ne le serait pas dans les urnes ? On vouerait aux gémonies François Hollande, pour porter au second tour celui qui lui a insufflé sa politique économique ?

Pour les électeurs : la peste ou le choléra

L’avenir est sombre… Il va falloir, pour ceux qui veulent toujours participer au grand jeu des élections, choisir entre un ultra-libéral qui ne satisfait pas les gens de gauche ni les gens de droite (qui le prennent pour le fils spirituel de François Hollande et donc un odieux gauchiste) et une néo-fasciste. Elle ne satisfait pas la tranche de gauche, ni une bonne partie de la droite LR, mais peut récolter quelques suffrages des déçus de tout. Et il y en a.

Si les Français étaient assez dingues pour choisir Marine Le Pen comme présidente, il n’y a aucun doute, le pays sombrerait plus vite qu’il ne le faut à un membre du Front National pour évoquer Führer et ses bienfaits supposés.

Si les Français se décidaient pour Emmanuel Macron… Là, ce serait un peu plus lent, mais le pire est à craindre également. Voilà un homme dont on nous dit qu’il veut faire de la France une « start-up nation »… Que ceux qui ont déjà travaillé dans une start-up se lèvent et viennent parler à la TéVé, s’il vous plaît. Une start-up, c’est avant tout des gens qui font du marketing, pour vendre une idée, qui n’ont pas d’argent, qui en cherchent, qui séduisent des investisseurs et qui une fois qu’ils ont 5 millions de users ou de visiteurs, dont 3 millions de bots et 1,5 million de comptes inactifs, revendent leur belle idée une fortune. Avant, si possible, d’aller placer le fruit de leur dur labeur dans un paradis fiscal. En voilà un beau projet : transformer la France en start-up. Avec 90% des employés qui sont des stagiaires ?

Ce soir, l’avenir ni rose, ni bleu. Il est sombre.

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Edito : la France, pays de tous les décalages…https://reflets.info/?p=36694http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170419_165121_Edito___la_France__pays_de_tous_les_decalages___Wed, 19 Apr 2017 14:51:21 +0000
On est quelle année sur cette photo ? En 2017. Ah oui, d’accord, en effet…

A quelques jours du premier tour de l’élection présidentielle, les espoirs, malaises, inquiétudes, interrogations, emballements, énervements sont des sentiments visiblement partagés par une majorité de futurs électeurs. Cette campagne électorale, partie à l’origine pour être ennuyeuse — et encore une fois pliée d’avance entre deux champions PS et LR — s’est vite transformée en épisode de House of Cards, avec des rebondissements tels qu’il est aujourd’hui improbable de prédire avec certitude le résultat du premier tour.

Pourquoi — au delà de la mise en examen de Fillon, des sondages qui font le yoyo, du candidat Macron sans parti et sans mandat mais donné en tête, de l’extrême droite qualifiée depuis six mois (par les instituts de sondage) et de Mélenchon qui semble pouvoir faire la surprise — y a-t-il une tension et une demande populaire aussi forte sur cette élection ?

Le décalage français

Nous sommes en 2017, et la modernité s’est immiscée dans de nombreux fonctionnements socio-économiques français. Hyper connexion, nouveaux modes de travail, d’échanges, de management, de consommation, de prise de conscience : les Français, en grande majorité, ont basculé en très peu de temps dans une nouvelle société faite de nouvelles règles implicites, basée sur des comportements et des attitudes profondément différentes d’il y a quelques années. Cette mutation, puisque c’en est une, s’est effectuée sans que personne ne la décide ou ne la contrôle. Elle est le fruit — majoritairement — d’une « modernisation » du quotidien sous l’effet conjugué d’évolutions technologiques et de changements économiques, poussant de nombreux pans de population à « s’adapter ». Dans le même temps, les institutions, les pratiques politiques, bancaires et financières, n’ont elles, pas bougé d’un iota. C’est ce décalage, profond, entre une population, ses aspirations, son fonctionnement au jour le jour et celui des décideurs politiques et économiques qui est l’un des enjeux majeurs de cette élection, peut-être même son nerf de la guerre. C’est là que les électeurs attendent quelque chose.

Action et vitesse pour le peuple…

Il n’est pas possible, sans créer un fort ressentiment, de laisser la population d’un pays accéder à la modernité tout en verrouillant le fonctionnement politique, social et économique de celui-ci. La modernité dont il est question n’est pas purement française, elle se répand sur la planète entière. Que l’on plébiscite ou non cette modernité, ses principaux ressorts sont contenus dans quelques concepts que les candidats à la présidentielle ont vaguement compris et tentent plus moins adroitement de vendre aux électeurs.

Le premier concept qui caractérise la modernité vécue en 2017 est celui de la participation. Les Français, depuis quelque temps, participent à la discussion globale, s’engagent ou se documentent sur les engagements possibles, dans l’écologie, l’économie solidaire ou participative, l’innovation, etc., sont en perpétuelle effervescence sur des projets citoyens ou de nouvelles formes d’échanges. Ils s’informent. Beaucoup. Réfléchissent, analysent, observent et ont envie de « faire ». Tout est d’ailleurs fait pour les inciter à se pencher sur les « innovations » qui « doivent arriver », qu’elles soient sociales, économiques ou même… politiques.

Le deuxième concept qui caractérise la modernité est la vitesse, et l’espace du possible qui s’ouvre en permanence via les technologies connectées. Chacun peut comprendre la complexité du monde via le réseau. Rencontrer quelqu’un. Vendre, acheter, échanger, rejoindre, créer et partager, financer : les limites à l’activité humaine sont de plus en plus réduites, et la vitesse à laquelle elles peuvent s’effectuer est désormais très grande.

Freins et fermeture pour les dirigeants

La modernité est aussi un grand enfermement devant les écrans, que ce soient ceux qui permettent d’accéder aux « services » du réseau comme les plus anciens, ceux qui diffusent les flux des chaînes de télévision. Il y a comme une sorte de dichotomie entre le potentiel de possibilités offertes par ce nouveau monde connecté et martelé sur les écrans et les réalités de la société — figée — qui entoure chaque citoyen. Le président de la République vit dans un palais couvert de dorures d’où il fait parfois des discours, comme auparavant, les parlementaires continuent à mimer une parodie de débat politique, des lois sans intérêt, de circonstances, d’urgence sont votées, et les déclarations de faillite imminente — sociale, économique, politique — continuent de recouvrir les discours. Dans le même temps, les banques se gardent bien de prêter à l’économie réelle, aux créateurs d’activités, mais continuent à jouer en bourse allègrement avec des lignes de crédit de la BCE aux taux d’intérêts historiquement bas.

Plus la vitesse et les possibilités de faire s’accentuent, plus le politique et le bancaire freinent, verrouillent, et ferment les robinets. Plus la population est en mesure de comprendre et donner son avis, plus elle est mise par le politique et le financier devant des faits accomplis indiscutables et laissée à côté de toute prise de décision. C’est là le grand décalage français actuel.

Des propositions qui cherchent à surfer sur le décalage ?

Bien entendu les candidats à la présidentiel sont au courant de ce décalage, mais ce n’est pas sur ces purs constats qu’ils tentent de créer l’adhésion. Pour la plupart. Leur idée, majoritairement, est de laisser croire que ce qu’ils nomment le « blocage français » serait essentiellement dû à une rigidité du système économique, qui empêcherait les embauches. Puisque pour la quasi totalité des candidats, les problèmes majeurs seraient le chômage et le manque de dynamisme des entreprises.

Il y aurait, selon eux, un décalage entre le « potentiel de la France » et son activité réelle. Les politiques ne voient dans le décalage français qu’un problème de « pouvoir d’achat », de demande de « sécurité » ou de « flexibilité », de « trop d’Etat », ou de « pas assez d’Etat », alors qu’en réalité, c’est une véritable séparation qui s’est créée entre le fonctionnement politique et économique de haut niveau et les gens « normaux ». Ceux qui doivent travailler pour vivre, sans mandat électif ou protection de milieux financiers internationaux, sont en quête de sens mais aussi d’action. Et le monde politique ne propose rien d’autre que de continuer « presque comme avant », avec simplement des aménagements pour faire perdurer le fonctionnement actuel. L’optimiser. Des aménagements plus ou moins violents. C’est sur ces constats, d’un décalage de plus en plus intense que l’élection française se joue, en partie. Reste à voir ce que choisit la majorité, entre les différentes options proposées. Dans tous les cas, la potion risque d’être amère et le chemin difficile après le 7 mai prochain. A moins qu’une véritable alternative n’émerge et ne tente de résoudre — par obligation — ce décalage ? Allons savoir…

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Google et Facebook versus #FakeNews : de la fabrique de l’information vers la fabrique d’opinion ?https://reflets.info/?p=36680http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170418_224107_Google_et_Facebook_versus__FakeNews___de_la_fabrique_de_l___information_vers_la_fabrique_d___opinion__Tue, 18 Apr 2017 20:41:07 +0000La chasse aux fake news est un thème en vogue, qui travaille les sphères politiques, mais pas seulement. Ainsi, alors que le sujet « fausse information » n’a toujours pas été traité de façon intelligente, collégiale et réfléchie, Google et Facebook l’ont déjà plié à leurs propres intérêts.

Sans que personne n’y retrouve à redire ou ne vienne contester cette nouvelle hégémonie des deux plus importantes entreprises californiennes de portée planétaire sur — excusez du peu — la « vérité ». Observation de la « fabrique de l’opinion » par le moteur de recherche internet aux 90% de parts de marché et du réseau social aux 1 milliard 500 millions comptes [plus ou moins] actifs.

Google : sous traitance du fact checking aux médias [très dépendants]

Le système de « détection de fake news » de Google — testé depuis l’automne dans quelques pays — va se généraliser dans les mois qui viennent. Il est assez simple à comprendre, et terriblement inquiétant dans sa forme comme dans son fond (pour qui a une réflexion sur l’information et la construction de l’opinion) : certaines recherches vous donnent comme résultat un lien vers un article accompagné d’un « marqueur de vérité ». Ce marqueur (de « fact checking« , donc) s’affiche en noir et peut avoir plusieurs valeurs : True, False ou Mixture, voire Unproven. Vous cherchez une information sur un sujet, et si ce sujet a été fact checké par un média partenaire de Google dans cette opération-vérité, Google vous indique par avance le « label vérité » donné par le site de fact checking ainsi que le lien vers l’article qui a fact checké ce sujet. Si c’est « True« , l’article explique pourquoi, comme pour « False« , et le label « Mixture » expliquera pourquoi c’est partiellement vrai et faux à la fois, ainsi que Unproven, qui démontre pourquoi ce n’est « pas prouvé »…

Un exemple avec cette information au sujet de la présence de glyphosate dans les aliments, causée par l’utilisation massive de RoundUp, l’herbicide star de Monsanto. Un rapport d’organisations de défense de l’environnement est sorti à ce sujet et a fait beaucoup de bruit aux Etats-Unis en fin d’année dernière. Le rapport indique que Monsanto aurait fait pression pour qu’on ne puisse pas dire que le glyphosate est cancérigène, et donc dangereux.

Le citoyen américain, inquiet, peut donc chercher à en savoir plus sur cette affaire, en tapant sur son moteur de recherche préféré, Google. Et là, par « la magie du fact checking et de la chasse aux Fake news », l’internaute soucieux de vérification et de vérité peut enfin se rassurer : cette information a été fact checkée, et c’est un false qui apparaît.

Le média partenaire de Google, snopes.com a « fait le job » : un article très complet avec une grosse croix rouge explique pourquoi il ne peut pas y avoir de substance dangereuses comme le glyphosate dans les aliments qui ont poussé dans des champs traités au RoundUp. Que Monsanto est parfaitement innocent. Mais l’article ne se contente pas de dire que Monsanto n’a pas fait pression, non. Il explique aussi pourquoi le glyphosate est parfaitement sans danger.

Selon snopes, donc, le rapport « des activistes de l’environnement » ne repose pas sur grand chose, c’est une fake news qui est juste sortie pour salir Monsanto. Heureusement que des médias sérieux sont là pour rétablir la vérité et éviter que les internautes ne se laissent piéger par ce genre de théories du complot ! Et si le site snopes.com est financé par de la publicité, dont des encarts à la gloire de Monsanto, ça n’a aucune espèce d’importance : les journalistes ne sont pas sous la coupe des directions financières des médias qui les emploient, c’est évident, tout le monde le sait, et jamais ils n’iraient publier des articles pour défendre des annonceurs (qui les font vivre).

Des annonceurs dont les chiffres d’affaires sont supérieur au PIB du Portugal. Non, jamais… Quand aux analyses des résidus que le Roundup laisse dans les aliments, et les enquêtes sur le glyphosate dans les aliments en Europe, l’Américain un peu inquiet n’a plus à s’en soucier : le fact checking propulsé par la méta-firme d’indexation planétaire devrait lui suffire. Merci qui ? Merci Alphabet-Google. Et la chasse aux fake news. Les faits, coco, rien que les faits…

Facebook : délation, collaboration et punition

Facebook est une entreprise à l’éthique irréprochable, c’est bien connu. Bien qu’ayant eu quelques déboires avec la justice, Facebook, dont les pratiques en termes d’influence, de manipulation des foules, de pillage des données personnelles sont [un peu] connues depuis quelques années, a décidé d’aider l’humanité à se prémunir des mensonges. Oui, Mark Zuckerberg veut permettre à tous les fans de son réseau social de ne pas tomber dans le piège des théories du complot et des informations fabriquées qui viennent influencer le choix des électeurs ou des consommateurs. Mark est une sorte de bienfaiteur qui veut permettre à tout un chacun de lire seulement « ce qui est vrai », et bannir « ce qui est faux ». Seul le vrai a de la valeur, c’est bien connu. Il faut éviter les discours faux. Et se référer au vrai : comme les discours de Mark Zuckerberg, ce PDG qui continue à expliquer qu’il développe ses outils pour faire du monde « a better place ». Mais oui Mark, on te croit.

Quelles sont donc les solutions de Mark pour chasser les fake news et éclairer les fans de son écosystème soviético-capitaliste réseau social ? La délation pardi ! Chaque facebookien va pouvoir désormais signaler une information qu’il estime « fake », pas claire, sûrement pas vrai, à des polices de l’info médias partenaires (que Mark compte peut-être bien rémunérer, il y réfléchit). Les médias fact checkers vont alors aller vérifier si l’information leur semble [ne pas aller contre les intérêts de leur employeur et de leurs actionnaires ou annonceurs] décidément fausse ou pas. Ensuite, libre à Mark et ses troupes de bannir l’info, le compte qui l’a diffusé de [la prison numérique Facebook] Facebook.

Résumé de la situation (avant suicide collectif)

Il y a de tout sur le réseau Internet. Des gentils, des méchants, du bien, du mauvais, du moyen, du vrai, du faux, du presque vrai, et même du presque faux. Cette trouvaille incroyable, effectuée il y a quelques mois par les observateur du monde du doigt numérique suite à l’intense campagne électorale (de grand n’importe quoi) pro Trump, a de quoi faire frémir la ménagère, et trembler les gens sérieux qui veulent le bien de l’humanité : les politiques et les capitaines d’industrie.

On ne sait jamais, les gens qui votent pourraient avoir envie de suivre d’autres voies que celles qu’on leur martèle à longueur de journées via les canaux officiels à la rentabilité nulle mais achetés des fortunes par des grands industriels. Il est donc temps de faire taire tout ce qui pourrait « fabriquer du doute », les marchands de fake news, ces horribles groupes de l’ombre qui distillent de gros mensonges que les foules plébiscitent à longueur de clics.

Oui, mais non.

La situation n’est pas si simple, loin de là. Qu’il y ait des informations fabriquées pour influencer l’opinion, que des politiques ou des groupe d’influence peu scrupuleux utilisent ces méthodes pour remporter des scrutins, ou créer de l’adhésion, que des fermes à clics diffusent massivement ces informations bidons (ou grâce à des hordes de robots), que le public ne sache pas toujours très bien discriminer ce qui est de l’ordre de l’info bidon ou d’une info fiable, tout ça est certain. Mais il n’y a rien de nouveau sous le soleil. Ce phénomène d’infos bidons existe depuis déjà un certain temps. Et s’il prend de l’ampleur, et s’il doit être observé et traité, cela ne peut pas être effectué par les mêmes qui s’enrichissent avec la diffusion de fake news, justement, et surtout, qui ont capturé la quasi totalité des utilisateurs d’internet dans leurs silos à information. On ne demande pas aux renards de venir garder le poulailler quand on part en vacances…

Quand aux médias partenaires, remarquons que s’ils sont sous perfusion des aides d’Etat ou financés par des annonceurs, leur indépendance vis-à-vis de l’information est plus que contestable. Surtout s’ils deviennent des « gardiens de la vérité » censés chasser en particulier les « ennemis » de ceux qui les nourrissent. Il suffit de se rappeler l’unanimité des médias américains lors du déclenchement de la seconde guerre d’Irak, ou celle des média français à chaque intervention militaire hexagonale pour s’inquiéter de la qualité des chasseurs de fake news à la solde de Google et Facebook.

Mais bien entendu, rien n’est à craindre, en réalité : l’information n’est qu’une suite de faits vérifiables, le journalisme une pratique parfaitement objectivée et définie, et les grandes entreprises américaines de l’Internet, des bienfaiteurs de l’humanité.

Tout le monde peut applaudir et aller se rendormir : il ne s’est rien passé, le contrôle et l’orientation de l’information sur Internet, l’influence sur les foules par les entreprises leaders du réseau n’existe pas. Soyons rassuré : le monde libre terrasse toujours les méchants à la fin.

 

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Les USA et SWIFT : une non révélation qui fait la Une…https://reflets.info/?p=36665http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170417_155613_Les_USA_et_SWIFT___une_non_revelation_qui_fait_la_Une___Mon, 17 Apr 2017 13:56:13 +0000Impossible de passer à côté. Les Etats-Unis auraient hacké SWIFT. De quoi faire sursauter toute personne qui sait ce qu’est ce réseau. Pour ceux qui sont peu intéressés par les histoires bancaires, SWIFT est un réseau bancaire qui permet à une banque A d’envoyer un message à une banque B en lui disant : je débite le compte de mon client C de telle somme et je la porte au crédit de ton client D. Imaginez… Les Etats-Unis seraient au courant des transactions internationales interbancaires. Ca fout la trouille non ?

De quoi faire la Une de toute la presse.

Il y a juste deux ou trois trucs qui clochent.

Premier point, depuis le 11 septembre, les Etats-Unis ont fait en sorte de collecter tout ce qu’ils pouvaient auprès des infrastructures qui s’occupent de transferts de fonds. Cette information est connue depuis très longtemps. Et d’ailleurs, SWIFT l’explique sur son site. Demain, tout le monde s’étonnera de découvrir que les transactions par cartes (Visa, Mastercard, American Express, etc.) sont également pompées par les services américains…

Envoyer des bombes sur la tête des terroristes est une option militaire. Mais elle ne va évidemment pas sans une autre option : celle qui consiste à assécher les moyens de financement des opérations terroristes. Il faut donc conjuguer les bombes (et tous leurs dommages « collatéraux ») à une chasse aux comptes bancaires utilisés par les organisations terroristes. Les Etats-Unis ne se sont pas privés de cette action.

Il n’y a donc rien de neuf dans cette histoire. Mais cela semble mériter la Une. Allez comprendre…

Ensuite, il y a les vieux de la vieille, qui se marrent un coup… Vous m’excuserez cher lecteur, mais à ce stade, je dois passer à la première personne du singulier pour mon récit même si ce n’est pas très journalistiquement correct. En même temps, chez Reflets, on fait du journalisme gonzo, alors… Passer à la première personne du singulier me permet d’ajouter un peu de contexte.

Des banques pas si sécurisées que cela

Figurez-vous que si je me suis intéressé au monde des hackers vers 1993/1994, c’est que l’on découvrait un nouveau réseau, Internet. Et comme je travaillais sur les banques dans un journal financier très sérieux, je savais que leurs réseaux étaient particulièrement bien protégés. Je me demandais donc ce qui se passerait si elles ouvraient une porte sur un réseau public, comme cela commençait à arriver aux Etats-Unis. En France, il faudra attendre 1996/1997 pour que les banquiers abandonnent leur discours commun : « sur Internet ? Il n’y a que des pirates et des pédophiles, on n’a rien à faire là dessus« . Elles décident alors d’y aller sur le mode : « dites, vous, là, au service informatique, il nous faut un site Web en production dans 1 mois, débrouillez-vous avec une queue de budget s’il le faut« . Et les sites bancaires français ont commencé à apparaître sur le Web. Ils étaient faits n’importe comment (article du 03/04/2000) puisque les informaticiens ne connaissaient pas ces technologies, pas plus que les SSII avec lesquelles les banques travaillaient (article du 29/06/2001). Il a fallu quelques années pour que ça se stabilise et pour que ces sites deviennent autre chose que des plaquettes commerciales.

J’ai donc approché quelques groupes de hackers comme ADM, w00w00, Rhino9, L0pht, etc. Ils ont eu l’amabilité de répondre à mes questions techniques de béotien. Cela n’a pas fait de moi un hacker, je suis assez nul en technique et ne code pas. Mais cela a sans doute fait de moi un utilisateur très averti du réseau. Au delà de ça, le temps passant, tous ces hackers sont devenus des amis et nous avons beaucoup échangé. J’ai été pendant des années un observateur taiseux de leurs aventures. Cela m’a permis de comprendre quelques petites choses.

Premier point, les machines connectées à Internet sont généralement accessibles. Surtout pour ceux qui passent leur temps à trouver des failles (zero days) qui, par principe ne sont pas rendues publiques. Elles finissent par fuiter, mais c’est lent (relire mon article récent sur les attributions).

Deuxième point, il y a des hacks qui ne sont jamais racontés dans la presse. C’est très bien comme ça, mais pour ceux qui les connaissent, cela permet de relativiser ceux que l’on découvre dans les journaux.

A titre d’exemple, il y a très, très longtemps, une machine équipée de tous les outils nécessaires pour utiliser SWIFT et se trouvant sur un réseau bancaire a été p0wnée par quelques « informaticiens de talent ». Cela n’a pas fait la Une. Premier point, ils n’ont jamais revendiqué cette opération. Deuxième point, ils n’en ont rien fait. Le fait d’être arrivés là leur suffisait sans doute et ils n’avaient aucune intention de commettre une infraction une fois dans la machine. Plusieurs fois, j’ai même pu les voir réparer les failles et disparaître des machines qu’ils avaient hackées.

A l’époque, les banques étaient de grosses utilisatrices du réseau X25. Et les hackers, eux, étaient des passagers clandestins de ce réseau… C’était une autre époque où les groupes de hackers réunissaient des compétences variées (téléphonie, satellites, réseau, code, applicatif, etc.). Et cette époque m’a permis de relativiser ma certitude du fait que les réseaux des banques étaient très sécurisés.

Bref, accéder à SWIFT n’est pas une nouveauté. Avant les USA et leur volonté de tout traquer, des hackers le faisaient déjà.

Bullshit habituel

C’en est fini des paradis fiscaux… Nous allons traquer les auteurs d’évasion fiscale ! Combien de fois avons-nous entendu ce type de déclarations martiales ces dernières années ? Les récents leaks (LuxLeaks, Panama Papers pour ne citer que ceux-là) ont produit des effets sur les dirigeants politiques. Allez, finie la fraude fiscale…

Oui, sauf que non…

Elle se porte toujours bien. La seule réponse a été double :

  • Créer des listes noires, grises, blanches de pays. Considérés comme paradis fiscaux, ils finissaient dans les listes noires. Mais pour en sortir, il suffisait de signer des accords internationaux de coopération pour dénoncer les méchants fraudeurs. Les paradis fiscaux ont donc décidé de signer des accords… avec d’autres paradis fiscaux. Hop, le tour est joué.
  • Ouvrir, notamment en France, des bureaux de régularisation. Vous avez fraudé ? Il est encore temps de venir vous dénoncer et on règlera tout ça au mieux de nos intérêts communs. Vous paierez une amende et vous pourrez régulariser votre situation et vos fonds.

Pourtant, et ce n’est pas une nouveauté non plus, il n’y a pas de système mieux notarisé que celui des banques. Pas une transaction qui ne soit archivée. Denis Robert s’est époumoné pendant des années à propos de Clearstream sur ce point. SWIFT est un autre notaire des transactions financières. En d’autres termes, si de l’argent est « transféré » dans un paradis fiscal, il y a une trace chez Clearstream, SWIFT, dans la banque de départ. Tracer et poursuivre les exilés fiscaux est probablement l’une des choses les plus aisées du monde pour un ou des gouvernements qui en auraient la volonté. Mais cela ne s’est jamais fait. A part, bien sûr, pour poursuivre les terroristes. Quand ils n’utilisent pas des réseaux intraçables. Allez comprendre…

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On avait dit mollo sur le cyberhttps://reflets.info/?p=36644http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170415_203022_On_avait_dit_mollo_sur_le_cyberSat, 15 Apr 2017 18:30:22 +0000

Les attaques informatiques — souvent désignées sous le terme de « cyberattaques » parce que c’est plus évocateur — donnent parfois lieu à des échanges musclés entre journalistes et gens de la technique. En général, c’est un spécimen de la première espèce qui ouvre le bal, en publiant un article intitulé :

<insérer un nom de pays ici> : des hackers russes soupçonnés d’une cyberattaque

Nous précisons que pour ne vexer personne, nous avons volontairement choisi un exemple tout à fait imaginaire, et que, selon la mode du moment, l’accusation portera sur une équipe de flibustiers chinois, nord-coréens, états-uniens, israéliens, etc. Conséquemment à la publication de l’article, il n’est par rare qu’un technicien (animal sceptique par nature et pas toujours très diplomate) rentre frontalement dans le chou du journaliste émette poliment quelque objection auprès de l’auteur. En cause, la fréquente absence d’éléments techniques probants qui permettraient de soutenir l’attribution d’une attaque à un acteur, ou à tout le moins le caractère contestable des informations produites. En effet, la plupart des articles s’appuient sur les déclarations « d’officiels » d’agences gouvernementales et autres « sources proches du dossier », ou encore sur les témoignages ou rapports « d’experts en cybersécurité » issus d’entreprises spécialisées qu’on imagine pas totalement désintéressées.

Dans ce dialogue de sourds, qui a tort ? Qui a raison ? Faut-il disqualifier d’emblée toute tentative allant dans ce sens parce qu’il s’agit d’un exercice difficile, sinon impossible ? Faut-il tenir compte uniquement des critères techniques ?

Comment fait-on d’habitude ?

Techniquement, l’attribution est effectuée grâce à différents éléments collectés sur le réseau et les équipements de la victime. Il s’agit notamment d’analyser les logiciels malveillants — les malwares — récupérés sur les machines infectées. Les organisations chargées de ces analyses sont assez variées, il peut s’agir des services informatiques de la société visée ou de services gouvernementaux spécialisés, comme l’ANSSI en France. Des sociétés privées (Crowdstrike, Crysys, ESET, FireEye, F-Secure, Kaspersky, Palo Alto Networks, Symantec, PwC, Securelist, SecureWorks, ThreatConnect, Trend Micro, etc.) sont souvent sollicitées car, outre leur expertise, leur nombre important de clients leur permet de constituer de conséquentes bases de données de malwares. Ces bases de connaissances leur procurent des facilités opérationnelles et, par conséquent, un important avantage commercial.

Les analystes étudient les malwares via différentes techniques d’ingénierie inverse (analyse statique, dynamique, désassemblage, décompilation) afin d’en comprendre le fonctionnement, mais aussi d’en extraire des éléments identifiants — des « signatures » — autorisant l’attribution. Ces éléments peuvent aussi être déterminés ou complétés à partir d’autres sources, comme l’analyse du trafic réseau ou des fichiers journaux des équipements de la victime, qui enregistrent certains événements.

Quelles sont-elles, ces signatures ? Il peut s’agir par exemple du type de vulnérabilités exploitées, de composants logiciels spécifiques, d’adresses IP, de protocoles ou des noms de domaines utilisés par les malwares pour se connecter aux serveurs utilisés pour exfiltrer les données, ou à leur infrastructure de contrôle (Command & Control, aussi nommée C&C ou C2), de mise à jour de code (payload servers) ou de phishing, de clés cryptographiques, etc. Ces informations sont ensuite comparées aux traces laissées par les filous lors de précédents abordages contre d’autres cibles et précieusement conservées dans les bases de données des analystes.

Hive, infrastructure de communication de la CIA – Wikileaks

Ils tiennent aussi compte d’autres données annexes, comme les plages horaires pendant lesquelles les malwares ont été compilés ou celles où leurs opérateurs sont actifs, les langages utilisés lors de leur construction, le format des fichiers de configuration, le styles de programmation des développeurs, et tout un tas d’autres « métadonnées ».

Preuves formelles et fausses bannières

Le problème est que, comme nous l’évoquions dans nos colonnes, aucun de ces éléments ne sauraient indépendamment constituer une preuve formelle. Les adresses IP et les noms de domaine peuvent changer, être réalloués à d’autres machines. Les serveurs utilisés sont souvent des relais, parfois eux-même piratés et utilisés à l’insu de leur propriétaires. Les vulnérabilités et malwares peuvent être disséminés puis « reconditionnés ». Quant à la donnée « horaires de bureau », sa fiabilité prête à sourire mais c’est pourtant un élément très souvent utilisé par les analystes… Peut-être à raison, cela dit, lorsqu’il s’agit d’attribuer une attaque à des feignasses de fonctionnaires un acteur gouvernemental.

Rapport « APT28 – At The Center of the Storm » – FireEye

Même les informations considérées comme « très identifiantes », comme les clés cryptographiques, ne le sont, si l’on regarde de plus près, pas tant que cela. Lors de son audition devant la commission au renseignement du Sénat US à propos du piratage du parti Démocrate — les « DNC hacks » qui ont tant défrayé la chronique, le chercheur en sécurité Thomas Rid déclarait :

Les opérateurs russes ont aussi réutilisé des clés de chiffrement sur plusieurs cibles, notamment contre l’artillerie ukrainienne (…), contre une organisation Démocrate à Washington, ainsi que dans au moins 75 implants retrouvées sur un nombre important de cibles dans le monde. Ce chevauchement cryptographique est un lien forensique particulièrement fort, comparable à une empreinte digitale.

Nous reviendrons plus tard sur cette affaire d’artillerie ukrainienne. Pour l’instant, allons fouiner dans les notes de bas de page du compte-rendu de cette audition fort intéressante pour découvrir quels sont ces liens « si forts », cette fameuse empreinte digitale numérique (pun intended).

Il s’agit donc de deux clés pour l’algorithme de chiffrement RC4 retrouvées dans le logiciel, « X-Agent », dont 46 octets sont identiques. Paf ! La preuve irréfutable. Oui mais non. D’abord, pourquoi ne changer que 4 octets ? Tant qu’à faire, autant changer la clé intégralement, le moindre téléphone portable génère suffisamment d’entropie pour cela en quelque secondes, maximum. Ensuite, figurez-vous que RC4 est un algorithme de chiffrement symétrique. Avec du chiffrement asymétrique, où seule la clé publique aurait été embarquée dans le malware, la clé privée étant détenue uniquement par l’opérateur, cela aurait été intéressant. Mais avec du chiffrement symétrique, c’est la même clé qui est utilisée pour le chiffrement et le déchiffrement. À partir du moment où le logiciel est disséminé, la clé cryptographique l’est aussi : elle ne permet plus d’identifier l’opérateur. Soit les zackers sont des billes, soit le choix d’algorithmes de chiffrement symétriques est effectué à dessein.

En effet, pour contrer les velléités d’identification, nos facétieuses fripouilles utilisent des briques logicielles librement accessibles sur Internet, voire y publient tout ou partie des logiciels qu’ils utilisent. L’objectif est, vous l’aurez compris, de brouiller les pistes et de laisser planer le doute sur l’origine de l’attaque. C’est ce que l’on appelle le « déni plausible », ou « plausible deniability ». De plus, une fois qu’un logiciel malveillant a été découvert par un acteur, on peut imaginer qu’il se fera une joie de le réutiliser à son profit, pour monter des opérations sous « fausse bannière » (false flag). Il est intéressant de noter que certains malwares sont en circulation depuis 20 ans. Enfin, nos filous incluent dans leurs outils des informations destinées à tromper les analystes, via l’obscurcissement de code (obfuscation), ou encore en incluant des mots dans une autre langue. Les récentes révélations de Wikileaks sur le Marble Framework de la CIA ont encore une fois confirmé ce type de pratiques.

À qui profite le cybercrime ?

Nous le voyons, si l’on en reste au strict niveau technique, l’attribution est une entreprise fort hasardeuse. Les éléments recueillis constituent un faisceau d’indices qui permettent de déterminer «sans trop de doute » ou avec un « bon niveau de confiance », pour reprendre des expressions souvent utilisées, l’identité du groupe de forbans à l’origine d’un abordage informatique. Paradoxalement, ce sont parfois les données apparemment les moins identifiantes qui peuvent en réalité s’avérer l’être le plus, dans la mesure où elles ont pu être laissées là par erreur par le développeur ou l’opérateur d’un malware, contrairement à une adresse IP, une vulnérabilité, ou un mot qui ne seront pas introduits au hasard dans un logiciel.

Une fois les éléments techniques rassemblés pour attribuer une ou plusieurs attaques à un groupe de canailles du cyberespace, encore faut-il déterminer qui se cache derrière, notamment quand on soupçonne que le groupe en question ait en main une lettre de marque paraphée par un acteur étatique. L’intention derrière l’attaque est complémentaire de l’identification de « qui » en a la capacité : il ne suffit pas de savoir qui s’encanaille, il faut aussi comprendre dans quel but. C’est là où, sans doute, une approche exclusivement technicienne de l’attribution atteint ses limites. Elle permet de déterminer le « comment » et éventuellement le « quoi », mais le processus d’attribution va plus loin, en cherchant à déterminer le « pourquoi » et le « qui ».

Lorsque l’ODNI (Office of the Director of National Intelligence) a publié, en janvier 2017, sa documentation sur l’ingérence russe dans l’élection américaine. Le document a été accueilli avec force couinements de commentateurs (dont ceux de votre serviteur). L’informatique était en effet aux abonnés absents, le « cyber » se résumant à quelques paragraphes noyés au milieu des « fake news», de la propagande de Sputnik ou RT, des trolls pro-Poutine sur les réseaux sociaux ou des accointances supposées de Julian Assange et de Wikileaks avec le pouvoir russe. En février, c’était au tour du DHS (Department of Homeland Security) de publier son rapport sur « GRIZZLY STEPPE » (le joli nom donné par le DHS aux groupes de boucaniers APT28 et APT29). Tout à fait frustrant pour techniciennes et techniciens, les rapports se bornant à donner des informations d’ores et déjà connues, parfois douteuses, et, dans le cas du DHS, des recommandations aux administrateurs de réseaux et systèmes.

