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Je n’ai pas voté…

Mon, 07 May 2012 08:03:46 +0000 - (source)

Hier soir j’ai, comme beaucoup, célébré le départ de Nicolas Sarkozy. Je n’ai caché ni ma joie de voir partir Nicolas ni mon scepticisme de le voir remplacé par François. Très franchement je ne suis pas vraiment rassuré, mais au moins je suis heureux. Sauf que je n’ai pas participé à tout cela, et je tiens à vous expliquer, maintenant que l’enjeu est passé, mon choix.

Je ne voulais pas publier cet article avant que le vote soit passé par peur d’influencer quelques indécis qui auraient autrement voté et auraient pu regretter ce choix de dernière minute par la suite. Mais j’ai pris la décision il y a de cela quelques semaines / mois de ne pas voter lors de cette élection. Cette décision n’était pas motivée par la flemme ou pas le traditionnel tous pourri (ça c’est ce qui m’avait motivé à voter blanc ou nul aux précédentes échéances) mais par un réel ras-le-bol du système actuel et du peu qu’il a à proposer aux simples citoyens comme vous et moi (ce blog est toujours bloqué à l’assemblée nationale et dans d’autres instances).

J’ai refusé de participer à un évènement qui met le vote et la représentativité au centre de la vie politique à l’heure à laquelle les citoyens ont à disposition des moyens techniques qui leur permettent, théoriquement, d’influer de façon continue sur la vie politique. Cette possibilité nous est refusée par les mêmes instances que nous sommes censés approuver et légitimer par le vote. En somme en votant, avec tous les aléas que cela représente et sur lesquels je vais revenir, on accepte de fait que l’on va être trompés et déçus sans rien pouvoir y faire, mais en plus on donne à ces personnes tout notre pouvoir et notre validation.

Jusque là je votais blanc ou nul, par manque d’affinité avec les candidats et surtout leurs programmes (auxquels je savais par ailleurs qu’ils n’allaient pas se tenir). Cette fois-ci j’ai décidé de changer et d’assumer complètement les positions que je défends par rapport à la démocratie et son évolution souhaitable. Ce que j’ai constaté hier c’est la victoire d’un homme. Ni celle d’un parti, ni celle d’idées et à quiconque voudrait de me contredire je me permet de le / la renvoyer aux débats divers et variés qui ont ponctué cette campagne triste à mourir.

Ce n’est pas ce que je souhaite pour le pays des droits de l’Homme, ce n’est pas la division qui, pour moi, est la solution à une gouvernance éthique et pro-active pour que le niveau de vie et des libertés puissent progresser. C’est très loin d’un idéal que je persiste à vouloir poursuivre et qui nous permettrait à tous de décider, à la majorité, ce que l’on souhaite non pas pour nos dirigeants (je n’entre pas dans un clivage gauche-droite ici, je parle bien de la politique et pas des patrons) mais réellement pour nous, les citoyens.

Ce dont notre pays, notre monde, a besoin aujourd’hui c’est de personnes qui seraient prêts à tout remettre à plat, qui auraient les couilles de tout casser pour recommencer en tenant compte de la façon dont notre monde a évolué – en bien sur des aspects en pire sur d’autres – et de l’annoncer clairement, en dehors de tout intérêt personnel et dans un simple et unique but : l’intérêt souverain de la démocratie. Ces gens là seraient les artisans d’un prochain régime, les derniers dirigeants avant qu’enfin une utopie se réalise : celle de la démocratie, la vraie.

Enfin je vais me fendre d’un petit mot sur les sondages et les influences (la raison qui m’a fait choisir de ne publier cet article que maintenant) : en suivant tout ce tintamarre (je ne trouve pas d’autre mot) deux mois durant j’ai, plus que par le passé encore, eu l’amère impression que l’on nous volait cette maigre décision qui est censée être la nôtre. Les sondages, les couvertures médiatiques partielles et partiales et surtout l’endormissement des foules par la vente de temps de cerveau disponible et l’assèchement de la quantité déjà très faible de l’initiative politique pour les citoyens ne permettent ni de faire un choix éclairé, ni de juger par la suite de la pertinence de son choix.

Le vote est un droit, et surement pas un devoir, auquel j’ai décidé de renoncer. Et tous les gens qui seraient tentés de me conspuer en avançant que certains sont morts pour ce droit devraient revoir leurs classiques : ils y liraient que les martyrs dont on parle, récents ou moins, sont tombés pour la démocratie – une valeur pour laquelle je me suis battu moi aussi depuis des années et pour laquelle je continuerai à me battre jusqu’à ce que mort s’en suive. Je ne considère juste plus la représentativité par le vote comme le moyen optimal d’y parvenir dans la France, dans le monde, que nous connaissons aujourd’hui.

Je continuerai à discuter avec des élus ou des ministres chaque fois que j’en aurai l’occasion parce qu’ils sont à l’heure actuelle la seule forme législative que nous connaissons. Mais ce n’est pas là ce que je souhaite cautionner par un vote pour le pays que l’on m’a vendu quand j’étais gamin comme celui des droits de l’Homme.

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