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Howto : menacer convenablement un blogueur

Tue, 06 Dec 2011 00:04:41 +0000 - (source)

Bienvenue, jeune lecteur. Tu viens de lire un billet particulièrement révoltant d’un blogueur quelconque, qui a par exemple l’outrecuidance de parler de quelque chose que tu ne comprends pas. N’aie crainte, je comprend ton épouvantable souffrance. Ce blogueur a commis une faute, et doit comprendre par tous les moyens nécessaires que la liberté de chacun s’arrête là où commence celle des autres. En l’occurrence, la liberté d’expression d’un pauvre type ne doit pas empiéter sur ta liberté de lire ce que tu veux. Et, en tant que bon citoyen des interwebz, il est naturel d’utiliser les outils que t’offre le Net pour réparer cette injustice : tu vas insulter et menacer ce blogueur sous couvert d’anonymat (parce que si on te retrouve, tu te feras gronder par tes parents).

Comment lui dire ?

Dans bien des cas de communication, on aurait tendance à privilégier le contenu du message sur son mode d’envoi. Mais pas ici, n’oublions pas que l’on s’apprête à envoyer quelque chose de profondément lâche, bête et non constructif. Au contraire, le sentiment de puissance apporté par le relatif anonymat obtenu a un énorme impact sur la quantité de menaces qu’on se permettra de proférer. Avant toute chose, un minimum de veille technologique s’impose : il convient de rechercher un moyen d’envoyer un e-mail anonymement. Ouvre donc ton moteur de recherche préféré, puis effectue ta recherche, en prenant soin de ne pas te faire démasquer à ce stade peu avancé de ton plan machiavélique :

Une recherche pertinente et discrète

« Achat macbook par transporteur d'angleterre - Escrocs du Net » ? Seems legit.

Une connaissance approfondie des usages d’Internet nous poussera tout naturellement à nous intéresser au troisième lien. Celui-ci nous apprend que pour envoyer un mail anonyme, la meilleure méthode est de changer l’adresse MAC de sa carte réseau, de squatter un hotspot, tel que celui d’une grande chaîne de malbouffe, et… c’est tout. Bon, soit : tu enverras un mail de ton webmail, avec ton adresse usuelle, mais aie confiance, tu seras parfaitement anonyme. Cet anonymat nous permettra de rédiger une missive suffisamment agressive pour couper l’envie à ce blogueur de perpétuer ses crimes à coup sûr.

Hacker chinois

Un ninja hacker chinois du FBI. On le reconnaît facilement au signe formé par sa main, qu’on retrouve dans un épisode de Naruto

L’étude préliminaire

Ce blogueur est connu, ce qui est logique, sinon tu n’aurais pas lu son blog. Il reçoit vraisemblablement quantité de messages de ses lecteurs, tenant à porter à sa considérations des photos d’eux dévêtus. Soyons francs, parmi tout ça, tu as très peu de chances que ton mail soit lu. Il est donc important de savoir accrocher le regard de ta cible en une fraction de seconde. Un certain nombre de moyens sont bons, mais dans notre cas, il est une technique qui a fait ses preuves : fais-lui comprendre que tu sais tout de lui, et ce dès le sujet du message. Par exemple, apostrophe-le par son prénom. C’est très bien, ça. Les gens se croient anonymes sur Internet, leur rappeler que tu connais leur prénom est un excellent moyen de pression. Le blogueur n’aura pas d’autre choix que de lire ton mail. À ce moment, il craindra déjà peut-être qu’il s’agit d’une demande de rançon pour sa chaussette gauche, disparue la veille dans d’inquiétantes circonstances. Mais alors, il se pose une question primordiale : comment obtenir une information aussi personnelle sur ta cible ? Je ne préfère pas détailler les méthodes en public, car il s’agit essentiellement de techniques de hackers chinois, transmises de générations en générations dans des dojos. Sache tout de même qu’une maîtrise suffisante de l’art de la recherche web peut déjà ouvrir les portes de connaissances interdites, pour peu que tu en sois digne.

Admettons donc que nous ayons obtenu, non sans mal, le prénom de notre cible. Mieux, nous savons dans quelle ville il habite (après avoir soigneusement étudié le whois de son nom de domaine). N’aie crainte, cher lecteur, nous n’allons pas nous rendre chez lui pour lui dire la vérité en face, cela nécessiterait bien trop de courage, et si nous en sommes là, c’est que tu n’en as pas assez. Ne prend pas ça mal, c’est bien de savoir l’admettre. Non, nous allons nous servir de cette information cruciale pour cultiver la crainte chez notre victime. Elle se sentira immédiatement traquée, aura vraisemblablement comme réflexe de fermer ses rideaux d’un air crispé, avant de jeter un œil pour vérifier qu’on ne l’observe pas. Tu as d’ores et déjà réussi ton coup : ce pauvre bougre ignore qui tu es, où tu es, et ce que tu sais de lui. Il lira chaque ligne avec plus d’appréhension, par crainte d’y trouver son numéro de compte bancaire ou la note de son dernier repas dans un restaurant de luxe (n’oublions pas que c’est un blogueur célèbre, donc riche). Ne néglige en aucun cas cette peur. C’est le but même du mail : c’est tout un art de savoir la manipuler, jouer avec, la distiller peu à peu, puis faire perdre tout contrôle par une information inattendue. C’est pour cela qu’il est si important de connaître ta cible. Met à profit ton statut de collégien qui t’autorise suffisamment de temps libre pour te renseigner à loisir sur cette personne, qui mérite sans nul doute ces efforts pour lui nuire.

Le contenu en lui-même

Je l’ai déjà dit, et je le répéterai autant de fois que nécessaire, il faut savoir jouer avec la peur de ta cible. Je ne te cacherai pas que c’est tout un art, qui nécessite un entraînement rigoureux et régulier. Je ne peux donc que te conseiller de t’entraîner sur de plus petits blogueurs, qui se sentiront par la même occasion flattés de susciter l’intérêt d’un rageux. C’est donnant-donnant, le communautarisme du Jean-Kevin de base, en quelque sorte.

En tout cas, tu sais déjà comment choisir le sujet de ton message. Insères-y le prénom si chèrement obtenu. Mais ça ne suffira pas, il faut également donner une raison de lire. Attaquer immédiatement par une insulte, ou une menace directe, est une mauvaise idée. La peur n’aura pas pris, et le mail finira à la poubelle sans jamais avoir été ouvert. Non, préfère une approche plus subtile, tout en laissant comprendre à ta victime qu’elle laissera des larmes dans la lecture du message, mais en lui donnant tout de même envie d’en savoir plus. Voici quelques exemples : « Teuteberge, à ta place je lirais ça rapidement », « Reynald-Richard, tu vas tout perdre », « Ta famille va bien, Gertrude ? Tu en es sûre ? ». L’accroche est l’un des points critiques du projet, c’est elle qui conditionne la lecture du mail. Si elle passe, il y a de très grandes chances pour que le mail soit ensuite lu en entier. Mais il ne faut surtout pas se reposer sur ses lauriers, car l’objectif réel reste à atteindre : il faut faire peur, intimider, pour obtenir l’arrêt ou la suppression du blog. Pour cela, nous avons 3 armes principales :

Gardons en tête que ce ne sont là que des exemples. L’intimidation est un art à part entière, et il serait insultant de prétendre en faire le tour dans un simple billet. Je ne peux que conseiller de s’entraîner en suivant ces quelques conseils, afin de contribuer à rendre la société meilleure en la débarrassant des menaces trop simples et peu crédibles.

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