Il n’en reste pas moins que les éléments de contexte, notamment ceux portant sur la capacité des attaquants et sur l’intentionnalité de l’attaque, sont déterminants dans le processus d’attribution. Si l’on se demande qui avait intérêt à faire fuiter les emails du Comité national démocrate (DNC) et pourquoi, qui avait la capacité de se maintenir sur ses serveurs et d’y opérer pendant plus d’un an, le gouvernement du gentil Vladounet (on dit Volodya, en russe) arrive en bonne place parmi les candidats. Les sociétés de sécurité privées et les services de renseignement font davantage que collecter des données brutes, ils leur donnent du contexte. Thomas Rid l’explique très bien dans son papier « Attributing Cyber Attacks » :

Ce process d’attribution n’est pas binaire, mais se mesure en degrés inégaux, il n’est pas en noir et blanc, en oui ou non, mais apparaît en nuances.

La plupart du temps, en cas d’attaque, les victimes n’auront que peu d’intérêt à mener à bien le long et coûteux processus d’attribution. Elles colmateront les brèches, feront l’inventaire des dégâts, répondront peut-être à leurs obligations juridiques et ignoreront le reste. Tout est affaire de rapport entre les dommages causés (ou potentiels) et l’investissement nécessaire à l’attribution. Dans le cas de l’élection américaine, cela ne fait guère de mystère : une intrusion dans le processus électoral appelait forcément une réponse politique, et donc une attribution publique. Le contexte alors est tout aussi important — et sans doute aussi plus compréhensible — que les éléments techniques, qui deviennent, malheureusement, relativement secondaires.

50 nuances de cyber

Il est intéressant de noter que la presse joue un rôle fondamental dans le processus d’attribution. En effet, elle est citée de manière presque systématique dans les rapports — en tout cas publics — produits par la communauté du renseignement ou les sociétés de sécurité. Elle est ainsi naturellement une cible lorsqu’il s’agit de rendre publique une attribution, mais elle fait également partie des sources — et donc oriente — les attributions futures.

Revenons à cette histoire d’artillerie ukrainienne, que nous mentionnions plus haut. La firme de sécurité Crowdstrike déclarait en effet que le malware « X-Agent » avait été retrouvé dans une application Android massivement utilisée par les artilleurs ukrainiens. Ce malware aurait, toujours d’après Crowdstrike, permis aux russes de géolocaliser les batteries de D-30 Howitzer pour faciliter la destruction de — excusez du peu — 80 % d’entre elles (ce chiffre provenant de l’International Institute for Strategic Studies). Le même malware, que Crowdstrike et d’autres firmes comme FireEye prétendaient à l’usage exclusif du groupe APT 28, avait aussi été retrouvé lors de l’analyse du piratage du DNC.

Le narratif de Crowdstrike était donc le suivant. Le malware avait servi à frapper l’Ukraine dans un conflit qui l’opposait à la Russie. Donc, il s’agissait d’un malware russe, plus précisément du GRU (le renseignement militaire). Le logiciel n’avait pas été disséminé, les agents du GRU étaient donc les seuls à l’exploiter (ce dernier point figure d’ailleurs dans les conclusions d’une autre société, FireEye). Le malware avait été utilisé pour le piratage du DNC. CQFD, emballé c’est pesé, voilà donc la démonstration faite que les forbans du GRU avaient pris part à l’abordage cybernétique contre le DNC.

L’information avait été reprise assez largement dans la presse, suite à une dépêche de Reuters (le truc à te faire verdir le Décodex : Motherboard, le Washington Post, le Guardian, CBS News,Forbes, Foreign Policy, le Telegraph, NBC News, Numerama, RTS, Le monde informatique, L’usine nouvelle, La Tribune, etc.) et sur les réseaux sociaux… Vous pensez bien, voilà du cyber qui explose avec des vrais cyber-morts et des bouts d’artilleurs éparpillés. La présence du logiciel « X-Agent » étant l’un des principaux éléments cités pour démontrer l’implication d’APT28 et donc du GRU, dans l’attaque contre les artilleurs ukrainiens et dans le piratage du DNC.

Début janvier, un autre chercheur en sécurité, Jeffrey Carr, mettait sabre au clair pour faire des confettis du rapport de Crowdstrike. D’abord, le logiciel « X-Agent » avait été disséminé, ce qui excluait son usage exclusif par APT28. L’application Android vérolée n’exploitait pas non plus le GPS des appareils, d’où une géolocalisation au doigt mouillé basée sur la position des antennes mobiles. En outre, on ne trouvait aucune preuve que cette application ait été installée par le moindre soldat ukrainien. Pour couronner le tout, l’IISS déclarait que le chiffre de 80 % de pertes cité par Crowstrike était tout à fait fantaisiste, et prenait officiellement ses distances. Le ministre de la Défense ukrainien se fendait quant à lui d’un démenti. Oups.

La théorie des artilleurs ukrainiens cyber-vaporisés vacille, et avec elle c’est la démonstration par Crowdstrike de la participation du GRU au piratage du DNC qui chancelle. C’est pourtant l’un des éléments-clés présentés lors de l’audition de Thomas Rid au Sénat américain. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la presse ne se bouscule pas pour mettre en perspective les allégations de Crowdstrike ou d’autres sociétés qui profitent de l’engouement médiatique pour la chose « cyber » pour faire du marketing et vendre leurs compétences (bien réelles).

Pas si élémentaire, mon cher Watson

Il n’en reste pas moins que, selon toute probabilité, le gouvernement russe est à l’origine des attaques contre le DNC. L’alignement stratégique, les méthodes employées et la concomitance des attaques avec une vaste opération de propagande désignent la Russie.

Nous voilà donc revenus à la question de départ, à savoir la pertinence des éléments techniques dans l’attribution des auteurs. On se rend compte de la complexité toujours croissante de naviguer cette mer. Faire l’impasse sur les aspects techniques de la chose est nocif. Ignorer le contexte dans lequel les attaques se produisent, les intentions des auteurs potentiels, les intérêts des différents acteurs impliqués dans l’attribution, la nature de la réponse de la victime et sa stratégie de communication le serait tout autant.

Finalement, si l’anecdote des artilleurs ukrainiens nous enseigne quelque chose, c’est qu’il conviendrait de s’inscrire dans le temps long quand il est question de l’attribution des « cyber-trucs ». Peut-être devrions nous, aussi, prêter l’oreille aux braillements des sceptiques qui nous suggèrent d’y aller mollo sur le cyber.

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Elections, piège à c***https://reflets.info/?p=36636http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170413_110324_Elections__piege_a_c___Thu, 13 Apr 2017 09:03:24 +0000Mes chers compatriotes… Hum… Dans une quinzaines de jours, vous serez appelés à élire votre président. Le chef, quoi. Chef absolu. Bien que présentée comme une démocratie, la patrie des droits de l’homme, la maman des lumières, la France constitue un sujet d’étude pour ce qui est de l’impunité des politiques et plus globalement, du système qui la gère, pour son plus grand profit. Oui, chef absolu… Car il peut décider d’envoyer nos troufions mourir où bon lui semble, pour une bonne ou une mauvaise raison. Même pour effacer les traces de ses propres compromissions avec un dictateur. Absolu parce qu’il peut faire à peu près ce que bon lui semble sans être jamais inquiété par le contre-pouvoir supposé qu’est le Parlement. Combien d’enquêtes parlementaires mettant en cause un président de la république ? Vous allez donc élire quelqu’un sur qui ne s’exercera aucun contre-pouvoir pendant cinq ans. Autant dire, comme Jacques Chirac ou Charles Pasqua (selon les légendes) en leur temps que les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent. C’est à dire vous. Vous allez encore une fois, inexorablement croire tout ce que l’on vous promet (un avenir radieux, ou moins désagréable que votre présent. Et une fois encore, être déçus dans les mois qui suivront les élections. Et cette propension à croire (une fois qui s’apparente à celle des religions) est exacerbée par le fait que vous allez devoir choisir, comme souvent, le moins catastrophique de tous.

Pour ne retenir que ceux qui ont une chance d’être présents au deuxième tour, vous avez le choix entre :

  • Emmanuel Macron, un politique qui promet tout et n’importe quoi pour satisfaire tout le monde, qui ne connait pas les dossiers qu’il évoque et qui n’a pas les moyens d’obtenir une majorité lors des législatives qui suivront.
  • Marine Le Pen, une politique que l’on sait compromise sur le plan financier, dont les membres de son parti sont le plus condamnés en justice dans le spectre politique français. Une politique dont on connaît les penchants habituels familiaux pour le négationnisme et les petites fêtes des partis d’extrême droite européens (pour ne citer que ces travers).
  • Jean-Luc Mélenchon qui promet monts et merveilles et peut séduire les déçus des promesses (mon ennemi c’est la finance…) de François Hollande et du PS en général. Mais qui a un vrai problème avec la contradiction. Ses attaques répétées contre les journalistes qui lui posent des questions auxquelles il ne veut pas répondre laissent présager un avenir peu riant s’il était élu et donc… contesté.
  • François Fillon qui a montré à quel point l’éthique et le respects du bien public étaient importants pour lui. Quant à son programme, il promet du sang et des larmes pour les petits, des brouzoufs pour les gros.

File ton vote ou t’es contre la démocratie !

Oui, on vous demande de confier votre vote, de céder votre part de pouvoir à une personne qui est soit mise en examen, soit insulte les journalistes, soit en délicatesse avec le fisc. Et si vous annoncez que vous n’allez pas voter, il se trouvera mille commentateurs pour vous expliquer que c’est un droit gagné de haute lutte, le coeur de la démocratie, vous vous inscrivez donc dans le camp de ceux qui veulent miner ladite déocratie. CQFD.

Oui…

Mais non…

Le droit de vote ne consiste pas à voter pour voter, à voter pour le moins pire. Le droit de vote, c’est adhérer à des idées qui seront transformées en une réalité, c’est être représenté par quelqu’un qui respecte votre vote, c’est déléguer votre pouvoir à quelqu’un qui vous représentera et qui n’a en tête que le bien commun. Bon courage pour trouver la perle rare.

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Emmanuel Macron veut une cyber-armée… C’est à dire ?https://reflets.info/?p=36625http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170410_225707_Emmanuel_Macron_veut_une_cyber-armee____C___est_a_dire__Mon, 10 Apr 2017 20:57:07 +0000La période électorale est toujours un moment fructueux. Le nombre d’imbécilités débitées à la minute augmente à mesure que la date de l’élection approche. Nous entrons donc dans une période troublée durant laquelle le Littératron (c’est le moment de relire Robert Escarpit) va produire toutes sortes de choses hallucinantes visant à rallier Pierre, Paul, ET Jacques. Aujourd’hui, c’est Emmanuel Macron qui s’y est collé. Figurez-vous qu’il veut une cyber-armée, la « cyberdéfense et la cybersécurité » devant être les « priorités de notre sécurité nationale« . Sans faire appel au compte @traduisonsles, on peut tenter d’analyser ce tweet mémorable du candidat.

Premier point, la cyberdéfense et la cybersécurité deviendront les priorités de notre sécurité nationale. Cela signifie, sauf à parler une autre langue, qu’Emmanuel Macron investira plus de temps et d’argent dans ce domaine que dans le développement d’armes classiques ou de corps d’armée classiques. Il a donc plus peur des hackers russes du FBI nord-coréen que d’une invasion physique de notre territoire ou que, pour pousser plus loin, des actions terroristes de Daesh. Au siècle dernier, l’auteur de ces lignes énonçait peu ou prou la phrase suivante : « la cyber-guerre, ça fait des cyber-morts« . En gros, mieux vaut perdre un serveur qu’une vie. Rien n’a changé. A l’époque, c’était l’armée américaine qui voulait tout faire pour se protéger de la cyber-menace. Aujourd’hui, c’est Emmanuel Macron…

A chacun ses priorités…

Deuxième point, s’il veut une cyber-armée, il serait peut-être utile de définir ce que c’est. Et s’il en veut une, c’est que nous n’en avons pas ?

La cyber-guerre est un roman…

A quoi ressemble une cyber-guerre ? A rien. A quoi servirait une cyber-guerre sans invasion qui la suivrait ?

Ah… Mais, diront ceux qui font commerce de la peur, il se pourrait que cette cyber-guerre ait un but purement économique. Oui, c’est vrai. Et au siècle passé, également, l’auteur de ces lignes publiait un roman qui est encore probablement aujourd’hui, le seul manuel de cyber-terrorisme et de cyber-guerre qui pourrait marcher. Pour autant, il s’agissait d’un roman. Même s’il reposait sur une série de choses réelles et parfois non publiques, il est très improbable que l’organisation décrite dans ce roman puisse voir le jour. Il y a de nombreuses raisons qui expliquent cela. Monter une équipe ayant les moyens de déclencher une cyber-guerre efficace à l’échelle d’un pays, demande des moyens considérables, et surtout, la capacité à recruter des profils très différents. Ces personnes ont la particularité de très mal travailler en équipe lorsqu’elles sont « embauchées ». Il serait donc quasiment impossible de les faire travailler efficacement sur ce projet. Ne parlons pas de leur capacité à garder le secret.

Revenons à la cyber-armée… Elle serait composée de qui, combien de bataillons ? Qui feraient quoi ? Emmanuel Macron, il faudrait nous préciser ces détails.

Car son tweet laisse entendre que nous ne disposons pas de cyber-armée. Ce qui fera sans doute tiquer les gens de la DGSE, de l’ANSSI, de la DGSI, etc., etc.

Cela fera sans doute également sourire les entreprises comme l’ex-VUPEN (c’est un exemple parmi d’autres) qui fournissent des vecteurs d’attaque à des services gouvernementaux pour faire un peu ce que l’on reproche à la NSA ou la CIA ces temps-ci : attaquer des systèmes d’information, les pirater. Ce que réprime le code pénal. Mais c’est un détail.

File les codes !

La sortie sur la cyber-armée a été accompagnée d’une longue série d’inepties sur le numérique et le terrorisme.

Emmanuel Macron, pour résumer, voudrait que les entreprises qui utilisent de la cryptographie fournissent, sur demande, les clefs (lui dit les codes) permettant de déchiffrer les contenus. Qu’un terroriste utilise Telegram, Signal ou WhatsApp, peu importe, notre Emmanuel Macron national fera cracher les clefs (comment dans le cas de chiffrement de end-to-end ? Mystère).

Ce que ne dit pas Emmanuel Macron, c’est que dans sa société panoptique rêvée, il y a les citoyens lambda qui sont surveillés par les « boites noires », mises en place par le gouvernement auquel il participait il y a quelques mois, et les autres. Les autres, ce sont tous les politiques (et ils sont nombreux, de Fillon à Montebourg en passant par Macron) qui utilisent des machins comme Telegram ou WhatsApp pour échapper aux écoutes existantes dont ils connaissent visiblement l’étendue. Ce qu’il ne dit pas non plus, c’est qu’il est fort improbable que des juges s’intéressent aux contenus de leurs discussions chiffrées. Qui doivent pourtant être fascinantes.

Emmanuel Macron veut du panoptique pour les autres. Mais il n’est pas le seul. Les politiques, de gauche comme de droite, veulent étendre encore les pouvoirs des services en matière de surveillance. Et vous allez le voir, on est assez proche de franchir un cap que nous évoquions déjà lors du vote de la loi sur le renseignement.

Une orgie de métadonnées…

Nous avons sollicité en vain la députée Patricia Adam (PS), co-auteur d’un passionnant rapport relatif à l’activité de la délégation parlementaire au renseignement pour l’année 2016, pour une interview.

Cette délégation, au nom des parlementaires, et donc des représentants supposés du peuple, se prononce pour quelques trucs anodins…

On trouve ainsi page 78 du rapport cette proposition visant à procéder à des interceptions en temps réel chez les opérateurs sous forme de (batchs) listes. Explication : les « boites noires », les Algorismes© de Bernard Cazeneuve, vont remonter tellement de suspects avec les signaux faibles repérés, qu’il sera impossible de traiter toutes les demandes d’interceptions en temps réels que cela impliquera. Il faudra donc passer d’autorisations individuelles d’interceptions à des « listes fournies par les services de renseignement« .

Les lecteurs réguliers de Reflets l’auront compris, ça va carburer dur du côté d’IOL.

Emmanuel Macron ou Patricia Adam ne le savent peut-être pas, mais l’infrastructure permettant de faire ce genre de choses existe déjà.

Paye ta classe B…

Nous nous étions émus lors de la publication de nos articles sur IOL de la présence d’une fonctionnalité. Dans un projet informatique de cette ampleur, il est rare que les donneurs d’ordre demandent une fonctionnalité pour ne pas l’utiliser. Dans IOL, donc, il y a la possibilité de mettre en place 32 000 règles (d’interception) simultanées chez un opérateur. Il y a surtout la possibilité de créer une règle qui visera une classe d’adresses de type B, soit 65 534 machines à la fois (donc, en mode « délire total » putatif, quelque 2 097 088 000 machines) . On n’est pas encore dans le systématique, mais on est clairement dans le massif. On est en tout cas très très loin de la pêche au harpon décrite par les services de renseignement et les gouvernements successifs, on a quitté les interceptions ciblées depuis longtemps.

Pour parfaire le tableau (démocratique) de la chose, le lecteur aura compris que ces interceptions (IOL) sont des interceptions administratives, c’est à dire des interceptions frappées du sceau secret-défense. Elles ne sont donc soumises à aucun contrôle. Ah… Si, celui de la CNCTR.

Nous allons donc faire un petit a parte pour les tenants du contrôle démocratique de la CNCTR, car le rapport de Mme la députée donne quelques chiffres qu’il faut entourer d’un contexte… Selon le rapport parlementaire, la CNCTR a été saisie en 2015-2016 de 66 000 demandes d’autorisations pour des interceptions.

la CNCTR a rendu 1332 avis défavorables. Parmi les 66 000 demandes, 48 000 sont constituées par des demandes d’accès aux connexions en temps différé. En fait, il s’agit là essentiellement de demandes préparatoires visant à obtenir les coordonnées précises de telle ou telle personne suspectée ; les demandes visant à la récupération des données de connexion stricto sensu sont au nombre de 15 200. Enfin, sur les 18 000 demandes restantes, les interceptions de sécurité représentent environ 8 500 demandes (principalement fondées sur la finalité de la prévention du terrorisme), la géolocalisation environ 2 100 demandes et les autres techniques de renseignement environ 7 400 demandes.

Maintenant quelques opérations pour donner un contexte… La CNCTR a donc fourni, si l’on fait une moyenne, quelque 181 autorisations par jour (elle a 24 heures pour répondre – 72h dans les cas complexes). Pour ce faire, elle dispose de 15 agents et des excellents outils mis à disposition par le GIEC (le même qui supervise IOL). En d’autres termes, et toujours en moyenne, 1 fonctionnaire autorise chaque jour douze interceptions. Un contrôle très pointilleux. Surtout s’il s’agit d’une classe B…

Il lui faut quoi de plus à Emmanuel Macron ?

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Fillon veut porter plainte : ça va chaufferhttps://reflets.info/?p=36622http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170407_184954_Fillon_veut_porter_plainte_____a_va_chaufferFri, 07 Apr 2017 16:49:54 +0000C’est dit : lorsque le rush de la campagne présidentielle sera passé (faut pas pousser), François Fillon va porter plainte contre ceux qui ont sali son honneur avec toutes ces allégations forcément fausses. On ne sait pas si ce sera pour diffamation (la 17ème va s’amuser) ou pour autre chose, mais ça va venir, parole de Fillon (pour ce qu’elle vaut). François Fillon a affirmé avoir les noms de ceux qui ont, selon lui, porté des documents provenant de services de l’Etat au Canard Enchaîné.

Au Canard, on rigole. Comme souvent. Le rédacteur en chef du journal confirme à Reflets.info n’avoir reçu aucun « papier bleu » au courrier (annonce d’une plainte) depuis le début de l’affaire Fillon, ni même de droit de réponse de l’intéressé. « Nous répondrons dans le prochain numéro » , explique Louis-Marie Horeau. Vivement mardi soir…

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L’avenir en commun de Mélenchon : « allons zenfants de l’altermondialisme »https://reflets.info/?p=36547http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170406_193608_L___avenir_en_commun_de_Melenchon_______allons_zenfants_de_l___altermondialisme____Thu, 06 Apr 2017 17:36:08 +0000Parler du candidat Jean-Luc Mélenchon et du programme de son mouvement politique, « La France insoumise », n’est pas franchement aisé. La réalité de la candidature Mélenchon est différente des autres candidats pour une raison simple : il vend en premier lieu un changement de société, via un changement de République. La VIème République.

Il y a 13 points développés dans ce premier thème du programme, et certains intitulés sont inquiétants pour l’électeur désireux de calme et de tranquilité. « Balayer l’oligarchie et les privilèges de caste » (point 2) fait un peu penser à un slogan révolutionnaire à base de piques, de fourches et de têtes plantées au bout. Voyons voir ce qu’il en est :

Le contenu n’est pas à la hauteur de l’intitulé, en fin de compte : le « balayage de l’oligarchie et des castes » se base en réalité sur les préconisations d’Anticor et de Transparency International : c’est de la lutte contre la corruption et le lobbying auprès des parlementaires, ainsi que  la mise au pas du Medef — par sa mise à niveau sur les fonctionnements des syndicats de salariés — qui sont proposées. 1789 est encore loin. Mais pas tant que ça lorsqu’on lit un autre intitulé : « abolir la monarchie présidentielle ». Qu’est-ce donc ? Un assaut de l’Elysée par les membres des constituantes qui pourront pique-niquer autant qu’ils veulent dans le palais présidentiel, avec un président Mélenchon qui dormira dans la cabane de jardin du bâtiment le plus prestigieux de la République ? Pas vraiment.

Là encore, l’intitulé est très ronflant au vu des mesures contenues. Les changements institutionnels proposés sont cependant conséquents : instaurer un régime parlementaire à base de proportionnelle, supprimer le Sénat (remplacé par une assemblée de l’intervention populaire) et supprimer la Cour de Justice de la République (pour renvoyer les membres du gouvernement dans des tribunaux classiques).

De très importants changements seraient à prévoir, en fin de compte, si Mélenchon était élu et appliquait ces réformes institutionnelles. Mais le personnage, ses sorties de route, laissent planer une ombre inquiétante sur sa présidence. Quel président serait Mélenchon, dans sa VIème République, celui qui désigne des journalistes à la foule comme étant « ceux d’extrême droite » ? Un président qui désigne quantité d’ennemis peut-il  parvenir à appliquer un programme ?

Dans le cas où La France insoumise n’obtenait pas la majorité aux législatives, comment serait gérée la cohabitation et comment la VIème République pourrait-elle se constituer ? S’il y a ennemis — comme Jean-Luc Mélenchon ou ses porte-paroles le martèlent — que se passera-t-il pour ces ennemis, comment seront-ils traités par la présidence ? Quel temps sera accordé à la création de cette VIème République ? Quel temps ensuite pour appliquer son programme ? Son ampleur et les résistances qu’il engendrerait laissent envisager un processus long. Très long.

Un programme [très] long qui veut changer le rapport démocratique

Le programme de la France insoumise, « l’Avenir en commun » est long. Très long. Très dense. Il requiert un effort de lecture, il demande de rester concentré pour bien comprendre ce qu’il implique. Parce que ce n’est pas du tout l’équivalent des programmes habituels, et ce, pour une raison simple : il casse d’entrée de jeu les repères, la structure politique que nous connaissons, pour ensuite déterminer les actions que mèneraient un « gouvernement de la France insoumise ». Ce préalable au programme, mais qui fait partie du programme, est — comme indiqué plus haut — la création d’une VIème République accompagnée par des constituantes citoyennes.

C’est un saut [quantique] dans une nouvelle forme de rapports politiques, de rapports démocratiques au système politique. L’idée qui en ressort — mais difficile à envisager dans une réalité politique et sociale concrète future — est que potentiellement, le succès ou l’échec de la constitution de cette VIème République dépendrait plus de la mobilisation des habitants du pays que d’autre chose. De leur capacité à dialoguer, à travailler leur avenir institutionnel en commun, à se remonter les manches.

Mélenchon renvoie les électeurs à leurs contradictions, en fin de compte, et utilise la grogne populaire supposée au sujet du fonctionnement de la Vème République : « Vous êtes mécontents d’être méprisés par l’élite politique, de ne pas pouvoir donner votre avis, vous êtes furieux de l’impunité du politique, et bien je vous donne l’occasion de changer tout ça en écrivant une nouvelle Constitution ». Mais comme rien n’est précisé des modalités de formation des constituantes, ni de l’organisation de toute cette mutation institutionnelle…

Cette « urgence démocratique » mélenchonienne semble risquée. Elle est aussi populiste — au sens où Mélenchon renvoie la population à une faculté (fantasmée ?) de « prise de pouvoir populaire » — au moins partielle — dans le cadre de la création d’une nouvelle forme de « vivre ensemble politique ». C’est radical, c’est anti-conservateur, c’est un coup de pied dans la fourmilière, et c’est une très grosse prise de risque politique et sociétale. C’est ce populisme de gauche, désormais revendiqué, qui est d’ailleurs au cœur du projet.

Mais une fois ces changements institutionnels effectués — si l’on part du principe qu’ils parviendront à être effectués — que propose donc concrètement Mélenchon, devenu ce président aux « pouvoir limités » ? Il ne nomme plus, puisque le gouvernement est nommé par le Parlement, un gouvernement qui détient le pouvoir exécutif et est responsable devant ce même Parlement, le tout avec une Assemblée de citoyens à la place du Sénat ? Il semble que la proposition de Mélenchon soit basée sur un programme anti-libéral, tendance altermondialiste-écononomistes-attérés et social étatique.

Programme de gauche : anti-libéral et d’obédience altermondialiste

Le programme de la France insoumise, « l’Avenir en commun » est radicalement anti-libéral. Si l’on mettait en miroir le programme de Macron ou de Fillon avec celui de Mélenchon, nous obtiendrions une parfaite antithèse politique et économique, ce qui est logique.

Quand la droite veut accentuer la libéralisation de l’économie, la dérégulation par les traités de libre échange, Mélenchon veut encadrer et rééquilibrer les rapports de force dans les entreprises, dans la gestion des rapports sociaux, et « protéger » les échanges économiques internationaux au lieu de les ouvrir un peu plus aux multinationales.

Le programme économique de la France insoumise n’est pas communiste (au sens réel et historique), n’est pas social-démocrate comme celui de Hamon (au sens de conserver les fondamentaux socio-économiques, institutionnels, tout en saupoudrant des mesures pour contrer les effets de la mondialisation et de la dérégulation de l’économie de marché) , il est une forme hybride de socialisme et d’écologie politique, mâtinée d’altermondialisme, de réformes keyneisiennes (politique de la demande) le tout porté par une redistribution potentielle des pouvoirs et des richesses via le préalable de la création de cette VIème République par constituante(s). L’État est donc présent à tous les étages, que ce soit dans les cadres juridiques nouveaux qu’il instaure, dans les financements, les orientations générales, etc.

Les réformes de la France insoumise : des ruptures sans concessions

Le programme contient 7 thèmes avec actions, ou réformes, que ce gouvernement lancerait. De l’urgence démocratique (en 15 actions) dont les changements de politiques pour la lutte anti-terroriste, à l’urgence sociale (qui « mobilise l’argent pour financer les petites et moyennes entreprises », par exemple), l’urgence écologique, à l’Europe en question, les questions de paix, de droits humains, de coopération, le programme de Mélenchon est vaste. Très vaste.  Les 83 actions elles-mêmes déclinées en plusieurs propositions détaillées, rangées donc en 7 grands thèmes, donnent un peu le tournis. Avec plein de promesses qui semblent comme toujours dans le cadre des programmes politiques, pleines de bons sens « populaire » (qui voudrait voir la pollution s’étendre, une médecine faillible, des logements insalubres ou des maladies sexuellement transmissibles qui explosent ?). Mais elles ne sont soutenues par rien de précis dans de nombreux cas. Lutter contre la malbouffe, le sel, le sucre, les graisses, ça ne mange pas de pain (si l’on peut dire), mais comment s’y prend-t-il le président pas monarchique Mélenchon et son gouvernement sous contrôle du Parlement ? Il interdit la malbouffe par décret ?

Généraliser l’économie sociale et solidaire, stopper l’ubérisation des activités : comment, pourquoi faire, avec qui, dans quel but ? Ne pas laisser le champ aux multinationales, on imagine. Mais quelle réforme précise peut le permettre, avec quels résultats économiques, sociaux, envisagés ? L’ESS est un produit marketing qui est déjà dévoyé, très peu développé : peut-il supplanter les 99% d’activités économiques capitalistes classiques sans que des effets de bord surviennent ? Comment tout ça se finance ? Rien n’est abordé de façon profonde dans ce type de propositions du programme de Mélenchon, propositions qui sont bien entendu séduisantes pour l’électeur altermondialiste écolo-socialo-collaborativo-anti-libéral, mais ne reposent sur pas grand chose de concret.

 Et l’Europe (la mère de tous les maux), dans tout ça ?

La « France insoumise » n’aime pas l’Europe actuelle, celle des traités instaurant la rigueur, et veut la changer. Cette partie du programme laisse entendre plusieurs choses contenues dans le préambule :

La « sortie des traités » par abandon des règles existantes, et la négociations d’autres règles : voilà un plan très ambitieux. Une négociation avec l’Allemagne en premier lieu, puis avec les autres états membres, le tout soumis à l’Assemblée nationale et validé par référendum. Ok. Autant dire que cette option semble peu probable. Mais que contient cette proposition ?

Bon, qu’on aime ou pas ces propositions, il semble que dans le monde actuel, elles soient de type « révolutionnaires ». Comment le président (sans pouvoir exécutif) va-t-il faire pour que son gouvernement sous contrôle du Parlement arrive à faire de telles choses ? Mystère. Et le plan B, de sortie de l’UE ? Cela passerait par un référendum, visiblement. Mais qui veut sortir de l’UE ? Il semble que Mélenchon soit revenu sur cette affaire de plan B en Italie, dans un discours. Il s’agirait en fait d’un plan A qui mènerait en cas d’échec à un plan… A. Bref : l’UE, si la France insoumise remportait l’élection de 2017, risquerait de tourner à la foire d’empoigne …

La société de Mélenchon : c’est « beau et ferme » à la fois

Le programme « L’Avenir en commun » est à la fois beau et émouvant pour les journalopes gauchiasses (comme disent les gros fachos), mais ferme aussi, très ferme. Ce programme peut donc tirer des larmes de bonheur et d’espoir aux adeptes de l’argile verte, des colliers en bois ou des alternatives au méchant capitalisme, et surtout en mal de politique anti-libérale, alter plein de choses, avec du social et du solidaire à tous les étages. C’est vrai.

Mais c’est aussi un programme « inquiétant ». Ce président « révolutionnaire », ces mutations profondes de la société, tout cela n’est pas fait pour rassurer ceux qui plébiscitent la stabilité des institutions, ceux qui n’ont pas envie de voir une République parlementaire avec assemblées populaires, ou encore ceux qui veulent conserver l’Europe actuelle, garante de stabilité politique et économique. Bref : « l’Avenir en commun » porté par Mélenchon est un « allons zenfants » plutôt incertain, antilibéral et anti-Europe du traité de Lisbonne. Il s’oppose à la politique monétaire de la BCE, de l’Allemagne, et recycle pas mal d’éléments du fameux programme de Mitterrand de 1981, en l’adaptant au monde moderne. En 1981 c’était « 110 propositions pour la France ». En 2017, ce sont 83 propositions pour la France insoumise.

 

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François Fillon et le cabinet noirhttps://reflets.info/?p=36566http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170403_184149_Fran__ois_Fillon_et_le_cabinet_noirMon, 03 Apr 2017 16:41:49 +0000C’était l’arme fatale pour déclencher sa réhabilitation. Un « cabinet noir » à la solde du pouvoir politique voulait détruire la candidature de François Fillon. Ce dernier a brandi cette accusation pendant l’Emission politique de France2. Il s’est basé sur un livre : « Bienvenue place Beauvau« . Et cela ne pouvait pas mieux tomber. Le bouquin est écrit par deux journalistes du Canard Enchaîné et une journaliste du Point. Le même Canard qui est à l’origine des révélations qui ont mis à mal François Fillon. Une sorte d’aveu, dans l’esprit du candidat des Républicains : les journalistes du journal que mes opposants brandissent en étendard ont écrit un livre dans lequel ils évoquent un cabinet noir au service du pouvoir, c’est donc que c’est vrai, on m’en veut, on veut me détruire ».

Patatras !

Las… L’arme fatale se révèle un pétard mouillé, mais surtout un révélateur de la vision totalement distordue de la réalité que peut avoir François Fillon. A peine a-t-il lancé son accusation en direct à la télévision que les auteurs du livre s’empressent de démentir sur France Info (notamment) l’existence d’un cabinet noir. Ils soulignent qu’ils n’ont pas pu prouver l’existence d’un tel cabinet. Ca fait Pschiiit, comme aurait dit Jacques Chirac.

Mais surtout, François Fillon applique à son propre cas l’existence supposée de ce cabinet noir. Or le livre ne cite que trois fois le candidat des Républicains.

La première pour rappeler que ce dernier avait déjeuné avec Jean-Pierre Jouyet, le secrétaire général de l’Elysée pour obtenir d’un éventuel cabinet noir, ou tout au moins de Hollande, que la justice accélère les procédures contre Nicolas Sarkozy. Histoire de le disqualifier pour la primaire de la droite. L’affaire racontée dans Le Monde avait raffermi encore les relations entre le collaborateur et son ancien patron :

La deuxième citation concerne cette fois les collaborateurs de François Fillon à Matignon. Ils avaient peur d’être mis sur écoute, sans doute par un cabinet noir de Nicolas Sarkozy ?

La troisième citation n’a rien à voir avec des histoires d’écoutes ou de cabinet noir.

Bref, en laissant penser, sur la base de ce livre, qu’un cabinet noir a orchestré une campagne contre lui, Fillon rêve éveillé. Il n’y a pas un mot en ce sens dans ce livre.

Un livre ne fait pas un Canard

Pour ce qui est de l’association entre le livre et le Canard, François Fillon va un peu vite en besogne. Le journal l’a d’ailleurs rappelé dans son édito du 29 mars. Extrait  :

Sauf que ce livre n’est pas le journal et n’engage donc pas « Le Canard ». En outre, s’il évoque la fantasmagorie du « cabinet noir », qui, de Mazarin à Clemenceau, via Fouché et Bismut-Sarkozy, a déjà beaucoup servi, il n’établit en rien l’existence d’un tel cabinet et ne consacre que quelques lignes à l’affaire Fillon. Le livre dénonce, en revanche, un système qui permet au chef de l’ Etat de nommer ses affidés aux postes clés et de faire remonter vers lui toutes les informations sensibles. Un système moyennement républicain qui nourrit, parfois avec raison, des soupçons d’espionnage ou de manipulations. Mais des soupçons ne sont pas des preuves. C’est d’ailleurs, outre leur vision très policière de la politique, le reproche qu’on peut faire aux auteurs : ne pas avoir suffisamment étayé leurs accusations. Quant à la récupération grossière du livre par le clan Fillon pour en tordre à son avantage quelques formulations hâtives, elle frise le ridicule.

[…]

Pour fabriquer les soupçons d’emploi fictif qui valent
sa mise en examen à Penelope Fillon, les notes de lecture à 100.000 euros, les rémunérations rétrocédées des enfants Fillon, les costumes offerts par un donateur sulfureux à François Fillon, les montres, les clients russes, etc., ce n’est pas un « cabinet noir » qu’il aurait fallu, c’est au moins une usine !

La paille, la poutre et tout le reste

En attribuant ses ennuis judiciaires à un cabinet noir, François Fillon exclut qu’ils puissent être simplement dus à son comportement. Il est persuadé – et c’est son droit puisqu’il est présumé innocent jusqu’au jour où il sera peut-être, ou pas, condamné, qu’il n’y a rien dans le dossier. Tout est « construit » pour lui nuire. Il a d’ailleurs indiqué que sa femme ne serait pas condamnée :

« Mon épouse ne sera pas condamnée. Depuis le début je vous le dis, cette affaire a été montée de toute pièce », a déclaré le candidat de la droite à la présidentielle sur BFMTV et RMC. Il a dénoncé « une calomnie dans Le Canard enchaîné« , ou encore « une enquête d’enfer pendant trois semaines, qui ne débouche sur rien ».

« Le dossier est vide », a dit François Fillon. « Si j’avais le moindre doute sur ma culpabilité je ne serais pas candidat à l’élection présidentielle », a ajouté le candidat, lui-même mis en examen.

Et dire que les enquêteurs et les juges perdent leur temps depuis des semaines sur une histoire qui n’en vaut pas la peine. Autant qu’ils arrêtent tous de travailler tout de suite. D’autant qu’une fois que lui, sa femme et toutes les personnes mises en cause dans cette enquête seront mis hors de cause, on peut compter sur François Fillon pour expliquer combien les fonctionnaires gâchent l’argent du contribuable. A tel point qu’il faut en mettre 500.000 au chômage.

Claude Angeli, la mémoire d’une époque

Si François Fillon est prompt à sauter sur un livre évoquant du bout des lèvres l’existence d’un cabinet noir politique, il y en a un sur lequel il fait silence. Et pour cause…

Ecrit par un journaliste du Canard, pourtant, ce livre-là rappelle les dérives de tous les présidents de la Vème république en matière d’écoutes variées.

« Les plaisirs du journalisme« , co-écrit par Claude Angeli et Pierre-Edouard Deldique de RFI présente dans sa première partie « Un Canard intolérable » tous les moyens utilisés par les différents dirigeants pour plomber le volatile.

 

Claude Angeli est l’un des rédacteurs en chef historiques du journal. Il a impulsé, avec d’autres, la migration vers le journalisme d’enquête du Canard. Il est une sorte de mémoire vivante de tous les coups tordus de la Vème république.

On se demande bien pourquoi François Fillon n’évoque pas les ressources publiques mises à contribution par les dirigeants français au fil des ans pour dégommer l’irrévérencieux volatile.

Dans son livre, Claude Angeli rappelle que déjà, Raymond Marcellin, ministre de l’Intérieur dans les années 70 utilisait les services de l’Intérieur mais également de l’armée pour :

« surveiller les activités révolutionnaires » d’individus présumés dangereux : gauchistes, membres d’organisations de commerçants, de syndicats, et contestataires de tout poil ».

Dès 1972, le ministre demande aux RG un rapport sur le Canard, ses journalistes, ses finances et ses sources. Le rapport ne donnant rien, les fonctionnaires des RG planqueront par la suite devant le journal pour surveiller les allées et venues… Sans plus de succès. Les deux lignes téléphoniques du journal de l’époque sont mises sur écoute. Les poubelles du journal sont récoltées et triées dans un hangar prêté par un éditeur de revues pornos. Les services du ministère de l’Intérieur  (la DST) tenteront également de placer des micros dans la salle de réunion de la rédaction mais seront surpris par un des salariés du journal (le dessinateur André Escaro) en plein travail…

Pour justifier la pose de micros, le fameux « journal » Valeurs Actuelles – le même qui a publié les bonnes feuilles de Bienvenue place Beauvau et sur lequel s’est appuyé Fillon, accuse plusieurs journalistes, dont Jean-Raoul Clémentin, Claude Angeli et Michel Gaillard (l’actuel patron du journal) d’être des « agents stipendiés au service de l’Union Soviétique, voire du parti communiste« .

Sous Giscard, c’est une enquête fiscale sans limite de temps et de moyens qui est réclamée par l’Elysée. Une démarche tellement dingo que Maurice Papon — le ministre du Budget — est obligé de signer un ordre écrit, le patron de la Direction générale des impôts en faisant la demande expresse. Les services des impôts auront beau chercher, ils ne trouveront aucune trace de la « caisse noire » (elle aussi) évoquée par les autorités et qui aurait servi à payer les informateurs du journal.

Dans la série des écoutes peu justifiables, Claude Angeli raconte comment Chirac a obtenu que les téléphones de Nicolas Sarkozy, alors patron de l’UMP, soient « branchés ». Surement l’oeuvre du fameux et perpétuel cabinet noir qui veut la peau de François Fillon…

Mieux… voici une histoire qui devrait passionner Fillon François, amateur de cabinets noirs :

« Le 29 septembre 2010, Didier Hassoux et Hervé Liffan en apportent la preuve dans le Canard : « Le directeur de cabinet de Fillon a signé une lettre classée « Confidentiel Défense » permettant […] aux services spécialisés de faire leurs courses dans les sociétés de téléphonie et d’obtenir les factures détaillées (surnommées les fadettes ») ou les enregistrements dits de « géolocalisation », et cela sans aucun contrôle.

Bref, François Fillon a une indignation à géométrie très variable des pratiques douteuses des propriétaires temporaires du pouvoir. Quand c’est le fait de son camp, ça n’existe pas Quand ce sont les socialo-communistes et les journalopes gauchiasse qui s’en prennent à ses agissements, c’est forcément le résultat d’une cabale montée par un cabinet noir à la solde de l’Elysée. Que fait la police ? Que fait la justice ?

L’une des conclusions de Claude Angeli, dans son livre, est que les politiques bénéficient globalement d’une forme d’impunité. Et il n’oublie pas de préciser que cette impunité est aussi due à la mansuétude des électeurs qui oublient de les sanctionner dans les urnes…

 

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Peut-on « attribuer » une attaque à des pirates russes, nord-coréens, chinois, de Daesh… ?https://reflets.info/?p=36562http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170403_150611_Peut-on_____attribuer_____une_attaque_a_des_pirates_russes__nord-coreens__chinois__de_Daesh_____Mon, 03 Apr 2017 13:06:11 +0000Un leak ? Un hack ? Ces agissements n’étaient il y a encore quelques années que des mots incompréhensibles pour une grande majorité. Désormais, c’est un concept dont tout le monde, ou presque, a entendu parler. A tel point que les autorités en ont ajouté un autre : l’attribution. Il est tellement tentant pour les gouvernements de relier le hack aux concepts guerriers, qu’il semble évident et incontournable de désigner l’ennemi. Sans ennemi, pas de guerre possible. Et dieu sait si nos dirigeants aiment la guerre. Après quelques années, tout le monde l’a compris, y compris les plus mauvais spécialistes des Internets, dans le « cyber-espace », il est très compliqué de désigner l’auteur d’un piratage. Peut-on raisonnablement « attribuer » avec certitude un leak ou un hack ?

Voyons tout d’abord comment un gouvernement procède à une « attribution ».

La première méthode consiste à choisir le super-vilain qui sert au mieux les agendas diplomatico-politiques. C’est la méthode la plus simple car elle ne nécessite aucune étude technique (on dit « forensic » dans le jargon) spécifique. Prenons un exemple du monde « réel » pour illustrer… L’Oncle Sam a besoin de choper du pétrole pas cher, il annonce à l’ONU que Saddam Hussein a des armes de destruction massives. Et même des armes chimiques, au point que Colin Powell, secrétaire d’Etat agite une petite fiole lors d’une session du conseil de sécurité de l’ONU. La suite est connue : pas une trace d’armes de destruction massive en Irak en dépit de recherches menées par des milliers de soldats américains, mais une vraie destruction massive du pays par l’Oncle Sam et un résultat sur les relations internationales qui sera durablement… merdique. Transposons maintenant au cyber-machin-chose digital. Un hack de boites mails qui se termine par un leak gênant pour un parti politique en vue aux Etats-Unis. Fastoche : les méchants, ce sont les hackers russes rouges au service du Kremlin et donc c’est un peu comme si Poutine avait lancé un remote shell depuis son portable.

Les cyber-daeshiens n’ont pas encore réussi à remplacer les cyber-armées de Poutine en dépit de nombreuses tentatives d’attribution de la part du monde libre mais ça pourrait venir…

Prenons un autre exemple. Une société du monde du spectacle se fait défoncer le système d’information ? Ce sont les Uber hackers de Corée du Nord. Qui d’autre pour s’en prendre à la culture du monde libre que ces super-vilains du monde pas libre ? Et peu importe que l’Internet local en Corée du Nord soit inexistant et fonctionne avec du bio-carburant pour ce qui est de l’énergie consommée…

Voilà pour la méthode simple. Elle consiste à choisir un super-vilain et à embarquer la presse dans la dénonciation du méchant. C’est simple mais comme c’est à peu près aussi foireux qu’un Colin Powell agitant une fiole de farine à l’ONU, ça tient rarement le coup quand les sachants examinent le truc d’un peu plus près. Evidemment, lorsque les sachants arrivent pour démonter ce type d’opération d’enfumage, il est trop tard. Ils ont des arguments qui sont bien moins efficaces pour le buzz, la presse ne s’y intéresse pas. Et puis faire un article pour expliquer que l’on s’est laisser enfumer… Pas terrible.

Notez que les super-vilains changent au gré des animosités. Ils ont longtemps été Chinois, puis Nord Coréens. En ce moment, les Russes tiennent la corde.

Les pirates Russes, Américains, Français, Chinois, etc. etc.

Il serait bien entendu idiot de nier que le Kremlin s’intéresse à ce qui peut être fait en utilisant des pirates informatiques. Tous les gouvernements ont monté leurs cyber-armées de pirates qui récoltent illégalement de l’information comme le faisaient les espions jusqu’ici, mais cette fois, en utilisant les Internets. Krebs explique assez bien cela ici.

Mais cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas rester prudent lors de l’attribution, si tant est que l’on souhaite s’y adonner. Car si des signes permettent de pointer dans une direction, on n’est rarement en présence de preuves irréfutables. Dans les deux sens d’ailleurs. Il est rarement possible d’affirmer de manière irréfutable que tel groupe est à l’origine d’un piratage, comme il est rarement possible d’affirmer de manière irréfutable qu’il ne l’est pas.

Par ailleurs, dans une attaque importante, la partie concernant le masquage de la provenance est à peu près aussi importante que celle qui a trait au piratage proprement dit…

La deuxième méthode est un peu plus longue. Elle consiste à étudier les traces laissées par les pirates. Il y a bien entendu des sous-catégories. Les études « forensic » de base, les études poussées, celles qui amènent à des conclusions fausses alors que la méthodologie est bonne, etc.

Prenons une étude de base. l’adresse IP, c’est à dire l’identifiant unique de l’ordinateur qui a réalisé le piratage est retrouvée au milieu des millions de traces enregistrées par le serveur. Là, c’est a priori super fastoche. Un peu trop, même. Décortiquons un peu. Chaque ordinateur qui veut communiquer avec les autres sur les Internets (un réseau IP pour élargir), se voit attribuer une adresse IP. Un peu comme un numéro de téléphone. Cette adresse, de type 175.45.176.8, est unique par principe. Sans quoi, impossible de s’adresser à une machine en particulier. Les machines communiquent et elles sont très polies sur les Internets. Elles répondent aux questions. Elles disent volontiers qui elles sont et qui elles hébergent.

Prenons notre exemple d’adresse IP : 175.45.179.8

Premier point : lui demander dans quel pays elle se trouve (quand on est dans un cas simple, excluons ici un machin comme CloudFare). Pour cela, on utilise (par exemple) la commande Whois.

Réponse :

inetnum: 175.45.176.0 – 175.45.179.255
irt: IRT-STAR-KP
address: Ryugyong-dong Potong-gang District
country: KP

Cet ensemble d’adresses, de 175.45.176.0 à 175.45.176.255 (un préfixe) appartient donc à STAR-KP, située à Ryugyong-dong (Pyonyang) en Corée du Nord.

Si notre adresse IP 175.45.179.8 est retrouvée dans les logs avec un beau vecteur d’attaque associé, on peut conclure que les Nord Coréens sont derrière l’attaque. Ou pas. La machine nord-coréenne a peut-être été piratée. Il existe par exemple en Chine des tonnes de machines mal paramétrées qui ne demandent qu’à être piratées.

Pour aller un peu plus loin dans la procédure d’attribution, il est possible de pirater notre machine nord-coréenne pour aller y chercher des traces et savoir si elle a été préalablement piratée. Avec un gros coup de chance elle pourrait être la plus « proche » de celle du pirate et l’on pourrait ainsi l’identifier. Premier point, ce serait illégal. Deuxième point il est complexe d’affirmer qu’il s’agit bien du premier rebond du pirate.

 

Un Uber hacker russe est-il idiot ?

Bon, revenons à nos hackers russes(ou Nord Coréens) à la solde de Poutine. On trouve une adresse IP russe dans les millions de lignes de logs d’une machine. Cette ligne contient le vecteur d’attaque. C’est donc bien un russe qui a piraté la machine. Oui, mais non. Le hacker de la mort qui tue, à la solde de Poutine, qui veut faire basculer le monde libre, il n’est pas si bête… La première chose qu’il fera, s’il est si bon que cela, c’est de masquer sa provenance. Laisser sa carte de visite avec son adresse et son numéro de téléphone, c’est un peu idiot, quand on est un méchant délinquant. Sauf à imaginer, comme l’évoque Krebs, que le pirate a intégré l’idée selon laquelle il ne quittera plus jamais la Russie, qu’il est protégé sur place et ne risque pas de subir les foudres du FBI dans la Rodina.

 

 

Certains pirates sont bons, d’autres moins. Ceux qui se font arrêter sont à ranger dans la deuxième catégorie. Les très bons, plus rares, ne se font pas prendre. Ils peuvent par exemple développer leurs propres outils pour passer par une myriade de machines avant d’attaquer la dernière. Cela empêchera de remonter à la source. Même dans le cas où la justice tenterait de saisir les logs des machines qui masquent la provenance réelle. La plupart des administrateurs mettent en place une rotation des logs. Les derniers effacent les premiers On peut bien entendu garder les logs un an (c’est la moyenne) mais plus ? Une commission rogatoire internationale pouvant mettre six mois à produire ses effets, dans le cas où la justice du pays concerné coopère, il est fort probable que s’il y a une dizaine de pays concernés, la justice ne trouvera plus de traces aussi anciennes.

Parmi les hackers jamais attrapés, il y a bien sûr « Hacking for Girliez » un groupe qui avait piraté la Une du New York Times durant une journée entière (le 13 septembre 1998) lors de la sortie du rapport Starr (portant sur la présidence Clinton). Les membres de ce groupe de pirates informatiques n’ont jamais été arrêtés bien que le FBI ait ouvert une enquête. Etaient-ils très forts pour masquer leur origine ? Il faut noter qu’ils ont piraté le New York Times plusieurs fois dans la même journée, reprenant le contrôle que les administrateurs du site reprenaient eux-mêmes plusieurs fois. Il y avait là une configuration permettant de placer des outils pour surveiller en temps réel l’activité des pirates et tenter de remonter à la source. Ou alors, ont-ils bénéficié d’une forme de mansuétude de la part des autorités ?

Il y a aussi plusieurs équipes de hackers des années 90 qui avaient pignon sur rue et un chapeau « gris » et qui ont réussi à passer entre les mailles du filet en dépit d’une activité s’étalant sur plusieurs années.

Moyennement anonymes…

Plus récemment, des super hackers membres de groupes, notamment issus des Anonymous (Antisec), ont fini par être rangés dans la première catégorie.

En matière d’attribution, on voit souvent les autorités évoquer la langue utilisée dans le vecteur d’attaque. C’est donc la preuve ! Pas forcément. Cela peut fort bien être une diversion. Par ailleurs, les piratages sont parfois le résultat d’une coopération entre pirates de plusieurs nationalités. Comment faire le tri ?

Les autorités retiennent souvent l’utilisation d’un outil « attribué » à un groupe spécifique pour procéder à une attribution du piratage.

Cette dernière méthode, si tant est que l’outil peut être relié avec certitude à un groupe particulier, est valable pendant une période de temps assez courte. En effet, plus le temps passe, plus il est probable que l’outil ait filtré. Qu’il se soit disséminé sur les Internets. Il a pu être récupéré par des sociétés de sécurité informatique (qui, c’est de notoriété publique, n’emploient aucun pirate), par d’autres groupes, par des gouvernements…

Depuis la nuit des temps la question de la dissémination des tools est une problématique majeure pour les équipes de pirates ou de hackers. Ce qui est développé en interne doit rester en interne. Mais cela ne marche jamais bien longtemps.

Bref, l’attribution est une opération délicate. Le fait que les autorités ou les entreprises piratées ne dévoilent jamais l’ensemble des données qui leur ont permis de définir l’auteur d’un piratage n’aide pas à se faire une idée précise de la pertinence d’une attribution. Et cela n’est pas prêt de changer. La prudence et la réserve sont donc de mise… Pour un esprit rationnel, ou pour un journaliste qui se doit de disposer des preuves de ce qu’il affirme, l’attribution est un cauchemar.

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La société dérégulée (en marche) d’Emmanuel Macronhttps://reflets.info/?p=36522http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170331_142556_La_societe_deregulee__en_marche__d___Emmanuel_MacronFri, 31 Mar 2017 12:25:56 +0000
Emmanuel Macron, ministre de l’economie.
Visite de l’usine auto Iveco bus d’Annonay, photographie au volant d’un car Iveco de la societe Starshipper
©Laurent CERINO/REA

Le projet politique d’Emmanuel Macron n’est « ni de gauche ni de droite », selon ses propres mots. Le candidat d’En marche ! ne voulait d’ailleurs pas proposer de programme à l’origine, et s’est forcé à le faire, « parce que c’est un passage obligé‘ dit-il, bien qu’il ne croit pas du tout à l’utilité de la chose. Emmanuel préfère avoir un « projet », et c’est tout à son honneur, effectivement.

Un projet, c’est beau. Politiquement, dans le cadre d’une présidentielle, entre voter pour une liste de courses dont la majorité des produits ne seront pas achetés une fois le candidat élu, et un « projet de société », la deuxième solution semble plus élégante. Il est aussi possible de mixer les deux, ce que fait au final Emmanuel Macron : un projet, puis un bout de programme avec des propositions concrètes, des actions gouvernementales et des réformes à mener. Le projet d’Emmanuel Macron, et le programme qui l’accompagne son tout à fait clairs. Pas en termes d’offre politique clivée et clivante classique du droite-gauche habituel, mais comme la volonté de création d’un nouveau modèle de société. Une société dérégulée.

Supprimer le maximum de règles (parce qu’on avance pas assez autrement)

Emmanuel Macron est un libéral convaincu, et adhère par là à un dogme connu, une idéologie politique établie — qui pour autant se refuse toujours à être reconnue comme dogmatique ou idéologique — en se cachant derrière une volonté seulement engagée dans l’efficacité. La performance. Le pragmatisme.

L’idée libérale toute macronienne est d’établir qu’aucune valeur, histoire, théorie politique n’ont d’intérêt, puisque les problèmes que rencontre la société française sont dus à un phénomène principal : la rigidité. Le trop plein de règles. Qui mènent à la complexité, à la lenteur, à la paralysie. Au manque de performance. Ces règles sont — pour Macron — le produit, justement, des idéologies politiques, et lui, propose de faire sans, ou avec beaucoup moins. Sans idéologie (il est dans l’efficacité) et sans règles, ou tout du moins avec beaucoup moins de règles (ça freine les règles).

Extrait de l’introduction du programme intitulé «RETROUVER NOTRE ESPRIT DE CONQUÊTE POUR BÂTIR UNE FRANCE NOUVELLE» :

« Une France qui libère, pour ne plus être bloquée par des règles devenues obsolètes. « 

Clinton, le président démocrate casse le Glass-Steagall Act (datant de 1933) le 12 novembre 1999 et et permet la dérégulation du système bancaire américain. Emmanuel serait-il le neveu caché de Bill ?

Pris au premier de gré, sans mettre en perspective les réalités politiques, sociales, économiques, cette proposition peut sembler logique et séduisante. Après tout, ce bon sens qui fleure bon le management est attirant, et puis l’idée que « moins il a y a de règles, plus on est libre, plus on est efficace » peut paraître excessivement juste. Si l’on ne réfléchit pas. Si l’on a comme idée de la liberté celle que peut avoir un collégien de 6ème.

Macron dit : « La société que je veux sera à la fois libérée des carcans et des blocages, et protectrice des plus faibles« . C’est beau et rassurant à la fois, c’est efficace et d’une logique marketing troublante : qui ne voudrait pas se libérer des carcans et des blocages et dans le même temps ne pas vouloir protéger les plus faibles ? Personne. Allons voir plus loin…

Un message marketing accompagné de mesures en contradiction ?

La politique française est ainsi faite : toute la construction d’une campagne électorale accompagnée de son programme n’a pas nécessité d’être ensuite appliquée. Les engagements n’engagent que ceux qui y croient. Mais dans le système Macron, les choses ne sont pas aussi simples. Il y a une campagne à deux niveaux : celle de la « libération », et en parallèle les mesures de modernisation, avec la protection.

Emmanuel Macron est un adepte de la dérégulation, il l’a démontré en tant que ministre de l’économie (lois Macron, soutien à Uber, etc), et plus récemment dans des déclarations sur la régulation bancaire en tant que candidat :

« Se rangeant aux côtés des banques et des assurances, le candidat d’En Marche juge que les règles prudentielles sont trop contraignantes. Il souhaite à l’avenir que ce soit les ministres des finances et non les régulateurs qui les déterminent. Un premier pas pour effacer toutes les leçons de la crise financière. » (Mediapart, Martine Orange, le 7 mars 2017)

Toute la stratégie de campagne de Macron est basée sur cette dichotomie entre protection des plus faibles, retour de l’Etat dans des secteurs sinistrés, et abolition de règles aux fins de dérégulation de pans entiers d’activités.

D’un seul coup, Macron propose un déchaînement de nouvelles règles, ou l’accroissement des contrôles pour faire appliquer des règles. Alourdir les sanctions contre la fraude fiscale, alors que les moyens de parvenir à coincer les fraudeurs sont au plus bas, et que la dérégulation bancaire qu’il souhaite permettra de la faciliter, est un exemple de la dichotomie permanente du programme de Macron. Vous augmentez les punitions sur le papier, mais vous donnez toutes les garanties à ceux qui pourraient les subir qu’ils ne seront pas attrapés.

Par contre, dans le cas de la fraude sociale, les sanctions aggravées fonctionneront bien, puisque les moyens de contrôles sont en pleine expansion. Sachant que la fraude sociale ne représente quasiment rien : la fraude sociale est bénéficiaire, il y a dix fois plus d’argent non versé à des personnes qui pourraient toucher des prestations que d’argent détourné par les fraudeurs…

Attention, cette partie du programme parle de libération. Celle du « travail » et de « l’esprit d’entreprise ». Libérer le travail ? Libérer un esprit [d’entreprise] ? Etrange, mais logique : nous sommes dans le marketing, dans l’idéologie dogmatique, donc avec des incantations qui doivent créer une sorte de magie vaudou dans la tête des électeurs.

Regardons alors les mesures qui devraient permettre ces libérations : simplifier la vie entrepreneurs (pas des entreprises, ce serait trop désincarné, alors que l’entrepreneur est une personne, un homme une femme de talent), réduire le coût du travail, mais combattre la précarité en responsabilisant les employeurs, redéfinir le dialogue social, permettre à tous les travailleurs (sic) d’avoir droit à l’assurance chômage, créer un service qui explique aux entreprises les réglementations ((là, on parle de choses déplaisante, les réglementation, donc c’est désincarné : les entreprises).

Le fond de l’affaire n’est pas clair, mais laisse entrevoir la société rêvée d’Emmanuel Macron. Une société qui part du principe que la travail coûte trop cher, où les entrepreneurs sont ligotés, où le dialogue social (sic) doit être « redéfini » : en réalité, c’est la continuation parfaite et l’accélération de la politique de François Hollande (CICE, Loi travail, etc), qui lui-même continuait la politique de Nicolas Sarkozy. Compétitivité, flexsécurité, tous ces concepts qui n’ont jusque là jamais apporté la preuve de leur efficacité pour diminuer le chômage ou améliorer la fameuse « compétitivité » des entreprises.

Liberté, liberté chérie [de faire du pognon pour ceux qui peuvent en faire]

Le concept de la liberté, chez les libéraux français est très primaire, à la limite de l’escroquerie intellectuelle. Leur vision binaire de la liberté peut être résumée ainsi : « La liberté, c’est pouvoir faire avec le minimum de contraintes, c’est pouvoir acheter le maximum de choses, développer ses idées pour en faire une manne financière, un accroissement de richesse, une élévation sociale. La liberté est conditionnée à la réduction des règles, elle ne peut s’accompagner que d’une dérégulation la plus grande possible, pour permettre un décollage le plus grand possible des énergies, pour être libre, il faut le moins de contraintes possibles… » : etc, etc, argumentum ad nauseam.

Fondamentalement, cette idée binaire de la liberté conditionnée à la présence de règles plus ou moins importantes, et tendant à exprimer que la disparition ou la réduction au minimum [des règles] serait un préalable pour que la liberté s’exprime, est une escroquerie intellectuelle. La liberté est bien plus complexe et vaste qu’une règle de trois. Une liberté sans règles est l’expression de l’entropie. Donc du chaos. Les enfants apprennent à exercer leur liberté dans un cadre, éducatif, social, pour que plus tard, devenus adultes, ils ne soient pas des êtres asociaux, des agents du chaos, exerçant une liberté individuelle qui s’exonérerait des autres. D’autrui. « La liberté des uns commence là où s’arrête celle des autres« . C’est à partir de cet adage, qui est en fait un résumé de l’Article 4 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 que l’on peut commencer à réfléchir vraiment à ce qu’est la liberté au sein d’une société :

« La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l’exercice des droits naturels de chaque homme n’a de bornes que celles qui assurent aux autres Membres de la Société la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la Loi. »

Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789

Le libéralisme économique est basé sur la dérégulation de tous les secteurs d’activités humaines. Il va sans dire que cette dérégulation n’est jamais en faveur de ceux qui ne possèdent pas de capital. Ceux qui sont forcés de vendre leur force de travail, leur compétence ont vu leur liberté (de maintenir leur emploi, d’empêcher des délocalisations, de participer à la prise de décision des entreprises, de défendre leurs droits, etc) se réduire comme peau de chagrin. Au profit de la liberté des entreprises : de licencier, de délocaliser, de rémunérer leurs actionnaires au détriment de leurs salariés, etc., etc.

Les hommages d’Emmanuel via Twitter sont très pertinents. Avec par exemple Xavier Beulin (ex président du syndicat FNSEA), qui n’avait rien à voir avec « l’agriculture », puisque c’était un agro-industriel pur jus, président du groupe Avril, qui produit la quasi totalité du biodiesel. La biographie de Beulin est édifiante, mais pour Macron — qui semble avoir une approche de l’agriculture particulière, puisque nourrir les êtres humains ne lui semble pas franchement important — tout ça n’a aucun intérêt. Sachant que le « combat » de Beulin était celui d’un lobbyiste des biocarburants, s’activant pour une industrialisation généralisée de l’agriculture :

Plus une société est dérégulée, plus les acteurs les plus puissants prennent le dessus sur le reste de la société. Ce sont toujours les grandes entreprises qui peuvent profiter de cet accroissement de « liberté » offert par le politique.  Logiquement, puisqu’elles sont celles qui ont le plus de facilité à optimiser leurs bénéfices et dont la richesse augmente par le pouvoir qu’elles ont sur la société : on ne prête qu’aux riches, on n’écoute, on ne fait des facilités et l’on est souple qu’avec les puissants. Moins de règles permet aux loups de dévorer plus facilement leurs proies, pas aux chatons. Diminuer les règles, les contraintes mène à la loi de la jungle, le règne de la domination du plus fort. La libéralisation de l’économie et la dérégulation qui s’y est adossée en Europe depuis plus de 15 ans l’ont largement démontré.

Macron en rêve, le MEDEF aussi

Dans l’esprit, le candidat Macron travaille main dans la main avec les dirigeants du monde bancaire et financier, des multinationales, du MEDEF, et de toute la sphère politico-[médiatico]industrielle qui a construit à grands coups de boutoirs l’espace glaçant du monde dérégulé du libéralisme moderne. Les paradis fiscaux sont leur refuge secret et leur arme de prédilection, mais créer un paradis fiscal à l’échelle de la France est l’objectif assumé.

L’idée même que les impôts, les taxes, tout ce qui finance le bien public est un frein à l’expression de la liberté de créer de la richesse prônée par ces « disrupteurs » est une sorte de vol généralisé, assumé et mensonger qu’ils aimeraient beaucoup faire passer pour une forme de modernité incontournable. Ce qu’ils oublient, c’est que toute la richesse créée par les entreprises les plus performantes qu’ils souhaitent « libérer » ne peut se générer que par le maintien d’infrastructures et de biens publics au meilleur niveau : réseaux routiers, télécommunications, éducation, administrations, aides publiques, maintien du tissu associatif, gestion du patrimoine, culture, etc…

Que la gestion de l’argent public soit mauvaise, mal répartie, soumises à des pressions, des conflits d’intérêt, c’est une certitude. Mais faire croire qu’il faudrait en dépenser moins, et dans le même temps qu’il faudrait en collecter moins, et surtout laisser les clés de la gestion économique globale à des acteurs économiques privés de type vautours, est un plan marketing politique assez étonnant. Le formidable engouement pour Uber, vaillante startup libérant les pauvres banlieusards de leur carcan du chômage forcé, en leur permettant de devenir leur « propre patron » comme VTC, a vite démontré l’inanité de la dérégulation libérale du capitalisme de plateforme. Aujourd’hui, les chauffeurs Uber protestent en masse, étranglés par les crédits inremboursables, soumis à des horaires monstrueux et, cerise sur le gâteau, pouvant prétendre gagner moins que le Smic en fin de mois en étant leur propre « patron ». Un patron totalement soumis et subordonné à l’entreprise disruptive Uber qui a augmenté ses profits en passant sa « commission » sur les courses de 20 à 25%. Pas de règles, Uber est libre d’étrangler ses chauffeurs, eux-même déclarés libres de travailler comme ils le souhaitent, puisque « entrepreneurs ».

Le rêve d’une société où chacun peut « entreprendre », avec des règles minimales, qui « fluidifieraient » les échanges, l’emploi, est celui des prédateurs de l’économie néo-libérale, l’économie financière. Les startups n’en sont qu’une partie émergée,  puisqu’au final, le projet de Macron n’est rien d’autre que la création [déjà en cours de constitution] d’un grand espace commercial, où les Français pourront aller consommer 24/24, et travailler le maximum avec le moins de règles possibles, tout en étant sommé de ne pas profiter de l’argent public des organismes paritaires sociaux, le tout dans un rapport de force entre détenteurs du capital et les autres, totalement distendu au profit des premiers.

Mais Macron le sait bien, au point qu’il peut même exprimer le fond de sa pensée, avec cette sortie sur la pénibilité au travail lors de sa présentation au MEDEF (article de l’Obs) :

« Le compte pénibilité ? Emmanuel Macron « n’aime pas le terme », et entend le supprimer car il « induit que le travail est une douleur », a-t-il déclaré en présentant son programme économique au Medef, où plusieurs candidats à la présidentielle (Jacques Cheminade, Marine Le Pen, François Fillon) se succédaient ce mardi matin.

Le mot « pénibilité » ne « correspond pas à ce dont nous avons besoin parce que le travail c’est l’émancipation, c’est ce qui vous donne une place », ajoute le candidat d’En Marche!. »
La liberté aura un prix avec le projet d’Emmanuel Macron. Celui que pourront s’offrir les plus forts, parfaitement inabordable pour les autres. Avec comme conséquence l’accroissement de l’entropie, que les agents du chaos sauront toujours mettre à profit, pour leur plus grand réconfort. Le programme « En marche » de l’ancien ministre de l’économie pourrait être sous-titré : « Bienvenue dans la société dérégulée entropique et disruptive des agents économiques du chaos ». Mais personne ne prendrait un tel slogan.

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Proposition de loi sur les Fake News : quand Reflets rencontre Nathalie Goulethttps://reflets.info/?p=36494http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170328_171935_Proposition_de_loi_sur_les_Fake_News___quand_Reflets_rencontre_Nathalie_GouletTue, 28 Mar 2017 15:19:35 +0000
Nathalie Goulet, sénatrice de l’Orne (UDI)

Le vendredi c’est trolldi, c’est bien connu. Un journaliste gonzo, même au minimum de sa forme se doit donc de troller un peu ce qui mérite le troll. Il se trouve que ce vendredi 24 mars 2017, le trolldi est tombé sur Nathalie Goulet, la sénatrice de l’Orne. Il faut dire que la situation méritait quand même de secouer un peu le cocotier : la sénatrice avait lancé qu’elle envoyait au Sénat le 30 mars une proposition de loi pour réprimer les Fake News sur Internet, avec amende de 15 000€ et peine d’un an d’emprisonnement à la clef.

Le texte une fois lu, pas plus rassuré qu’auparavant, je décide donc, suite à un accès de tweets #pasgentils à @senateur61 avec le compte @_Reflets_, de demander une interviouve à la sénatrice. Et comme c’est quelqu’un ouvert d’esprit et qui s’intéresse vraiment à Internet, qui a voté contre la Loi renseignement, elle accepte immédiatement. Rendez-vous lundi au Sénat, pour un entretien-discussion (qui durera 52 minutes), que votre serviteur vous retranscrit en partie, pour comprendre à la fois la volonté de la sénatrice, et les tenants et les aboutissants de toute cette affaire.

17h, lundi 27 mars 2017 : J’arrive au 15 Rue de Vaugirard, des plantons plutôt sympathiques me laissent entrer dans l’illustre bâtiment. A l’accueil on m’explique que c’est en face, au 26. Je n’avais pas pris le temps de lire le DM de la sénatrice qui me l’indiquait. Tant pis pour moi.

17h05 : Au 26 rue de Vaugirard, contrôle par scanner des affaires du gonzo-journaliste de Reflets. Pas de problème. Je monte à l’étage par un escalier et cherche le numéro de bureau que l’on m’a indiqué. Je frappe, une voix féminine me dit d’entrer, je rentre et me voilà devant la sénatrice Nathalie Goulet. Un bureau plutôt sympathique, pas immense, mais avec beaucoup de bois, des décorations sur les murs, des ordinateurs, des bouquins, bref, on se sent plutôt à l’aise. La sénatrice m’invite à m’assoir, je m’exécute et nous entamons très vite la discussion. Avant même de lancer l’enregistreur, Nathalie Goulet m’avoue qu’elle y est allée « un peu fort » en proposant un an d’emprisonnement et 15 000€ d’amende. Je grimace un sourire d’acquiescement, et finit par rire. « Oui, un peu fort, c’est le moins qu’on puisse dire. Mais le problème ne se situe peut être pas vraiment là ? »

17h08 : Je lance l’enregistrement et la sénatrice débute par une explications du sujet qui nous préoccupe : les Fake News.

Nathalie Goulet : « Le texte que j’ai déposé est là pour ouvrir le débat. Au niveau de l’information, si c’est de la diffamation, de l’injure, c’est couvert par la loi. Moi j’appelle Fake News un attentat qui n’a pas existé, par exemple. C’est avant tout la fabrication du doute. L’opinion publique est faite de telle façon aujourd’hui, que la crédibilité des uns et des autres va plus à ceux qui lancent des scoops. Il y a un contexte général qui n’est pas favorable à la vérification de l’information. »

Drapher : « Oui, et ça me fait venir sur le terrain de l’orientation de l’information. Une information à un moment donné peut être considéré comme fausse ou mensongère, puis devenir l’inverse. Je pense à la Syrie, avec les groupes de rebelles qui étaient « révolutionnaires », et ceux qui commençaient à expliquer qu’ils étaient majoritairement issus d’Irak, du Liban, financés par des monarchies et tirés des rangs d’Al Quaïda se faisaient traiter de pro Assad, et pouvaient se voir accuser de pratiquer de la désinformation. En 2017, tout le monde sait et s’accorde à dire que ce sont des groupes armés islamistes… »

N.G : « Les armes de destruction massive, c’était une Fake news et ça a semé le chaos et tué des milliers de personnes. Je sais bien que le prisme du ministère des affaires étrangères n’est pas aussi simple qu’il en a l’air, et on n’est pas dans la nuance sur un certain nombre de choses. Sur les zones de conflit, j’ai une position très claire : ce qui est vrai le soir peut être faux le lendemain, donc je ne rentre pas les Fake news dans cette catégorie. Il faut donc vérifier les informations »

D. : « Mais qui va définir le mensonge ? Si on définit le mensonge, il faut définir la vérité ? Qui va le faire ? »

N.G : « Oui, je suis d’accord, mais il faut mettre le débat sur la table. Cette histoire de Fake News peut prendre des proportions inquiétantes. Si les réseaux avaient existé au moment du protocole de Sion, je ne suis pas sûre  du résultat que ça aurait eu… »

D : « Les défenseurs des libertés du net dont je fais partie en tant que journaliste de Reflets ne sont pas contre le débat à ce sujet. Mais commencer par « 15 000 euros d’amende et un an d’emprisonnement », c’est une entrée en matière qui n’incite pas vraiment à y aller »

N.G : « J’ai fait vérifier par les services du Sénat, le droit existant n’est pas suffisant pour poursuivre et condamner. »

D. « Si on se situe dans le droit uniquement, par rapport à Internet et les Fake News, certainement. Mais le problème n’est pas là à mon sens… »

N.G : « Mon sujet c’est de qualifier les Fake News, ce que je ne sais pas faire toute seule. Comment y remédier sans pour autant institutionnaliser une vérité d’Etat, ce que je ne veux pas ? Quand vous avez un élément qui est manifestement un mensonge, avec la mauvaise foi qui va avec, vous avez derrière des conséquences, et n’est-ce pas au législateur de réfléchir à la chose ? »

D. : « Je vous donne un exemple, avec le fameux café interdit aux femme, où deux journaliste de France TV sont allées et ont ramené un reportage qui a déchaîné les passions sur Internet. Ce reportage a été entièrement démonté par le Bondy blog qui sont allés vérifier que tout était faux, fabriqué. Des femmes venaient dans ce café, et le quartier entier était choqué par ce reportage. Les journalistes avaient décidé de ramener ce sujet avec cet angle, et elles se sont débrouillées pour le faire. Qu’est-ce qu’on fait dans ce cas là, on met en prison les deux journalistes avec 15 000€ d’amende ? »

N.G : « Oui, mais le sujet c’est que ma loi comme vous l’appelez, c’est un produit d’appel, et qu’on se mette autour d’une table pour en discuter. Moi je vois qu’il y a un trou dans la législation. Il y a un éventail très large de fake news, et il y a des conséquences. Il y a des victimes. »

D. : « Ok, je suis d’accord. Mais dans le cas de la fake news Trump, avec les attentats en Suède, bien qu’il n’ait jamais parlé d’attentat mais sous-entendu qu’il s’était passé quelque chose, qui est la victime ? »

N.G : « Moi je pense qu’il faut une graduation, mais il faut une définition. C’est vraiment un produit d’appel cette loi. Si on ne réfléchit pas tous ensemble, ça va être terrible. Je suis affolée par la violence sur les réseaux sociaux, par la société écorchée et le manque de tolérance dans l’absolu. Il faut en débattre. J’ai fait ça il y a peu avec le syndicat des journalistes sur la personne morale des rédactions, il y a un problème de droit énorme parce que les rédactions ne sont pas protégées. »

D. : « On est quand même dans un dialogue difficile, parce que d’un côté vous me dites que c’est pour ouvrir le débat, et dans le même temps il y a le droit. Le fait de réprimer les fake news. »

N.G : « Parce que le seul outil que j’ai ici c’est le droit. Il faut que vous compreniez quelque chose, la majorité des parlementaires ne sait pas faire vraiment bien fonctionner son téléphone portable, et vous leur demandez de devenir des spécialistes des blocages de site, des boites noires, des algorithmes, etc.  Le seul moyen, parce qu’on a très peu d’outils, c’est de déposer quelque chose pour avoir un outil de travail« .

D. : « Il faut quand même voir que Dan Shefet avec qui vous avez travaillé pour ce texte est très orienté dans la voie d’une régulation d’Internet, et qu’on se demande bien quand même comment il n’en sortira pas une régulation, de cette proposition… »

N.G : « Si c’est ça c’est pas mon objectif. Parce que je fais partie des gens qui considèrent qu’on ne peut pas réguler le net. »

D. : « Ben, si vous voulez réprimer les fake news sur Internet, vous allez devoir réguler Internet… »

Je prends une tête de gonzo journaliste contrit et attend avec une impatience la mieux dissimulée possible la réponse. Parce que ça devient vraiment intéressant. Je trouve.

N.G : « La réalité de ce qui m’intéresse moi, c’est : est-ce qu’on peut définir ces fake news, cerner ce sujet. Je n’ai pas d’autre outil pour engager un débat avec les professionnels d’Internet et les journalistes. Est-ce qu’il faut les éviter, comment ? »

D. : « Mais la question est justement peut être là : faut-il les éviter ? »

N.G : « Je ne me résous pas à ce qu’Internet soit une zone de non-droit »

D. : « Mais ce n’est pas le cas. Il y a des gens qui passent en procès pour leurs actes sur Internet, il y a des plaintes, la justice est active sur Internet. »

N.G : « Oui, mais c’est long et compliqué… »

Et là, le gonzo journaliste part dans une longue diatribe. Ca ne se fait pas dans le journalisme standard. Mais tant pis.

D. : « Je crois qu’on est sur une confusion des choses. On confond le symptôme et le mal. Je vous prends un exemple, avec l’exemple du moustique et du marteau dans une pièce humide. Il y a ceux qui prennent un marteau pour essayer d’écraser le moustique et ceux qui se posent la question « pourquoi le moustique est rentré ? » Peut-être parce qu’il y a de l’humidité, et qu’il faut assainir la pièce. Pour que le moustique ne revienne pas. Internet c’est exactement pareil. Vous n’arriverez jamais à écraser le moustique. Et même si vous arrivez, il y en aura dix qui reviendront. A chaque fois qu’il y a un problème sur Internet, les politiques s’en emparent, prennent leur marteau et essayent d’écraser le moustique issu d’Internet. Ce qui m’agace profondément, c’est qu’il y a des associations formidables avec des centaines de personnes dedans qui font un boulot extraordinaire depuis des années, qui sont indépendantes politiquement, et veulent essayer de faire qu’Internet reste « sain ». Personne n’appelle ces personnes au niveau national. L’idée serait peut-être qu’on leur donne des moyens pour faire de l’éducation populaire. Faire remonter ces fake news. Les mettre en avant ces fake news, pour expliquer au public en permanence ce que sont ces fake news. L’idée serait de faire appel à l’intelligence des gens. Parce qu’ils sont preneurs, si ce n’est pas le « système » qui leur parle, de réfléchir à ce qui leur est renvoyé sur le net. »

N.G : « Ah mais je suis très emballée par une solution qui ne soit pas législative. Mais on fait comment ? »

D. : « Si des associations indépendantes, jamais récupérées par personne, viennent faire un travail d’éducation populaire, aidées de journaux indépendants, pour permettre aux gens de comprendre ce qu’il se passe, ça peut être intéressant quand même… »

N.G : « Le législateur n’est pas à sa place, neuf fois sur dix, c’est la pratique qui fonctionne. Je suis d’accord. Ce n’est pas une loi anti-terroriste ni stop djihadiste qui va arrêter le terrorisme. Mais je n’avais pas vu les choses de cette manière, et c’est pour ça que je vous ai fait venir, donc je suis preneuse de ces idées. Je suis de bonne foi. Ce que je vous propose est assez simple. Je connais quelques personnes comme Jérémie Zimmerman, de la quadrature que j’ai fait venir pour une conférence formidable sur les réseaux djihadistes en ligne. Je vais faire un tour de table le 30 mars, ce texte va nous servir à réfléchir, et peut être en juin, juillet on peut faire une table ronde professionnelle, de façon à budgéter une assistance avec la Quadrature et d’autres structures. Ca c’est un projet qui n’est pas législatif, qui est un projet de société et que je peux porter. La proposition était un pur produit d’appel, donc c’est parce qu’elle vous choqué qu’on échange et que des solutions émergent… »

J’arrête ici la retranscription de cet entretien.

La sénatrice Nathalie Goulet a décidé de changer son texte de loi, indiquant les dispositions d’éducation aux médias, de réflexions avec les associations, de réflexion collaborative à venir sur les fake news, et de sursis au lieu de prison ferme. Si le texte n’a pas été changé à tous les niveaux comme elle le souhaitait à la suite de cet entretien, elle fera de toute manière une déclaration jeudi, pour annoncer la révision du texte.

Bien entendu, il faut attendre la proposition du texte de Nathalie Goulet jeudi, et voir si le projet de société qu’elle semble vouloir porter aidée des légions de l’internet libre©Mettout des « associations de défense des libertés du net » se réalise. Si c’était le cas, nous serions contents chez Reflets. Et nos lecteurs ?

[Ceci était un gonzo-reportage de Reflets au Sénat.]

 

 

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Comment créer une société totalitaire [acceptée et acceptable], mais sans que ça se sache ?https://reflets.info/?p=36489http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170328_135109_Comment_creer_une_societe_totalitaire__acceptee_et_acceptable___mais_sans_que___a_se_sache__Tue, 28 Mar 2017 11:51:09 +0000 

La vision courante du totalitarisme — partagée par le plus grand nombre dans les grandes nations industrialisées — est basée le plus souvent sur une expérience historique, celle du nazisme. C’est ainsi que de nouvelles terminologies comme « islamo-fascisme » font florès et sont utilisées par le personnel politique en charge de l’administration des dits pays. Il y aurait donc des « régimes » totalitaires définis de manière simple et compréhensible par le plus grand nombre, faciles à dénoncer et à assimiler, soit au nazisme, soit à ses équivalents dictatoriaux antérieurs ou postérieurs : les fascismes, mais aussi le communisme soviétique. Selon cette vision, le totalitarisme serait un mode de gouvernance politique, avec son despote en chef, ses lois dures, sa justice implacable, son administration soumise, ses forces répressives aux ordres.

Au cœur du processus totalitaire : la limitation des libertés individuelles, collectives, réduites à leur plus simple expression, par mesure d’efficacité pour l’ensemble de la société. Cette vision du totalitarisme revêt de grands avantages pour ceux qui la diffusent : elle évite de questionner les fondements réels du totalitarisme, et par essence, ceux de la démocratie. Pourtant, une société totalitaire peut se constituer sans se définir en tant que telle, et surtout, sans modifier fondamentalement ses processus démocratique constitutifs. Il est possible de vivre dans une société totalitaire sans que personne n’ose la définir pour ce qu’elle est, ni même la contester. Comment une telle chose est-elle possible ?

Contrôler, contraindre, soumettre et faire adhérer

Le vieux totalitarisme du XXème siècle demandait de nombreux moyens matériels et humains. L’adhésion du plus grand nombre avec les grandes règles totalitaires établies par un chef élu dans les urnes ne suffisaient pas à pouvoir faire perdurer conséquemment une dictature des esprits, intrinsèquement liée au phénomène de réduction des libertés. Il était ainsi nécessaire de faire travailler des corps administratifs importants, à la solde du régime et sommés de contraindre et soumettre aux règles totalitaires la totalité de la population. Les forces de répression (police, renseignement, armée) en étaient une pièce maîtresse, mais insuffisante. Ainsi, l’ensemble de la bureaucratie d’Etat devait appliquer au plus près toutes les actions, règles, contrôles qui permettait la soumission du plus grand nombre au « système » mis en place.

L’idée principale de tout totalitarisme est toujours la nécessité — pour le bien collectif — d’acceptation d’un tel système, qui même s’il comporte de nombreuses contraintes individuelles, est vendu comme étant le seul moyen d’éviter le chaos, la destruction du corps social. L’adhésion des foules est donc la dernière pièce centrale de tout système totalitaire. L’ouvrage de Wilhelm Reich, « La psychologie de masse du fascisme » (1933), exprime avec une extrême acuité ces procédés socio-psychologiques qui permettent la « fabrique du totalitarisme ». Mais l’époque de la fabrique du totalitarisme par adhésion des foules à une idéologie politique, (soit l’acceptation d’un système totalitaire basé sur un contrôle vertical) est révolue. D’autres procédés totalitaires, bien plus puissants et profonds se sont constitués, et commencent à générer la société totalitaire du futur. Avec comme pivot, les technologies du numérique.

Efficacité, efficience, désincarnation et dématérialisation

La soumission des foules à des règles dures, souvent injustes et surtout décorrélées de toute logique humaine concrète est le premier pas pour constituer une société totalitaire. Dans un tel système il n’y a aucune négociation possible entre les individus et les règles qui s’imposent à tous, même si ces règles peuvent générer l’inverse de leur objectif affiché, ou être sans effet visible. La mécanique totalitaire a besoin de s’afficher dans l’efficacité, et si celle-ci n’est pas ou peu au rendez-vous, rien ne doit pourtant changer : l’efficacité totalitaire est par essence définie dans sa propre substance. Et c’est là que la technologie intervient.

L’espace social, dans une démocratie, est un lieu de négociations et de contestations, d’échanges entre des individualités qui confirment ou infirment leur volonté commune d’adhérer à une politique donnée. Le système de représentation politique est censé appliquer ce qui a été promis [de faire] aux électeurs, ajuster ses actions en fonction de l’adhésion plus ou moins grande, de la contestation plus ou moins forte envers ces mêmes représentants. Dans un système totalitaire basé sur les technologies numériques, tous ces aspects de négociations au sein de l’espace social n’ont plus cours. Ils n’ont plus aucune nécessité, sont écartés au profit d’un nouveau contrat —totalitaire — donnant l’illusion d’une conservation de la négociation démocratique.

Les représentants simulent des débats, axés en permanence sur l’efficacité, puis légifèrent avec ou sans l’approbation de la majorité des représentants (49.3), et renvoient le corps social à une simulation de contestation ou d’adhésion par l’utilisation des technologies numériques de l’information (Facebook, Twitter). Cette société, désincarnée, dématérialisée, pourrait parvenir à se maintenir dans ce schéma sans pour autant contenir les ingrédients du totalitarisme : après tout, le mépris des gouvernants en démocratie n’est pas nouveau, que la contestation sociale soit dans la rue ou sur un réseau informatique n’est possiblement pas un élément significatif. Il faut donc que des outils totalitaires viennent écraser la possibilité d’un vitalité de l’espace social, tout en simulant la possibilité [autocensurée] démocratique de le faire. « Contrôler » les esprits et les volontés, réguler les désirs, influencer les émotions : les moyens d’y parvenir sont connus. Reste à les mettre en œuvre.

Cherche gardiens numériques d’espace politique et social panoptique. Deep learning exigé.

Un système totalitaire a besoin que chaque individu constituant la société soit soumis à une somme de règles et de contrôles suffisante pour qu’il ne se comporte jamais autrement que ce que le système exige. Si dans ce type de systèmes, la répression et la peur du châtiment étatique étaient suffisants au XXème siècle, le totalitarisme du XXIème siècle possède des outils bien plus performants pour parvenir au même but. Avec un bonus incommensurable : l’ignorance de ceux-là mêmes qu’il contraint. Les foules. Et chaque individu les constituant.

Le principe de départ d’organisation du totalitarisme « moderne » est conditionné à l’émergence d’un élément central, longtemps imaginé, cherché, lentement testé, souvent reporté, et qui émerge au tournant de la moitié de la deuxième décennies du XXIème siècle. Son nom courant est l’IA. L’intelligence artificielle. Les spécialistes préfèrent parler d’algorithmes apprenants et spécialisés, basés sur les procédés informatiques de réseaux de neurones, de deep learning et data mining. Les IA sont au travail en 2017. Elles déplacent des véhicules, recherchent des fraudeurs aux aides sociales, surveillent les foules à travers des réseaux de caméras, créent et diffusent de l’information, simulent des activités humaines numériques, pistent des activités, tentent d’inciter des humains à acheter, épaulent des humains dans leurs activités, jouent en bourse, répondent à des questions, établissent des prédictions… Leur efficience est en croissance permanente tout comme leur nombre. Leur docilité est parfaite. Leur vitesse d’exécution inabordable pour l’esprit humain, et leurs capacités à appliquer des règles, vertigineuse.

Le respect absolu des règles est justement l’essence même du totalitarisme. Quoi de plus performant qu’une IA qui voit, lit, entend à la vitesse des circuits électroniques, de la lumière qui circule dans les tuyaux pour faire respecter des règles ? Une IA n’étant elle-même qu’une somme de règles qui s’appliquent au sein d’algorithmes, la performance totalitaire de ces nouveaux agents du « système » est évidente. Un système qui adopte, chaque année de nouvelles règles toujours plus fortes, plus contraignantes, pour le bien du plus grand nombre. Pour réduire les risques, diminuer les dangers, éviter les écarts, accroître la sécurité.

Ces IA (algorithmes) sont les nouveaux gardiens invisibles des règles du système. Chacun sait plus ou moins consciemment qu’ils sont là, qu’ils nous observent (ou pas) dans les villes, trient sur le réseau nos métadonnées, parfois nos données pures, établissent des statistiques sur nos comportements, suivent nos déplacements, observent nos activités. Le principe de l’espace panoptique total est possible grâce aux IA. Nous sommes tous sous leur surveillance invisible. Nous ne savons pas quand, ni où précisément, mais nous savons qu’elles observent le suivi des règles. Des leurs propres, et de celles que nous autres humains sommes censés respecter. Pour résumer : le totalitarisme algopolitque est la simulation d’une prison panoptique à l’échelle d’un pays, automatisant la répression des écarts et forçant à l’autocensure.

Croissance infinie du contrôle sécuritaire : jusqu’à la singularité ?

Plus le monde se modernise, plus il est déclaré dangereux. Plus il est déclaré dangereux plus la modernisation des outils sécuritaires est justifiée et s’accroît. Cette croissance sans fin de la sécurité par les technologies (intelligentes) n’est pas possible à freiner tant qu’aucun responsable ne lancera un cri d’alarme. Ou que les populations ne mettront pas en cause fortement cette nouvelle société dystopique pour forcer les responsables à la stopper. Le plus « drôle » dans l’affaire, est que ceux là même qui prônent et poussent à l’avènement de cette société techno-totalitaire pour la sécurité de tous, pourraient bien se retrouver comme responsables… de la destruction de l’humanité. Mais ceci est une autre histoire. Celle de l’émergence de la singularité. Invisible. Silencieuse. Comme le sont toujours les agents algorithmiques…

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Aux chiottes les caméras !https://reflets.info/?p=36478http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170324_181836_Aux_chiottes_les_cameras__Fri, 24 Mar 2017 17:18:36 +0000

“La com’, c’est plus c’que c’était. Sont d’venus cons ces salariés quand même”.

Entre pâté et cornichons, ballon de rouge en main, le Directeur de Création nous joue l’air du “c’était mieux avant”.

Figure-toi que y’a quelques temps, on allait faire une campagne pour du papier toilette. Alors moi, je propose de mettre des caméras dans les toilettes de l’agence pour voir quel usage font les gens du PQ. Normal. Faut bien se docu(l)menter avant de produire une créa. Non ?”

J’écoute, atterré.

Je ne sais pas vous, mais moi, quand quelqu’un présente un certain niveau de connerie, ou mieux, un niveau de QI en dessous de 7, je reste comme médusé. Je l’ai déjà écrit dans un précédent billet, mais pourquoi ne pas le redire ? Dans ces cas particuliers, j’observe la personne avec la même attention que si je voyais un insecte hallucinant cloué avec une épingle dans une boite, sous verre. Tous les détails m’intéressent. Je veux tout voir, tout observer.

“Et tu sais quoi ? Ces cons, ils ont gueulé, genre ouaaaaiiiss, on peut pas mettre des caméras dans les toilettes, comme si j’étais dingue de proposer ça. Ca va, faut se détendre du string les gars, on bosse dans une créa ! J’y crois pas… Y’a quelques années ça les aurait fait tripper, au contraire !

Vraiment, moi non plus, je ne comprends pas ces salariés à qui on apporte paix, amour, joie, harmonie, ondes positives et bonheur avec du Feng-Shui via la plus grande experte dans ce domaine depuis les temps immémoriaux de la Chine antique (Lao Tseu reviens, ils sont devenus fous).

Sont cons quand même.

Et vraiment pas détendus du string.


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Morpho-Safran : la société algopolitique dystopique du futur a débutéhttps://reflets.info/?p=36321http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170324_141053_Morpho-Safran___la_societe_algopolitique_dystopique_du_futur_a_debuteFri, 24 Mar 2017 13:10:53 +0000

Morpho-Safran — comme cet article de Reflets l’expliquait il y a peu — est une entreprise de high-tech excessivement pointue dans le domaine de la biométrie, et qui depuis plusieurs années travaille sur des outils de « détection du crime » à base d’IA prédictives. Une première tentative de réalisation d’un logiciel en partenariat avec le Teralab de Mines Télécom et nommé Anticrime/Horizon a été effectuée. Selon les informations de l’époque, ce logiciel semblait destiné avant tout à concurrencer Predpol, le fameux logiciel de détection du crime américain.

Mais la spécificité de Morpho-Safran, axée sur le traitement de données biométrique, et proche des services de l’Etat (rappel : Morpho réalise la première version du fichier monstre français TES), en fait une entreprise aux possibilités très importantes en termes d’algopolitique et d’algogouvernance. Et si Morpho-Safran participait déjà à organiser la société dystopique de la surveillance automatisée et du contrôle des populations par reconnaissance visuelle d’intelligences artificielles ?

1 milliards d’Indiens fichés par Morpho : et moi, et moi, et moi ?

La volonté des États de ficher et identifier leurs populations de façon numérique existe depuis longtemps. En 2017, elle est en cours de réalisation. Safran-Morpho explique avec simplicité cette « nécessité » de fichage biométrique sur son site :

« L’utilisation de la biométrie est la contribution la plus efficace aux registres de population. Elle garantit l’unicité et la viabilité de l’identité d’un individu.

Les solutions d’enregistrement de population de Safran Identity & Security utilisent les trois principales biométriesl’empreinte digitale, le visage et l’iris -, sélectionnées en fonction des contraintes culturelles, budgétaires et sécuritaires de chaque pays. Elles reposent sur notre savoir faire technologique et leur robustesse éprouvée. »

Cette technologie d’enregistrement biométrique a de nombreuses déclinaisons, pour autant de produits Safran différents dans le catalogue. L’une d’elles se nomme Morpho Argus  et peut servir à :

Comparer des portraits à une liste prédéfinie de personnes. Lorsqu’il y a correspondance, une alarme est générée. Elle peut être envoyée soit au personnel de sécurité, soit à un autre système ou peut être revue par un agent en faisant une comparaison d’images côte à côte. Créer une base de données en ligne qui pourra être utilisée plus tard pour localiser une personne dans l’espace comme dans le temps.

Dans ce cas, son portrait sera comparé à la base de données en ligne et une liste de candidats sera communiquée à l’agent pour revue. Ces cas d’utilisation ne sont pas exclusifs, Morpho Argus est capable de faire les deux en même temps et sur le même flux vidéo. Morpho Argus peut analyser simultanément des flux vidéo provenant de plusieurs caméras IP sur un même réseau. Il utilise un moteur biométrique et une base de données centralisés pour réaliser des comparaisons faciales et les stocker. Morpho Argus peut gérer plusieurs listes de recherche et inclut un logiciel permettant de les modifier et de les gérer globalement..

L’Inde a sauté le pas depuis 2009 dans le cadre de son programme Aadhaar de fichage biométrique de ses 1,2 milliard d’habitants. Le but affiché du gouvernement indien — comme dans le cas français — est de limiter la fraude, l’usurpation d’identité, et d’arriver sous peu à pouvoir identifier de façon formelle et informatique n’importe quel citoyen indien. Mais quelle entreprise est capable de réaliser une chose pareille ? Plusieurs ? Non. Une seule. Et quelle est cette entreprise qui a remporté ce marché ? (ceux qui savent se taisent…) : Safran-Morpho.

Un fichier méga monstrueux de plus d’un milliard d’individus est donc en cours de réalisation. Fichier biométrique et certifié French-tech et  Morpho-Safran conforme. Avec les visages des personnes, leurs empreintes numériques digitales, leur iris. Le même fichier qui arrive en France, mais à l’échelle du sous-continent. Bien entendu, comme dans le cas français, ces fiches informatiques très précises ne doivent pas [normalement, et pour l’heure] être utilisées dans d’autres cas que le contrôle de l’identité des personnes. L’objectif affiché de ce fichier est donc, de façon officielle, de simplement permettre aux administration d’être certaines que la personne demandeuse ou contrôlée est bien celle qu’elle prétend être. Pour l’heure.

Quand Morpho vend ses IA de détection/investigation faciale aux policiers 3.0

Depuis 2016, Morpho-Safran se vante d’avoir vendu deux systèmes de reconnaissance faciale « intelligents » aux forces de police néerlandaises et française. Le premier se nomme Morpho Argus/ Morpho Bis, et est utilisé en Hollande.

« Le système, déployé au niveau national et doté de fonctions de recherche, de comparaison et d’analyse, a été récemment installé au Centre national de la police judiciaire du pays. Les policiers hollandais peuvent désormais comparer la photo d’un visage avec celles de leurs bases de données et ainsi gagner un temps précieux. »

Ce logiciel capture en temps réel les visages humains et les compare avec un fichier de personnes recherchées ou non-autorisées. Une sorte de « comparateur de visages numérique automatisé », mais qui permet quand même de créer « des listes de surveillance à partir des visages détectés dans un flux vidéo » : automatisation de la création de fichiers de visages ? Pour constituer à la volée des bases de données de visages ? La question mérite d’être posée et la publicité de Morpho-Safran mériterait d’être éclaircie à ce niveau là…

Petite vidéo promotionnelle pour le Morpho-Argus :

Cette technologie ciblée de détection et comparaison de visages été étendue à des outils plus élaborés, permettant de suivre à la trace des suspects. L’un d’eux est nommé MVI (Morpho Vidéo Investigator) et c’est lui a qui a été vendu en 2016 à la police nationale française. C’est un « détecteur de suspects », un enquêteur et investigateur numérique. Une IA flic. Cette intelligence logicielle qui se connecte aux caméras de surveillance, aux réseaux sociaux, à Google images, etc., est donc capable de repérer des personnes suspectés d’actes criminels dans une foule, d’établir des correspondances d’identification à travers tout type de fichiers publics ou non, et de suivre ces personnes à la trace. Repérage des véhicules empruntés, plaques d’immatriculation, trajets, tout est enregistré et traité par l’IA. Jusqu’à, par exemple, « prédire » le lieu de rencontre de deux suspect, comme la vidéo promotionnelle suivante le démontre :

Changement de société ou simple amélioration des outils ?

L’exemple de la « détection du crime », d’identification et d’investigation par des logiciels spécialisés, semi-autonomes, pur produit des recherches en intelligence artificielle, est symptomatique du basculement en cours. De la mutation très discrète, mais profonde de la société. Ou plus précisément, de la gestion politique de la société française. Pour de nombreux observateurs, et le plus souvent pour le public en général, des logiciel comme MVI et Argus ne sont rien d’autre qu’une « évolution logique » et technologique des outils mis à la disposition des fonctionnaires, dans le cas d’espèce de la police nationale. Un peu comme ce que serait le passage du portrait robot dessiné à la main à Photoshop.

En réalité, il n’en est rien, puisque l’arrivée de ces IA est un profond changement de paradigme, la porte ouverte à une nouvelle forme de société, où l’Etat aidé d’acteurs économiques privés établirait un contrôle sur les corps et les esprits, délégués à des agents numériques aux fins d’empêcher ou prévenir toute possibilité de transgression des citoyens. Nous sommes là dans la définition d’une société totalitaire. Une dystopie basée sur la surveillance des machines intelligentes. Qui s’installe, sans un bruit, sans concertation. Pour la sécurité, et contre les libertés. Mais qui s’en précoccupe un tant soit peu aujourd’hui dans la classe politique ?

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Qosmos renvoyé à son DPI par la 17ème chambre du TGI de Parishttps://reflets.info/?p=36468http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170322_120825_Qosmos_renvoye_a_son_DPI_par_la_17eme_chambre_du_TGI_de_ParisWed, 22 Mar 2017 11:08:25 +0000[Full disclosure : l’auteur de cet article était cité comme témoin par la défense dans ce procès] Dans son jugement du 26 janvier, la chambre spécialisée dans les délits de presse a savamment assaisonné Qosmos qui poursuivait pour diffamation James Dunne, un de ses anciens salariés, et une journaliste de France 24. Alexandra Renard avait signé un reportage intitulé « Des logiciels français vendus aux dictateurs ? » dans lequel était interviewé James Dunne.

Qosmos estimait être diffamée par les propos suivants :

« Il travaillait pour QOSMOS, une société française d’informatique qui a créé une technologie hyper-perfectionnée, une technologie capable de surveiller de d’analyser avec précision des nations entières via Internet, le tout en temps réel. C’est ce bijou de surveillance massive qu’a vendu leur partenaire français AMESYS au colonel Kadhafi, une arme numérique idéale pour traquer les opposants du régime ».

« A l’époque je ne savais pas qu’on avait livré à la Libye, je ne savais pas qu’on était en train de livrer à la Syrie ».

« Ce que je souhaite, c’est qu’on ne puisse plus vendre impunément de tels logiciels, de telles technologies à des dictatures tout simplement ».

Il n’est pas inintéressant de noter que Qosmos n’a pas poursuivi les dizaines de media qui ont relayé le même type d’analyses. L’auteur des propos, James Dunne, était sans doute l’homme à faire taire, lui qui avait alerté la presse par ses écrits sur son blog à propos des activités peu recommandables, sur un plan éthique notamment, de Qosmos et d’Amesys.

La 17ème chambre a donc jugé que ces propos n’étaient pas diffamatoires. Mais c’est l’argumentation de la cour qui est intéressante. Elle s’est appuyée sur les arguments habituels de Qosmos (ou d’Amesys d’ailleurs) pour débouter la société.

La Cour souligne ainsi :

 » […] force est de constater :

Qu’il n’est pas imputé à la société la commission d’une infraction pénale, le fait que des opposants soient arrêtés étant à l’évidence en lien avec l’action des dirigeants des États mis en cause et ne résultant pas d’une action directe de la société QOSMOS, dont le rôle se limite à avoir fourni une technologie ».

Sur ce point, la cour utilise l’argument récurrent de Qosmos : nous vendons des briques technologies, pas à des États mais à des intégrateurs, l’utilisation qui en est faite nous n’en sommes pas responsables…

« Que le fait de fournir une technologie, certes sensible, à des régimes autoritaires ne contrevenait en outre à aucune règle légale, […] à tout le moins jusqu’à la fin de l’année 2014 »

Le PDG de Qosmos, Thibaut Bechetoille a toujours dit que le commerce du DPI n’était pas assez encadré, y compris dans la mémorable interview qu’il avait accordée en 2011 à des contributeurs de Reflets sur Techtoc.tv :

Dans cette interview, Thibaut Bechetoille explique : « Je crois que l’utilisation de la technologie de DPI doit être…. Doit être encadrée bien sûr ».

Devant les juges du Pôle Crimes contre l’humanité du Tribunal de Grande Instance de Paris, il estimait que « Qosmos milite pour une réglementation internationale concernant la vente des produits de surveillance électronique ».

« Que livrer du matériel technologique sensible à des régimes autoritaires ne peut non plus être considéré comme un comportement moralement condamnable, le commerce international justifiant de travailler avec nombre d’États, dont certains non démocratiques ; qu’il n’en résulte pas un manquement évident à la morale commune, sauf à considérer des pans entiers de l’industrie française, notamment l’industrie d’armement ou le secteur des hautes technologies, comme étant objectivement et par nature condamnables.

Ainsi, s’il est fait état, dans les propos en voix off et dans l’interview, d’un fait précis pouvant faire l’objet d’un débat probatoire, il n’en résulte pas, pour autant, une atteinte à l’honneur et à la considération de la société QOSMOS »

Les propos poursuivis ne représentent donc pas un caractère diffamatoire au sens du droit de la presse.

Ainsi, sans qu’il y ait lieu de se prononcer sur les autres moyens soulevés, les prévenus seront renvoyés des fins de la poursuite.

La cour met ici sur le même plan les vendeurs de DPI et les vendeurs d’armes en disant qu’il arrive que ce type d’industrie vende à des pays peu démocratiques. Un euphémisme… Il n’est donc pas diffamatoire de le dire.

Qosmos n’a pas fait appel de cette décision. De fait, elle aurait dû, le cas échéant, se battre contre ses propres arguments, ce qui aurait été assez cocasse.

Ce procès est le troisième que Qosmos perd contre James Dunne (4 procédures). Les deux premiers étant liés à son départ de l’entreprise. Thibaut Bechetoille avait une relation très particulière avec son ancien employé devenu lanceur d’alerte. Dans un café où il recevait des journalistes avec une agence spécialisée dans la communication de crise (Clai), il s’était emporté, criant que James Dune était fou, qu’il fallait l’enfermer. En 2013, réagissant à un article de Mediapart, Thibaut Bechetoille indiquait :

« Nous restons confiants dans l’issue de la procédure, tant les faits qui nous sont reprochés par cet ancien salarié sont faux et calomnieux. Nous rappelons que nous avons porté plainte pour diffamation contre cet ancien salarié. »

Des faits faux et calomnieux… Ce n’est pas du tout l’avis de la 17ème chambre. On imagine mal Thibaut Bechetoille présenter des excuses à James Dunne. Mais on peut s’interroger sur deux points.

Le premier concerne les particuliers qui sont attaqués par des entreprises. Ils doivent faire face avec des moyens très faibles au rouleau compresseur du service juridique de l’entreprise qui les attaque avec, généralement, de gros moyens financiers. Le temps et l’argent jouent pour les entreprises. Le combat est inégal. Avis aux candidats à la présidentielle…

Le second concerne la presse. Elle a rarement le réflexe de consacrer de la place au résultat final. Et c’est fort dommage. Car dans le cas de James Dunne, par exemple, le particulier attaqué est accusé de tous les maux et cela laisse des traces, dans quantité d’articles. James Dunne a donc été accusé par Qosmos d’être un diffamateur pendant des années. Or in fine, il se trouve qu’il ne l’est pas. Doit-on en conclure , au contraire, que ce sont Thibaut Bechetoille et Qosmos qui se sont rendus coupables de diffamation en affirmant aux journalistes, de manière répétée, que James Dunne était un diffamateur ?

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Chamboule-Touite : menteur ou escroc ?https://reflets.info/?p=36385http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170317_154154_Chamboule-Touite___menteur_ou_escroc__Fri, 17 Mar 2017 14:41:54 +0000

Premiers tests de notre formidable outil, le Chamboule-Touite, qui permet de mesurer la « popularité » des mentions sur Twitter d’un candidat à la présidentielle avec un mot-clé ou un hashtag. Par un hasard tout à fait fortuitement aléatoire, nous choisissons le hashtag — pardon, le mot-croisillon — « #menteur ». Sans surprise, twittas et twittos font une association d’idées avec un certain François Fillon.

Apostrophé à 49 reprises, le vertueux châtelain met tout le monde d’accord. Il caracole largement en tête du Chamboule-Touite, avec un score de 96 %, dopé par le PenelopeGate. Loin derrière, Benoit Hamon et Emmanuel Macron font pâle figure et se partagent à égalité les 4% restants.

Nous bougeons les potards et lançons un second test avec le mot-croisillon « #escroc ». Nous nous attendions à retrouver encore une fois le bon François en pole position.

Ô surprise, si l’ancien premier ministre est le plus mentionné (50 tweets), au nombre de retweets et de favoris, c’est Emmanuel Macron qui termine au finish. Ses 31 mentions lui permettent de réaliser le plus gros score, avec 93% et près de 900 retweets.

À gauche comme à droite (surtout très à droite), on lui reproche son passé de banquier et d’énarque, ses orientations libérales, d’être le fils spirituel de François Hollande ou le « candidat du système » (oui, c’est très original). Une chose est sûre, le gendre idéal inquiète ses opposants.

Le Chamboule-Touite® est la dernière innovation issue du département Research & Gonzo Development de Reflets.info. Il tire parti des Big Data®, du Data Mining®, du Machine Learning®, et de l’Augmented Journalism®. Propulsé par un système de traitement de données unique au monde (brevet en cours de dépôt), le SHA-1® (Statistical Helicobits Analysis – Mark One), le Chamboule-Touite® permet à Reflets.info de produire les analyses politiques digitalisées les plus pointues sur l’élection présidentielle 2017.

Comment sont calculés les scores ?

Pour chaque candidat, l’API de recherche de Twitter est interrogée, la recherche portant sur le terme ou hashtag avec mention du candidat (maximum 100 tweets les plus pertinents par candidat, le nombre de tweets retournés est affiché dans la carte). Les décomptes de retweets et de favoris pour chaque candidat sont additionnés et comparés à la valeur pour l’ensemble des candidats pour calculer les pourcentages.

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La démocratie d’influence et du copinage : nudge me tenderhttps://reflets.info/?p=36378http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170317_132531_La_democratie_d___influence_et_du_copinage___nudge_me_tenderFri, 17 Mar 2017 12:25:31 +0000Cette vidéo de 26 minutes — très pédagogique et amusante à la fois — est idéale pour comprendre de nombreuses choses en lien avec : l’opinion, l’information, les sondages, les emballements populaires électoraux, le populisme, la droite, la gauche, le lobbying… et finalement, le fonctionnement de la démocratie française actuelle.

Bon visionnage :

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Et alors ? Je suis chez moi !https://reflets.info/?p=36373http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170316_182318_Et_alors___Je_suis_chez_moi__Thu, 16 Mar 2017 17:23:18 +0000Nous publions ci-dessous une lettre signée François F. adressé à la rédaction de Reflets.

Chères journalopes anarcho-gauchistes,

Je lis ici ou là que je porterais des costumes à plusieurs milliers d’euros offerts par un ami. Et alors ? Je porte ce que je veux chez moi ! Je vous demande moi pourquoi vous portez vos pulls élimés si typiques des journalistes ? Je demande aux femmes dans mes meetings si elles n’ont pas honte de leurs jupes longues, de leurs chemisiers ? Je lis ailleurs que mes enfants m’auraient reversé une partie de leurs indemnités lorsqu’ils étaient salariés comme assistants parlementaires. Et alors ? Mes enfants font ce qu’ils veulent de leur argent et moi aussi. Si je veux profiter de ces sommes pour retaper ma petite masure à 750.000 euros, qu’est-ce que cela peut bien vous faire ? Je suis chez moi, non ?

J’entends que je ne respecterais pas ma propre parole parce que j’aurais dit que je ne me présenterais pas si j’étais mis en examen… Et alors ? Quand bien même j’aurais dit ça, ce qui n’est absolument pas prouvé, à part dans les fake-news propagées par la gauchiasse qui a mené notre pays au chaos, je fais ce que je veux et je dis ce que je veux devant mes micros. Je suis encore chez moi, non ? Ce sont MES micros. On paye bien assez cher nos salles de meeting et leur sonorisation !

A propos de gauchiasse… Notez qu’en effet, le pays est au bord de l’abîme. Le chaos, je vous dis. Et vous, les journalopes crypto-communistes, vous laissez croire que non, que tout va à peu près bien, que l’on peut s’en sortir. Mais pas du tout. Le peuple a le droit de savoir. Savoir qu’on est au bord de l’apocalypse. Je ne vois pas pourquoi il saurait ce que je fais chez moi, avec mon argent, mes costumes. C’est ma vie privée. Mais il doit savoir que c’est bientôt la chute. Oui, j’avais prévenu quand j’étais aux commandes, le pays est en faillite et ça ne s’est pas amélioré depuis, sachez-le. Je sais, j’ai un peu merdé sur la dette pendant que je dirigeais la France, mais c’est une erreur de jeunesse, promis, je ne le ferai plus.

Dette au sens de Maastricht des administrations publiques en point de PIB (*)

Et pour ça je compte bien filer un choc de compétitivité à grands coups d’austérité. Il faut ce qu’il faut. Certains vont souffrir ? Et alors ? Je suis chez moi, non ? C’est mon pays, oui ou non ? Je fais ce que je veux. Et croyez moi, ce choc, c’est une méthode éprouvée.

J’entends que des gens qui font profession de commenter les propos des politiques disent que ma douce et tendre Penelope n’aurait même pas été au courant qu’elle était salariée comme assistante parlementaire. Et alors ? C’est ma femme, oui ou non ? Je fais donc ce que je veux avec son compte en banque.  Notez que c’est beau de recevoir un salaire pour de simples commentaires, les journalopes ont un beau métier… Moi aussi je peux commenter tout et n’importe quoi, on ne me paye pas pour autant pour ça.

Je lis que ce que l’on me reproche confisquerait la campagne. Que l’on ne pourrait plus parler du fond. C’est vrai. Et alors ? D’une part ceux qui me suivent sont des croyants. Si, si. Ils croient en moi. Les reproches que l’on me fait coulent sur eux comme l’eau sur les plumes d’un canard et c’est un chasseur qui vous parle. Oui, j’ai des vestes de chasse faites sur mesure. A la mesure d’un chasseur de canards musqués. D’autre part, si les journalopes ne me faisaient pas tous ces reproches, on pourrait parler d’autre chose. Notez que ça ne m’arrangerait pas mais pourquoi pas… Mon attachée de presse me souffle dans l’oreillette que ça fait partie de mon boulot de parler du fond, quitte à raconter n’importe quoi. M’en fous, tant que je suis payé, je fais ce que l’on me demande. Si tant est que ce n’est pas trop fatiguant.

Je m’étonne par ailleurs des cris d’orfraie : il parait que mon programme achèvera les plus démunis. Et alors ? Ils n’avaient qu’à gagner de l’argent ces cons-là. Est-ce que je suis démuni moi ? Non. Qu’est-ce qui les empêche de ne pas l’être ? Ils sont sans doute aussi fainéants que les journalopes de la gauchiasse qui passent leur temps à baver sur moi contre un salaire tout à fait confortable. Et puis, une fois encore, je serai chez moi à l’Elysée, oui ou non ? Je fais ce que je veux.

Ça ne vous plaît pas ?

Et alors ?

 

 

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Société : pourquoi les « on est chez nous » ?https://reflets.info/?p=36354http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170313_185748_Societe___pourquoi_les_____on_est_chez_nous______Mon, 13 Mar 2017 17:57:48 +0000
Illustration issue d’une recherche ayant pour mots-clés « Florian Philippot Winnie l’ourson ». Sont-ce les fameux envahisseurs étrangers dénoncés par le parti de Philippot, qui apparaissent sur cette photo ?

La question d’une montée des nationalismes, mâtinés de populisme xénophobe se pose de plus en plus en Europe, tout comme aux États-Unis d’Amérique et dans certains pays asiatiques. Ce phénomène se traduit par des votes très particuliers en faveur de personnages ou de partis politiques eux aussi bien particuliers. Tous ont en commun une même composante, si l’on se contente de cataloguer : l’extrême-droite. Malgré des divergences entre chaque pays — les cultures et l’histoire ne pouvant qu’être différentes — des constantes peuvent se dégager pour comprendre ce qu’est cette « extrême-droite » : rejet de l’étranger, volonté de repli sur soi, demande d’autorité, adhésion à une « culture » de la violence et du conflit, ostracisation des minorités, désignation de coupables pour expliquer les problèmes de la société, mise en accusation des élites corrompues.

Bien entendu, l’étiquette politique ne résume pas tout, loin de là, et peut même dans  certains cas créer de la confusion, voire renforcer les mentalités en question : « être d’extrême-droite » n’est pas si simple, et vouloir taxer  des mouvements politiques hétéroclites sous un même label n’est peut-être pas une bonne idée. D’ailleurs, plus ce label est utilisé par ses détracteurs, plus « l’extrême-droite » progresse. En revanche, comprendre qui sont les gens qui votent et développent les idées de ce mouvement devenu partiellement mondial peut être intéressant. Pour mieux les combattre, si l’on pense bien entendu que leurs idées et la société qu’ils veulent construire est dangereuse, d’une intolérable médiocrité humaine, et ne peut que nous mener à vivre un cauchemar collectif fait d’intolérance, d’égoïsme, de fermeture, d’ignorance et de destruction des quelques règles humanistes issues de l’après seconde guerre mondiale. Celles d’après le nazisme.

« On est chez nous »

Ce slogan du « On est chez nous », qui parsème le film « Chez nous » (montrant le fonctionnement d’un parti d’extrême droite français similaire au Front national), est très intéressant pour mieux comprendre la montée de cette « nouvelle extrême-droite » mondiale, dont Donald Trump, au fond, est le chef charismatique et la quintessence même. Ce slogan — « On est chez nous » — représente en quatre mots l’essence même des mentalités qui agitent les urnes et les esprits, il synthétise le malaise profond qui agite ces « croyants en une nouvelle politique » qui ferait table rase de l’ancienne et leur redonnerait un pouvoir, une valeur, un rôle qu’ils pensent avoir perdu depuis des décennies. Le ralliement est simple, compréhensible, franc : « On est chez nous ». Ce « Nous » impliquant un « Eux ». L’ennemi de la communauté — communauté de ceux qui sont sur leur territoire, depuis toujours.

« Nous sommes solidaires, entre nous, nous avons la même vision, et elle est faite d’une appartenance à quelque chose qui nous relie » , tout en laissant entendre implicitement que d’autres « tentent de s’emparer de ce qui nous appartient« . Les « On est chez nous » revendiquent politiquement le droit à discriminer tout ce qui n’est pas de « chez eux » : du terroir, de l’enracinement, de la tradition, de l’histoire commune.

L’idée centrale des « On est chez nous » est simple à comprendre, et c’est bien pour cela qu’elle porte et séduit de plus en plus. Elle pourrait se traduire encore autrement ainsi : « Nous sommes en guerre, contre des phénomènes et des individus qui détruisent notre identité, nous ont fait plonger dans un no man’s land sociétal insupportable. Si nous défaisons l’ennemi, nous retrouverons notre identité et recréeront un territoire perdu qui nous redonnera un sens collectif, un « sens commun », un socle de valeurs à partager, un projet. »

Droits de l’Homme en pointe… jusqu’à la mondialisation

Le socle commun des grandes démocraties, ces pays industriels post-impérialistes qui ont déclenché la révolution industrielle entre le 18ème et le 19ème siècle, a été, depuis le grand chamboulement d’après 39-45, la déclaration des Droits de l’Homme. L’organisation mondiale censée faire respecter la paix mondiale et empêcher une nouvelle guerre équivalente à celle déclenchée par les nazis, l’ONU, a été au centre de cette préoccupation des Droits de l’Homme.

Avant la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, n’importe quel pays pouvait faire subir ce qu’il ce qu’il voulait à n’importe quelle partie de sa population ou de populations colonisées, sans que personne ne s’en mêle ni ne s’en émeuve. On montrait des Africains dans des cages à l’exposition universelle, en France, par exemple. On tuait des milliers de maghrébins dans des territoires d’Afrique du Nord annexés par la force quand ils se rebellaient contre leur envahisseur.

Le choc du génocide, par l’internement et l’industrialisation du meurtre de masse de catégories de populations minoritaires (juifs, homosexuels, handicapés mentaux, tziganes) par le régime nazi, a forcé les grandes nations à un examen de conscience inédit. La décolonisation en est l’une des conséquences, la Charte Universelle des Droits de l’Homme en est une autre. Le monde capitaliste, industriel, post-impérialiste a semblé — durant une cinquantaine d’années — vouloir construire une politique mondiale « humaniste », cherchant à protéger les plus faibles, aider les opprimés, abolir les injustices. Avec de nombreux accrocs à ce « contrat moral » que l’ONU était censé faire respecter : guerre du Vietnam, coups d’états et mise en place de dictatures soutenues par les États-Unis en Amérique du Sud, essais nucléaires dans les colonies et ex-colonies françaises, torture de l’armée française en Algérie, répression des mouvements sociaux, soutiens militaires à des dictatures au moyen-orient, etc., etc.

Bien entendu, des avancées ont eu lieu grâce à la « politique mondiale des Droits de l’Homme » créée après-guerre. Les énoncer serait trop long, mais d’une manière générale, ces avancées ont toutes pour dénominateur commun des progrès sociaux, des droits nouveaux pour les plus « fragiles » ou les plus « faibles », une volonté de justice, « d’égalité », un refus de reproduire les anciens schémas basés sur une domination du plus fort sur le reste. Jusqu’à à la fin des années 90, cette idée de politique mondiale des Droits de l’Homme a été soutenue par les populations occidentales, avec des personnels politiques eux aussi plutôt engagés à la défendre. Mais la volonté d’une « pure politique de justice mondiale » n’est pas restée très longtemps l’unique préoccupation des grands décideurs de ce monde.

La mondialisation — des échanges via la financiarisation de l’économie et l’ouverture des marchés à la planète entière — a été instiguée et vendue comme le meilleur moyen de pouvoir aider les pays les plus pauvres, les ex-colonies en premier, leur permettre de pouvoir participer à la « grande fête des Droits de l’Homme ». Tout le monde allait pouvoir bénéficier de la richesse ainsi engendrée, et les Droits de l’Homme pourraient se réaliser vraiment, partout. Il n’en a rien été, et le problème crucial est que ceux qui ont défendu cette théorie ont parfaitement échoué : les Droits de l’Homme ont reculé, les injustices se sont creusées et la planète a été mise en coupe réglée par des puissances financières privées, d’une puissance jusque là inédite. C’est sur cette évidence que les penseurs des « On est chez nous » jouent à fond. Et remportent de plus en plus de victoire.

Bobos, droits de l’hommistes, gauchos, cocos et socialos : même combat

Si l’on pense que la société va mal, parce que plus rien ne semble fonctionner normalement, que les injustices explosent et que ceux censés l’améliorer sont des « vendus » qui pensent avant tout à profiter du vote des électeurs pour conserver une place enviable et servir les intérêts des puissances industrielles, de la finance, il est possible d’adhérer à la pensée du « On est chez nous ».

En effet, le moteur des « On est chez nous » est la haine de ceux qui se sont engraissés sur le dos du plus grand nombre, ont vendu le pays et ses intérêts à la mondialisation, pour faire court. Vendu à une forme de « droit de l’hommisme » favorisant l’arrivée d’étrangers seulement intéressés par nos avantages sociaux et venant imposer leur propre culture, forcément néfaste et incompatible avec la « nôtre ». Toute cette opération, selon les « On est chez nous », a été poussée par les bobos-socialos-cocos-droits-de-l’hommistes qui ont — par leur idéologie laxiste et dégoulinante de bons sentiments hypocrites — permis la ruine du pays, tant dans la permissivité économique, que sociale, éducative, migratoire. Tout en profitant, pour la partie socialo-bobo, des changements que cette mondialisation créait. Particulièrement en termes de progression économico-sociale.

Cette vision du monde, qui amalgame Droits de l’Homme, donc humanisme et progrès sociaux, avec mondialisation des échanges, perte de souveraineté, désindustrialisation et recul de puissance, est théorisée depuis plusieurs années par Marine Le Pen et son acolyte de Sciences-Po : Florian Philippot.

Généraliser la fête du cochon, une ambition politique à la portée du numéro 2 du parti des « On est chez nous » ? Un parti qui a compris qu’en promettant « du boudin pour tous », les choses iraient nettement mieux.

L’Europe libérale — au sens de la dérégulation économique et de la libre circulation des flux commerciaux et bancaires — est bien entendu une cible idéale pour les penseurs du « On est chez nous », qui n’ont pas beaucoup de mal à démontrer toute la perversité de cette Union Européenne qui écrase de sa toute-puissance bureaucratique toute possibilité d’une politique autre que celle qui s’impose par ses traités. Une toute puissance — particulièrement depuis la crise de 2008 et le TSCG de 2012 — qui va jusqu’à contrôler les budgets des états, indiquer et surveiller leurs réformes.

Ceux qui aimeraient défendre l’Union Européenne aujourd’hui ont beaucoup de mal, tout comme ceux qui voudraient défendre les bienfaits de la mondialisation : la catastrophe bancaire, financière, économique qui perdure depuis 2008 est le fruit de la grande dérégulation globale portée par les chantres de la mondialisation. L’Europe ne défend plus rien d’autre qu’une orthodoxie économique soufflée par les banques internationales et l’Allemagne, pour qui cette voie reste la plus favorable à son économie. Même si d’un point de vue social tout ça commence à pas mal se craqueler.

Les « gauchos » sont donc bien embarrassés, enfin ceux qui ont soutenu la mondialisation, l’Europe, et toutes ces choses censées à l’origine faire « un monde meilleur et plus ouvert, où la majorité y gagnerait ». Les « socialos » en tête, avec pour une bonne part d’entre eux la partie « bobos progressistes », riches et bien-portants défenseurs des immigrés, mais ayant racheté des quartiers entiers de Paris d’où ces mêmes immigrés ont été évacués.

Fantasme fascisant à l’épreuve d’une trahison envers les peuples

La réalité socio-politique actuelle — qu’elle soit française ou européenne, et partiellement mondiale — peut se résumer à un constat, plutôt sombre et inquiétant : les « On est chez nous » sont de plus en plus nombreux. Le « on a tout essayé » (chez les électeur potentiels des partis à base de « On est chez nous ») est aussi une phrase qui revient souvent, et elle résume très bien la situation. Celle de la trahison politique — débutée il y a 20 ans, pour simplifier. Trahison envers les peuples, à qui les élites au pouvoir ont promis des lendemains qui chantent en dérégulant toute l’économie mondiale et en permettant une circulation libre et sans entraves des biens et des services.

Les lendemains ont déchanté, et ce ne sont pas les statistiques de la Banque Mondiale laissant entendre que la pauvreté a reculé parce que les Africains ont désormais deux ou trois dollars par jour vivre au lieu d’un, qui permettront de faire avaler la couleuvre d’un monde amélioré par cette politique orchestrée via l’OMC, le FMI, l’UE et les différentes administrations des plus grandes nations capitalistes de la planète.

Sachant que les politiciens socio-démocrates qui ont promis, pour être élus, de se préoccuper de progrès social et de protection des travailleurs les plus fragiles, ont fait exactement l’inverse au point d’accompagner la destruction des droits sociaux tout en « libérant les énergies » des multinationales. Il est ainsi assez simple de comprendre le désarroi et la confusion qui s’opère dans les cerveaux des électeurs. Confusion qui mène à une certaine rage. Avec, comme il est normal en politique, l’apparition d’un fantasme. Puisque voter pour quelqu’un qui fera exactement la même chose que tous ceux qui ont été portés au pouvoir depuis 20 ans n’est plus acceptable pour tous ceux qui sont arrivés au constat d’échec des démocraties des Droits de l’Homme.

Ce fantasme est fascisant, logiquement fascisant, puisque le fascisme se nourrit toujours de vengeance, a besoin de victimes et de bourreaux, de traîtres et de trahis pour exister. Si de l’autre côté de l’échiquier politique, chez les « insoumis », le constat d’échec est le même, les propositions sont elles pourtant antinomiques. Mais visiblement quelque chose n’a pas pris, puisque les élections des 5 dernières années n’ont pas été concluantes de leur côté.

Il est sûrement plus simple de crier un slogan de quatre mots, amalgamer tous les phénomènes et pointer des boucs-émissaires, minoritaires et fragiles ou non, plutôt qu’autre chose. Ce que font les « On est chez nous ». Mais le grand problème reste : qui est en mesure de leur faire comprendre que si une part de leurs constats sont « justes » (la partie économique), les réponses qu’ils veulent apporter sont parfaitement nulles, non-avenues, dangereuses et accentueront encore plus le malaise actuel ? Certainement pas le téléviseur sur le buffet, avec ses boucles récursives mentales.

En conclusion, si l’on peut savoir « pourquoi les « On est chez nous » ? — savoir comment les transformer en « Bienvenue chez nous » est nettement moins évident. Peut-être parce que plus personne n’y croit ?

Ou n’a envie ?

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Cloudbleed : le bug qui cache la forêthttps://reflets.info/?p=36334http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170312_223347_Cloudbleed___le_bug_qui_cache_la_foretSun, 12 Mar 2017 21:33:47 +0000Le mois dernier, un bug a été découvert par Tavis Omandy (un chercheur d’une équipe de Google) dans l’un des programmes utilisés par Cloudflare, une société américaine qui fournit différents services aux opérateurs de sites Web : performances (l’activité originelle de l’entreprise), protection contre les attaques en déni de service, sécurisation par HTTPS/TLS, firewall applicatif, etc. Nous ne reviendrons pas ici sur cette faille, « Cloudbleed », qui a d’ailleurs été documentée par l’entreprise dans un « post-mortem » d’excellente qualité, ainsi que vulgarisée avec plus ou moins de réussite dans les médias. Mais ce bug, corrigé depuis, cache une autre réalité.

Dénis de service

Les attaques en déni de service (DoS) visent, comme leur nom l’indique, à rendre indisponible un service. Elles consistent généralement à saturer la cible de l’attaque en monopolisant ses ressources, par exemple sa connexion au réseau ou la puissance de calcul dont elle dispose. Par définition, pour qu’un DoS réussisse il faut que l’attaquant dispose d’une capacité supérieure à celle de la cible. Compte-tenu des capacités actuelles des serveurs et des data centers, de leur connectivité, c’est rarement le cas. De plus, ces attaques étant déclenchées depuis des sources uniques, elles sont assez faciles à bloquer.

Pour contourner ce problème, les attaquants utilisent différentes techniques. Ils peuvent par exemple tirer parti de mécanismes « d’amplification » ou de « réflexion » qui permettent d’augmenter de manière importante le rapport entre le trafic utilisé à la source et celui reçu par la victime. Une autre possibilité est de multiplier les sources en utilisant un (très) grand nombre de machines que les attaquants peuvent contrôler ou qu’ils conduisent à participer à l’attaque. On parle alors de déni de service distribué, ou DDoS. De ce point de vue, la myriade d’appareils connectés à Internet constitue une aubaine. Pas ou peu sécurisés, ces équipements sont intégrés à des « botnets » qui servent pour des DDoS de très grande ampleur, comme ceux ayant touché OVH ou Dyn fin 2016.

Ces deux derniers événements d’une ampleur sans précédent — l’attaque contre OVH dépassait en pic le térabit par seconde (1 Tbps, soit 1000 Gbps) de trafic — ont été très médiatisées, en particulier l’attaque sur Dyn qui a perturbé pendant quelques heures le fonctionnement de certains sites populaires comme Twitter. Si les attaques massives augmentent en fréquence et en intensité — ce qui est préoccupant, elles restent encore relativement marginales. Selon un rapport d’Arbor Networks pour l’année 2016, sur le million d’événements observés par le système ATLAS de l’entreprise, seuls 553 auraient dépassé le seuil des 100 Gbps. Toujours d’après ce rapport, la moyenne se situerait à 931 Mbps et 70 % des attaques ne dépasseraient pas les 500 Mbps. Elles dureraient en moyenne 55 minutes et 84 % d’entre elles prendraient fin en moins d’une demi-heure. La tendance est donc à l’augmentation, mais il ne s’agit pas non plus du cataclysme « cyber » qu’on nous vend à longueur de temps.

Wordlwide Infrastructure Security Report – Arbor Networks

Mais comment fait le Père Noël ?

Le problème est que la plupart des opérateurs de services, en particulier de sites Web, ne disposent pas des moyens financiers, techniques et des ressources humaines nécessaires pour contrer une attaque, même relativement petite. Il leur faudrait acheter leurs propres serveurs, faire l’acquisition de coûteux équipements de défense contre les DDoS, louer de la bande passante, des emplacements dans un centre de colocation (un centre de données) et recruter quelques ingénieurs pour gérer tout ce bazar. Économiquement, c’est totalement inaccessible pour la plupart d’entre eux.

Ils doivent donc s’en remettre à des intermédiaires, comme leur hébergeur, pour détecter le trafic malveillant en amont et l’absorber. Certains de ces hébergeurs le font gratuitement, comme OVH ou Online.net, d’autres le facturent à leurs clients. Le populaire Amazon Web Services, par exemple, fournit un premier niveau de protection gratuit « AWS Shield Standard », mais pour accéder au niveau de protection « Advanced », il en coûtera à ses clients la modique somme de 3000 $ par mois, le trafic étant facturé en sus.

Parmi les autres solutions, on trouve des intermédiaires spécialisés dans la défense contre les DDoS comme Akamai, Incapsula, Verisign, Arbor Networks ou encore… Cloudflare. Cette dernière propose, à un tarif tout à fait abordable (200 $ par mois), une protection complète contre les DDoS.

L’entreprise revendique une capacité réseau de 10 Tbps ainsi qu’une centaine de datacenters éparpillés aux quatre coins du globe. Il n’y a guère que le Groënland, l’Antarctique ou le pôle Nord qui soient épargnés ; on se demande d’ailleurs comment font la Reine des Neiges et le Père Noël. Elle tire parti d’anycast, une technique d’adressage qui permet à des serveurs installés à différents endroits de la planète de partager les mêmes adresses IP. Le routage depuis l’utilisateur jusqu’au serveur est effectué « au plus proche » de l’emplacement géographique de l’utilisateur. Ensuite, les informations transitent entre le réseau de Cloudflare et le serveur de destination. Le routage étant fait « au plus proche » de la source, le trafic correspondant aux attaques DDoS est réparti plus ou moins uniformément sur l’ensemble des points de présence de Cloudflare dans le monde, ce qui permet de les absorber plus efficacement.

Réseau Anycast – Cloudflare

Pour le opérateurs de sites Web, la configuration est facile, les prérequis techniques sont bas, l’offre est abordable économiquement et la facture est stable à la fin de chaque mois. On comprend dès lors mieux le succès commercial de Cloudflare. Là où le bât blesse, c’est que Cloudflare va un peu plus loin que la simple protection contre les DDoS, ses serveurs jouant aussi le rôle de reverse proxies et gérant au passage HTTPS pour le compte des clients de l’entreprise.

Reverse proxies

Lorsque vous consultez un site Web depuis votre canapé, votre machine établit une connexion directe avec le serveur hébergeant le site. Si vous vous connectez depuis un réseau d’entreprise, il est possible (ou probable), que votre appareil se connecte à un serveur situé en périphérie de ce réseau. On parle alors de serveur mandataire, de « proxy », une machine intermédiaire qui se chargera à son tour d’établir la connexion avec le serveur de destination. Les entreprises utilisent souvent ce type d’architecture pour des raisons de sécurité, par exemple pour vérifier que vous n’êtes pas en train de télécharger malencontreusement un virus, ou de performances, notamment en mettant en cache certaines pages ou ressources Web (images, scripts, feuilles de style, etc.).

Ces serveurs mandataires sont utilisés par certaines organisations pour d’autres motifs plus ou moins légitimes et généralement liés à la censure au filtrage de certains contenus. Ainsi, selon le niveau de pudibonderie de votre directeur des systèmes d’information, il sera plus ou moins tenté de vous empêcher de visiter YouPorn depuis le bureau.

Lorsqu’un proxy est du côté du serveur de destination et non de celui de l’utilisateur, on parle de serveur mandataire inverse, de « reverse proxy ». C’est très exactement la nature des « edge nodes», les serveurs d’entrée du réseau de Cloudflare. Ces derniers servent d’intermédiaires entre les utilisateurs et les services Web des clients de la société.

Michel en marche

Illustrons cela par un cas concret. Après François Bayrou, c’est au tour d’une autre personnalité de premier plan de déclarer son soutien au candidat Emmanuel Macron : notre fidèle Michel©. Pour ce faire, il tapote avec délicatesse « en-marche.fr » dans son navigateur, et se rend sur le formulaire d’adhésion. Prudent, il vérifie la présence du cadenas vert dans la barre d’adresses, que le site utilise bien HTTPS, qu’il est sécurisé par TLS. Tout lui semble, à première vue, impeccable.

Ce que Michel ignore, c’est que la « forteresse digitale » de son candidat préféré a subi les puissants assauts des légendaires hackers russes ou, l’attribution d’attaques informatiques étant chose complexe toutes les spéculations sont possibles, de pirates à la solde de l’infâme et sournois Docteur Méluche.

L’équipe du sieur Macron a donc abrité son site de campagne derrière le réseau de serveurs de Cloudflare, qui le protège des hackers russes et du tribun subaquatique. Michel n’accède donc pas au serveur d’En Marche directement, mais par l’intermédiaire d’un reverse proxy de Cloudflare. La connexion HTTPS, sécurisée par le protocole TLS, n’est pas établie entre Michel et le site Web d’En Marche, mais entre Michel et un serveur de la société américaine. Cloudflare voit ainsi passer en clair toutes les requêtes HTTP à destination des serveurs ses clients, et toutes les réponses que ceux-ci renvoient, y compris un bon paquet de données personnelles ou confidentielles. La participation de Michel au Grand Mouvement Pour Faire Tomber la France En Marche ne fera pas exception.

Cloudflare revendique 6 millions de clients, dont beaucoup de très gros sites, et sert des centaines de milliards de pages Web tous les mois. D’après W3Techs, l’entreprise fournit 5,6% du million des plus gros sites Web référencés dans le classement Alexa. Ce sont autant de données qui transitent via le gigantesque réseau de l’entreprise.

Si nous étions d’humeur taquine, on se fendrait la fiole de retrouver le site de campagne d’un candidat qui prétend renégocier le Privacy Shield planqué derrière Cloudflare. Mais Reflets est un organe de presse tout ce qu’il y a de plus sérieux, nous nous contenterons donc de déplorer la tendance à la centralisation du Web, qui devient très préoccupante.

Vraiment.

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La France des téléviseurs sur le buffethttps://reflets.info/?p=36326http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170311_171536_La_France_des_televiseurs_sur_le_buffetSat, 11 Mar 2017 16:15:36 +0000Parler des Français — et de la France en général — est un exercice récurent dans les périodes électorales. Chaque politique, chaque éditorialiste y va de sa petite phrase, de sa sentence, pour exprimer qui, « le malaise des Français », qui « la crise française », « le désarroi », « la colère », etc. Ces analyses pseudo-psychologisantes et de sociologie de comptoir — sur une population de plus de 65 millions de personnes et de 44 millions d’inscrits sur les listes électorales — n’engagent que ceux qui les énoncent.

La réalité sociologique, économique et politique de l’Hexagone est beaucoup plus complexe et différente que ce que les observateurs de « la vie politique » veulent bien restituer. L’une des raisons de ce décalage entre analyse globale et réalité, est principalement que tous ces analystes ne vont jamais chez les gens, ne savent même pas comment ils vivent. Ils n’ont surtout jamais passé une paire d’heure dans une « famille rurale moyenne », à dîner autour d’une table de salle à manger avec le téléviseur allumé en permanence.

Cet aspect des choses est pourtant central si l’on veut comprendre ce qu’il se passe un tant soit peu dans un pays qui semble décidé — d’un point de vue électoral — à porter en tête au premier tour de la présidentielle la candidate d’un parti d’extrême droite nationaliste, xénophobe et populiste. Parce que ceux qui questionnent la société et jouent à la décrire, sont les mêmes qui la fabriquent de toutes pièces à travers les écrans.

La réponse aux questions est dans le téléviseur

Comprendre l’état d’esprit d’une population, sa perception du monde, son quotidien, ses attentes, ses angoisses, craintes ou espoirs ne peut pas se faire à grands coups de sondages par téléphone ou par Internet à l’aide de questions fermées et réductrices.

Ce système, censé permettre de connaître « l’état de l’opinion » est à la fois tronqué et pervers, pour plusieurs raisons. L’une d’entre elles est un phénomène de boucle récursive : celui qui questionne invite le questionné à répondre à des questions que celui-ci voit posées à longueur d’années à d’autres qui ont eux aussi vu les réponses à des questions qu’on leur pose. Le questionneur observe un autre questionneur, et chacun a déjà des réponses. Au final, ces réponses et les commentaires qui les accompagnent sont en permanence diffusées sur l’objet de toutes les questions et de toutes les réponses : le téléviseur.

Comment savoir si la colère d’un individu à propos de « la politique française » vient de sa propre perception et analyse du sujet ou bien n’est au fond que le stricte compte-rendu de ce qui lui est diffusé à longueur de journées et de soirées par son téléviseur ? Voir et entendre des gens en colère contre un système politique, observer en continu des mensonges, des affaires de corruption, peut-il permettre d’obtenir une autre réponse que celle qu’on espère ? Le système d’allers-retours entre l’observateur et l’observé, puis les conclusions qui s’en dégagent est sans issue, mais reflète une situation autrement plus inquiétante que ce que les réponses [aux questions fermées] indiquent.

Le téléviseur montre le monde, avec sa méthode, son analyse, sa vision, ses biais, ses obsessions, ses limites, et surtout ses objectifs d’audience, pour ensuite demander à ceux qui le regardent ce qu’ils pensent du monde : l’exercice est vicieux et profondément malhonnête.

« On nous dit que ça va mal, et on se fait chier, alors on n’est pas content »

La télévision est est un outil incontournable et central dans les foyers français. Pas une seule maison (99%) en campagne n’a pas son énorme téléviseur qui tourne la plupart du temps du matin au soir. Un jeune couple de 22-23 ans s’installe pour la première fois : la télé est allumée en plein après-midi, puis elle rythme les repas et permet de « passer la soirée ». Les vieux y sont accrocs par nécessité sociale, puisqu’ils sont exclus de fait de la société.

Mais attendez voir, pourquoi donc la société exclurait-elle les vieux ? Et les jeunes, pourquoi fonctionneraient-ils de la même manière que les vieux dès qu’ils sont chez eux ? La réponse est vaste, multi-factorielle, mais peut-être amenée sans trop de risques, pour le monde rural en tout cas. Petit tour du désert culturel, social et éducatif des (très nombreuses) campagnes françaises :

La majorité des ruraux, (à l’exception des département d’île de France — sauf la Seine Saint Denis) sont situés dans la tranche inférieure des salaires. Pour faire simple, les habitant des campagnes sont souvent au niveau du revenu médian ou inférieur, soit 1800€ ou moins. Cela n’est pour autant pas obligatoirement un critère de malaise économique et social, puisque le plus souvent, dans les foyers, les deux membres du couple travaillent.

Il y a bien entendu des campagnes où la richesse est très mal répartie, où des populations très importantes sont au chômage, ou ne dégagent pas des revenus suffisants, mais le problème majeur du monde rural n’est pas de façon centrale le pouvoir d’achat, comme cela peut-être le cas dans les zones à forte densité urbaine. La raison de cette différence ? Dans le monde rural, il n’y a plus rien à acheter. Tout est désert. Vide. Fermé. Abandonné. Ceux qui peuvent ramer en termes économiques, le plus souvent, sont des nouveaux venus de la ville qui ont fait construire leur maison « Pierre » à 200 000€, et peinent — surtout en cas de perte d’emploi — à payer leurs traites.

Pour le reste, ce n’est pas le manque d’argent le problème. Chacun va pousser son caddy au supermarché, comme en ville, en payant moins cher qu’en ville, parce que la grande distribution s’adapte et qu’elle a tué 90% des petits commerces qui ont (presque) tous fermé. Les locations sont peu chères, dans des zones où — surtout depuis 2008 — les prix à la vente ont chuté dans des mesures inédites, avec un parc immobilier qui reste sans acheteurs. Il faut dire que devenir proprio d’une maison à 40 km ou plus du premier hôpital et du premier cinéma, cerné par des villages fantômes n’est pas très engageant. A moins que l’on ne cherche qu’une seule chose : se retirer au maximum de la société française.

Dans ces campagnes vides, la télé explique, sur son buffet (ou son meuble Ikéa de la maison « Pierre ») que ça va mal. Très mal. Et effectivement, quand on voit les mines décomposées des téléspectateurs tournés vers le buffet, on se dit que « oui, ça va mal ». Surtout eux. Ces gens qui se font chier, et qui ne sont pas contents, au final. Parce que la télévision le leur dit, et parce qu’au fond, même s’ils ne l’avouent pas directement, ils ne sont pas contents de se faire autant chier.

30 ans d’industrialisation de la vie et de destruction de la culture collective

Pour qui fait l’effort de s’intéresser aux campagnes françaises en 2017, le constat est toujours le même : ce sont des territoires à l’abandon. Pas seulement en termes d’activité économique, ce serait bien trop simple et réducteur, mais surtout en termes de vie culturelle. Les concerts de rock, les bals, les troupe de théâtre amateur, les cafés à baby foot et flipper ont disparu. Les épiceries-café ne sont plus là. Les villages sont devenus des cités dortoir et des mouroirs pour vieillards abandonnés. Les places de village sont désertes, même au printemps ou en été. Plus de gamins en vélo sur les bords des départementales, à skate ou en train de jouer avec un ballon, un boomerang ou n’importe quel truc analogique qui fait du sens à plusieurs. Les vieux ne jouent même plus aux boules, sauf dans le sud-est, et encore, pas partout, loin de là. Que s’est-il passé ? Comment un pays bien déconneur, festif, toujours prêt à semer le bordel en est venu à agoniser d’une manière pareille, dans un isolement aussi terrifiant, à la limite de la pathologie collective ?

Tout s’est retiré, doucement. Sans faire de bruit. Les subventions aux associations sont parties en même temps que les taxes sur les jeux collectifs ou vidéo dans les bars ont explosé, que les plaintes pour le « bruit » causé par les concerts ont convaincu les mairies de les interdire, que les normes se sont empilées. Un gamin est hors-la-loi aujourd’hui s’il fait du vélo sans casque. Fumer une clope dans un lieu public est un acte quasi criminel. Il n’y a de toute manière plus de lieux où se retrouver, si ce n’est le centre commercial du coin. Ou personne ne se retrouve puisque ce n’est pas fait pour ça. L’industrie s’est immiscée partout, a tué les petits commerces, soutenue par les différents gouvernements, jusqu’à piloter le vivre ensemble.

Photo : Jean-Louis Zimmermann

 

Rien n’a échappé aux vautours du CAC 40 et aux agro-industriels, jusqu’à vassaliser les habitants de régions entièrement vidées de leur culture collective, des échanges humains millénaires qui y créaient du sens. Le tout accompagné par le désengagement de l’Etat et de ses entreprises nationales qui ferment bureaux de postes et gares.

Des campagnes entières voient un nombre impressionnant de leurs habitants travailler ou pour la grand distribution ou les collectivités territoriales, les autres se débrouillent avec les miettes. Certains villages ont la moitié de leurs habitant qui travaillent pour la maison de retraite du coin, la mairie, l’école ou les supermarché locaux. Oui « les ». Parce qu’en plus, dans des endroits peu peuplés, il est possible de trouver plusieurs supermarchés : l’enseigne normale, pour ceux qui bossent, et l’enseigne low-cost pour les pauvres, qui n’ont pas assez de travail ou pas du tout. Les travaux public-privé jouent aussi leur rôle : tu peux travailler pour la compagnie des eaux, le BTP départemental ou régional, la voirie. Une sorte d’assistanat public par le travail subventionné.

Le téléviseur, c’est de la merde, mais on s’en passera pas

Interroger les gens en campagne sur leur occupation télévisuelle est redoutable. Ils n’aiment pas la télévision, en général. Mais ils la regardent tous, à haute dose. La télévision les agace. Voire les énerve. Les met en colère. « Voir tout ça, là, tous ces salopards, et après on se dit qu’on trime pour avoir rien à la retraite, et en plus quand on pense à tous ceux qui profitent du système, alors que nous on a droit à rien » est un dialogue assez standard des zones rurales. Les « salopards qui profitent » sont les politiques et leurs affaires de corruption, les abus de biens sociaux des cadres des grandes entreprises, des gens du star système économique ou autres riches délinquants en col blanc. Les profiteurs, ce sont les noirs et les arabes filmés en caméra caché par M6 ou autres chaînes putassières qui diffusent à longueur d’années des « reportages » sur les banlieues chaudes, le trafic de drogue, les arnaques aux allocations, etc. Que les profiteurs en question, présentés par ces chaînes, ne représentent que quelques pour-cent de l’ensemble des habitants des banlieues n’est bien entendu jamais soumis à la sagacité des téléspectateurs, et aucun rural ne pourrait vous croire si vous lui expliquiez la réalité.

D’ailleurs, la réalité, tout le monde s’en fout pas mal, parce que le téléviseur c’est surtout une forme hypnotique de communion familiale (et pourquoi pas étendue au cercle du travail quand on échange sur les derniers rebondissements de « l’Amour est dans le pré »). S’il n’y avait pas le téléviseur, qu’est-ce qu’on pourrait bien faire quand on rentre du boulot ? Comment occuper son temps, de quoi parler si l’on n’a pas de sujet ? Le téléviseur offre tout ça. Et bien que ce soit de la merde, « parce que quand même, à la télé, ils font n’importe quoi ces gens, là, à Paris, et puis ils savent même pas ce qu’on vit, ils sont dans leur monde« , on ne s’en passera pas.

Parce que cette merde, c’est tout ce qu’il reste. Et que l’énervement collectif, la crise française, est en réalité une crise de civilisation, culturelle, d’une population qui a laissé filer toute sa culture, ses lieux d’échanges, ses habitudes collectives, son vivre ensemble. Au profit d’équipements éléctro-ménagers, de gadgets technologiques, de confort industriel, de week-end à SarkoLand, de maisons en lotissement avec garage clôturé par des murs en parpaings, d’achats en ligne d’objets de merdes jetés 3 mois après leur achat, de gamins qui en guise d’éducation se voient offrir des tablettes ou des console de jeu et passent leur temps devant des écrans, après avoir absorbé des doses de pesticides, d’hormones et autres produits chimiques issus de la nourriture de supermarché que leurs parents halluciné devant le poste leur servent consciencieusement.

La France des téléviseurs sur le buffet existe. Elle est nombreuse. Peut-être bien 30 ou 40% de l’ensemble. Elle se fait chier, a tout perdu au profit d’une existence vide de sens, elle se sent isolée, perdue, et comme on lui répète que ça va mal et que ça va empirer, elle va voter, en partie, pour ceux qui lui répètent à longueur de temps qu’ils vont « rétablir les choses », « redonner du sens ». National le sens, bien entendu.

Lutter contre ça, politiquement, demande de se questionner sur la société que l’on veut voir advenir. Pas simplement proposer de mieux gérer le pays, ou de raser gratis. C’est un véritable travail de fond qu’il faudrait effectuer, pour réorganiser notre vivre ensemble, retrouver des lieux d’échanges, de vie collective, de partages. Mais pour ça, il faudrait en premier tordre le bras aux puissants. Ceux qui ont industrialisé la vie. Et comme ce sont eux qui dirigent, il n’est pas certain que grand chose ne change.

On peut toujours espérer.

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Et si on se fabriquait une bombe nucléaire en impression 3D ?https://reflets.info/?p=36323http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170308_155558_Et_si_on_se_fabriquait_une_bombe_nucleaire_en_impression_3D__Wed, 08 Mar 2017 14:55:58 +0000Franchement, qui veut se construire des flingues ou des porte-clefs avec l’impression 3D quand on peut tout simplement, le matin, en prenant son café, se faire une petite bombe nucléaire rigolote ? Il faudrait être idiot. On ne parle même pas de Kim Jong-un qui dépense sans compte alors que pour le prix d’une bonne imprimante 3D…

L’idée vous semble débile ? Oui, bon, c’est débile, mais pas au point où la presse n’évoquerait pas cette potentialité. Il s’est trouvé des journalistes spécialistes de la chose pour écrire des articles alarmants sur le fait que demain, il serait plus ou moins possible de fabriquer sa bombe nucléaire à la maison avec une imprimante 3D. A tel point que le Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI) qui publie des articles sérieux et maintient des bases de données précises sur la prolifération des armes, s’est senti obligé de produire un papier sur le sujet. Histoire de rassurer Gérard : non, on ne pourra pas faire de l’impression 3D de bombes nucléaires.

Le SIPRI rappelle par exemple que même si l’impression 3D peut être utile dans le process, il faudra toujours se procurer du plutonium et des explosifs puissants, toutes choses complexes à trouver au magasin du coin de la rue.

On respire…

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Des nouvelles de nos amis tas de ferrailles : Terminator on the wayhttps://reflets.info/?p=36314http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170308_100531_Des_nouvelles_de_nos_amis_tas_de_ferrailles___Terminator_on_the_wayWed, 08 Mar 2017 09:05:31 +0000La question qui se pose en visionnant ces vidéos est surtout la suivante : quand donc ces créatures de métal, autonomes et dotées (pour certaines) de capacités physiques supérieures à l’homme vont-elles débouler dans notre quotidien ? Ces protoypes de Boston Dynamics sont conçus en partenariat avec la DARPA (le département de la recherche militaire américain). Imaginer des forces de « l’ordre » de ce type ne demande pas beaucoup d’imagination…

Il y a une explosion actuelle des capacités en intelligence artificielle mixées à la robotique, qui commence à inquiéter… jusqu’aux représentants européens, désireux de commencer à réguler ces nouveaux acteurs de la société. Ce n’est pas seulement le « travail » des êtres humains qui risque d’être modifié par ces « robots intelligents » (Benoit Hamon inside), mais la vie humaine dans son ensemble (lire le projet de rapport sur ce sujet).

En préambule du rapport, nous trouvons ce genre de choses, liées à « l’impossibilité technique » de mettre en œuvre les 3 lois de la robotique d’Azimov :

(…)considérant que, grâce aux impressionnants progrès de la technique au cours des dix dernières années, non seulement les robots contemporains sont capables de mener à bien des tâches qui relevaient autrefois exclusivement de la compétence humaine, mais encore que la mise au point de fonctionnalités autonomes et cognitives (comme la capacité de tirer des leçons de l’expérience ou de prendre des décisions indépendantes) rapprochent davantage ces robots du statut d’acteurs interagissant avec leur environnement et pouvant le modifier de manière significative; que, dans un tel contexte, la question de la responsabilité juridique en cas d’action dommageable d’un robot devient une question cruciale (…)

Présentation du petit dernier de chez Boston Dynamics :

En bonus, la totalité des robots de Boston dynamics en… 2015 :

Et pour finir, les « crétins » à 4 pattes qui font joujou avec leur environnement :

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Jacques Attali digital, au propre et au figuréhttps://reflets.info/?p=36296http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170306_172551_Jacques_Attali_digital__au_propre_et_au_figureMon, 06 Mar 2017 16:25:51 +0000Le digital (ta mère) est partout. Qu’est-ce qui n’est plus « digital » ? Premier point évident, le digital est ce qui a trait au doigt et n’a donc rien à voir avec ce que visent les gens qui l’invoquent. En français, on dit numérique. C’est peut-être une bataille dérisoire pour vous, mais pour nous ça veut dire beaucoup. Car les mots ont un sens et nous allons vous le démontrer dans quelques lignes. C’est à l’occasion d’une promenade nocturne sur Twitter que démarre notre histoire du jour. En lisant le fil de @kassovitz1 apparait un retweet :

Une nouvelle version de site, en ces temps de WordPress façon Macron et Fillon, cela ne pouvait qu’attirer notre attention.

Mais qui donc se cache derrière le nouveau site ? Car nous nous doutons bien que Jacques Attali, pur esprit qu’il est, n’a pas développé son WordPress avec ses petits doigts digitaux.

Non, les concepteurs du site en WordPress de Jacques, sont, asseyez-vous, un « Atelier de création » qui fait dans le « Digital« , « l’édition« , et le « branding« .

Un peu comme un atelier de haute couture ? Un truc haut de gamme ? Des experts du « digital » ? Entre les béats qui pensent que le monde va changer parce que le digital est en chemin et ceux qui se disent experts en 2017 mais n’existaient pas il y a 10 ans (Internet est arrivé en 1994 pour la plupart des gens), il y a moyen de désespérer.  Et avec l’atelier de création qui a œuvré pour Jacques Attali, on n’est pas déçus. Il faut donc remercier Mathieu Kassovitz de nous avoir pointé cette usine à Lulz.

Premier point, le répertoire des uploads sur le site permet de lister tous les contenus. C’est pas terrible pour un « atelier de création » qui fait tout à la mimine :

Vous nous direz, dans les répertoires « upload », il n’y a souvent que des fichiers présents sur le site, comme des images ou des vidéos. Oui, mais pas uniquement. Car quand un site est réalisé par une agence de com’ ou un « atelier de création » qui ne pense qu’au design, à l’UX, la fameuse « expérience utilisateur », on finit par avoir une expérience… ludique.

C’est ainsi que l’on découvre au milieu des images, un fichier de backup qui contient… On vous le donne en mille… La base de données SQL du site. Mais oui, il n’y a pas de bon atelier de création qui n’uploade pas sa base de données dans un répertoire dont on peut lister le contenu avec un simple navigateur… Sinon, ce n’est pas du travail bien fait.

Et dans la base de données ? Le user et le mot de passe bien entendu, sinon, à quoi bon la rendre publique ?

Finalement, avec la nouvelle frontière Internet digitale numérique, c’est un peu comme avec le Far West. Il y a son lot de vendeurs d’élixirs miracles qui guérissent de tout à base de bave de crotale. Comment s’en étonner ? Mais ce qui est étonnant, c’est que des gogos continuent de les croire sur parole plus de vingt ans après le début de la ruée vers l’or « digital ». Même si les vendeurs d’élixirs leur montrent de gros trucs digitaux en permanence.

 

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Morpho : fichier monstre, systèmes prédictifs, et p’tits PPPhttps://reflets.info/?p=36134http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170304_142251_Morpho___fichier_monstre__systemes_predictifs__et_p___tits_PPPSat, 04 Mar 2017 13:22:51 +0000C’est un fleuron de la french high-tech, abrité par Safran, la firme française au plus gros chiffre d’affaire dans le domaine des solutions de « cyber-défense ». Son nom est sympathique et lié à son activité : Morpho. Comme morphologie. Et c’est bien là sa spécialité : l’intelligence artificielle spécialisée en reconnaissance biométrique. Pour synthétiser : Morpho vend des logiciels axés  « traitement des données biométrique » et algorismes© [souvent prédictifs] basés sur la reconnaissance de formes, entre autres. Et chez Morpho, ils sont plutôt bons dans le domaine.

Morpho’s unique expertise lies in providing cutting-edge security solutions for the civil identification, criminal justice and public security, transport and border control, critical infrastructure and digital ID and smart transaction markets. (extrait du site morpho.com)

Au point d’être leader sur le marché et d’avoir remporté le premier appel d’offres pour le TES (Titre électronique sécurisé). Le TES : vous savez, le fameux fichier monstre de notre Cazeneuve défenseur des libertés sozialistes, qui démarre sous peu (le fichier, pas Cazeneuve) et va ingurgiter les données biométriques de l’intégralité de la population française (sauf les moins de 14 ans). Mais pourquoi donc s’intéresser à Morpho, cette honorable entreprise de haute technologie dotée d’un comité éthique idoine et de vertus incomparables [selon leur service marketing] ? La biométrie, c’est le dada de Morpho la filiale de Safran :

La biométrie facilite les investigations des forces de l’ordre. Les systèmes biométriques de Safran Identity & Security sont déployés dans plus de 70 pays, notamment auprès du FBI américain et d’INTERPOL. La technologie biométrique est également utilisée dans le cadre du contrôle aux frontières. Elle permet aussi de repérer des personnes suspectes ou d’autoriser l’accès aux personnes censées ne pas présenter de risques

(Extrait du site de Morpho)

Un algorisme© pour les mouliner tous

L’histoire de Morpho démarre il y a 15 ans, mais c’est il y a peu, en 2015 que la « petite boîte » ultra pointue (et bien placée côté gouvernemental) participe à un programme de recherche à l’Institut Mines Telecom, dans le fameux Teralab. Le but du bazar ? Créer un Predpol (Bluetouff nous en parlait en 2015) français, une IA de prédiction des crimes qui offrira à nos plus fins limiers de la gendarmerie, le pouvoir— en un clic ou presque — de savoir où et quand les vilains criminels agiront. Tout ça est commandé par le SCRC (Service Central de Renseignement Criminel -Gendarmerie Nationale).

Appel projet Horizon/Anticrime by jHourdeaux on Scribd


Le procédé existe déjà aux USA, fonctionne plutôt médiocrement (selon un chercheur stagiaire en 2014 et quelques autres analystes ) :

« Les résultats obtenus avec l’analyse rétrospective, nous permettent d’avoir de sérieux doutes sur l’efficacité propre de Predpol en condition réelle. Ceci nous amène à continuer notre investigation »

Mais avec les progrès de l’apprentissage profond (deep learning) et à grands coups de Big data (mégadonnées), l’IA gauloise pourrait donner un french-tech-résultat surprenant, selon tous ceux qui participent au programme (pas encore pris vraiment au sérieux en 2015 chez Reflets, mais les choses pourraient bouger). Anticrime (c’est aussi son petit nom) doit récupérer plein de données différentes, les croiser, les analyser, puis les rendre graphiques et intelligibles au QI du pandore moyen : le gendarme devant son PC, doit donc voir apparaître sur une carte les lieux et dates où — selon l’algorisme© — les méchants vont agir. Si tout marche bien. Une sorte de médium électronique, un voyant numérique*.

Les données dévorées par le super soft Anticrime (nommé aussi Horizon), sont de nature différentes et, à l’époque déjà, plutôt intrusives : extraction des réseaux sociaux, blogs, données INSEE, fichiers de police, etc… La vie publique et administrative des Français, du moment que c’est pour « la bonne cause » ne semble concerner ni les concepteurs ni les commanditaires du projet. L’idée de passer à la moulinette algorithmique les informations concernant des millions de citoyens et de laisser la bestiole binaire régurgiter des futurs coupables de crimes inexistants — puisque potentiels et futurs — ne semble gêner personne non plus. Mais l’affaire ne s’arrête pas là.

Un fichier monstre pour nourrir l’algorisme© ?

L’empressement du gouvernement à faire voter le TES et esquiver un maximum de questions fondamentales en rapport avec les libertés publique a surpris plus d’un observateur de la chose. Mais de nombreux éléments — une fois rassemblés — laissent présumer un plan bien plus vaste que ce que le sozialist Herr Bernard Cazeneuve a voulu laisser entendre. Premier point : la version 1 du TES est confiée aux bons soins de… Morpho (aidée d’Atos devenu… Atos-Bull).

Un premier appel d’offres « TES » est remporté en 2008 par Atos et Safran pour un montant total de 61,2 millions d’euros. Il concerne l’ensemble de l' »acquisition, développement informatique, mise en exploitation, maintenance et déploiement des matériels, des systèmes et des dispositifs nécessaires à la délivrance des ‘titres électroniques sécurisés’ ainsi que formation ».

Deuxième point : un PPP (Partenariat Public Privé) européen cybersécuritaire avec du prédictif dedans, constitué de 48 structures dans 14 pays, et doté d’un financement d’un demi milliard d’euros a été voté cet été. Ce PPP est organisé par l’ECSO, l’organisation de cybersécurité européenne). Morpho-Safran Identity and Security est l’un des co-fondateurs du bouzin, et participe au PPP.

Le 5 juillet dernier, au siège du Parlement européen à Strasbourg, l’ECSO (European Cyber Security Organisation) et la Commission européenne ont signé un accord de partenariat public-privé dans le domaine de la cybersécurité, associé à un budget de 450 millions d’euros, qui s’inscrit dans le cadre du programme de recherche et d’innovation européen Horizon 2020. Safran Identity & Security fait partie des membres fondateurs d’ECSO.

Troisième point : l’institut des Hautes études de justice et de la sécurité a sorti un rapport sur la police 3.0 il y a quelques mois. Qui fait partie des rapporteurs ? Un ingénieur commercial de chez… Morpho.

Le partenariat public privé dans le cadre d' »Horizon2020″ doit permettre à des entreprises privées de répondre à des demandes publiques des États dans le cadre du grand plan cyber-plan-sécuritaire. Il va sans dire que le rapport sur « la Police 3.0 » détermine des besoins liés à la fois à de nouveaux outils « intelligents » dont les algorismes© prédictifs criminologiques et la surveillance d’Internet (extrait du sommaire du rapport « Police 3.0) :

Morpho a créé la première version du TES qui va contenir des données biométriques de tout un chacun, Morpho a développé un logiciel intelligent de prédiction du crime à destination des forces de l’ordre françaises (et européennes, nous en parlerons plus tard), Morpho est au cœur du PPP européen à 450 millions d’euros, et pour finir, on retrouve Morpho dans le rapport sur la Police du futur, les cyber-flics [sauce Minority Report] de 2025. Ca fait beaucoup de Morpho, non ?

Avec IOL et Anticrime, le futur, c’est maintenant !

Si l’on reprend les éléments constitutifs de la « cyber-surveillance prédictive française » en cours de constitution depuis quelques années, nous arrivons à ce constat : l’un des fleurons des armes numériques, Qosmos, vend une solution de sondes réseaux au gouvernement français en toute discrétion dans le cadre d’un programme secret que Sarkozy valide en 2009 : IOL.

99% des communications de l’ADSL domestique hexagonal peuvent être interceptées depuis cette époque, selon les documents que Reflets possède. De 2013 à 2015, plusieurs lois de sécurité intérieure et de renseignement légalisent l’utilisation des sondes d’IOL. A la même époque, Morpho, filiale du groupe Safran, et renommée Safran Identity & Security, développe les bases d’un système intelligent de prédiction du crime au sein du Laboratoire de l’école d’ingénieurs Mines-Telecom. Ce système, nommé Antictrime/Horizon, nécessite — pour être efficace — de traiter le maximum de données [nationales et plus ?] concernant la population. Depuis cet été, Morpho-Safran Identity & Security participe — et est financée — pour un vaste programme européen de cybersécurité, et a remporté en amont l’appel d’offres pour constituer le premier fichier national biométrique français, TES.

Questions : le système prédictif Horizon-Anticrime de Morpho, s’il est prêt à fonctionner, n’a-t-il pas intérêt à être alimenté avec les données qu’IOL pourrait lui fournir (IOL : mais à quoi ça pourrait bien servir ?) ? A terme, puisque des accès à TES sont possibles pour les forces de l’ordre, Anticrime ne pourrait-il pas être aussi alimenté par les données du fichier TES (reconnaissance faciale automatisée/matchnig TES)?

Le programme Police 3.0 va jusqu’en 2025. Horizon (le plan européen, pas le logiciel) c’est 2020. TES démarre ce mois-ci. Le futur se dessine. Maintenant. Stay tuned. Reflets à encore des choses à dire et (dé)montrer sur ce sujet…

[*amusant, non ?]

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Attention : le Decodex peut rendre dingues ceux qu’il notehttps://reflets.info/?p=36283http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170304_142155_Attention___le_Decodex_peut_rendre_dingues_ceux_qu___il_noteSat, 04 Mar 2017 13:21:55 +0000Nos petites bafouilles sur le Decodex et l’hystérie ne pouvaient se conclure sans une plongée dans les articles publiés par ceux qui s’estiment injustement jugés par l’outil du Monde. Une conclusion s’impose : le Décodex rend dingue.

Alors qu’ils récusent l’idée même du Decodex, ceux qui y sont mal notés contestent leur classement dans le l’outil. Si l’on n’attribue aucune valeur à l’outil lui-même, pourquoi en accorder à son classement ? Mystère. En tout cas, Olivier Berruyer et Jacques Sapir consacrent un nombre d’articles étonnant à contester leur classement dans le Decodex.

Pour ce qui nous concerne, nous avons émis nos opinions sur le Decodex en tant que tel. Si nous y étions un jour classé, nous ne consacrerions pas une ligne à tenter de défendre notre rédaction en cas de mauvais classement. Simplement parce que cela nous serait totalement indifférent, contrairement à ce que croit Samuel Laurent. Etre ou ne pas être dans le Decodex… Aucun intérêt.

Au delà de la logorrhée souvent fastidieuse de Jacques Sapir et de Olivier Berruyer sur leur classement par le Decodex, il y a les attaques ad hominem qui laissent pantois. Jacques Sapir va même plus loin puisqu’il menace Samuel Laurent de mort ou de lui casser un bouteille sur la tête. Bref, il joue son Jean-Paul Ney.

 

A l’hystérie qui secoue le monde politique, à celle qui secoue le microcosme après la mise en ligne du Decodex, on peut ajouter celle d’un chercheur à l’EHESS. Comment un chercheur peut il se laisser aller à ce type de haine et d’invectives, de sous-entendus façon Front National ? Mystère.

L’esprit d’une époque sans doute.

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Samuel Laurent et son Décodex : une hystérisation idéologique du journalisme ?https://reflets.info/?p=36237http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170303_182916_Samuel_Laurent_et_son_Decodex___une_hysterisation_ideologique_du_journalisme__Fri, 03 Mar 2017 17:29:16 +0000

Ce n’est pas en 140 caractères qu’il est possible de faire acte d’analyse et d’échanges constructifs sur un sujet tel que celui de la qualité et du contrôle de l’information. Il est par contre possible de se faire accuser de choses très désagréables en 140 caractères. Comme : faire le jeu de l’extrême droite, ou faire la « publicité d’un site » dans une brève satirique comparative, ou bien encore, de « réfléchir de la même manière que les adeptes de la théorie des reptiliens ».

Samuel Laurent, lui, fait ce genre de chose à l’encontre de la rédaction de Reflets, sans aucune retenue. En nous taxant au passage « de geeks libertaires de l’info ». Bon, il doit être complexé niveau technologie du doigt, on imagine… Tout ça parce que des brèves à moitié bidons pour montrer le ridicule de son bébé indexation Décodex l’agacent. Oui, Reflets s’amuse avec le ranking en couleur et les commentaires raccourcis sentencieux du Décodex à propos des sites à qui il inflige sa couleur orange, et d’autres, qui ne font pas d’information — comme les magazines TV — mais qui sont référencés comme « fiables ».  Surréaliste.

Mais le fond de cette affaire, même si nous l’avons déjà traité dans cet article, va plus loin en réalité qu’une simple pantalonnade de jeunes « fact checkers » en mal de projets « innovants » à proposer à leur direction (ça c’est pour les geeks libertaires du net…). Voyons pourquoi.

Qu’est-ce qu’un site d’information ?

La toute première question que l’on se pose en testant le Décodex est de l’ordre de la première année de journalisme : qu’est-ce qu’un site d’information ? Qu’est-ce que l’information ? Donner les programmes des chaînes de télévision et faire des publi-reportages est-il équivalent à traiter l’actualité chaude ou faire de l’investigation ? Analyser des événements politiques est-il comparable à faire des interviews de complaisance pour des intellectuels qui viennent vendre leur dernier ouvrage ? Un blog  sans journalistes est-il assimilable à un site avec journalistes ?

Le questionnement de l’information diffusée sur le net est important, mais le problème de fond qui survient très vite est le suivant, si on cherche à juger de la qualité des sites de publication : comment puis-je dire que tel site ne donne pas des « bonnes informations » et que cet autre en donne assurément ?

Un site qui n’aurait jamais donné aucune « mauvaise » information durant des années, peut-il être pointé comme « peu fiable » parce qu’il sortirait une fois une « mauvaise information » ? Le cas récent des 4 grand journaux quotidiens qui se sont jetés sur l’information du CRS ayant sauvé une petite fille des flammes est révélateur (toujours dans cet article) : ces sites, comme de nombreux autres, réputés « sérieux » et constitués de rédactions de journalistes, ont relayé une fausse information. Pour autant, est-il possible de les marquer au fer rouge pour cette erreur ? Dans le cas d’espèce, Décodex ne le fait pas. Ses raisons sont-elle idéologiques, voire économiques et politiques ? Taper sur un concurrent qui pèse dans l’économie de la presse ne serait peut-être pas très bienvenu. Et puis les différents patrons de ces médias se connaissent. De plus, ces médias relayent l’information standard qu’on attend d’eux, et se recopient la plupart du temps en se basant sur l’AFP.

Comparer des bananes avec des dictionnaires

Vouloir noter des sites internet aussi divers que TéléZ, Madame Figaro, Libération, Les Crises, Egalité & Réconciliation, Reopen911, ou l’Humanité est à peu près aussi pertinent que vouloir faire une étude comparative des qualité et vertus entre des bananes et des dictionnaires de la langue française. L’explication est assez simple : d’un côté certains sites ne font même pas d’information en tant que telle (TéléZ), d’autres sont des sites politiques militants qui ne respectent aucune règle du journalisme (Egalité & Réconciliation, par exemple), d’autres sont des publications politiquement engagées mais sont des médias d’information (L’humanité, Libération), et d’autres sont des sites qui pratiquent l’information mais sans être déclarés ni comme média ni comme site militant politique (Les crises).

Reopen911, quant à elle, est une association qui publie ses enquêtes sur son site, à propos du 11 septembre. Ses adhérents militent pour l’ouverture d’une nouvelle enquête indépendante sur l’écroulement des tours du World Trade Center, puisqu’ils n’acceptent pas la version officielle. Le Monde Diplomatique a publié un reportage à leur propos, lors d’une assemblée générale de l’association en 2015. Quel intérêt pour Décodex à stipuler « site conspirationniste » à leur propos, alors qu’ils exercent leur droit, en association, à contester des conclusions gouvernementales ? Le Monde Diplomatique fait-il la promotion d’un site conspirationniste en publiant ce reportage ?

D’un point de vue journalistique, il n’y a de toute manière aucun rapport entre ces différents procédés de publications, ces différentes approches, bien que des ressemblances puissent exister. Vouloir les comparer est absurde : les sites militants par exemple peuvent bien raconter « n’importe quoi », puisque leur objectif est logiquement de convaincre du bien-fondé de leur vision du monde, en utilisant tous les moyens possibles, même le mensonge ou les approximations. Les publications qui ne font pas d’information comme les magazines TV peuvent bien passer des pubs sur une « pierre aux propriétés merveilleuses de guérison assurée », ou faire réagir un acteur à un événement politique majeur, quelle importance ? Ces sites ne font pas d’information. De la même manière, les sites des candidats à la présidentielle militent. Dénoncent. Attaquent. Défendent. Racontent n’importe quoi. Comme le fait que leurs affaires judiciaires sont un complot… Ces gens ne cherchent pas à décrire une réalité, à analyser le monde qui  nous entoure, à faire réfléchir, décrire des phénomènes, ils cherchent à convaincre. C’est une autre démarche.

Mais parfois certains site militants et politiques analysent aussi. Il peuvent même effectuer un véritable travail d’investigation, et publient parfois du factuel. Aïe. Tout se complique.

La pluralité, l’idéologie et l’hystérie

La liberté de la presse est fondamentale dans une démocratie comme la nôtre. Tout comme la liberté d’opinion. D’expression. D’ailleurs, si ces trois libertés n’étaient pas là, le Front national serait interdit depuis belle lurette. La grande difficulté, pour une démocratie, est donc qu’en préservant ces trois libertés, elle permet à des groupes, des individus, des mouvements, des partis, de s’en prendre à elle, de la déstabiliser, ou simplement… de la critiquer. Vouloir assimiler des sites conspirationnistes qui développent des théories délirantes sur des reptiliens (des ET qui remplacent des chefs d’Etat), ou l’empoisonnement de la population par des produits chimiques largués par les avions de ligne — avec des sites qui contredisent les versions politiques officielles — est un procédé très pervers et très anti-démocratique. Vouloir assimiler des gens qui analysent des situations politiques et des événements concrets, avec des fous délirants qui croient que la « terre est plate », relève de la police de la pensée, d’une méthode digne des pires régimes autoritaires.

L’exemple du site Les-crises.fr (on met le lien, même pas peur) est éclairant. Reflets n’a aucune accointance ou même un semblant d’intérêt pour ce site, et personne dans la rédaction ne le lit. Que le responsable du site Les Crises soit une personne liée à des idéologies politiques particulières est très probable, mais comme nous le stipulions dans le premier article sur Décodex, aucun journaliste n’est dégagé d’une idéologie. Pour le peu qu’on peut voir du site Les Crises, c’est une publication qui développe ses analyses avec des intellectuels connus — intellectuel qui publient des ouvrages, sont écoutés dans des médias officiels. Jacques Sapir et Emmanuel Todd en sont, et défendent le site Les Crises. Bien entendu, dans l’hystérisation idéologique en cours, le nom de Jacques Sapir fait hurler au loup et amène à des amalgames et des raccourcis. (Lire : Sapir et le Front national, l’extrême injonction). Quant à Todd, il explique son soutien au site Les Crises, et parle de son « ami Olivier Berruyer » avec lequel il fait des interviews. Ces deux intellectuels (Sapir et Todd) ne sont pas connus pour être conspirationnistes [à moins qu’un nouveau label n’ai été décerné par l’élite des labels en conspirationnisme ?]. Ils ont choisi de s’exprimer sur ce site. Qu’avons-nous à en dire ? Rien. Enfin, pour ma part, rien du tout.

Soutien d’Emmanuel Todd à Olivier Berruyer et… par les-crises

Il est tout à fait possible de ne pas être d’accord avec la « tendance » des Crises, ni des idées de coalition avec le FN portées par Sapir, voire de dire que Sapir, Berruyer et Todd défendent des « idées » (mais lesquelles au juste ?) qui ne nous plaisent pas, tout comme on peut penser la même chose de Valeurs actuelles, ou de l’Humanité. Fonction de la tendance idéologique qui nous soutient. Mais la liberté  d’opinion est là : Les Crises publient leurs analyses, avec des gens qui ont des opinions, et qui sont des chercheurs, universitaires sérieux, comme Todd ou Sapir.

Que se passe-t-il alors, avec Décodex, quand Samuel Laurent déclare la publication Les Crises « conspirationniste » à cause « d’analyses sur l’Ukraine » qu’il estime, lui, délirantes ? Il fait acte d’un jugement idéologique, et débute une hystérisation du journalisme, en tentant d’abattre la pluralité des opinions et la liberté d’expression. Parce qu’un journal comme Le Monde, qui décide d’éclairer les internautes sur la bonne et la mauvaise information, pointant certains sites comme conspirationnistes de « type reptiliens », et qui assimile donc une publication — avec des chercheurs qui écrivent en son sein — à ce critère « conspirationniste » (proche des croyants des reptiliens, donc, si l’on regarde les tweets de Laurent), ce n’est pas rien. Qu’on soit « pour » ou « contre » Les Crises (quel est le sens de ce pour ou contre au passage ?). Qu’on adhère ou pas aux thèses de Sapir et Todd, à leurs ralliements, par exemple, ou non. Pour ma part, de nombreuses analyses d’Emmanuel Todd m’intéressent. C’est grave docteur ?

Que la théorie des Crises sur l’Ukraine soit baroque ou non, orientée ou pas, son droit à l’expression doit être respecté. Les Crises n’est pas Egalité & Réconciliation. Mais si Décodex pense que Les Crises « ne font pas de la bonne information », travaillent par exemple pour des mouvements idéologiques et politiques précis, sont antisémites, bossent pour Poutine, ou qu’ils désinforment le public, qu’ils le disent. Avec par exemple ce texte : « Nous, au Monde, nous pensons que Les Crises n’est pas fréquentable, qu’ils désinforment le public, sont des propagandistes pro-Russie et pro Poutine,  et que ceux qui le tiennent sont d’extrême droite, et que l’extrême droite, c’est le mal absolu, que c’est toujours faux, et que c’est conspirationniste« .

Une pointe d’anticipation et une idée

Si aujourd’hui l’idéologie dominante et « correcte » que défend Décodex — et son journal — est marquée centre-droit-et social-libéralisme (pour faire simple), on ne sait pas quelle sera la future idéologie dans les années à venir. Il n’y a qu’à voir ce qu’il se passe au Etats-Unis. Imaginons que l’extrême droite remporte la présidentielle française, qu’elle se maintienne 10 ans au pouvoir, et que son idéologie devienne l’idéologie dominante. Les idées de « centre droit et de gauche sociale libérale » deviendront des idées « dangereuses », par force. Le Décodex donnera donc des bons points aux sites relevant de l’idéologie dominante d’extrême droite, et pointera tous les sites « d’analyse marquée centre droit et à gauche » comme conspirationnistes ou idéologiquement dangereux ? Parce que ces sites auront analysé des événements différemment de la version officielle et de l’idéologie dominante ?

Le meilleur moyen de lutter contre des idées — surtout quand on les estime néfastes — n’est pas d’ostraciser les idées en question ou ceux qui les défendent en les jugeant  soi-même de façon idéologique et binaire. Pour lutter contre des idées, il faut soi-même avoir des idées et les confronter. On démonte des idées avec des idées, pas avec des notes en couleur dignes d’un cahier d’écolier, et surtout d’une phrase ou deux de sentence à l’emporte-pièce dans un moteur d’indexation [de sites en vrac] sur son propre journal en ligne [qui n’est pas lui-même indépendant]. Cette approche est puérile, paresseuse, binaire, anti-démocratique et dangereuse. Le danger est simple à comprendre : en se refusant à développer soi-même des idées mais en s’érigeant en juge de celles des autres, on renforce ceux qui les défendent, et surtout… on ne participe qu’à une seule chose : créer du clivage. Un clivage mécanique… et sans issue.

Pour finir : défendre des idées — de façon construite — demande de s’appuyer sur une connaissance large du monde. Allons-nous céder à la tentation de réduire le monde à des codes couleur et des jugements idéologiques ? Ce serait quand même dommage.

[Idées lancées à ceux qui pensent quand même que Décodex pourrait avoir un intérêt : il faudrait en premier lieu discriminer les différents types de publication, pour que le public sache à quoi il a affaire : blog personnel, blog collectif, site militant politique, journal avec actionnaires (lesquels), journal indépendant sans aucun actionnaire, financé par la publicité ou non, site délirant, site soutenant une thèse alternative à une thèse officielle (qui n’est pas obligatoirement un site « conspirationniste »), site associatif, site spécialisé en pédonazime orienté tekel mort, etc…

Les comparaisons peuvent alors se faire, mais entre sites de la même catégorie. Le but ne devient plus de juger des sites entre eux, mais de faire connaître aux lecteurs potentiels vers quoi « ils vont ». Ce qui reviendrait à stipuler pour Le Monde :

« Site d’information générale, quotidien, financé par l’Etat , à hauteur de 6 millions d’euros et par le fonds Google à hauteur d’un montant inconnu, dont les actionnaires principaux à 64% sont la Société Le Monde Libre, une entreprise appartenant au  PDG de Free, Xavier Niels (opérateur national Internet et téléphonie mobile) ainsi que de Matthieu Pigasse (Wikipedia) : « Responsable monde des fusions-acquisitions et du conseil aux gouvernements de la banque Lazard, dont il est directeur général délégué en France ainsi que propriétaire et président des Nouvelles Editions Indépendantes (qui contrôle le magazine Les Inrockuptibles et Radio Nova), et actionnaire du Groupe Le Monde et du Huffington Post » et de Pierre Bergé, homme d’affaires impliqué en politique depuis plus de 30 ans. »

Bien entendu, il faudrait ensuite stipuler tous les problèmes déontologiques connus dans le journal le Monde, comme les révélations importantes qu’il aurait effectuées, ainsi que les qualités du journal. Les collaborateurs extérieurs, leurs engagements, etc… Un vrai travail journalistique de fond. Pour éclairer le lecteur sur ce qu’il a en main. Sans jugement. Ce travail, à effectuer pour toutes les publications traitées par Decodex serait intéressant. En prenant le maximum de recul possible, en tentant de décrire les choses telles qu’elles sont. Pas comme on les perçoit.

Petit tweet à propos de l’un des trois patrons de Samuel Laurent, Pierre Bergé, pour illustrer le journalisme actuel et l’indépendance des médias :

 

Difficile l’indépendance ? Non. Mais qui peut prétendre l’être aujourd’hui ? Ceux qui ne dépendent de personne. Ne militent pour personne. N’ont de compte à rendre à personne. Reflets en fait partie. Avec un coût. Financier surtout.

Mais bientôt, le ranking de l’info arrive avec Facebook et Google : gageons que les géants de Californie sauront éclairer les lecteurs français vers la vraie et bonne information, comme Le Monde. En toute indépendance, bien entendu…]

 

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Quand tu n’aimes pas un article de Reflets, n’oublie pas de jeter le bébé avec l’eau du bainhttps://reflets.info/?p=36229http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170303_172116_Quand_tu_n___aimes_pas_un_article_de_Reflets__n___oublie_pas_de_jeter_le_bebe_avec_l___eau_du_bainFri, 03 Mar 2017 16:21:16 +0000L’hystérisation de la vie politique n’est pas une tendance isolée. ces derniers jours, Reflets a vu revenir les trolls de l’UPR après un article sur l’Europe. Nous somme vite redevenu la cible des fans du parti en question comme nous l’avions été lorsque nous avions parlé des sectes politiques. Les lecteurs semblent sur-réagir à tout article qui leur déplaît, quand bien même ils sont d’accord avec un autre qui va dans le sens de leur analyse du monde. Mais si par malheur un article leur déplaît, ils s’enflamment et n’hésitent pas à jeter le bébé avec l’eau du bain. Reflets devient vite un site proche de l’extrême-droite, conspirationniste, reptilien [ajouter ici ce qui vous plaît le plus]. Mal nous en a pris de critiquer l’initiative Decodex du Monde. Ce matin, nous avons eu droit à une charge très énervée de Samuel Laurent. Paradoxe, des trolls de l’UPR qui nous vouaient aux gémonies hier, prennent notre défense dans cette polémique, aujourd’hui. On se serait bien passés de leur appui.

Mais revenons à l’affaire Decodex.

Ce matin, Reflets publie dans sa fameuse rubrique « On s’en fout », qui marque tout l’intérêt que nous portons aux sujets des articles que nous y classons, une brève pour railler le fait que le Decodex classe en vert (bien sous tous rapports) un journal de programmes télé et en orange un site d’analyses (parfois mauvaises ou contestables) géopolitiques et économiques. L’idée que voulait faire passer cette brève est qu’il est probablement aussi idiot de vouloir classer la fiabilité d’un journal de programmes télévisés (doit-on vraiment attribuer une note de fiabilité à des horaires de programmes télévisés ?) que celle d’un blog d’analyses géopolitiques dont on imagine aisément que certaines iront à l’encontre des théories mainstream.

Bref, voici que Samuel Laurent nous interpelle sur Twitter :

Le point de départ de ce que nous aurions volontiers accueilli si cela avait été une discussion, est trompeur. Pour un roi du fact-checking, cela peut intriguer. Reflets n’a pas fait dans la brève évoquée, de panégyrique du site d’Olivier Berruyer, ou de ce dernier.

Cela nous amène au fact-checking et au Decodex. Présenté par certains comme le truc qui va révolutionner le journalisme, le fact-checking est surtout la base du journalisme. Vérifier ses informations, se les faire confirmer par plusieurs sources… Tout cela est normalement une démarche de base de tout journaliste qui fait autre chose que de donner les horaires des programmes télé ou choisir les maquillages waterproof pour la double « Etre belle à la plage cet été« . Et encore…

Ceci dit, le fact-cheking consiste principalement à vérifier l’exactitude de chiffres et autres informations, pas à sortir de nouvelles informations, une autre composante du journalisme.

Le fact-checking rejoint dans les tendances à la mode, le « journalisme augmenté » ou « data-journalisme » qui un temps devait remplacer les autres journalistes (les vieux).

Le fact-checking est cependant très utile, surtout à une époque où les politiques (entre autres) racontent à peu près n’importe quoi sans être jamais contredits. Et j’avais moi-même salué il y a longtemps le travail salutaire et très utile des Décodeurs.

Prenons un exemple. Lors d’une interview télévisée ou radio, un homme politique ou un patron d’entreprise mis le dos au mur par une question d’un journaliste va immédiatement lancer un chiffre ou un sujet de polémique qui fait diversion. Etant en direct, le journaliste ne peut pas rebondir car il n’a pas le temps d’aller vérifier la véracité des assertions. Les journalistes papier ont le temps de le faire.

La labellisation pose la question de la légitimité

En revanche, la rédaction de Reflets est perplexe face à l’initiative Decodex. Classer les sites et la presse pour savoir s’il s’agit de sources sûres ou pas, c’est dangereux. Qui classe, selon quels critères, de quel droit, les lecteurs sont-ils trop bêtes pour le faire eux-mêmes, et si demain le FN lance un « DecodexFN », ou si Les Republicains lancent un « DecodexRepublicain », que fait-on ? Par ailleurs, quelles sont les chances qu’un Decodex arrive à convaincre un adepte des théories complotistes que les sites qu’il consulte sont biaisés et promoteurs de fake news ? Nulles, probablement. Nous ne sommes pas les seuls à nous poser des questions sur cette initiative. Arrêt sur Images l’a fait.

Sans pour autant, à notre connaissance, se faire traiter de « geek libertaire de l’info« , ce qui dans l’esprit de Samuel Laurent semble être péjoratif.

Samuel Laurent prend comme défense le Guide du routard, estimant que classer des sites d’information est équivalent à classer des hôtels. Nous pensons que son choix est journalistiquement discutable.


La carte de presse ne protège pas contre l’amalgame

En faisant cette brève dans la rubrique « On s’en fout », Reflets devient, aux yeux de Samuel Laurent, un journal qui fait la promotion d’un site farfelu. Soit… Il est donc désormais impossible de citer les sites conspirationnistes dans le cadre d’un article sans y être associé, sans être définitivement labellisé comme une rédaction de « mauvaise foi » faisant la promo desdits sites… Le fait que nous soyons journalistes comme Samuel Laurent, (je veux bien comparer mon numéro de carte de presse avec ceux des décodeurs – les numéros sont attribués dans l’ordre d’arrivée dans la profession), que nous disposions d’un numéro de Commission paritaire (IPG), ne nous protège pas contre les amalgames. Le fait que nous soyons critiques (c’est rien de le dire) à l’égard de la droite et de l’extrême-droite (mais aussi de la gauche), ne nous protège pas contre une assimilation à des sites plutôt à droite. Le fait que nous ayons passé six ans à publier des révélations sur les systèmes de surveillance étatique repris jusque dans des journaux internationaux, le tout gratuitement, sans publicité, sans investisseurs, ne nous protège pas contre les amalgames et ne relève probablement que de la geekerie libertaire de l’info. Sans intérêt, jetons le bébé avec l’eau du bain, le savon et la serviette en prime.

Le Canard Enchaîné, lorsqu’il publie un article d’un membre de la rédaction de Reflets devrait vérifier si l’idée n’est pas de promouvoir les théories reptiliennes. Le Monde lui-même, lorsqu’il publie les mails envoyés au Front National après le 21 avril, que lui a fournis son pigiste fondateur de Reflets, devrait se méfier, il s’agit sans doute de promouvoir Marine Le Pen et ses idées.

Nous aurions bien aimé discuter de l’utilité et de la légitimité d’un outil comme le Décodex avec Samuel Laurent plutôt que de se faire traiter de toutes sortes de choses. Mais ce sera sans doute pour une autre fois.

 

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Courage, fuyons, il faut sauver notre gagne pain, pas le soldat Fillonhttps://reflets.info/?p=36272http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170302_220233_Courage__fuyons__il_faut_sauver_notre_gagne_pain__pas_le_soldat_FillonThu, 02 Mar 2017 21:02:33 +0000Alerte ! Ils sont entrain de lâcher François Fillon. Oui, les membres du parti Les Républicains se carapatent les uns après les autres. A tel point que pour savoir qui fuyait le navire, Libération a même dû créer un compteur. Que se passe-t-il ? Une soudaine prise de conscience à droite ? Oui, François Fillon serait moralement indéfendable ?

Les choses ne sont sans doute pas si simples. Premier point, ce n’est probablement pas une vague désordonnée de départs. C’est plutôt le signal que les grands patrons du parti ont décidé de poignarder le « forcené de la Sarthe » (©Libération). Allez, assez joué, il faut sauver les meubles. Il y a une élection, présidentielle qui plus est, les sondages sont catastrophiques, le mot a sans doute été passé aux seconds couteaux présents dans l’équipe de campagne : c’est bon, vous pouvez partir et même, justifier votre départ.

Deuxième point, il ne s’agit plus de sauver le soldat Fillon, mais de tout faire pour ne pas perdre cette élection. Pourquoi ? Tout simplement parce que lorsque l’on est politique professionnel, que l’on ne sait pas faire autre chose, ou tout simplement que l’on a goûté au bon gâteau, on veut des postes. Et pour avoir des postes, il faut être élu.

 

Cette fuite massive des membres de l’équipe de Fillon aujourd’hui marque sans doute le début de la fin pour le candidat.

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Quand le gendarme persiste et signehttps://reflets.info/?p=36251http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170302_193627_Quand_le_gendarme_persiste_et_signeThu, 02 Mar 2017 18:36:27 +0000

Début février, nous avions essayé d’expliquer en quoi les termes « Deep Web » et « Dark Net », chosifications que l’on croise malheureusement très fréquemment, n’ont guère de sens sur un plan technique. Ce papier avait d’ailleurs inspiré, le lendemain, une fort intéressante réflexion de Xavier de la Porte dans sa chronique sur France Culture : « Banlieue, Deep Web et Dark Net, même combat ».

Le prétexte — il en faut toujours un — qui nous avait poussé à publier cette bafouille était la sortie du dernier numéro de la revue de la Gendarmerie Nationale. La Twittosphère crypto-numérique, toujours partante pour une franche rigolade, y avait en effet découvert, amusée, une mention du légendaire « Marianas Web » (qui n’existe pas) « accessible uniquement à l’aide de l’informatique quantique » (qui, à l’heure où nous parlons, est largement théorique) et autres bêtises du même acabit.

Contactée sur Twitter, la Gendarmerie nous signala que la remarque avait été prise en compte. La revue fût ensuite retirée pour être amendée. L’affaire semblait réglée et ce soir-là, nous nous couchâmes avec le cœur serein de celui qui a accompli son devoir, fier de savoir que, grâce à la promptitude de son action, le monde serait un peu plus beau le lendemain.

Las, dans la version « corrigée » et remise en ligne par la Gendarmerie, signalée par le vigilant Jean-Marc Manach (merci), les marginales modifications effectuées sur le passage incriminé ne changent rien au fond : c’est tout aussi faux avant qu’après. Le Marianas Web, et son petit frère le Bergie Web, tout aussi farfelu, sont toujours là.

 

La version 1.0
La version 2.0

 

Si l’on peut à la limite comprendre que cette prose ait pu passer la première fois les filtres des impressionnants comités de rédaction et de lecture de la revue, que ces inanités aient réussi à les franchir derechef (oui, chef !), et après qu’elles ont été signalées, ça fait désordre.

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Décodex, mon amour…https://reflets.info/?p=36212http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170302_144215_Decodex__mon_amour___Thu, 02 Mar 2017 13:42:15 +0000
Attention, cette image contient un message conspirationniste, équivalent à une analyse sur des événements géopolitiques traités par des sites d’information notés orange chez Décodex. N’hésitez pas à dénoncer tous ceux qui analyseraient autrement des situations politiques que le Monde©. « Parce que ne pas savoir sur l’Ukraine, ça marche aussi avec les reptiliens ». ©@samuellaurent

Aujourd’hui, un Décodex léger et ragaillardissant, basé sur les « contenus ».

Le site affiché en vert s’appelle Madame Figaro, le pendant féminin du journal extrêmiste [Le Figaro] qui appelle à la révolution fiscale pour faire sauter l’ISF tous les 4 matins (oh, c’est bon, on rigole, ça va quoi).

L’autre site est en orange, comme il se doit, parce qu’il est pas « aussi fiable » que Madame Figaro. Normal. Allons-y.

Cette magnifique publication fiable (selon Décodex), sort ce genre d’article :

Extrait :

Anticiper des événements à venir, lire les émotions des autres, se mettre à leur place au point de deviner le nom de leur futur conjoint : voilà des compétences qui semblent dignes d’un film de science-fiction. Pourtant, Lilie Delahaie, coach et consultante, dit avoir détecté très tôt chez elle ce «sixième sens». Pour cette consultante, ce n’est pas un «don particulier». Elle aime plutôt parler de «potentiel présent en chacun d’entre nous qui ne demande qu’à être développé»

Et oui, chers lecteurs qui ne savez pas où est le fake, le « presque vrai », le « faux » et le « presque faux », le « vrai de vrai » (de chez BHL dans le Monde©), et « l’info sérieuse » avec des faits concrets vérifiables, vous pouvez compter sur Madame Figaro pour vous expliquer comment fonctionne votre sixième sens. Avec des petites méthodes assez simple :

« Oublier la logique. Détachez-vous de vos habitudes mentales. Notez les images, les mots, les sensations et les émotions qui vous viennent. »

Tout ça va donner aussi une interview magistrale de la profileuse, sur CNEWS-ITELE, (profileuse qui sort un bouquin) et qui peut aider les enquêteurs dans une affaire criminelle… Rien que du fiable, coco.

En face de Madame Figaro et sa profileuse qui aide à « développer son sixième sens » (16,95€, éditions Michel Lafon), nous trouvons un site orange pas fiable :

Le tabloïd anglais, lu par des millions de british, est en orange, parce qu’il « présente souvent les faits de manière racoleuse ou exagérée ».  Mais Madame Figaro qui fait une longue interview sur une profileuse qui résout des enquêtes criminelles avec son « intuition et des rêves » — et y est longuement interviewée — ce n’est ni racoleur, ni exagéré, et c’est vert ?

Mais oui, absolument ! Normal. Car Décodex sait pour vous, où est le fiable et l’exagéré… ou le racoleur.

Merci qui ?

Merci Décodex !

Pour la logique « reptilienne de l’info », ce tweet du chef des décodeurs du Monde et instigateur du Décodex permet de mieux comprendre :

 


La vérité est chez Le Monde et son Décodex.

La guerre de Yougolsavie et celle du Kosovo étaient parfaitement claires. Le Monde a parfaitement bien informé le public français à cette époque.

Merci Le Monde.

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Appel à un crowdfunding : un dictionnaire pour François Fillonhttps://reflets.info/?p=36201http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170301_182846_Appel_a_un_crowdfunding___un_dictionnaire_pour_Fran__ois_FillonWed, 01 Mar 2017 17:28:46 +0000Vite, un dictionnaire pour le candidat Les Républicains ! Plus le temps passe, plus François Fillon semble manquer de vocabulaire. Il emploie des termes qui veulent dire complètement autre chose que ce pour quoi il les emploie. Quelque chose dysfonctionne chez le candidat de droite. Un crowdfunding peut-être ? Histoire de ne pas plomber ses finances.

Revenons aux termes utilisés.

Il y a quelques jours, François Fillon se fendait d’un communiqué :

« En tant qu’ancien premier ministre, en tant qu’élu de la Nation, j’accuse solennellement le premier ministre et le gouvernement de ne pas assurer les conditions d’un exercice serein de la démocratie. Ils portent une très lourde responsabilité en laissant se développer dans le pays un climat de quasi-guerre civile qui ne peut que profiter aux extrêmes »

Guerre civile : Guerre entre citoyens d’un même État ou entre citoyens et le gouvernement, ou l’armée, de leur État.

Il nous faut aller voir la définition du mot « guerre » pour être précis : Conflit entre deux nations, qui se vide par la voie des armes ; action d’un peuple qui en attaque un autre, ou qui résiste à une agression, à une invasion.

Par exemple, la guerre civile en Espagne a fait à peu près 400.000 morts. La guerre civile en Yougoslavie à peu près 300.000 morts ou la guerre civile au Liban, pour les plus vieux d’entre nous (dont François Fillon), quelque 250.000 morts

Au cas où François Fillon aurait des difficultés à lire ou à comprendre, nous proposons quelques explications en images.

Voici la situation française aujourd’hui :

 

Voici la situation en Espagne pendant la guerre civile :

 

Voici la situation en Yougoslavie pendant la guerre civile :

 

Voici la situation au Liban pendant la guerre civile

 

La rédaction de Reflets.info tient à préciser aux familles des victimes de toutes les guerres civiles qu’elle a honte des hommes et femmes politiques français qui osent ce type de comparaison.

Aujourd’hui, François Fillon a dénoncé un « assassinat politique » à son encontre :

« C’est un assassinat, en effet, mais par ce déchaînement disproportionné, le choix du calendrier, ce n’est pas moi seulement que l’on assassine, mais aussi l’élection présidentielle. C’est la voix des millions de Français qui désirent une alternance qui est muselée, c’est la liberté du suffrage et la démocratie qui sont percutés »

Il y a nombre d’exemples d’assassinats politiques dans l’Histoire. Ce qui est certain, c’est que cette dernière ne retiendra pas celui de François Fillon qui, rappelons-le, est toujours en vie :

 

Voici quelques exemples d’assassinats politiques :

 

 

 

 

 

Décidément, cette campagne présidentielle atteint des sommets d’indécence…

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Fillon ne nous laisse pas tomber : c’est génial !https://reflets.info/?p=36194http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170301_122041_Fillon_ne_nous_laisse_pas_tomber___c___est_genial__Wed, 01 Mar 2017 11:20:41 +0000

Et voilà, c’est ballot, mais notre Fillon national, chantre de la rigueur, de l’honnêteté, empêtré dans cette affaire d’emplois fictifs de Pénélope et ses deux rejetons, va être mis en examen le 15 mars. Il n’arrête pas la campagne présidentielle pour autant. Parce que c’est quasiment un « complot » avec assassinat politique que Fifi dénonce, alors c’est pas grave. Et puis même la presse est dans le parti-pris. Il y va donc Fifi, et s’il gagne la présidentielle, il sera immunisé 5 ans. La France est un pays surprenant.

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Oh, Monde©, donnez-nous notre Décodex quotidien !https://reflets.info/?p=36171http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170301_104832_Oh__Monde____donnez-nous_notre_Decodex_quotidien__Wed, 01 Mar 2017 09:48:32 +0000

Attention, aujourd’hui, un combat de titans, entre la fine fleur des médias d’information et un vulgaire blog d’analyses géopolitiques. Genre, on sent quand même que ça va pas être facile pour le blog. Même s’il accueille quelques pointures, mais bon, le jeune Samuel Laurent chef des décodeurs ne va pas s’arrêter à ça. C’est parti :

Ahouuuuu ! Télé 7 jours a gagné ! Hourra, les vilains des crises ont perdu : bouhhhhhhhhh !

Notez bien « l’hébergement — parfois — de théories conspirationnistes, notamment sur la crise ukrainienne » à propos des crises.fr. Les décodeurs, on ne la leur fait pas sur la crise ukrainienne : eux ils savent la vérité. Et ils expliquent au lecteur que ceux qui suivent pas la vérité, et ben, c’est rien que des « conspirationnistes ». Notez aussi que l’hebdomadaire fiable appartient au groupe Lagardère. Une entreprise fiable, comme il se doit.

Merci les décodeurs !

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Fonctionnaires : le pari risqué de Marine Le Penhttps://reflets.info/?p=36183http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170228_002439_Fonctionnaires___le_pari_risque_de_Marine_Le_PenMon, 27 Feb 2017 23:24:39 +0000Si les sondages -avec les risques évidents de se tromper- la donnent présente au second tour de la présidentielle, rien ne dit que Marine Le Pen sera présidente de la république au sortir du second. Son attaque contre les « fonctionnaires » lors de son meeting le 26 février est donc à double tranchant.

Marine Le Pen  a indiqué : « Je veux dire aux fonctionnaires, à qui un personnel politique aux abois demande d’utiliser les pouvoirs d’Etat pour surveiller les opposants, organiser à leur encontre des persécutions, des coups tordus, ou des cabales d’Etat, de se garder de participer à de telles dérives, a-t-elle déclaré. Dans quelques semaines, ce pouvoir politique aura été balayé par l’élection. Mais ses fonctionnaires, eux, devront assumer le poids de ces méthodes illégales. Ils mettent en jeu leur propre responsabilité. L’Etat que nous voulons sera patriote. »

Plus précisément, Marine Le Pen a fait du Fillon (et son coup d’Etat institutionnel) à sa manière en s’en prenant à la Justice : « L’Etat de droit est le contraire du gouvernement des juges (…) La justice est une autorité, pas un pouvoir. Les magistrats sont là pour appliquer la loi, pas pour l’inventer, pas pour contrecarrer la volonté du peuple, pas pour se substituer au législateur »

On imagine aisément que, si elle était élue, Marine Le Pen appliquerait sans sourciller ses menaces. Les juges et autres policiers qui enquêtent sur les affaires du FN et de sa figure de proue.

Mais ne craint-elle pas de « payer » au prix fort ses déclarations si elle n’était pas élue ? Dans ce cas de figure, elle ne pourrait ni faire payer aux juges et policiers le fait qu’ils aient fait leur travail, ni profiter de l’immunité présidentielle.  Son pari est risqué. Parce que l’on comprendrait aisément que des « fonctionnaires » accusés et menacés de manière aussi outrancière et déplacée mettent un point d’honneur à faire leur travail avec la plus grande application dès que l’hystérie de la campagne présidentielle sera passée.

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Lire l’annexe 4 et éclater de rire : la farce politique françaisehttps://reflets.info/?p=36131http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170227_151042_Lire_l___annexe_4_et_eclater_de_rire___la_farce_politique_fran__aiseMon, 27 Feb 2017 14:10:42 +0000
Le candidat Hollande anti TSCG, « un traité qui devait nous ruiner tous par l’austérité qu’il imposait » selon lui, s’est précipité, une fois élu, chez Merkel pour confirmer qu’en fait, « il l’aimait bien le TSCG ». Le super gauchiste Hamon aussi : il l’a approuvé en Conseil des ministres en 2012. L’annexe 4 viendra expliciter les ordres donnés aux socialistes par Baroso et ses fonctionnaires, 3 ans plus tard.

C’est l’un de nos lecteurs éclairés qui a motivé l’écriture de ce modeste article. Remercions-le. Que nous a t-il pointé, ce lecteur, pour que le clavier nous démangeât à ce point ? Un document émis par le gouvernement français en 2015, intitulé « Programme national de réformes 2015 » comportant des annexes. Jusque là, rien de bien excitant. Sauf qu’une annexe, la numéro 4, intitulée « Tableau de suivi des recommandations pays adressées à la France par le Conseil de l’Union européenne le 8 juillet 2014« , est une démonstration très parlante de la farce politique française. Qui explique en grande partie le succès du Front National, voire, le cautionne, et surtout démontre l’escroquerie des programmes politiques des grands partis tant de « gauche » que de « droite », particulièrement ceux se déclarant de gauche, le PS en tête. Mais pas le PG. Voir les explications ci-dessous.

Ils ne décident de rien, ces gros ladres (mais fais pas le jeu du FN, hein !)

Hollande, une fois élu, en mai 2012, se précipite chez Merkel pour la rassurer : il ne renégociera pas le TSCG (traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance, ou pacte budgétaire européen) comme il l’avait pourtant hurlé des mois durant. La lâcheté politique de l’énergumène est certainement en cause, mais ses soutiens et amis étant ce qu’ils sont (banquiers, énarques, chefs de multinationales), on peut surtout se dire qu’il savait depuis le départ qu’il n’avait aucun intérêt à changer quoi que ce soit au TSCG.

Hollande a toujours voté les traités, les constitutions européennes les plus libérales, il aime cette Europe de marché et de bureaucrates, cet espace mou et sans saveur qui gère des économies sans âme. Elle lui ressemble, l’Europe technocratique de 2012. Et puis c’est une sacrée facilité politique, l’Union européenne et sa Commission, quand on devient le chef d’un État puissant comme l’est la France, avec de [puissants] amis très riches : on n’a jamais de grosses décisions à prendre, ni de risques politiques ou d’orientations qui pourraient échouer. Pourquoi ? Parce que les obligations européennes sont telles, avec des marges de manœuvre désormais si proches du néant — imposées par le TSCG justement — que le mandat d’un chef d’Etat comme Hollande se résume au final à appliquer, en réalité, la feuille de route de Bruxelles.

Immédiatement, en énonçant ces mots, une sorte de réflexe pavlovien se déclenche chez le lecteur progressiste, comme chez l’auteur de ces lignes : « Houla, tu fais le jeu des extrêmes, toi, là. Tu cautionnes le discours du FN, tu soutiens les pires mouvement populistes, la fachosphère, la souverainosphère, enfin bref : tu ne peux pas te permettre de dire ça« .

Problème : ce constat, sur l’obligation des États a suivre une feuille de route libéralo-financiaro-austéritarocratique imposée par le TSCG et les différentes « règles » européennes » est-il faux ? Est-ce un constat de type complotiste, conspirationniste et populiste? Hollande pouvait-il en réalité faire une  politique sociale et économique « de gauche » durant son mandat, et donc ne pas suivre les règles ou autres recommandations de Bruxelles, tout en restant ami-ami avec le reste de l’Union ? La liberté des États et de leurs gouvernants est-elle si grande que ça, le TSCG et autres règles de l’Union sont-elles  modifiables ? La réponse est en partie dans l’annexe 4.

L’annexe 4 : le bon élève « France » coche les devoirs du maître d’école de l »économie financière » euro-mondialisée.

Cette annexe 4 du plan de réforme 2015 a une qualité indéniable : elle est sincère. Sans ambiguïté aucune. C’est un tableau rappelant le cahier de texte des écoliers, avec des demandes du maître, pour chaque domaine. En face, les réponses appliquées de l’élève France qui note ce qu’il a mis en place, et stipule bien que c’est « en cours », « à venir » ou « fait ».

Toute l’énormité de cette annexe 4 réside dans le fait qu’elle balaye tous les secteurs de la société : de l’école à la santé, en passant par le marché du travail, le système de chômage, les transports, etc…

En réalité, c’est un projet de réforme technocratique d’un pays entier, de son modèle social et économique, qui, sur un tableau de 10 pages, explique comment des personnels politiques nationaux font leurs devoirs imposés par des fonctionnaires continentaux, sous pression et/ou achetés par des lobbies internationaux. Leur chef, à ces fonctionnaires continentaux, Manuel Baroso, qui a poussé ces réformes, s’est d’ailleurs précipité — rappelons-le — chez Goldman Sachs dès son mandat à la Commission terminé. Goldman Sachs, quoi…

Rappelons-nous le fameux projet de Hollande de réduire le nombre de régions pour en faire de plus grandes : c’est la demande de l’UE de l’annexe 4 (extrait du document ci-dessus, avec la facilitation de fusion de collectivités locales) à gauche sur fond orange, qui a donné : « création de régions cohérentes de taille européenne en divisant par deux le nombre de régions métropolitaines. » L’idée principale européenne est écrite noir sur blanc : « réduire les dotations octroyées par l’État« . Hollande a juste appliqué ce qu’il lui était demandé. Pas plus. Mais il y aussi « Prendre des mesures pour, au-delà de la nécessité de réaliser des économies à court terme, contrer l’augmentation prévue des dépenses publiques dans le secteur des soins de santé à moyen et long termes, y compris dans le domaine pharmaceutique« . Sympa, n’est-il pas ?

C’est ainsi que la farce de la campagne électorale française qui vient de débuter se dévoile sous son aspect le plus criard et le plus bouffonesque. Fillon, Macron reprennent les préconisation de l’UE, suivent donc la feuille de route qui leur sera (encore) remise s’ils remportent l’élection : destruction du code du travail, réduction de la fonction publique, destructions des services publics, privatisation partielle de la sécurité sociale, retrait maximal de l’État avec austérité obligatoire pour les collectivités locales, une privatisation des services publics, etc. La même annexe 4 que celle d’Hollande.

Hamon laisse croire — exactement comme Hollande lorsqu’il était en campagne électorale— qu’il ira renégocier [ce qu’il propose de faire dans son programme], mais qu’il n’est pas autorisé à faire par le maître d’école (annexe 4). Qui peut y croire, avec le Parti socialiste derrière lui, parfaitement aligné sur les mesures de Bruxelles, et ce depuis toujours ? Moscovici est aux manettes financières de l’UE, Hamon l’aurait-il oublié ? Hamon s’est abstenu pour le traité constitutionnel européen simplifié de Lisbonne, et surtout il a approuvé… Le TSCG en tant que ministre.

« Au Conseil des ministres du 19 septembre, il a, comme les autres, approuvé le traité, solidarité gouvernementale oblige. » (http://www.leparisien.fr/espace-premium/actu/pourquoi-hamon-se-tait-02-10-2012-2196427.php)

Restent deux candidats, qui eux dénoncent cet état de fait : Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Marine Le Pen a piqué un maximum d’analyses économiques à la gauche radicale (et lit attentivement le Monde Diplo), tout le monde le sait aujourd’hui, et surtout, tout le monde le reconnaît. Florian Philippot, disait pas plus tard que ce matin sur les ondes d’une radio qu’il y avait des choses très intéressantes dans ce journal et qu »il était anormal qu’il reçoivent moins de subventions que des journeaux « people ».

Les analyses de Le Pen sur la soumission à Bruxelles font mouche, parce qu’elles sont parfaitement justes. Tout comme Mélenchon, mais qui le fait dans un style plus nuancé et plus réaliste. Mélenchon a un plan A et un plan B pour appliquer un programme économique et social s’affranchissant de Bruxelles (ou disons ne suivant pas l’annexe 4). Avec… Ou sans Bruxelles. Ces deux partis politiques ne sont pour autant en aucune manière similaire. Exactement l’inverse même. Le FN est nationaliste, le PG est [censé être] internationaliste. Le FN est raciste, le PG anti-raciste, le PG défend une politique d’accueil des migrants, le FN veut les jeter à la mer, le FN veut un pouvoir « fort », le PG veut une sixième République parlementaire, etc…

La problématique de l’annexe 4 est donc énorme, puisqu’elle révèle une réalité très désagréable : de ceux qui sont crédités des meilleurs chances d’emporter la prochaine présidentielle, aucun ne va faire autre chose que de suivre l’annexe 4. Aïe.

Farce électorale 3.0 de l’europlan

La triste — très triste — réalité est donc la suivante : aucun candidat crédible, avec un programme en mesure à la fois de proposer autre chose que les cases à cocher de l’annexe 4, n’est susceptible d’emporter l’adhésion d’une majorité. Sauf Marine Le Pen. Et c’est bien là l’énorme souci actuel. Mélenchon n’emporte pas l’adhésion du plus grand nombre, et tous les autres candidats sont des adeptes de l’annexe 4. Ou des tarés populistes délirants qui dirigent des sectes (cf. Asselineau et son UPR, ou Dupont Aignan et ses Dupongnettes). La fille du borgne qui danse avec les néo-nazis a elle, par contre, parfaitement annoncé la couleur : elle ne cochera pas les croix de l’annexe 4. Elle enverra se faire foutre Bruxelles. Et c’est exactement de ça qu’une grosse partie de l’électorat a envie.

Ce qui est dommage, en fin de compte, c’est que des gens à peu près « sérieux » — mais surtout déclarés progressistes — n’aient pas eu le début d’une once de courage politique pour vraiment faire savoir qu’ils ne voulaient plus appliquer les règles technocratiques de la multinationale nommée UE. Et surtout, au delà de faire savoir, de le faire tout court. Ils en ont eu l’occasion pourtant, là, durant 5 ans, non ? Montebourg, qui est désormais en charge du Bidule à l’International de Hamon, a-t-il essayé de ne pas cocher les cases de l’annexe 4 quand il était au redressement reproductif ? Hummmm.

Ces grands candidats vont donc récolter le fruit de leur couardise et de leur soumission : l’extrême droite en tête au premier tour. Puis une extrême droite qui perdra sans doute au deuxième tour, mais probablement d’un cheveu. Tout ça devrait les faire frémir, non ? Peut-être pas au fond. Parce qu’ils pensent qu’avec Marine au deuxième tour, ce sera dans la poche ? Et qu’ils pourront continuer à cocher les cases du maître d’école ? Possible. Mais ils devraient quand même se méfier. Depuis quelques temps, le vent tourne bizarrement et les gens ne font plus obligatoirement ce qu’on leur demande de faire. Ah, les gens ! Si les cocheurs de cases pouvaient se passer d’eux pour continuer à faire tourner la boutique, ce serait quand même mieux…

La farce politique française est superbe. Et les moutons bêlent. Jusqu’à quand ?

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Un Décodex quotidien, sinon rienhttps://reflets.info/?p=36127http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170227_115832_Un_Decodex_quotidien__sinon_rienMon, 27 Feb 2017 10:58:32 +0000C’est chouette que l’équipe de Samuel Laurent soit là pour nous permettre de nous repérer dans la jungle médiatique d’Internet plus ou moins fiable et remplie de post-truth fake-news. Merci les Décodeurs !

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Dans la tête de Donald Trump, avec une loupe et une Maglite…https://reflets.info/?p=36117http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170224_232701_Dans_la_tete_de_Donald_Trump__avec_une_loupe_et_une_Maglite___Fri, 24 Feb 2017 22:27:01 +0000
Dessin © JM Reflets.info

Nous vivons une époque formidable dans laquelle le président des Etats-Unis appelle la presse « l’ennemi de la démocratie« . Une époque où ses sympathisants arborent des t-shirts appelant à lyncher les journalistes. Les journalistes et la presse seraient les vecteurs de « fausses informations », les fameuses « fake news« . On peut faire beaucoup de reproches à la presse et Reflets.info, bien que partie de celle-ci, ne s’en prive pas. C’est la capacité à se remettre en question qui fait de nous des êtres libres, à la recherche d’une vérité sans doute jamais atteinte. A l’inverse, dans le camp Trump, qui intègre désormais beaucoup de monde y compris hors des frontières de son pays, il y a des certitudes. Pourquoi pas. C’est bien d’en avoir quelques unes pour s’enraciner. Ce qui est toutefois un peu gênant, c’est de constater que ces certitudes ne résistent pas à la logique et aux faits. Pire, mis en face de leurs contradictions, les tenants de ces certitudes ne sont pas le moins du monde ébranlés. Les mêmes qui sont si prompts à fustiger les décérébrés radicalisés croient dur comme fer que l’eau brûle ou que le feu mouille, si leur gourou peroxydé le leur dit.

L’ère Bush et l’ère Sarkozy avaient vu l’avènement du règne du faux. Ces deux hommes repeignaient le monde tel qu’ils aimeraient le voir, on assistait à une narration fausse mais qui servait leurs buts. Pour George Bush, l’invasion de l’Irak, pour Sarkozy… la glorification de Nicolas Sarkozy. Cette fois, nous entrons dans l’ère des contre-vérités. Ce n’est pas une vision fausse du monde qui est mise en place. C’est l’assertion permanente de contre-vérités. Celles-ci ont cela de particulier qu’il est aisé de prouver qu’il s’agit de contre-vérités. Un mensonge est difficile à démonter, comme celui sur les armes de destruction massives en Irak. Qui pouvait à l’époque, à part Hans Martin Blix qui a tout fait pour le démontrer, apporter des preuves tangibles que l’Irak, pays relativement fermé et mis prématurément à l’index par la communauté internationale, n’en détenait pas ? Mais quand Donald Trump invente des attentats aux Etats-Unis ou en Suède, il est assez simple de démontrer qu’il s’agit de contre-vérités.

Pour autant… Les adeptes du gourou de la contre-vérité le croient. Y compris en France où les complotistes d’extrême-droite se sentent pousser des ailes.

Constater tout cela n’est pas très compliqué. Essayer de comprendre comment des gens arrivent à se persuader de choses aussi rocambolesques, c’est une autre histoire.

En s’équipant d’une loupe à fort grossissement et d’un puissante Maglite, il est possible d’essayer d’entrer dans la tête de Trump et de tenter d’y voir clair.

Avant d’entrer dans la tête de Trump, il est possible de passer en revue les contenus de ses tweets puisqu’il affectionne ce canal sur lequel il est très productif. La première constante de sa prose est un moteur. Ce moteur est la haine. L’envie permanente d’en découdre. La recherche permanente d’un ennemi. La seconde est une certitude inébranlable d’avoir raison.

Le vieux documentaire « Star Wars » (plutôt bien fichu) avait documenté à la fin des années 70 ce qu’il advient des êtres humains se laissant aller à la haine. Mais Donald Trump n’a pas dû le voir. La haine est un combustible puissant, mais également un facteur d’auto-destruction.

Et dans la tête de Trump, quels sont les mécanismes qui lui permettent de se convaincre que ses contrevérités sont des vérités ?

Dans un univers peuplé d’ennemis, une construction mentale auto-réalisatrice s’est sans doute mise en place. Pour exister, Donald Trump se crée des ennemis. Les ennemis de Donald Trump lui veulent du mal. Pour ce faire, ils énoncent des faits qui lui sont défavorables. La presse est, c’est son métier, une caisse de résonance. La presse est donc un ennemi. Probablement le premier d’entre eux. Pour attaquer Donald Trump, la presse ne peut utiliser que des mensonges (souvenez-vous, Donald Trump a toujours raison). Il faut donc contrer ces mensonges par des faits qui retranscrivent la réalité de Donald Trump. Ces faits sont donc les opposés de ceux avancés par la presse. Peu importe qu’il s’agisse de contre-vérités. S’ils vont dans le sens d’un Trump idéalisé, ce sont forcément des vérités. Et si d’aventure la presse venait à évoquer des faits qui démontrent qu’il s’agit de contre-vérités, c’est forcément qu’elle ment et que ces contre-vérités sont des vérités. CQFD.

Plus près de nous, la presse se demande pourquoi Marine Le Pen continue de faire la course en tête alors que les casseroles judiciaires s’accumulent. Ce matin, un journaliste de France Info expliquait qu’en dépit de la contradiction entre le slogan historique « Mains propres et tête haute » et les mises en examen pour des détournements de fonds publics, les électeurs FN continuaient à apporter tout leur soutien à Marine Le Pen. Ce qui n’avait pas été le cas pour François Fillon.

Le mécanisme est le pourtant le même. Dans l’esprit de ses sympathisants, Marine Le Pen fait peur au « système » parce qu’elle est dans la vérité. Le système veut donc l’abattre, y compris en instrumentalisant la justice. Elle n’est donc, par principe, coupable de rien.

Le grand remplacement de la logique

Pour comprendre dans quel monde fantasmé vivent les sympathisants du Front National, on peut prendre pour exemple ce tweet de Gilbert Collard à propos d’un changement de logo de la Protection Civile.

Là où n’importe quelle personne verrait le travail d’un graphiste, Gilbert Collard y voit les effets de l’islamisation rampante de la société française, le fameux « grand remplacement ».

Au delà du délire personnel de Gilbert Collard, il est intéressant de noter les réactions des sympathisants du Front National. Car ils sont nombreux à lire entre les lignes du message de Collard.

Ils lisent ce que Collard a voulu dire : « l’islamisation » forcément « insidieuse » de « notre pays » est en cours. « La gauche et les médias » sont bien entendu les complices du grand remplacement en cours. On est chez nous oui ou non ? Nous c’est la croix, eux, c’est le croissant. Il n’y a pas de croissant sur le nouveau logo ? Il n’y a pas de confession à la Protection civile ? Peu importe. C’est que « ils« , (qui ça, les aliens, les musulmans, les « arabes » ? seuls les sympathisants du FN le savent, ne cherchez pas) « s’immiscent« , toujours « sournoisement » « dans les postes clés des organes décisionnaires« . Ca fiche un peu la trouille et ça transpire la haine. Gratuite parce que niveau diversité, la protection civile, c’est léger. Et avec un président qui s’appelle « Francheterre » (on n’invente rien), les « Ils » n’ont pas l’air de s’être beaucoup « infiltrés« . En même temps quand on voit dans la disparition d’une croix dans un logo une « abnégation de notre culture« , on comprend qu’il manque un peu de vocabulaire aux sympathisants du FN pour analyser le monde qui les entoure.

Mais comme pour Trump, ce n’est malheureusement pas cela qui empêchera une accession au pouvoir de leurs gourous hystériques, autocentrés et haineux…

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Macron, les Russes, les jeunes et le gruyère…https://reflets.info/?p=36084http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170220_160506_Macron__les_Russes__les_jeunes_et_le_gruyere___Mon, 20 Feb 2017 15:05:06 +0000Initialement très bien tombée dans le panneau marketing de la petite start-up « En-Marche », la presse a relayé sans se poser la moindre question la belle histoire des attaques sophistiquées russes contre l’infrastructure informatique du parti d’Emmanuel Macron. Et puis à force de démontrer ici et sur Twitter, que si les Russes étaient vraiment sur le dos de Macron, son infrastructure informatique devait elle être totalement défoncée vu les problèmes effarants de sécurité qui y étaient présents, la presse a commencé à se poser des questions. D’autant que nous n’étions plus les seuls à remettre en cause la version officielle de la Pravda made in Macron. Nous avions œuvré lourdement pour que les équipes du candidat de droite molle, Emmanuel Macron et celles du candidat de droite dure, François Fillon, migrent leur version de WordPress vers quelque chose qui soit à jour et ne ressemble plus à un gruyère. C’est fait chez Marcon. Alléluia… Et toute la presse de se féliciter de cette mise à jour…

Pendant ce temps, chez Fillon, Même pas peur, on s’en fout… c’est vrai, les mises à jour c’est pour les faibles. Nous somme le 20 février 2017, et le source des pages arbore fièrement un pitoyable WordPress 4.3.3, une version datant de début février 2016, et qui est en toute logique tristement documentée d’une vingtaine de vulnérabilités connues.

Enfin mise à jour. Chez Macron, on s’est tout simplement débarrassé du problème en passant sur une autre solution technique que WordPress, une solution plus statique surtout. Jusqu’à cette migration technique, WordPress n’a JAMAIS été mis à jour.

Un seul journal était très en retard dans ce train médiatique fou : Le Parisien. C’est @Bortzmeyer qui signalait l’article hier.

Le 17 février, donc, alors que tous les confrères avaient enfin compris que l’attaque russe était surtout une très bonne opération de marketing, Le Parisien reprenait sans s’interroger le moins du monde, les arguments incohérents des équipes d’Emmanuel Macron :

 » (…) tout le monde a conscience qu’il faut toujours se protéger, appliquer les meilleures règles. Serveurs protégés par des logiciels de filtrage sophistiqué, emploi de plusieurs messageries et réseaux cellulaires cryptés, double ou triple authentification pour l’accès aux services de courriels, cloisonnements multiples, bases de données isolées comme des forteresses, mots de passe complexes régulièrement changés: toutes les précautions à la hauteur d’une structure comme « En marche ! », qui ressemble à celle d’une PME, sont prises. « Ensuite, dans ce genre d’organisation, la vraie faille potentielle, c’est l’humain », assure le patron des services informatiques, un autre trentenaire qui demande à rester anonyme. « Nous avons de la chance, nous avons beaucoup de technophiles dans nos rangs. Les autres, mon boulot est de leur faire peur, en leur montrant régulièrement les conséquences qu’un manque de vigilance a eu ailleurs ».

Faire peur… Oui, c’est vraiment ce qu’essayent de faire les équipes de Macron en maniant le FUD à la perfection. Ça marche d’autant mieux que les journalistes ne comprennent rien aux arguments techniques évoqués.

Vendredi, le site de Macron n’était plus propulsé par un WordPress troué et toute la presse notait ce fait, qui mettait, semble-t-il, un terme à la polémique : peut-on raisonnablement se plaindre d’une attaque russe sur son site quand on a un site complètement troué ?

Oui, sauf que bon…

Rien n’est jamais parfait dans ce monde et il faudrait signaler à Emmanuel Macron et à ses équipes hors pair que le site des « jeunes avec Macron » est un peu léger sur le plan de la sécurité. Peut-être ont-ils le numéro de téléphone des djeunz ?

Lui aussi propulsé par WordPress, le site www.lesjeunesavecmacron.fr laisse à désirer en matière de données personnelles. Car les équipes de choc décrites par Le Parisien ont oublié de prévenir les djeunz qu’il fallait une page d’index dans les répertoires pour éviter que l’on puisse en lister le contenu.

Et dans un fichier log, on découvre ainsi des adresses mail de sympathisants.

C’est mal et si la CNIL avait les moyens de faire son travail, elle ne serait pas contente.

Au détour d’un autre fichier, ce sont les utilisateurs qui créent le contenu qui apparaissent, avec leurs mails. Un point non négligeable pour les hackers russes chinois du FBI, s’ils voulaient se lancer dans une opération de phishing.

Allez, encore un effort et tout sera au carré.

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J’ai des ennuis judiciaires, Je suis beau, j’ai un bel ego ou la viduitude d’une campagnehttps://reflets.info/?p=36093http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170219_135234_J___ai_des_ennuis_judiciaires__Je_suis_beau__j___ai_un_bel_ego_ou_la_viduitude_d___une_campagneSun, 19 Feb 2017 12:52:34 +0000L’expression « on a les politiques que l’on mérite » ne s’est probablement jamais mieux justifiée que pour cette campagne présidentielle. On avait bien noté que depuis François Mitterrand, le niveau baissait à chaque élection, pour finir en apothéose avec Nicolas Sarkozy, probablement le président le moins cultivé de la Vème république. Mais là, en 2017, c’est le pompon.

A ma droite (dure), François Fillon, incapable de placer une proposition depuis trois semaines. Ses ennuis judiciaires accaparent toute l’attention des médias. Toute déclaration du candidat Les Républicains est immédiatement comparée aux salaires versés à sa femme et à ses enfants. Elles perdent immédiatement tout leur sens et deviennent un révélateur de sa duplicité. A tel point que personne ne se sent obligé de rappeler, ce qui serait utile, que François Fillon a surtout été l’homme qui a mis en musique et appliqué les actions délirantes de Nicolas Sarkozy. Le premier ministre qui a laissé la plus grosse dette de ce pays. Une augmentation jamais enregistrée en si peu de temps. La situation de François Fillon est tellement désespérée qu’il en est réduit à faire du Sarkozy, c’est à dire à multiplier les déclarations fracassantes qui provoqueront des débats sans fin tant elles sont délirantes. Pendant la guerre froide, les services de renseignement russes appelaient cela une Maskirovka.Rien de neuf sous le soleil, donc.

A ma droite (extrême et hystérique), on aligne les contrevérités (ça à marché outre-Atlantique, pourquoi pas ici) et l’on fait comme si l’on avait rien vu, d’autant que pour l’instant, la presse ne s’énerve pas trop sur le sujet. Le sujet ? Le même que celui de François Fillon. Des centaines de milliers d’euros payés par le contribuable qui ont fini dans les poches d’assistés parlementaires (désolé, on sort). Notamment son garde du corps qui en plus de la protéger d’on ne sait quoi, l’assistait parlementairement parlant.

Macron, cette rock star…

A ma droite à nouveau (si, si), Emmanuel Macron. On nous glisse dans l’oreillette qu’en dépit de deux mois de quête effrénée, Indiana Jones n’a toujours pas trouvé le programme du candidat. A tel point que lorsque l’émission Quotidien de Yann Barthès interroge les groupies assistant à un meeting sur les propositions de leur candidat, elles ne trouvent rien de mieux que de dire qu’il est beau ou que c’est une rock star. 

Enfin, à ma (presque) gauche, Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon se disputent le titre de meilleur représentant de la gauche. C’est moi qui doit y aller, tu dois me rallier. Non, c’est toi. Non toi. Si tu le fais pas on va perdre. Non, c’est l’inverse. Non…

En d’autres termes, la campagne pour les présidentielles se réduit à des ennuis judiciaire, une belle gueule (selon les militants) et à des problèmes d’ego. 

Ce qui est fascinant, c’est que les Français se contentent de cela et qu’ils acceptent tout de même d’aller voter. N’ont-ils rien appris au fil des élections ? Ces hommes et femmes politiques professionnels n’ont qu’un but : accéder au pouvoir. Pour régler leurs problèmes (Chirac, Sarkozy), pour renvoyer des ascenseurs (Giscard, Mitterrand, Chirac, Sarkozy), pour mieux trahir leurs promesses électorales (Hollande, pour ne citer que le plus emblématique). 

Ce système ne perdure que parce qu’il y a encore des gens pour aller voter. Sans votants, pas d’élus. Et inutile de croire qu’en élisant un homme providentiel, le système sera défait. Il n’existe pas un tel politique.

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Emmanuel Macron et son mot de passe…https://reflets.info/?p=36064http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170215_174650_Emmanuel_Macron_et_son_mot_de_passe___Wed, 15 Feb 2017 16:46:50 +0000
Les équipes de sécurité informatique de En Marche à la recherche d’une SQL injection

Nous l’avons vu ces derniers jours les équipes de En Marche, le parti d’Emmanuel Macron, sont en mode opération de communication maximale à propos des méchants hackers russes qui tentent de pirater le site en-marche.fr. Mais rassurons-nous, pas une seule opération de phishing. Juste des injections SQL, des DDoS et des fake news (c’est hype).

Nous avons appris par les équipes de En Marche que le parti s’est doté de pas moins de six experts en sécurité informatique, ainsi qu’un ancien patron du CNNum.

Pour parfaire son « infrastructure sécurisée » l’équipe de campagne a passé un coup de carte bancaire chez CloudFlare, et un autre apparemment chez Google. Vie privée et souveraineté numérique ne sont pas de vains mots.

Ceci dit, cette fine équipe aura sans doute demandé à Emmanuel Macron s’il avait des comptes sur des plateformes dont il est notoire qu’elles ont été piratées, et que des crédentiels ont leaké.

Cela aura été utile car, comme nous l’a fait remarquer un lecteur, Emmanuel Macron disposait d’un compte Dropbox qui a fuité.

Emmanuel Macron - Haveibeenpwned
Haz he been pwned?

Le mot de passe fait partie de la moitié des comptes Dropbox fuités hachés grâce à SHA-1 et à un sel. Pas à l’abri d’une attaque en dictionnaire voire en bruteforce, donc. Gageons que ses 6 responsables en sécurité lui auront conseillé de ne pas le réutiliser…

On imagine aisément combien son mot de passe pourrait être intéressant dans le cadre d’une opération de déstabilisation un peu sophistiquée du nouveau messie de la politique française.

A sa décharge, on peut citer quelques parlementaires qui utilisaient eux aussi la plateforme américaine.

En attendant, 8 jours après le signalement initial, la plantureuse équipe d’experts en sécurité informatique n’a toujours pas trouvé comment mettre à jour son WordPress.

Pas plus que les équipes de François Fillon. Avec tous les « hackers russes » qui traînent dans le Marianas Web, ce n’est pas bien prudent…

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Ce que les déclarations de l’équipe Macron et les articles des journalistes disent sur leur niveau en sécurité informatiquehttps://reflets.info/?p=36050http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170214_122236_Ce_que_les_declarations_de_l___equipe_Macron_et_les_articles_des_journalistes_disent_sur_leur_niveau_en_securite_informatiqueTue, 14 Feb 2017 11:22:36 +0000Attention Mesdames et Messieurs, voici venu le moment tant attendu, l’affrontement final, le clash des titans de la démocratie et de la politique avec un grand P ! A ma droite, François Fillon et son « coup d’Etat institutionnel« . A ma droite (l’autre droite), Emmanuel Macron et les hackers russes qui veulent détruire sa campagne.

Passé un peu inaperçu cette semaine dans le Canard Enchaîné pour cause de #FillonGate/#PenelopeGate, un petit article racontait comment le site « En Marche ! » d’Emmanuel Macron était la cible d’attaques quotidiennes et comment tout le monde craignait que les Russes n’essayent de déstabiliser le candidat. Cette histoire est reprise par le Journal du Dimanche sur le Web, le 12 février, avec de nombreux détails. Ce que dit l’équipe de Macron à ce sujet et ce que rapportent les journalistes de cette histoire (lire ici l’article sur l’Obs) met en lumière leur niveau en sécurité informatique. Et avouons-le, cela fait un peu peur.

Florilège:

  • « plusieurs centaines d’attaques quotidiennes visant notre base de données et nos boîtes mail, mais aussi notre réputation »
  • « Ce que confirme un responsable du renseignement : « Leur site Internet est attaqué en permanence » ».
  • « Une demi-douzaine de responsables de la sécurité informatique d’En marche! a ainsi rendu visite, fin janvier, à l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi) pour faire part de ses inquiétudes ».
  • « le mouvement de Macron, dont l’équipe informatique est considérée comme « très compétente » par les spécialistes en cyberdéfense ».
  • « Fin janvier, le candidat s’est adjoint les services de Mounir Mahjoubi, ancien président du Conseil national du numérique. Il fait le point chaque semaine avec lui, en particulier sur ces offensives ».
  • « Nous appliquons les meilleures pratiques, assure Mounir Mahjoubi. Le serveur de notre site n’est pas lié au réseau interne, aux bases de données ni aux mails ».
  • « Je dis que il y a ça d’un côté et il y a des centaines, voire des milliers, d’attaques sur notre système numérique, sur notre base de données, sur nos sites. Et comme par hasard cela vient des frontières russes »

Quoi ? Emmanuel Macron, rien sur les hackers russes du Marianas Web ?

Ces déclarations sont à peu près aussi catastrophiques que les explications de François Fillon sur les emplois fictifs de sa femme. Bien entendu elles n’ont pas les mêmes répercussions. Car seuls les gens ayant une culture informatique peuvent le voir. Mais il y aurait de quoi classer l’Obs et le JDD dans la rubrique orange du Décodex

Prenons ces déclarations dans l’ordre…

  • Des centaines d’attaques par jour ? Comme tous les sites Web, y compris Reflets.info. L’eau ça mouille.
  • Nous sommes heureux de constater qu’un service de renseignement puisse confirmer que le feu, ça brûle.
  • Six responsables de la sécurité informatique chez « En Marche ! » ? Il a les moyens Emmanuel… Et l’ANSSI ne leur a rien dit sur leur version de WordPress ?
  • Qui sont les experts en cyberdéfense qui pensent que l’équipe informatique de Macron est très compétente, quels sont leurs réseaux ?
  • Embaucher l’ancien patron du CNNum, c’est un gage de réussite. Les hackers russes n’ont qu’à bien se tenir.
  • Mounir Mahjoubi indique que les bases de données et les mails ne sont pas attaquables via le site Web. Quelqu’un pour lui acheter des cyber-lunettes digitales pas cryptées ? D’ailleurs la première déclaration de la liste dit le contraire.
  • Les cyber-attaques viennent des « frontières russes ». Là, on entre dans le concept de l’attribution. Mais qui est donc ce hacker mystérieux, encapuchonné qui nous attaque avec des gants de ski et des grosses lunettes ? Son IP est ukrainienne, c’est donc un russe. Une boule de cristal ferait mieux l’affaire.

Le 7 février, nous indiquions que la version de WordPress du site En Marche, comme celle du site de François Fillon était complètement trouée. Depuis, les choses ne changent pas puisque, ce lundi 13 février, la version reste la même sur le site d’Emmanuel Macron, en dépit des centaines d’attaques quotidiennes. Dans un commentaire, un lecteur se demandait ce qu’un pirate pourrait bien récupérer sur un site Web de ce genre. La liste des adhérents ? La liste des donateurs ? Le tout avec une tripotée de données personnelles ?

Notez que le code pénal est assez clair en son article 226-17 : « Le fait de procéder ou de faire procéder à un traitement de données à caractère personnel sans mettre en œuvre les mesures prescrites à l’article 34 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 précitée est puni de cinq ans d’emprisonnement et de 300 000 euros d’amende. »

En même temps, ce n’est pas comme si En Marche n’était pas pourvu de 6 responsables de la sécurité informatique…

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Décodex : quand Le Monde s’habille en Pravdahttps://reflets.info/?p=36022http://streisand.me.thican.net/reflets.info/index.php?20170213_174451_Decodex___quand_Le_Monde_s___habille_en_PravdaMon, 13 Feb 2017 16:44:51 +0000
Certains anti-Decodex y vont un peu fort, c’est vrai. Avec peut-être des idées derrière la tête pour une partie d’entre eux. Mais quand même, c’est drôle, non ?

Décodex est un « grande aventure » instiguée par les décodeurs du monde, ces journalistes qui estiment que le fact-checking serait le Saint Graal du métier. Avant de parler du gros machin stalinien du Monde©, parlons du fact-checking.

Le principe du fact-checking est simple, voire simpliste : vous prenez les informations (des autres publications, c’est plus simple et votre actionnaire ne vous en voudra pas), et vous vérifiez « par les faits », les affirmations qui y sont contenues. Une déclaration chiffrée d’un responsable politique, par exemple, est soumise à la sagacité des journalistes fact-checkers qui la mettent en abîme avec une statistique officielle. De la même manière, des montants financiers, des dates, des noms, des lieux, des estimations peuvent être passés au crible de la vérification « factuelle ».

Ce procédé, qui en réalité, est l’une des compétences normales du journaliste, se retrouve donc — par la grâce des spécialistes en « augmentation » du journalisme — mis en avant comme une nouveauté incontournable, une sorte de hochet scientifique de la sphère médiatique lui redonnant un sérieux et une crédibilité quelque peu dégradés. Un peu comme si un spécialiste en sécurité des réseaux annonçait qu’il se spécialisait dans la publication de rapports sur les failles informatiques permettant de pénétrer les SI dont il a la responsabilité. Son employeur lui répondrait sans doute : « On est content d’apprendre que tu fais ton travail, de là ce que tu nous vendes ta seconde compétence comme une spécialité distincte, qui amènerait un « plus » indéniable, c’est un peu gonflé, Coco« .

Mais la comparaison s’arrête là, puisque le fact-checking journalistique a ses limites, et ceux qui en ont fait leur niche ne semblent pas toujours s’en rendre compte. L’une de ces limites est l’impossibilité, sur certains sujets, de vérifier toutes les données « concrètes », alors que des enquêtes, des documents, peuvent pourtant laisser entendre une réalité en cours très établie, mais « non-factuelle ».

Le factuel est binaire : soit les faits sont là, soit ils n’y sont pas. L’affaire IOL (lire nos articles à ce sujet) est parfaitement révélatrice de la limite de ce procédé du vrai-faux : Reflets a des documents qui indiquent l’achat par le gouvernement français d’un système de surveillance sur le territoire national depuis 2009, confirmé par des sources très bien placées et une loi qui vient enfoncer le clou. Mais il n’est pas [encore] possible de vérifier factuellement le niveau d’activité d’IOL, quelle taille le dispositif a atteint, etc. Ce qui est certain, par contre, c’est qu’IOL est dimensionné — sur le papier gouvernemental, ce qui n’est pas rien — pour permettre l’interception des communications Internet de n’importe lequel des millions d’internautes français. Au passage, une question au gouvernement a été posée au sujet… d’IOL (relayée par nos confrères de NextInpact, merci à eux). Des fact-checkers ont pourtant traité ce sujet, et ont co